Bonjour !

 

 

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Agenda

Le 27 avril, conférence à la maison de la laïcité sur le thème de "Fichu voile !" à 20h.

 

Le 28 avril, participation à une table-ronde organisée par Entre-vues sur avenir des cours philosophiques, à la Maison de la Laïcité Hypathia, rue des Deux Ponts, 19 à 1340 Ottignies-Louvain-La-Neuve, de 10 à 15h.


Texte Libre

La Louvière 9 sept. 2008

Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 13:09

 

Le monde est bizarre. Pour beaucoup de femmes de ma génération, le pantalon est un symbole de l'émancipation féminine: finie l'obligation d'être coquettes, « féminines », en portant des jupes et des robes qui entravent le mouvement, empêchent de courir, ne protègent guère du froid en hiver, mais plaisent à ces messieurs... Désormais, les femmes peuvent, comme les hommes, porter des vêtements pratiques, et pas seulement esthétiques. Et pas seulement, comme le prévoyaient encore deux circulaires préfectorales françaises (en 1892 et 1909) si elles tiennent par la main un guidon de vélo ou les rênes d'un cheval...

Alors d'où vient qu'aujourd'hui, le Mouvement Ni Putes Ni Soumises lance une action « Le 25 novembre, toutes en Jupe ! »1 ? Pourquoi devrions-nous, nous les femmes, renouer le temps d'une journée avec cette jupe qui, pendant tant de siècles, nous a enfermées dans un rôle déterminé ?

 

Tout simplement parce que les choses ont changé. La situation décrite par le film bouleversant « La journée de la jupe » n'est hélas pas une fiction: dans certaines écoles, dans certains quartiers, les filles dissimulent aujourd'hui leur corps dans des vêtements de sport informes, renoncent à toute féminité, non pas par choix, mais pour acheter la paix: pour ne pas être considérées et traitées comme des filles faciles. Aux yeux de certains mâles humains, aujourd'hui, porter une jupe est ipso facto synonyme d'invite sexuelle. La jupe est devenue, par un curieux retournement, synonyme d'émancipation, et émancipation est devenue synonyme de légèreté des moeurs et de non-respectabilité.

Autrement dit, porter une jupe aujourd'hui est devenu un acte politique, exactement comme porter un pantalon a pu l'être pour des pionnières telles que Marlène Dietrich ou Katharine Hepburn dans les années 30.

 

C'est pour cette raison que toutes les femmes attachées aux valeurs d'égalité, de mixité et d'émancipation devraient porter une jupe ce 25 novembre. Non pour plaire aux hommes ni pour les provoquer. Mais simplement pour réaffirmer le droit des femmes de s'habiller comme elles le veulent. Leur droit, aussi, au respect inconditionnel, en tant qu'êtres humains, et non parce qu'elles portent sur elles le signe de leur respectabilité. Face à la recrudescence des obscurantismes de tout poil, il importe de ne pas céder à la pression machiste: ce sont les hommes qu'il faut éduquer à respecter les femmes, et non les femmes qu'il faut éduquer à être respectables.

 


1Voici le texte complet de l'appel:


 

Partout en France, en Belgique, en Russie, en Espagne, en Suisse, en Grèce, en Allemagne, en Italie, au Québec et aux Etats Unis !

 

Lorsque je suis en jupe, je remarque, oui, que les hommes me regardent. Lorsque je suis en jupe, je me sens femme, oui, aussi dans mon propre regard. Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, tentent d’en faire de même, elles se font traiter de putes. Elles bravent l'interdit en arborant trop de liberté et de féminité.

C’est de là qu’est venue l’idée de se servir des jupes comme un symbole de notre mouvement. Le 25 novembre donc, j...ournée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, j’appelle toutes les françaises à porter une jupe, qu’elle soit crayon, porte feuille, mini, bouffante, plissée…comme un acte de soutien à toutes celles qui subissent le fait d’être née femme.

Aussi, ce même jour, Ni Putes Ni Soumises organisera « Toutes en Jupes », une vente aux enchères de jupes de femmes célèbres, qui ont décidé de soutenir notre combat pour les femmes. Les fonds récoltés à l’occasion de cette vente serviront à financer des « appartements-relais », projet de Ni Putes Ni Soumises et de l’association Aurore, un acteur social reconnu. Dans la continuité, des photos de filles des quartiers portant les dites jupes seront exposées et mises en vente.

J’attends que les valeurs de Ni Putes Ni Soumises de métissage et de mixité empreignent le Palais de Tokyo le soir du 25 novembre, et que cette soirée soit un bel hommage à toutes celles qui se battent, en France et ailleurs, contre les pressions de toutes sortes.

Sihem HABCHI
Présidente de Ni Putes Ni Soumises

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Vendredi 12 novembre 2010 5 12 /11 /Nov /2010 12:29

 

Ce qui est vachement bien avec le rapport du comité de pilotage des Assises de l'interculturalité, c'est que tout à coup, on se rend vraiment compte d'une richesse insoupçonnée de ce pays: la DIVERSITE. Ben oui, jusqu'à présent, on était tous pareils, mêmes droits mêmes devoirs et bla bla bla, et puis maintenant, on découvre qu'en fait non, on est différents. Et puisqu'on est différents, ce serait vraiment trop injuste de nous traiter comme si on était pareils: on voit tout de suite où ça nous mènerait: impérialisme, neutralisation de nos singularités, imposition de la règle de la majorité aux minorités, colonialisme culturel, totalitarisme et tutti quanti. Bref, l'horreur.

Mais bon, faudrait quand même pas que ça dégénère non plus et que chacun y aille de sa petite différence, de son petit caprice, pour refuser de respecter les règles qui s'imposent à tous. C'est pour ça que le comité de pilotage, dans sa très grande sagesse, a décidé de promouvoir les accommodements raisonnables. Parce que là au moins, les choses sont claires: tu peux faire valoir ta différence, mais seulement si elle est religieuse. Sinon, faut pas charrier, tu fais comme tout le monde et tu fermes ta gueule.

Alors moi, qui ne demande qu'à aider tous ceux qui éprouvent dans leur chair la profonde injustice qui consiste à traiter de la même manière des êtres qui sont objectivement différents, j'ai pensé à un truc: la conversion. Selon vos singularités, vous trouverez certainement une religion qui est faite pour vous.

