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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 15:56

Le récent débat organisé par le Cercle du Libre Examen de l’ULB a mis en exergue quelques divergences majeures entre certaines féministes et moi, dont la question du voile ne fut que le symptôme. Symptôme d’un désaccord bien plus profond à mon sens, entre celles pour qui le féminisme consiste en la défense des femmes et ceux et celles pour qui il constitue un idéal d’égalité.

A mes yeux, être féministe, c’est défendre le principe d’égalité entre les hommes et les femmes. C’est refuser que l’anatomie ou la biologie constitue l’alpha et l’oméga de la condition féminine – ou masculine d’ailleurs. C’est revendiquer le droit pour les femmes – comme pour les hommes d’ailleurs – de choisir librement leur vie, leur métier, leurs hobbies. C’est vouloir l’émancipation, plutôt que l’enfermement dans des carcans religieux, politiques, culturels, qui dénient à chacun ce droit au libre choix. Etre féministe, c’est d’abord être humaniste.

De ce point de vue, je ne peux me sentir solidaire de toutes les femmes, pour la seule raison qu’elles sont femmes. Cela m’est impossible, pour la simple raison qu’il est des femmes qui font reculer le projet d’égalité entre les hommes et les femmes. Il est des femmes qui, mieux que certains hommes, perpétuent les dogmes du patriarcat dans ce qu’il a de plus insupportable. Des femmes qui pensent que leur devoir est de rester dans l’ombre de leur époux ; des femmes qui estiment qu’on ne saurait être pleinement femme sans être mère ; des femmes qui s’opposent à la contraception ou à l’IVG, des femmes qui perpétuent l’excision, des femmes homophobes, et j’en passe.

Il me semble que les grands combats féministes ont toujours eu maille à partir avec les cléricaux - en ce compris les cléricales. Avec ceux et celles qui, au nom du prescrit religieux, prétendaient confiner les femmes à un rôle subalterne, ou à tout le moins complémentaire à celui des hommes.

La complémentarité, quelle supercherie !

La complémentarité, c’est prétendre que dans tous les domaines de la vie – pas seulement dans celui de l’amour et de la sexualité hétérosexuels – homme et femme sont porteurs de vertus spécifiques. C’est louer la douceur, l’empathie, le sens social, quand ce n’est pas le talent de mère, de cuisinière et de ménagère des femmes, et lui opposer la hardiesse, la combativité, l’assertivité et la force des hommes. C’est préparer le terrain à l’enfermement des uns et des autres dans leurs rôles « naturels », voulus par Dieu.

Or, et les protestations indignées des relativistes n’y changeront rien, le voile est l’expression de cela. Il est le stigmate par lequel certaines femmes musulmanes – pas toutes, loin s’en faut – acceptent de rappeler urbi et orbi qu’elles sont soumises à une obligation de pudeur toute féminine. Il rappelle que la femme est la tentatrice, l’objet du désir, et l’homme le mâle priapique et libidineux dont il convient de brider les pulsions en couvrant ses cheveux, quand ce n’est pas ses formes, son corps, son visage même.

La féministe que je suis ne peut se résoudre à considérer qu’il serait de son devoir de batailler au côté de ces femmes pour qu’elles puissent porter leur voile en tout lieu, au détriment d’autres principes. Cela me semble aussi absurde que de batailler pour que les femmes – et elles seules - obtiennent le droit à un statut de mères au foyer.

Car certes, une telle « conquête » servirait les intérêts de certaines femmes, mais elle ferait reculer le féminisme en faisant reculer l’égalité.

Il me semble qu’un certain féminisme se fourvoie aujourd’hui en déclarant vouloir écouter la parole des femmes, quoi qu’elles disent. D’ailleurs, aucun féminisme ne fait ça. Le féminisme a depuis longtemps, et avec raison, cessé de se pencher avec attention et respect sur la parole des grenouilles de bénitiers dissertant de droit à la vie des fœtus, d’instinct maternel et de nature féminine. Pourquoi n’est-il pas capable d’en faire autant lorsque les grenouilles sont musulmanes plutôt que catholiques ?

Pourquoi, Mesdames les féministes « amies de toutes les femmes », persistez-vous à les traiter comme si elles étaient les victimes de notre intolérance ? Victimes, elles le sont, certes, mais du patriarcat, du machisme, du dogmatisme religieux, du cléricalisme borné. De tout ce que vous avez toujours combattu, avant. Quand elles n’en sont pas les alliées, bataillant pathétiquement pour leur « liberté », c’est-à-dire pour leur droit inaliénable à opter pour la servitude volontaire.