 

Vous travaillez dans le secteur de la distribution et vous en avez marre de travailler le samedi, quand les autres se délassent ? Dans ce cas, le judaïsme est fait pour vous: grâce à la pratique du sabbat, vous pourrez exiger de votre employeur un horaire aménagé à vos convictions religieuses.

Vous en avez ral-le-bol de vous taper 500 bornes le vendredi soir pour arriver crevés à votre résidence secondaire ? La conversion à l'islam pourrait résoudre votre problème, si du moins votre employeur n'est pas trop au fait des pratiques religieuses islamiques: vous pouvez toujours tenter de lui faire gober que la prière du vendredi après-midi est sacro-sainte et dure toute l'après-midi, et à vous l'autoroute déserte !

Vous êtes policier et trouvez que franchement, le casque qu'on vous impose de porter lorsque vous circulez à moto réduit votre sex appeal à néant ? Songez au sikhisme, qui vous permettra de troquer le casque contre un ravissant turban du plus bel effet. Le judaïsme peut aussi convenir, mais songez qu'en cas de chute, la kippa vous protègera moins bien que le turban. En outre, un employeur pointilleux pourrait parfaitement soutenir que le casque peut s'enfiler au-dessus de la kippa, et vous seriez vu.

La justice vous fait des misères parce que vous avez tendance à forcer sur les champignons hallucinogènes ? Invoquez un rituel religieux exotique, ce qui démontrera sans contestation possible que vous n'êtes pas un junkie, mais un homme pieux.

Vous êtes une femme et vous êtes bourrée de complexes ? Alors, quelle que soit votre profession, et même si vous n'en avez pas, l'islam paraît taillé sur mesure pour vous: il vous permettra de dissimuler vos formes trop généreuses, votre visage criblé d'acné, vos cheveux ternes ou clairsemés, et vous permettra même, si vous êtes encore à l'école, de brosser la piscine sans avoir le moindre problème.

Vous n'avez jamais compris qu'on octroie aux femmes un rôle social à mille lieues de ce que Dame nature a voulu pour elles ? Une fois encore, l'islam est la solution. De sexiste rétrograde et abominablement machiste, vous deviendrez simplement culturellement différent : une espèce à protéger, ou en tout cas à respecter. Fini de devoir subir des évaluations ou des entretiens d'embauche menés par une femme ! Dans certains cas, notons que le judaïsme marche aussi, mais c'est moins sûr.

Vous êtes végétarien ? Au lieu de vous débrouiller gentiment, comme vous le faites tous les jours depuis vingt ans à la cantine sans emmerder personne, adoptez l'islam ou le judaïsme: même si votre patron est particulièrement obtus et refuse d'introduire des menus religieux dans son entreprise, il finira bien par vous proposer un compromis, sous la forme (bingo !) du menu végétarien. C'est simple, mais il fallait y penser.

 

Un dernier cas de figure, plus aléatoire celui-là: si vous estimez ne pas avoir suffisamment de jours de congé par an, vous pouvez toujours essayer les conversions multiples: vous vous découvrez juif la veille du Youm Kipour, musulman la veille de l'Aïd, chrétien la veille de l'Assomption, et même orthodoxe après les fêtes de fin d'année, histoire de refêter Noël après tout le monde... Evidemment, à la longue, votre patron risque de se douter de quelque chose.

 

Mais une chose est sûre: ne restez pas catholique (vous avez déjà eu tout ce qu'il y avait moyen d'obtenir; maintenant, vous risquez au contraire de perdre certains de vos acquis) ni athée. Rien à gagner de ce côté-là: vos différences, on s'en branle !

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Laïcité - religions
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Samedi 16 octobre 2010 6 16 /10 /Oct /2010 13:30
Cet article a été proposé au Soir en guise de carte blanche suite à celles de M. Chichah et de Mme Van Opstal, le 7 octobre dernier. Elle ne sera pas publiée dans l'édition papier, faute de place, mais devrait être publiée prochainement dans l'édition en ligne du quotidien.

Faut-il rappeler que dans « libre examen », il y a bien sûr liberté, mais aussi « examen ». Or, qu’a-t-on réellement examiné le 20 septembre dernier à l’ULB ? S’est-il agi de passer les propos de Dieudonné au crible de la raison critique ? S’est-il agi, plus largement, de penser les limites légitimes à la liberté d’expression, en vue de préserver d’autres droits fondamentaux ? Que nenni !

 

Suite à la parution des deux cartes blanches de Souhail Chichah et d’Aurore Van Opstal, j’aimerais apporter quelques éléments de réflexion au débat.

Je préciserai d’emblée qu’en effet, à mes yeux, certains propos qui ont été pointés comme antisémites par certains intervenants ne l’étaient pas : ainsi, présenter les immigrés juifs des années 30 comme pas très propres et ne parlant pas bien le français est peut-être inexact, mais ne peut être considéré comme antisémite dès lors que l’on inscrit ces propos dans un contexte : celui du parallèle établi par M. Chichah entre les Juifs de cette époque et les Roms d’aujourd’hui, victimes de préjugés et de stigmatisation.

Par ailleurs, il me paraît aller de soi que l’on a le droit de critiquer Israël, même durement, sans pour autant être a priori soupçonné d’antisémitisme. La critique des idées, des politiques, des religions, des idéologies, etc. ne saurait être confondue avec l’attaque envers des personnes sans dommage dramatique pour la liberté d’expression.

Enfin, je condamne sans ambiguïté toute manœuvre d’intimidation, menaces physiques ou verbales, insultes, etc.

Ceci étant posé, il n’en reste pas moins que j’ai éprouvé un indéniable malaise en visionnant la vidéo du débat qui a eu lieu le 20 septembre dernier à l’ULB, et je vais tenter d’expliquer ici pourquoi[1].

 

D’abord par le glissement qui s’est d’emblée opéré entre la thématique de la soirée, à savoir « Peut-on débattre avec Dieudonné ? » et plus largement la liberté d’expression, et la question d’Israël, et ce sans qu’aucun intervenant, ni le modérateur, ne juge utile de recentrer le débat : autant, lorsque Joël Kotek, chargé de cours à l’ULB, prit la parole pour dénoncer le racisme de Dieudonné, le vice-recteur l’interrompit-il pour lui rappeler que ce n’était pas le sujet (??), autant ne jugea-t-il à aucun moment utile de rappeler à l’assistance que le sujet de la soirée n’était pas Israël, mais Dieudonné et la liberté d’expression.