Pour ma part, je ne prétends pas parler à leur place. Mais je parle d’autre chose, sans doute. D’émancipation. D’égalité. D’humanisme.

Et parfois, je me sens bien seule.

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Published by Nadia Geerts
5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 11:45

Hier, c’était la fête du sacrifice pour les musulmans.

Hier, c’est également le jour où un quatrième otage occidental, le britannique Alan Henning, a été décapité par l’EI, en Syrie.

Lorsque j’ai appris la nouvelle, j’étais dans ma voiture. Plus exactement chaussée d’Haecht, à Schaerbeek. Et j’étais en train de m’étonner, de m’inquiéter même, de n’avoir jusque là croisé que des hommes en djellabah. Oui, je m’inquiétais. Ne me huez pas tout de suite, merci.

Puis je me suis souvenue que c’était le jour de l’Aïd. J’ai vu quantité d’hommes regroupés devant une mosquée, et j’ai compris pourquoi les passants que j’avais croisés peu avant étaient tous habillés de cette manière.

Et puis il y a eu la nouvelle à la radio. La décapitation d’Alan Henning. La coïncidence des deux événements m’a rendu l’annonce encore plus amère. Ainsi donc, pendant que des millions de musulmans dans le monde commémoraient le sacrifice d’Ibrahim, des hommes, musulmans aussi, décapitaient un homme pour la seule raison qu’il était occidental.

Pour ceux qui l’ignoreraient, l’Aïd el Kebir commémore cet épisode où Ibrahim (Abraham pour les juifs et les chrétiens) s’apprête à sacrifier Ismaël (Isaac selon la Bible) en signe de soumission à Dieu. Mais l’archange Djibril (Gabriel) arrête sa main au dernier moment et remplace l’enfant par un bélier, mouton ou agneau, les versions varient. Et surtout, c’est là le plus important, Dieu interdit aux hommes de commettre encore des sacrifices humains.

On pourrait évidemment gloser sur le fait que les braves moutons et autres bestiaux ont fait les frais de cette histoire. Mais ce n’est pas le propos.

Ayant cela en tête, sitôt que j’eus une connexion internet, je postai ce statut sur Facebook : « Nouvelle décapitation. Fête du sacrifice. J'ai mal à la juxtaposition des deux. »

Puis, comme j’avais une journée chargée, je ne m’en souciai plus jusqu’au soir. Où je découvris les réactions outrées que mon statut avait suscitées. Si certains se bornaient à m’accuser de maladresse, estimant mon statut « limite », d’autres allaient jusqu’à m’accuser d’avoir « pété les plombs » et de commettre des amalgames honteux attisant la haine. Mon statut, qualifié de « brève de comptoir du café du commerce », avait pour effet que « toute une communauté pouvait se sentir stigmatisée ». Pire : mes « raccourcis » étaient « bien plus dangereux que la lame des terroristes » !

J’ai eu beau faire pour rectifier le tir, faire comprendre ce que j’avais voulu dire, expliquer qu’il n’y avait dans mon esprit, ni dans mon statut d’ailleurs, pas le moindre amalgame, je sens bien que persiste un malaise. D’abord chez ceux qui, tout en reconnaissant que je n’ai pas eu l’intention d’amalgamer, estiment qu’il est de ma responsabilité d’intellectuelle, de « leader d’opinion », de « philosophe » de réfléchir aux interprétations possibles de mes écrits, autrement dit de tourner sept fois mon clavier dans ma main avant d’écrire une ligne. Mais ensuite et surtout chez moi.

Oui, ce perpétuel soupçon me fatigue, mais au-delà m’inquiète profondément. Comme si décidément, certains alimentaient la fracture entre « eux » et « nous », considérant systématiquement que « nous » devions être irréprochables, ne pas stigmatiser, ne pas attiser de sentiments haineux, peser nos mots, nos gestes, nos actes, nos sous-entendus, les interprétations possibles, etc. Alors qu’ « eux » seraient dispensés de tout cela, car d’avance du bon côté, celui des opprimés, des stigmatisés, des persécutés, des ostracisés, de ceux qui expriment, quand ils dérapent – car si si, Mesdames et Messieurs les bien-pensants, ça « leur » arrive aussi - , une souffrance légitime, un malaise bien compréhensible, un sentiment de rejet, voire d’exclusion.

Quand une étudiante en sciences politiques à Aix-en-Provence, entièrement voilée de noir, est accusée par son professeur d’être un « cheval de Troie de l’islamisme », une partie des étudiants se lève, offusquée, et quitte l’auditoire. Et l’enseignant est mis sur la sellette, sommé de se justifier, peut-être même risque-t-il son poste.

Oui, il est de bon ton, mais peut-être même est-il devenu normal de se sentir solidaire de la malheureuse étudiante ainsi ostracisée. Il faut la comprendre, elle est là pour étudier, elle a le droit de porter un voile dans l’enceinte de l’université, elle ne fait rien de mal… Mais l’enseignant, lui, on n’est pas censé le comprendre. Et ce n’est pas parce qu’étant enseignant, il serait sensé être plus instruit, plus éclairé, non : c’est parce qu’il est l’un des « nôtres », face à « eux ».

Personne, aucune voix ne s’élève pour dire à cette jeune femme que oui, son enseignant a des raisons d’être effrayé par son voile. Personne pour lui expliquer qu’en choisissant de le porter, ici, en Occident - à l’heure où les islamistes imposent cet accoutrement aux femmes partout où ils le peuvent, à l’heure aussi où ils ont déclaré la guerre à l’Occident en filmant des décapitations d’otages britanniques ou américains – elle ne peut ignorer qu’elle risque d’être perçue comme un soutien à ces barbares. Et qu’elle doit s’attendre, peut-être, à devoir « rendre compte » de son « choix », c’est-à-dire en assumer la responsabilité, tout comme j’assume la responsabilité de ce que j’écris.

Personnellement, je pèse mes mots avec le plus grand soin. Contrairement à ce que certains amis bien intentionnés ont pu dire pour ma défense, je n’ai pas écrit ce statut sous le coup de l’émotion. J’en ai pesé chaque mot, je l’ai réfléchi soigneusement. Je sais trop à quel point les mots sont importants, et à quel point « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » (Camus).

Nous vivons décidément dans un drôle de monde, où ceux qui critiquent avec le plus de virulence la théorie du « choc des civilisations » sont à la fois ceux qui l’alimentent en adoptant une attitude systématique de soupçon envers ceux qui, comme moi, expriment une inquiétude légitime avec toutes les précautions d’usage, tout en trouvant mille et une excuses aux propos, actes, comportements objectivement inquiétants que peuvent adopter certains de nos concitoyens musulmans.

Il faudrait décidément en finir avec cette attitude compassionnelle qui dessert la cause qu’elle prétend servir. Des intellectuels issus du monde musulman appellent d’ailleurs cela de leur vœux, tels Abdennour Bidar (voir http://www.mezetulle.net/article-lettre-ouverte-au-monde-musulman-par-a-bidar-120636440.html#fromTwitter). Puissent-ils enfin être entendus, pour qu’ensemble nous sortions de ce grand western qui fait des uns les éternelles victimes, des autres les éternels coupables.

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 15:18

Mes lecteurs réguliers le savent bien: la laïcité est un sujet qui m'intéresse hautement, en plus d'être un combat que je mène depuis plusieurs années. Au fil du temps, j'ai donc été amenée à intervenir de plus en plus souvent sur la laïcité, tant pour faire ce que j'appellerais de la pédagogie de la laïcité que pour me prononcer sur des débats de société qui soulèvent la question des rapports entre le politique et le religieux.

Pourtant, jamais je n'avais encore écrit spécifiquement sur le thème de la laïcité, si l'on excepte bien sûr l'un ou l'autre article, l'une ou l'autre conférence ou intervention lors d'un colloque.

C'est à présent chose faite, puisque j'ai le plaisir de vous annoncer la publication prochaine de mon dernier livre, intitulé "Liberté ? Egalité ? Laïcité !". J'ai choisi de le publier aux éditions du CEP. Un choix qui ne doit rien au hasard, puisque cette toute jeune maison d'édition est dirigée, entre autres, par Richard Miller, dont on se souvient des actions qu'il a menées en tant que parlementaire afin que soit introduit un cours de philosophie dans l'enseignement officiel belge francophone.

L'enseignement est en effet un autre de mes centres d'intérêt, et particulièrement dans ses liens avec les convictions individuelles. En 2012, je publiais d'ailleurs un livre intitulé "Parents, profs, élèves: La neutralité n'est pas neutre !" (La Muette). Un livre qui sort ces jours-ci en version actualisée.

Deux bonnes raisons de vous précipiter en librairie ces prochaines semaines, donc !

A paraîtreA paraître

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 11:05

Depuis quelques jours, médias et réseaux sociaux se font l’écho de la décision d’un instituteur primaire de refuser le poste pour lequel il avait été embauché, au motif que la direction de l’établissement lui aurait demandé de ne pas dévoiler son homosexualité[1]. Homophobie ou tempête dans un verre d’eau ?