Or, le problème est que si la liberté d’expression est un droit fondamental, elle souffre quelques limites, dont justement l’incitation à la haine raciale dont Dieudonné s’est rendu coupable à plusieurs reprises, ce qui se solda d’ailleurs par plusieurs condamnations devant les tribunaux français (la dernière en 2007, sanction qui fut confirmée en appel en 2008). Prétendre donc que l’on n’est pas là pour parler de haine raciale, mais de liberté d’expression, c’est gommer purement et simplement que c’est précisément parce que Dieudonné utilise l’une pour diffuser l’autre qu’il est au centre de ce débat.

Or, j’ai beau chercher, je ne vois pas de lien immédiat entre un débat sur Dieudonné et la liberté d’expression et Israël, si ce n’est le lien que fait Dieudonné lui-même lorsqu’il tente de faire passer son antisémitisme pour de l’antisionisme. Fallait-il vraiment que ce soir-là, dans le temple du libre examen qu’est l’ULB, soit ainsi adoptée la grille mensongère de l’humoriste raciste ?

 

Ensuite, par des silences. On s’étonnera sans doute que dans le brouhaha de ce piètre débat, j’aie pu déceler un silence. Et pourtant, lorsqu’une jeune fille prit la parole pour demander « Pourquoi attaquer l’islam, c’est gratos, et attaquer les Juifs c’est payant ? », il ne se trouva personne pour lui répondre[2]. Qui ne dit mot consent, dit le dicton. Et malheureusement, j’ai la conviction à la fois que cette jeune fille se trompe, et qu’elle exprimait un sentiment bien présent ce soir-là : celui d’un deux poids deux mesures en faveur des Juifs, celui d’une hostilité particulière à l’égard de l’islam. Quelle désolation qu’il ne se soit trouvé personne, parmi les intervenants, pour lui répondre ! Quelle belle occasion cela aurait été de faire la distinction, in situ, entre antisionisme et antisémitisme, mais aussi entre critique des idées religieuses et racisme anti-musulmans[3] !

 

Enfin, par une « petite phrase » de Souhail Chichah : « Moi, la question du négationnisme, elle ne m'intéresse pas. D'ailleurs, je n'ai pas d'avis puisqu'il est interdit d'avoir un avis dessus donc en tant que légaliste, je m'en tiens à la vérité officielle ». Petite phrase à tout le moins maladroite, mais aussi intellectuellement malhonnête, dès lors qu’il n’est pas interdit d’avoir un avis sur le négationnisme, mais seulement de professer des thèses négationnistes. Un intellectuel comme M. Chichah ne peut pas ignorer la différence qu’il y a entre contester le bien-fondé des lois mémorielles et minimiser ou nier le génocide nazi.

 

Pour conclure, on peut évidemment débattre de, et même avec Dieudonné. Tout comme on peut débattre avec Le Pen. A chacun de juger en conscience. Mais je ne peux imaginer un débat sur ou avec Le Pen, a fortiori à l’ULB, où le point de vue démocratique et antiraciste serait minoritaire, et où certains intervenants entreraient avec complaisance dans la logique de Le Pen, le rendant ainsi de facto maître du débat. Or, c’est ce qui s’est passé à l’ULB ce soir-là : la critique d’Israël a supplanté celle de Dieudonné, et beaucoup de personnes présentes dans le public en auront probablement déduit (ou reçu confirmation) que si d’aucuns n’aimaient pas Dieudonné, c’est parce qu’il critiquait Israël, que les Juifs n’aiment pas ça, et que puisque les Juifs dominent le monde, …

Lamentable ! Et plus lamentable encore est que certains membres du corps académique de l’ULB permettent, voire favorisent ce glissement.

 

Nadia Geerts

 

 

[1] On lira également avec profit l’article suivant : http://lessakele.over-blog.fr/article-doi-57486895.html

 

[2] Je l’ai fait ici : http://nadiageerts.over-blog.com/article-lettre-ouverte-a-une-jeune-inconnue-58619866.html

 

[3] Mais il ne faut pas s’étonner que M. Chichah ne l’ait pas fait, lui qui m’a traitée publiquement à plusieurs reprises de xénophobe, parce que j’ai l’outrecuidance de critiquer certaines revendications politiques islamistes…

Par Nadia Geerts - Publié dans : Antifascisme - antiracisme
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Dimanche 10 octobre 2010 7 10 /10 /Oct /2010 12:15

J’ai visionné hier la vidéo (http://sidimedia.blip.tv/) du débat qui a eu lieu à l’ULB le 20 septembre dernier sur le thème de la liberté d’expression, sous le titre « Est-il permis de débattre avec Dieudonné ? ». Un « débat » affligeant et inquiétant, qui a dévié rapidement sur la critique d’Israël, comme si le conflit israélo-palestinien était le seul, ou même l’un des exemples les plus judicieux censés illustrer la problématique de la liberté d’expression.

Mais j’ai envie de revenir sur ce débat par le biais d’une interpellation venue de la salle, à la fin de la soirée. Une jeune fille voilée à pris la parole pour poser cette question : « Pourquoi attaquer l’islam, c’est gratos, et attaquer les Juifs c’est payant ? ».

Passons sur la formulation approximative de la question, qui laisse supposer que finalement, attaquer les Juifs ou l’islam, c’est pareil. Je pense en effet que ce que cette jeune femme a voulu dire, c’est en réalité qu’on pouvait impunément s’en prendre à l’islam, tandis qu’il était interdit de s’en prendre aux Juifs. Et c’est sur cette question que je voudrais revenir, tant elle me paraît à la fois sincère et terriblement révélatrice d’une confusion conceptuelle qui fait le lit de l’antisémitisme et de la haine qui se sont déversés ce soir-là à l’université du libre examen.

 

Je voudrais commencer par vous dire, Madame, que vous avez à la fois raison et tort. Raison parce qu’en effet, attaquer l’islam est autorisé, alors qu’attaquer les Juifs ne l’est pas. Tort parce que cela ne révèle en rien une différence de traitement entre les Juifs et les musulmans, mais au contraire d’une compréhension très saine de la liberté d’expression, qui était, rappelons-le, le thème de la conférence-débat de ce soir-là.

Attaquer l’islam, c’est attaquer une idée, un texte, une religion. Or, en démocratie, comme cela a été martelé par plusieurs intervenants ce soir-là, la critique des idées est légitime. La liberté d’expression implique le droit de dire des choses que l’autre n’a pas envie d’entendre. Par exemple que l’on trouve sa religion absurde, fausse, ridicule, dangereuse. Bien sûr, on peut se demander s’il est bien utile, voire élégant, de le faire. Mais la loi n’a pas pour fonction de sanctionner le manque d’élégance ou de courtoisie, et c’est heureux. J’ajoute qu’il est tout aussi légitime de critiquer la religion juive, le christianisme, le bouddhisme ou l’athéisme, que de critiquer l’islam.

Attaquer les Juifs, en revanche, c’est attaquer des personnes. Et l’histoire nous apprend, qui plus est, que le nazisme a été le point d’orgue de l’attaque contre des personnes non seulement pour ce qu’elles pensent, mais plus encore pour ce qu’elles sont. Manifestement, vous ignorez qu’être Juif, depuis la seconde guerre mondiale, cela ne signifie pas nécessairement être adepte du judaïsme. C’est une subtilité qu’il est pourtant essentiel de comprendre pour tenter de répondre à votre question.

Lorsqu’Hitler a commencé à persécuter les Juifs, il se souciait comme d’une guigne de leurs croyances, de leur religion, de leur pratique. Pour lui, on était Juif par le sang, quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, quoi qu’on pense. Beaucoup de Juifs ont ainsi appris par les nazis qu’ils étaient Juifs, alors qu’eux se sentaient simplement Allemands, ne pratiquaient pas et ne croyaient même pas en un quelconque dieu. Lorsqu’on était étiqueté comme juif, dans l’Allemagne nazie, il n’y avait aucun moyen de se racheter : on était marqué d’une tare indélébile, on appartenait à une « race » inférieure, méprisable, dont il fallait débarrasser la terre.

C’est cela, aujourd’hui, que nous désignons par le terme « antisémitisme » : c’est le fait d’attribuer aux Juifs, par le simple fait qu’ils sont Juifs, une série de caractéristiques intrinsèques. C’est l’exact équivalent d'autres formes de racismes, lequel consiste à considérer que telle ou telle « race » humaine est par nature dotée de tel ou tel trait de caractère.

 

Revenons maintenant à l’islam. Vous voulez sans doute dire, lorsque vous dites qu’attaquer l’islam, c’est « gratos », qu’on peut impunément s’en prendre aux musulmans. Et j’imagine que vous pensez à tous ces débats actuels dans lesquels l’islam est effectivement visé, qu’il s’agisse du port du voile, de la viande halal, du terrorisme islamique, des caricatures de Mahomet et j’en passe.

 

Soit. Je peux comprendre que vous ayez le sentiment que c’est toujours sur les mêmes qu’on tire. Mais de votre coté, reconnaissez que l’islam pose aux sociétés occidentales des problèmes nouveaux (ou parfois anciens, mais qui avaient pu être réglés ces dernières décennies, en assignant à la doctrine catholique une place bien délimitée, dans la sphère privée) dont, avec la meilleure volonté du monde, on aurait du mal à trouver l’équivalent dans les revendications actuelles d’autres religions en Occident : ce ne sont pas les Juifs ultra-orthodoxes qui revendiquent le droit de porter kippa et papillotes dans l’enseignement officiel et d’y voir respectés leurs prescrits religieux, qu’ils soient alimentaires ou relatifs à la séparation des sexes. Ce ne sont pas des bouddhistes qui ont commis au nom de leur Dieu les attentats de New-York, de Londres, de Madrid ou de Mumbaï. Ce ne sont pas des catholiques qui ont commis des attentats sur des ambassades et menacé de mort un dessinateur qui aurait commis l’erreur de caricaturer Jésus ou le pape.

J’admets volontiers qu’en l’occurrence, il faut se garder de toute généralisation : ce ne sont pas les musulmans qui sont responsables de ces faits, mais certains d’entre eux. Et porter un voile n’a évidemment pas la même portée, en termes de menace sociale, que poser une bombe dans un métro.

Il n’empêche que l’islam nous interroge. Et que prétendre que s’il le fait, c’est uniquement parce que nous serions racistes, c’est confondre la critique légitime d’une idée avec l’hostilité avec des individus.

 

Alors bien sûr, il y a des racistes. Il y a des gens qui, sitôt que vous avez une tête d’Arabe, vous supposent musulman, donc forcément intégriste, partisan de la lapidation, de la polygamie et du crime d’honneur. Ces gens-là sont des imbéciles, tout autant que ceux qui, sitôt que vous portez un nom juif, vous soupçonnent d’être riche, fourbe et de tirer les ficelles du monde – un discours qu’on trouve notamment chez Dieudonné…

Mais j’ai beau chercher, je ne vois aucun projet politique d’envergure qui vise à marquer les musulmans d’un signe distinctif – comme l’étoile jaune des Juifs – sauf peut-être, suprême ironie, chez certains musulmans eux-mêmes qui tiennent à marquer leur femmes du voile… Je ne vois aucun projet politique d’envergure qui vise à les enfermer dans des ghettos, à leur interdire l’accès à certains emplois, à réquisitionner leurs logements pour les attribuer à des non-musulmans, à les déporter dans des camps et à les y exterminer.

Alors soyez rassurée, Madame : si l’antisémitisme nous est particulièrement insupportable, à nous démocrates, ce n’est pas parce que les individus concernés sont Juifs. Auraient-ils été, seraient-ils Arabes, Noirs, Chinois ou Pakistanais, que ce serait pareil : parce qu’aujourd’hui, lorsque je pense au nazisme, je pense à ce que des humains ont été capables de faire à d’autres humains. Parce qu’ils étaient Juifs, mais aussi parce qu’ils étaient homosexuels, témoins de Jéhovah ou communistes.

 

Un dernier mot pour conclure : vous étiez peut-être de ceux qui ont applaudi lorsque Souhail Chichah a glissé qu’il ne se prononcerait pas sur le négationnisme puisque c’était interdit. Une petite phrase qui a certainement conforté une partie de l’assistance, manifestement antisioniste à tout le moins, dans l’idée que décidément, dans cette société, tout ce qui concerne les Juifs est sacré.

Mais Monsieur Chichah a menti. On a parfaitement le droit de parler du négationnisme. On a parfaitement le droit de considérer que la loi (http://www.resistances.be/negat02.html) qui interdit de nier ou de minimiser grossièrement le génocide commis par les nazis durant la seconde guerre mondiale devrait être abrogée. Et il y a d’ailleurs des intellectuels non suspects de négationnisme pour soutenir cette idée.