L’affaire a d’abord éclaté dans la presse flamande, où il était mentionné que l’enseignant en question souhaitait partir de son vécu homosexuel pour sensibiliser les élèves à la question de l’homophobie[2]. L’enseignant, quant à lui, affirme qu’il n’avait aucunement l’intention de faire la « promotion » de l’homosexualité ou d’avoir une attitude militante, mais que simplement, il refuse de se cacher, comme s’il devait avoir honte de ce qu’il est.

Fort bien. Mais que lui demandait-on au juste ? Et peut-on considérer qu’il a été victime de « discrimination » - comme certains, notamment dans les milieux politiques et associatifs, le prétendent – du simple fait qu’il lui a été demandé de ne pas révéler son homosexualité ?

A mon sens, certainement pas. D’ailleurs, il a été engagé, et c’est lui qui a choisi de ne pas occuper le poste qu’il avait décroché.

Avait-on néanmoins le droit de lui demander de ne pas dévoiler son homosexualité ? Tout dépend, me semble-t-il, de ce qu’on entendait par là.

S’il s’agissait de lui demander de ne pas annoncer de but en blanc aux élèves qu’il était homosexuel, ou même de ne pas en faire état spontanément – par exemple dans le cadre d’une leçon sur la discrimination -, j’estime la demande parfaitement justifiée : il me semble en effet que les élèves n’ont pas à être au courant de tous les aspects de la vie privée de leurs enseignants, et qu’il est essentiel de pouvoir parfois leur dire que certaines choses ressortent du jardin secret de l’enseignant, et qu’il ne souhaite pas les partager avec eux.

S’il s’agissait en revanche de lui interdire de faire ce que tant d’enseignants hétérosexuels font, à savoir mettre une photo de leur conjoint sur leur bureau de classe ou venir accompagnés par leur petite famille lors de la fête de l’école, alors, c’est inadmissible.

Il me semble donc que deux principes doivent guider l’enseignant, mais aussi le chef d’établissement ou tout intervenant en milieu scolaire :

D’abord le principe d’équité : il ne saurait être question, à mes yeux, d’autoriser à un enseignant hétérosexuel ce qu’on ne serait pas prêt à accorder à un enseignant homosexuel. Le mariage homosexuel est autorisé par la loi belge, l’homophobie est passible de poursuites judiciaires, la discrimination sur base de l’orientation sexuelle aussi. Peu importe donc que les enfants ou leurs parents aient parfois des difficultés à accepter l’homosexualité : l’école aussi est là pour rappeler qu’elle n’est ni un crime, ni un délit, ni une maladie, ni une perversion. Ni, soit dit en passant, un choix.

Ensuite la distinction entre vie privée et identité professionnelle. Une distinction qui est notamment au fondement du décret « Neutralité ». Précisons d’emblée que ce décret ne saurait s’appliquer directement à la question ici soulevée, dès lors que l’homosexualité n’est pas une conviction religieuse ou politique, ni même une conviction tout court. Cependant, l’idée sous-jacente à ce décret est bien celle d’une distinction souhaitable entre ce qui ressort de l’identité de chacun et ce qui ressort de sa mission en tant qu’enseignant. Même si on enseigne évidemment avec ce qu’on est, le décret « Neutralité » invite l’enseignant à cultiver son identité professionnelle, et à la distinguer de ce qu’il est par ailleurs et qui n’a pas à être communiqué aux élèves. Non parce qu’il doit en avoir honte, mais parce que cela ne les regarde pas et n’apporte rien à la relation éducative.

Aussi, je persiste à ne pas comprendre les cris d’orfraie de ceux qui voient de l’homophobie dans la demande formulée à l’égard de cet enseignant. D’autant que le fait même que cet enseignant ait cru bon de mentionner son homosexualité lors de son entretien d’embauche me pose question : quel était son but, ce faisant ? S’assurer qu’il n’y avait aucun problème avec cela ? Si tel était le cas, son engagement aurait dû le rassurer. Parler de son projet d’aborder la question avec ses futurs élèves ? Si tel est le cas, je comprends la réponse qui lui fut faite.

Et je m’inquiète de cette propension grandissante à voir dans toute demande de retenue, de réserve dans l’expression de certains aspects intimes de son être une forme larvée de discrimination, voire de « phobie ».

Et à ce propos... Une version actualisée de mon livre "La neutralité n'est pas neutre !" paraîtra normalement en octobre prochain.

[1] Voir par exemple http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20140822_00516941

[2] voir http://www.standaard.be/cnt/dmf20140819_01223359

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 11:04

La décision du conseil communal de Saint-Josse d’imposer un uniforme aux élèves dès la rentrée scolaire prochaine suscite bon nombre de réactions, souvent scandalisées, sur les réseaux sociaux. Et pour certains, l’équation coule de source : uniforme = fascisme, dictature, pensée unique, tout ça tout ça.