Mais à votre tour, je vous demande de remplacer « Juifs » par « musulmans ». Imaginez que demain, un parti d’extrême droite arrive au pouvoir et mette en place une politique d’extermination des musulmans ou supposés tels. Imaginez que des millions de musulmans d’Occident soient déportés et exterminés. Et imaginez que soixante ans plus tard, certains prétendent que cela n’a jamais existé, ou qu’il y a certes quelques musulmans qui sont morts, mais que c’était de maladie, parce qu’à l’époque les conditions sanitaires n’étaient pas terribles, n’est-ce pas. Imaginez que vous soyez à ce moment-là une vieille dame. Que vous ayez perdu plusieurs membres de votre famille par la faute de cette barbarie. Et qu’en plus, vous deviez subir les discours arrogants de ceux qui vous disent, en vous regardant dans le blanc des yeux, que vous mentez.

C’est en ces termes que se pose la question du négationnisme aujourd’hui : car si prétendre que la terre est plate se limite à vous faire passer pour un être peu instruit, prétendre que le génocide n’a pas existé blesse des gens, non pas dans leurs convictions, mais dans leur réalité, dans leur histoire familiale.

À nouveau, nous revenons à la différence entre libre critique des idées et attaque envers les personnes. Je reconnais qu’elle n’est pas toujours aisée. J’espère sincèrement que vos études au sein de l’université du libre examen vous aideront à clarifier cette distinction. Pour le plus grand bien de la démocratie et de la liberté d’expression.

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Antifascisme - antiracisme
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Jeudi 9 septembre 2010 4 09 /09 /Sep /2010 16:27

Rassurez-vous, je n’ai aucune intention de vous présenter les caractéristiques communes à chacun de ces groupes humains. Mais au contraire d’attirer l’attention sur l’usage de ce « les », qui semble décidément devenir une manie chez certains…

 

Les Juifs… Pour le commissaire européen Karel De Gucht, ces gens-là ont une fâcheuse tendance à penser qu’ils ont raison : « Il y a en effet la foi chez la plupart des juifs - je pourrais difficilement décrire cela autrement - qu’ils ont raison. Et la foi est quelque chose qu’on peut difficilement combattre avec des arguments rationnels ». Une déclaration qui a été à juste titre jugée antisémite : en effet, elle attribue à tout un groupe humain, indépendamment de ses orientations politique ou religieuse par exemple, une même caractéristique qui ne serait dès lors explicable que par la génétique : qu’ils soient Européens, Américains, Africains ou Israéliens, qu’ils soient croyants ou non, « les Juifs » seraient incapables d’appréhender rationnellement la question du Proche-Orient. C’est dans leur sang, vous comprenez. Et les Juifs qui critiquent, parfois virulemment, la politique de l’Etat d’Israël, voire même son existence, sont sûrement des faux Juifs, ou à tout le moins des exceptions qui confirment la règle, comme le boucher arabe mais si sympa que tous les racistes vous resservent à l’occasion.

 

Les musulmans… Deux événements de l’actualité viennent nous rappeler à leur propos combien la tentation de l’essentialisation reste grande.

Tout d’abord, la riche idée du pasteur Terry Jones de brûler un Coran le onze septembre prochain, au nom du fait que l’islam serait la religion du diable. Le « raisonnement » est simple : les attentats du onze septembre 2001, c’est la faute aux méchants musulmans assoiffés de conquête du monde. Ripostons donc en brûlant leur livre saint. Certes… Sauf que c’est oublier – et je ne parlerai même pas ici de considérations politico-stratégiques – que parmi les victimes du onze septembre se trouvaient aussi des musulmans qui n’étaient ni pilotes d’avion ni anti-Américains, et qui allaient tranquillement bosser quand des fanatiques ont mis brutalement fin à leur existence. Et quand bien même aucun musulman n’aurait figuré parmi les victimes, j’ai beau chercher, je ne vois vraiment pas en quoi il serait légitime d’accuser tous les musulmans d’être les complices silencieux mais consentants de ces attentats. Si Terry Jones tient absolument à brûler quelque chose – c’est une manie qui ressurgit régulièrement chez certains obscurantistes chrétiens – qu’il brûle une effigie de Ben Laden, ou alors qu’il fasse un grand bûcher oecuménique de livres sacrés, mêlant petit livre rouge, Mein Kampf, la Bible et tant d’autres pour dénoncer les ravages criminels de la foi aveugle en quelque idéologie que ce soit. Mais dénoncer les ravages de la foi aveugle, ça ne semble pas être son fort, au bon pasteur…

Ensuite, l’annonce par la presse d’une plainte contre Aldo-Michel Mungo, ex PP, qui aurait diffusé via « Les Résistants » en document Powerpoint incitant à la haine contre les musulmans. J’ai fini par voir ce chef d’œuvre : en gros (en très gros), il propage l’idée suivante : les musulmans mangent halal. Ces gens-là ont donc la fâcheuse manie d’égorger les bêtes sans étourdissement préalable, et qui plus est nous imposent leur nourriture religieusement estampillée, à nous qui n’en demandions pas tant. Mais ce n’est pas tout, car les musulmans  n’égorgent pas seulement les bêtes : ils font pareil avec les hommes. Et donc, braves Européens soucieux de défendre vos traditions, réveillez-vous si vous ne voulez pas être bientôt purement et simplement égorgés !

Rétrospectivement, j’ai des frayeurs : quand je pense au nombre de musulmans que j’ai dû croiser dans la rue, sans qu’aucun ne m’égorge ! Sans doute avaient-ils justement oublié leur grand couteau chez eux ? Bénis soient les musulmans distraits !

 

Les Roms enfin… Le seul élu du Parti Populaire a réussi à attirer l’attention sur lui en approuvant la politique de Sarkozy, justifiant les expulsions de Roms par le fait que ces gens-là ne peuvent ni travailler ni se contenter d’amour et d’eau fraîche, et sont donc fatalement des voleurs. Ici, c’est plus subtil – mais reconnaissons que faire plus subtil que De Gucht, Jones et Mungo, même réunis, c’est pas dur… ­- puisque l’explication donnée à la délinquance des Roms n’est pas génétique, ni même culturelle, mais sociale. Il n’empêche : Laurent Louis aurait pu s’informer, il aurait alors appris que non, tous les Roms ne sont pas des voleurs. Que de plus, il y a des voleurs qui ne sont pas Roms. Et que donc, soit on considère que tout voleur doit être déchu de sa nationalité et chassé du pays – mais vers où ??  -, soit on considère que certains ont plus le droit de voler que d’autres : si t’es de souche, tu peux (tu iras peut-être en prison, mais c’est tout), mais si tu viens d’ailleurs, ou si tes parents ou autres aïeux ont des origines suspectes, fais gaffe quand même.

 

Toute ressemblance avec du racisme serait purement fortuite.

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Antifascisme - antiracisme
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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /Août /2010 10:24

C’est sous ce titre que Georges-Pierre Tonnelier, bien connu pour sa proximité avec le FN et ses démêlés afférants avec la justice, a choisi de diffuser sur le net un extrait d’une interview où, partant de la question du voile, j’explique la différence entre avoir des idées et les afficher dans un cadre précis, comme celui de la fonction publique, par exemple.

 

L’intention de Monsieur Tonnelier est limpide : me mettre face à mes soi-disant contradictions : « vous dites qu’un fasciste a le droit de travailler, mais en me refusant le droit à l’oubli, vous m’empêchez bel et bien de trouver un emploi ».

Or, de quel droit à l’oubli parle-t-on ? Monsieur Tonnelier n’est pas, contrairement à ce qu’il tente de faire croire, un jeune homme qui s’est brièvement égaré dans les méandres de l’extrême droite avant de prendre conscience de son erreur. Loin d’être un simple électeur du FN, il est actif au sein de l’extrême droite francophone depuis 1998, et, contrairement à ce qu’il prétend, ne lui a jamais tourné le dos : lors des élections de juin dernier, il a participé activement à la campagne du FN de Patrick Cocriamont (celui qui prêta serment en 1994 en faisant le salut nazi) et de Michel Delacroix (celui de « Ma petite juive est à Dachau »). Qui plus est, il a été condamné en 2006 à sept ans d’inéligibilité pour incitation à la haine, à la discrimination et à la ségrégation raciales.

 

Je maintiens donc que :

un électeur du FN, du VB ou d’un quelconque autre parti d’extrême droite a évidemment le droit de travailler. Et il y a certainement, dans tous les milieux professionnels, des racistes, des révisionnistes, des islamistes, bref des extrémistes de tout poil. Tant qu’ils n’enfreignent aucun règlement professionnel, l’Etat n’a pas à se faire juge des consciences. Nous sommes en démocratie, pas en dictature.

Il est cependant évident que, lors de toute recherche d’emploi, notre curriculum vitae peut jouer en notre faveur ou en notre défaveur. Il ne faut d’ailleurs pas nécessairement être d’extrême droite pour en avoir fait l’expérience: cela vaut pour toute activité publique.

Pour ce qui est de la fonction publique – je rappelle que ma position sur le voile, sur laquelle Mr Tonnelier fonde son parallèle, ne vise que les écoles et la fonction publique -, j’estime qu’il est souhaitable que les fonctionnaires publics s’abstiennent d’afficher ou d’exprimer leurs préférences politiques ou religieuses dans l’exercice de leurs fonctions. Et je ne soupçonne pas Mr Tonnelier de vouloir aller travailler en uniforme SS.

En revanche, certaines professions exigent par exemple un casier judicaire vierge, ce qui n’est pas le cas de Monsieur Tonnelier.

 

En tout état de cause, si Monsieur Tonnelier rencontre des difficultés pour trouver un emploi, la faute ne me paraît pas en incomber à RésistanceS, mais à son obstination à poursuivre des activités publiques au sein de l’extrême droite tout en prétendant avoir viré sa cuti. Tant que Monsieur Tonnelier fera partie de l’actualité politique et judicaire, il sera normal que son nom apparaisse dans les médias. Il serait temps que, plutôt que de jouer la victime innocente d’un obscur complot, Monsieur Tonnelier assume la responsabilité de ses engagements passés et actuels.

http://www.youtube.com/watch?v=aijIdkRXCuY

http://www.resistances.be/tonnelier05.html

http://www.diversite.be/index.php?action=artikel_detail&artikel=218&select_page=215

http://www.resistances.be/fnlafin10.html

Par Nadia Geerts - Publié dans : Antifascisme - antiracisme
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 09:30

Ce texte a été publié dans La Libre Belgique le 14 juillet 2010 sous le titre "L'école n'est pas un lieu de foi" (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/596177/l-ecole-n-est-pas-un-lieu-de-foi.html).

 

Lors du conseil communal qui, hier à Charleroi, a voté l’interdiction des signes religieux dans l’ensemble de l’enseignement communal, Latifa Gahouchi (PS) et Olivier Chastel (MR) se sont prononcés l’une contre l’interdiction, l’autre pour. Avec des arguments à première vue tout-à-fait pertinents.

 

Pour Latifa Gahouchi, la laïcité ne saurait être invoquée pour empêcher les élèves d’exprimer leurs convictions religieuses, le décret neutralité ne s’appliquant pas à eux, mais uniquement aux enseignants – exception faite du prosélytisme, interdit aux élèves également. Le même débat avait déjà eu lieu en France en 2004, certains laïques estimant alors que la loi de 1905 était dénaturée par une interdiction faite aux élèves d’afficher des signes extérieurs de leurs convictions religieuses. Et il est tout à fait exact qu’historiquement, mais aussi principiellement, la laïcité n’a pas pour vocation d’interdire l’expression de leurs convictions par les élèves.

Olivier Chastel, quant à lui, a tenu à préciser que l’interdiction ne devait pas être défendue au nom de la laïcité, mais au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes. Fort bien, en ce que cela répond de toute évidence à l’argument de Madame Gahouchi. Cependant, on voit mal alors au nom de quoi interdire dans la foulée des signes religieux qui ne seraient pas porteurs d’inégalité entre les sexes, comme le crucifix par exemple.

Que faire alors ? Ne rien interdire, au nom de la liberté d’expression des élèves ? N’interdire que le voile, au nom de l’égalité hommes/femmes ?

Les deux hypothèses sont irréalistes.

La première parce que, sur le terrain, la tension monte. Imaginer que permettre l’affichage ostensible par tous et toutes de leurs convictions philosophiques, politiques et religieuses pourrait déboucher sur un merveilleux melting-pot où règneraient l’harmonie, la bonne humeur et la tolérance, c’est pécher par naïveté.