Personnellement, je n’ai pas d’avis arrêté sur la question. Plus exactement, l’adolescente rebelle qui sommeille toujours en moi bondit : « bleu marine ? Beurk ! ». Je l’avoue, je n’ai jamais aimé le bleu marine, couleur des forces de l’ordre, donc de l’ordre, de la discipline, de la règle. Re-Beurk.

Mais quittons un peu l’adolescente rebelle…

L’uniforme, c’est aussi le tablier des écoliers du début du siècle – oui, le précédent. Pas la peine de me rappeler que l’adolescente rebelle date un peu.

C’est cette tenue qui avait pour vocation de mettre tous les élèves à égalité, symboliquement. De laisser les différences sociales à la porte de l’école. De rappeler aux élèves qu’ils étaient à l’école pour travailler, pas pour parader, séduire, frimer. Et ça, ma foi, je me dis : « Pourquoi pas ? ».

Oui mais « la liberté », me dira-t-on.

La liberté ? Quelle liberté ?

Avec ou sans uniforme, nos adolescents ne sont pas libres, loin s’en faut. Il y a bien sûr les normes sociales, qui leur interdisent de se présenter à l’école en robe à crinoline, en scaphandre ou en étui pénien. Mais aussi et surtout – car je gage qu’aucun ne penserait à adopter pareille tenue – les normes spécifiques de leur groupe, à savoir les autres jeunes, ou la « communauté » à laquelle ils appartiennent.

Et dans cette mesure, les règlements scolaires, qui balisent la liberté en matière de tenues vestimentaires, ont parfois pour effet salutaire d’opposer une limite à l’emprise du groupe sur l’individu, et donc de lui restituer une part de liberté qui lui serait, sinon, confisquée par le groupe tout-puissant.

Je pense évidemment aux signes religieux, et en particulier au voile islamique. Interdire ce dernier à l’école, en effet, n’est pas liberticide, mais profondément émancipateur, puisqu’il s’agit de restituer à chaque jeune fille son statut d’être humain non assujetti, en tout cas dans l’espace scolaire, à un prescrit soi-disant religieux qui a pour principale fonction de rappeler son infériorité.

Or, voilà le paradoxe : le lycée Guy Cudell, tout en imposant l’uniforme par souci d’égalité et de gommage des particularismes, continuera à accepter le voile. Le voile, cet uniforme imposé par les théocrates par souci d’inégalité. Le voile, affirmation d’une différence, d’un particularise qui divise.

Cherchez l’erreur.

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4 juin 2014 3 04 /06 /juin /2014 12:36

Le 24 mai 2014, quatre personnes étaient abattues froidement devant et dans le musée juif de Bruxelles. Deux touristes israéliens et deux travailleurs du musée, dont une bénévole.

Quelques jours plus tard, on apprenait que le coupable était très probablement un certain Mehdi Nemmouche, un islamiste français.

Et comme lors de l’affaire Merah, comme lors des attentats du 11 septembre et ceux qui ont suivi, la même double antienne revenait : « Ne stigmatisons pas l’islam dans son ensemble ! » d’une part, et « Qu’attendent les musulmans pour condamner radicalement cet acte ignoble ? » de l’autre.

Evidemment, les noms d’oiseau et anathèmes réciproques n’ont pas tardé à fleurir, entre les accusations de racisme, d’islamophobie, de surf sur la haine et la peur à gauche, et celles de naïveté, d’angélisme, de politiquement correct et de bienpensance de l’autre.

Et puis, il y a eu l’intervention d’Hamid Benichou. Hamid Benichou, ce policier bruxellois d’origine algérienne actif dans le secteur associatif. Musulman.
Hamid Benichou, donc a publié un appel aux citoyens belges musulmans. Un texte qui commence par ces mots : « J'ai honte: ma religion est-elle tombée si bas pour qu'elle soit prise en main et gérée par des voyous autoproclamés imams en prison, de mèche avec des prédicateurs sans scrupules, des associations caritatives douteuses, et autres confréries toxiques », et se termine ainsi :

« Il est temps pour nous musulmans de monter dans le train qui mène à ces valeurs d’humanité et de progrès social, plutôt de demeurer bêtement dans la gare à regarder le quai. Nous, musulmans d’Europe, devons combattre ces agents du diable qui travestissent l’islam en religion de haine, qui prônent le retour du califat et des guerres de religion. Nous devons prendre des décisions fermes contre ces dérives sectaires . Je le dis avec force : pas de liberté pour ces ennemis de la liberté qui veulent nous imposer une lecture fondamentaliste et conflictuelle de l'islam ».