L’affichage de signes religieux par les élèves, aujourd’hui, est à la fois le reflet et la source d’un communautarisme qui segmente l’espace scolaire. De plus, particulièrement lorsqu’il s’agit du voile, il est fréquemment le point de départ de revendications qui visent à mettre en cause la mixité et l’égalité entre garçons et filles. Enfin, le port du voile par certaines jeunes filles, outre qu’il n’est pas toujours un choix librement consenti, exerce une pression de fait sur les musulmanes qui ne le portent pas et fragmente l’espace scolaire entre musulmans et non musulmans, mais aussi entre bonnes et moins bonnes musulmanes.

N’interdire que le voile, a contrario, serait précisément faire ce que certains accusent déjà les laïques de faire, à savoir stigmatiser l’islam et les musulmans. On pourrait balayer l’objection de la main en soutenant que ceux-là sont de mauvaise foi, ou que, quelle que soit la manière dont le message sera reçu, il faut avoir le courage de nommer ce qui pose problème.

Je ne suis pas de cet avis. Autant il est évident, en effet, que dans l’immense majorité des cas, c’est aujourd’hui le voile à l’école qui pose question, autant rien ne nous permet d’affirmer que demain, d’autres mouvements religieux ne développeront pas une manière plus visible de se profiler. Une loi, par essence, se doit de régler les problèmes d’une manière générale. La loi française de 1905, faut-il le rappeler, trouvait son origine dans la nécessité pour l’Etat de se séparer de l’Eglise catholique. La loi de séparation, cependant, concerne tous les cultes. Et c’est ainsi que les choses doivent être.

Au nom de quoi, alors, interdire les signes religieux (et politiques) à l’école ? Au nom du fait que si la laïcité accepte la présence du religieux, elle en refuse l’immixtion dans le champ institutionnel. La distinction entre présence et immixtion est certes difficile, mais dans le contexte actuel, les signes religieux ne sont pas de simples accessoires sans importance. Ils véhiculent une charge symbolique importante, tant pour ceux qui les portent que pour ceux qui les voient. Ils disent à l’autre « voici ce que je crois », et ce dans une enceinte qui a pour mission de leur transmettre ce qu’il faut savoir. Face à cela, il est urgent que les politiques en charge de l’enseignement obligatoire rappellent, par une loi d’interdiction, que l’école n’est pas un lieu de foi, mais un lieu de savoir. Ce qui n’ôte en rien la liberté à chacun et chacune d’avoir la foi, et de la manifester si bon lui semble… en dehors de l’école.

 

Nadia Geerts

Maître assistante en philosophie

Auteur de « Fichu voile ! » (Luc Pire 2010)

Par Nadia Geerts - Publié dans : Laïcité - religions
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Mardi 15 juin 2010 2 15 /06 /Juin /2010 19:49

 

Difficile de passer à côté de l’information : un événement circulant largement sur Facebook vient d’être interdit. Son propos : protester contre l’occupation de la rue Mirha (Paris, 18è arrondissement), chaque vendredi depuis des années, par des musulmans en prière, et ce en organisant un grand « apéro pinard et saucisson », le vendredi 18 juin prochain.

« Où est le mal ? » se demandent certains, furieux de ce qu’ils perçoivent comme une interdiction faite à des citoyens de partager un bout de saucisson et un verre de vin, alors que le même lieu est envahi chaque semaine par des musulmans qui prient, empêchant la circulation. « Deux poids deux mesures », protestent-ils, indignés.

« Provocation ! » s’offusquent les autres : « Est-ce la faute de ces gentils musulmans s’ils n’ont pas de local adapté pour faire leur prière, et ce depuis des années, et se retrouvent contraints, pour faire bouger les autorités, à prier en pleine rue ? ».

 

Or, la question n’est pas là. Non, la préfecture n’interdit pas à de paisibles citoyens de consommer du vin et du saucisson dans la rue, au motif que ça choquerait les pieux musulmans. Et non non plus, il ne s’agit pas de malheureux musulmans contraints de prier en rue faute de locaux adaptés.

 

Parmi les organisateurs de cet événement (1), et c’est là que le bât blesse, on trouve le Bloc identitaire, Novopress, Résistance républicaine, le site Internet Bivouac-Id, les Jeunes pour la France (mouvement de jeunes villiéristes), l’association Vérité valeurs & démocratie, Riposte laïque, etc.

Motif ? « Parce que la rue Myrha et d'autres artères du quartier sont occupées, particulièrement le vendredi, par des adversaires résolus de nos vins de terroir et de nos produits charcutiers ».

Selon SOS racisme, la date du 18 juin n’a pas été choisie au hasard : « il s’agit de commémorer la résistance à une armée d’invasion ».

Si on ajoute à cela l’affiche de l’événement, qui utilise la typographie de manière à ce que les lettres « SS » du mot saucisson apparaissent à la manière nazie, on comprend qu’on est loin d’un pique-nique bon enfant.

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De l’autre côté, selon Caroline Fourest, point de musulmans débonnaires demandant simplement un espace convenable pour prier, mais des personnes qui choisissent de prier en rue parce que Dieu « leur a demandé de faire de la pub pour l’islam ». Avec pour corollaire le détournement de la circulation, la cessation des activités des commerçants, et l’impossibilité pour un piéton de passer dans cette rue sans longer le mur.

 

Alors soyons clairs :

Oui, il est parfaitement scandaleux que depuis des années, une rue, voire un quartier, soient rendus impraticables à la circulation par des gens qui estiment que leur devoir est de faire de la pub pour leur religion. Oui, on a le droit d’y réagir, même de manière provocante et humoristique, en allant étaler sa nappe à carreaux et déboucher son litron de vin rouge dans la rue Myrha, en l’accompagnant d’un délicieux saucisson pur porc. Parce que soit la rue est à tout le monde, soit elle n’est à personne, mais que son occupation ne peut être autorisée à certains sous prétexte de religiosité exacerbée, mais pas à d’autres sous prétexte qu’ils offenseraient ainsi ladite religiosité.

 

Mais non, la raison de l’interdiction de ce rassemblement n’est pas là. Elle est dans l’identité pour le moins sulfureuse des organisateurs, dont le but n’est pas de réaffirmer des principes démocratiques dont ils n’ont cure, mais constitue une réponse de bergère identitaire et fascisante à un berger identitaire et fascisant.