Et j’ai respiré soudain un air plus frais.

Et j’ai envie, aujourd’hui, de dire simplement « Hamid, merci ».

Parce qu’en effet, on a raison, à gauche, de rappeler qu’on n’est jamais responsables de ceux qui confisquent une idéologie à leur profit pour commettre le pire. Il n’y a pas de « communauté » tellement fermée, tellement étanche, tellement soudée qu’on y soit collectivement responsable de chacun des actes commis par n’importe lequel de ses membres.

Mais oui, on a raison, à droite, de s’inquiéter que le reflexe communautaire fonctionne si bien lorsqu’il s’agit de dénoncer les caricatures de Mahomet ou de défendre le peuple palestinien, et qu’il fonctionne si mal lorsqu’il s’agit de descendre dans la rue pour dénoncer les fous de Dieu issus de la « communauté » et qui la salissent pourtant.

Non, chers musulmans de Belgique, vous n’êtes pas responsables de Nemmouche, ni de Merah, ni de Ben Laden et de ses sbires. Evidemment non.

Mais oui, je pense que nous avons besoin, nous, non-musulmans, de vous entendre dire « NON » à ces meurtriers, de vous entendre leur dire que votre islam n’est pas celui-là. Nous en avons besoin parce que les formules incantatoires, les exhortations à la tolérance, à l’amour de la diversité et au vivre-ensemble ne suffisent plus.

Nous devons à présent, et d’urgence, y travailler ensemble. Main dans la main, juifs, musulmans, athées et autres chrétiens. En formons un front uni, soudé, par delà nos différences de convictions religieuses, contre notre adversaire commun.

Et cet adversaire commun, c’est Nemmouche et Merah, aussi bien que Le Pen.

Alors, merci Hamid.

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 16:29

Ça faisait déjà un petit temps que je me disais que quelque chose n’allait pas. Et puis ces derniers jours, ça m’a sauté aux yeux. En fait, c’est clair : je suis une dominante. Une « Belge de souche » comme on dit, une « intellectuelle », une « bourgeoise ». Et donc, je devrais un peu moins la ramener, rapport aux dominés, vous comprenez.

Il y a quelques jours, suite à un absurde malentendu, j’ai été la cible de propos extrêmement agressifs sur les réseaux sociaux. Certains de ces propos incitaient même clairement à la violence physique à mon égard. Mais quand je m’en suis émue, on m’a clairement fait comprendre que je ne savais rien de ce qu’était la vraie violence, que j’étais dans un rapport de domination où j’étais évidemment la dominante, et que ces propos un peu vifs n’avaient rien de comparable avec la véritable violence symbolique, institutionnelle et tout et tout, que subissaient chaque jour les femmes musulmanes (sous-entendu : voilées) à cause de gens comme moi.

(Oui, je dois préciser que quand ça merde, c’est souvent autour des femmes musulmanes (sous-entendu : voilées). Décidément, c’est mon opposition aux signes religieux (sous-entendu : au voile islamique) dans la sphère publique que ne me pardonnent pas certains « progressistes »).

L’anecdote est révélatrice : régulièrement, je me vois invectiver, insulter, menacer, railler, calomnier. Qu’on ne se méprenne pas : je ne me plains pas. Je suis une « personne publique », comme on dit, ce qui entraîne inévitablement ce genre de petits désagréments. On s’y fait, même si ce n’est pas ma conception du débat.

Non, ce qui me frappe, c’est que ces propos peu amènes me soient adressés par des gens qui n’ont que le mot « respect » à la bouche. Tout particulièrement, évidemment, lorsqu’il s’agit de respecter les convictions, la diversité des cultures, la richesse de notre société et toutes ces autre choses si jolies qui cachent mal le véritable objet de ce respect obligatoire, à savoir : les-femmes-voilées.

Pourtant, je les respecte, moi, ces femmes. Jamais je ne me permettrais de les insulter, de leur témoigner du mépris ou de m’en prendre physiquement à elles. Comme je respecte tout individu, ce qui ne m’empêchera jamais de lui dire que je suis en désaccord avec lui, parfois profondément, parfois radicalement. Mais j’en ai un peu marre de les voir considérer comme des « dominées », à plus forte raison si c’est moi qui suis supposée endosser sans broncher le rôle de la « dominante ».

Car oui, je suis la première à dire que le voile est un instrument de domination des femmes, par le biais du contrôle exercé grâce à lui sur l’ensemble de leur vie publique, professionnelle ou amoureuse, pour le plus grand bénéfice des machistes qui utilisent la religion pour asseoir leur volonté de pouvoir, et donc de domination.

Mais je refuse la responsabilité de cela. Comme je refuse le misérabilisme qui veut que les femmes voilées soient forcément tout en bas de l’échelle sociale, peu instruites et peu au fait des ficelles du système. Certaines de ces femmes prennent la parole publiquement, occupent des tribunes politiques ou médiatiques, les rapports de domination ont bon dos. Alors je pose la question : a-t-on alors le droit de les traiter comme des « dominantes », et donc de les invectiver, insulter, menacer, agresser verbalement ?

Non, bien sûr. Rien ne justifie que l’on traite quelqu’un avec violence, qu’elle soit physique ou verbale. Ni son voile, ni sa position sociale, ni ses idées, ni ses origines, ni rien. Tout, par contre, exige que l’on traite chacun sur un pied d’égalité, « en dignité et en droits » comme disait l’autre.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 11:01

À l'attention de Joe le Corbeau, éditeur de son "Shoah Hebdo"

Monsieur,

Sur la quatrième de couverture du recueil de caricatures "Shoah Hebdo" vous utilisez sans autorisation mon nom, assorti d'un commentaire destiné à tromper le lecteur en lui faisant croire que je cautionne votre "humour".

Or, j'ai publiquement dénoncé vos productions et j’ai manifesté, notamment dans mon article intitulé « On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » (http://nadiageerts.over-blog.com/article-on-peut-rire-de-tout-mais-pas-avec-n-importe-qui-110565612.html), que je les considérais non seulement comme médiocres, dépourvues de la moindre trace d’humour, mais surtout comme indubitablement antisémites. Et les collaborateurs dont vous semblez vous honorer, qu'il s'agisse de Soral, de Dieudonné ou de Faurisson, achèvent de lever tout doute à ce sujet.

Vous ne pouvez ignorer qu'en utilisant mon nom comme vous le faites, vous détournez totalement mes propos, vous les privez de leur sens en les dépouillant de leur contexte. Il n’est pas question que j’apparaisse comme une caution morale de votre production nauséabonde et que je rejette.

Si, à mon plus grand étonnement, vous aviez un tant soit peu d'honnêteté intellectuelle, vous insérerez dans chacun des exemplaires de votre recueil un « erratum » reproduisant le texte des présentes et vous supprimerez toute mention de mon nom des éventuelles prochaines éditions de votre livre. La présente constitue une mise en demeure.

Nadia Geerts

À l'attention de Joe le Corbeau, éditeur de son "Shoah Hebdo"
À l'attention de Joe le Corbeau, éditeur de son "Shoah Hebdo"À l'attention de Joe le Corbeau, éditeur de son "Shoah Hebdo"

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 14:19

« Bravo pour votre livre. Je savais que je serais globalement de votre avis mais vous poussez la réflexion bien au-delà des habitudes et les livres qui font réfléchir sont salutaires. » (G.P.)

« C'est vraiment super bien écrit, très agréable à lire, souvent très drôle, et il y a plein d'idées intéressantes qu'on entend relativement rarement. » (S.B.)

« Il y a des lectures dont on sort grandi et des livres dont on aurait aimé écrire chaque ligne, c’est le cas pour le dernier livre de Nadia Geerts « Et si on en remettait une couche ? ».

Si vous aimez la réflexion, l’analyse, le doute ou au contraire si vous êtes enfermés dans vos certitudes, je vous le recommande vivement surtout en cette période où tout le monde a un avis sur tout et l’exprime de façon plus ou moins intelligente… Bien entendu, je me sens concernée.

A la lecture de l’ouvrage – lequel participe à déconstruire, en analysant des événements qui ont fait l’actualité récente, des automatismes du « prêt-à-penser » – vous serez amenés à repenser ce qui vous semblait comme évident parce que nous devons « apprendre à penser » et pour cela, il nous faut être en « éducation permanente », le tout est de le vouloir et/ou de le pouvoir… » (J.T.)

« analyses, argumentations et honnêteté caractérisent le style de ce livre. En plus du courage. A conseiller à toute personne intéressée par des sujets d'actualité. Bravo » (A.S.)

« Du haut de ma petite butte d'humilité, je me permets de recommander à tout qui ne veut pas rester légume engraissé de prêt-à-penser, le dernier livre de N.G."Et si on en remettait une couche?" qui, non seulement, donne à penser (bien et souvent juste) mais donne à ré-fléchir en ré majeur. Sans flatterie aucune. Merci N.G. » (J-P.M.)

Sélectionné parmi les "coups de coeur" de la librairie Cook & Book.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 11:24

Ainsi donc, les parents devraient pouvoir bientôt choisir de donner à leur enfant le nom du père, celui de la mère ou les deux, dans l’ordre de leur choix. En cas de désaccord entre eux – ce qui augure mal de la longévité du couple, à mon humble avis… -, l’enfant portera d’office les deux noms, en commençant par celui du père. Une belle avancée vers plus d’égalité, selon beaucoup. Dont je ne suis pas.

 

Mes prises de position en la matière, que ce soit dans la presse ou sur les réseaux sociaux, m’ayant valu les railleries de ceux qui y voyaient une risible incohérence – quoi, moi, la féministe universaliste, j’invoquais soudain la nature et la différence entre les sexes !? – je vais tenter d’expliciter ici plus longuement mon point de vue.

 

Je récuse en effet tout féminisme différentialiste, qui attribuerait aux hommes et aux femmes des qualités, compétences et autres comportements sur base de leurs différences morphologiques et génétiques. Pour le dire simplement, je ne pense pas qu’avoir un utérus fasse des femmes des êtres naturellement maternants, ni d’ailleurs soumis, passifs, empathiques ou que sais-je encore. De même, je ne pense pas qu’avoir un pénis fasse des hommes des êtres naturellement dominateurs, assertifs ou conquérants. Je suis convaincue que toutes ces déterminations souvent associées au sexe sont bien davantage sociales que biologiques, et en ce sens je distingue le genre – construction sociale – du sexe.

Pour autant, il ne me viendrait pas à l’esprit de nier l’existence de quelques caractéristiques morphologiques que seule une mauvaise foi crasse pourrait faire nier. Alors oui, je l’affirme crânement : seules les femmes, dans l’état actuel des choses, peuvent porter les enfants. Scoop.

Avant d’aller plus loin, je précise d’emblée que cela ne saurait nullement obliger les femmes à avoir des enfants. Car une potentialité ne saurait, sans dérive inquiétante, se muer en obligation : c’est pour le coup que la nature imposerait sa « loi », limitant dramatiquement la liberté !

Venons-en maintenant à la problématique du nom de l’enfant. L’idée que je défends est la suivante : puisque la  mère entre dans la maternité par le biais de la grossesse – qui peut être éprouvante, merveilleuse ou relativement bien balancée entre moments de joie et nausées et autres douleurs, là n’est pas la question -, il ne me semblait pas idiot de prévoir pour celui – ou celle, car mon raisonnement vaut également pour les couples de femmes – qui n’a pas porté l’enfant une autre manière d’entrer dans la parentalité. Mécanisme symbolique donc, qui ne permet ni ne dédouane évidemment d’aucun rôle effectif d’éducation de l’enfant, mais signe l’entrée dans un rôle, celui de coparent – je préfère ce terme à celui de « père », qui restreint l’approche à un point de vue hétérosexuel.

Je ne voyais donc aucune injustice à ce que l’enfant porte comme seul nom celui de son père. Plus, j’y voyais également un mécanisme, tout aussi symbolique, par lequel la mère reconnaissait l’identité de celui – car ceci valait hélas uniquement pour les couples hétérosexuels – avec lequel elle avait conçu l’enfant. Une manière de dire à la société que ce petit être qu’elle mettait au monde avait été conçu avec Monsieur X, et n’était donc – toujours symboliquement – pas né d’elle seule.

 

Ce sont ces raisons qui font que je ne vois pas de motif de se réjouir – au nom de l’égalité – de ce que les enfants puissent désormais porter le nom de leurs deux parents, et encore moins de ce qu’ils puissent porter le nom de leur mère seule. Je vois en effet dans cette dernière possibilité (et le fait qu’elle soit validée par le père n’y change rien) une manière de faire symboliquement de l’enfant celui de sa mère seule, et donc de nier le second coparent, qui existe nécessairement dans un couple marié.

Or, rappelons que cette loi ne vaudra bien évidemment que pour les couples mariés : pour les autres, la possibilité existait déjà et continuera d’exister de donner à l’enfant leur seul nom de sa mère, pour peu que le père n’ait pas reconnu l’enfant. Ce qui ne peut se faire qu’avec l’accord de la mère.

 

Ainsi Irène Kaufer épinglait-elle ainsi mes positions en la matière : “Nadia Geerts, qui se dit radicalement opposée aux quotas et autres "discriminations positives" en faveur des femmes au nom d'un "féminisme universaliste", soutient par ailleurs l'importance "symbolique" du nom du père et proclame son hostilité à la nouvelle loi sur la transmission du nom de famille, avec des arguments qui me paraissent tout à fait "différencilaistes" (ou pour le dire autrement : dans ce raisonnement, hommes et femmes sont présentés comme "complémentaires"). Voilà qui me paraît tout à fait contradictoire... »

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Published by Nadia Geerts - dans Féminisme
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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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