Plutôt que d’organiser une guéguerre entre les adeptes du hallal et ceux du saucisson, entre les buveurs de thé à la menthe et ceux de vin, une initiative sympathique aurait consisté à organiser un grand pique-nique rassembleur, conviant tous les citoyens soucieux de vivre ensemble, au-delà des replis identitaires, à venir partager qui leur litron de vin rouge, qui leurs pâtisseries orientales, qui leur saucisson, qui leur raki ou leur thé. Et oui, pourquoi pas, au nez et à la barbe des islamistes. Une manière de dire que certains, dans le quartier de la Goutte d’Or, veulent vivre ensemble, qu’ils soient par ailleurs musulmans ou non. Et qu’ils n’entendent pas se laisser enfermer par les extrémistes de tous poils.

 

Parce que le véritable enjeu n’est pas de défendre les produits du terroir contre la menace islamiste, mais de défendre un modèle de vivre ensemble qui, tout en étant respectueux des convictions privées de chacun, interdit que ces convictions n’empiètent sur l’espace commun à tous d’une manière qui aboutit à le privatiser.

L’apéro pinard et saucisson, en mettant en avant l’identité française – d’une manière, soit dit en passant, pathétiquement réductrice, comme si la France n’avait rien de plus noble à proposer ! – joue le jeu de ce qu’elle prétend dénoncer.

 


 

(1) Liste des associations organisatrices de l’événement :

Action Sita
Bivouac-ID
Bloc Identitaire
Cercle Aristote
Comité de Lépante
François De Souche
Initiative Gaulliste de Brives
Jeunes Pour la France
Ligue du Droit des Femmes
Novopress
Observatoire de l’Islamisation
Parti de l’In-nocence
Poste de Veille
Projet Apache
Résilience TV
Résistance Républicaine
Riposte Laïque
Solidarité Des Français
Titis Parisiens
Union Gaulliste
Vérité Valeurs & Démocratie

 

(Remarque: l'Union du peuple français, qui avait d'abord rejoint cette initiative, s'en est retirée ensuite pour les motifs suivants:


"Après avoir été contacté par Riposte Laique, l'Union du Peuple Français avait donné son accord pour participer en leur compagnie à un rassemblement laïc et républicain dans le 18ème
arrondissement de la capitale le jour de l'anniversaire du 18 juin 1940.

Force est de constater que cette manifestation sympathique a été récupérée par le Bloc Identitaire et que des affiches fleurissent à Paris avec les SS marqués en gras dans "saucisson".

Riposte Laique, informé, n'a pas condamné ce rapprochement et bien plus, a indiqué dans son site la présence de ce mouvement dans la liste des soutiens au même titre que F. de Souche, le projet
Apache ou Novopress.

Cet amalgame est non seulement contreproductif mais encore dangereux.

Dans ces conditions, tant qu'une mise au point sérieuse et définitive de Riposte Laique ne sera pas intervenue, l'Union du Peuple Français s'est retirée de la liste des soutiens à cette
manifestation.

Si nous partageons le combat républicain et laïc de Riposte Laïque, gaullistes et attachés à une certaine idée de la France, il ne peut être acceptable pour nous de cotoyer les mouvements
précités, ne serait-ce dans un intérêt considéré comme supérieur.

Nous vous demandons donc de faire taire toutes les rumeurs nous accusant d'être partie prenante de ce rassemblement."

Par Nadia Geerts - Publié dans : Antifascisme - antiracisme
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Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 10:46

Lors des élections d’hier, le R.A.P.P.E.L. a été informé de violations de la séparation des Eglises et de l’Etat : un crucifix dans un bureau de vote, et plusieurs assesseures voilées (voir http://www.le-rappel.be/FR/?Elections-federales-2010).

Plusieurs choses m’étonnent quant aux réactions que le communiqué a suscitées :

D’abord, personne ne s’est ému de la (dénonciation de la) présence d’un crucifix : soit que la majorité des citoyens trouvent en effet normal qu’aucun signe religieux ne marque les murs d’un bureau de vote, soit que finalement, un crucifix dérange moins qu’un voile.

Pourtant, symboliquement, l’effet est le même : voilà un lieu dévolu à la chose politique ­- laquelle devrait, dans une perspective laïque, être radicalement distincte de la chose religieuse – dans lequel fait irruption un signe religieux.

Ensuite, l’incompréhension de certains face à ce qu’ils perçoivent comme un acharnement anti-voile (oubliant au passage le fameux crucifix) : « Qu’est-ce que ça peut faire ? » demandent-ils, vaguement agacés.

Bonne question, qui fait figure du fil échappé d’une pelote, et sur lequel on tire soudain, remontant dans un passé pas toujours très éloigné :

Qu’est-ce que ça peut faire que des crucifix soient accrochés dans les tribunaux ?

Qu’est-ce que ça peut faire que des curés enseignent à l’école publique ?

Qu’est-ce que ça peut faire que le roi Baudouin refuse de signer une loi au nom de ses convictions religieuses, puisqu’elle a quand même fini par être promulguée ?

Qu’est-ce que ça peut faire que les témoins, dans un procès, jurent sur la Bible ?

Qu’est-ce que ça peut faire que les curés donnent des consignes de vote à leurs ouailles, en chaire ?

 

Je pourrais poursuivre longtemps cette énumération, mais mon propos n’est pas de dresser un catalogue des gestes symboliques qui marquent ou non la séparation du droit et de la foi, mais bien plutôt de montrer que si chacun de ces éléments, isolé, peut apparaître comme peu important, c’est la somme de tous qui fonde un Etat laïque. Et que chaque coin enfoncé dans ce principe, pour symbolique, pour anecdotique qu’il apparaisse, le menace d’une manière que nous n’avons pas le droit de considérer comme négligeable.

 

Par ailleurs, si je conçois bien qu’il soit plus difficile à une assesseure d’ôter son voile quelques heures durant que pour un président de bureau de décrocher un crucifix – raison pour laquelle le maintien de ce crucifix me choque plus, sur le plan des principes, que le port du voile par quelques assesseures -, je crains qu’on ne sous-estime le poids symbolique, à nouveau, de ces assesseures voilées :

Imaginons. Imaginons que demain, dans un bureau de vote, le président et les assesseurs soient tous « confessionnellement » marqués, et témoignent de leur attachement à la même religion : tous avec une grande croix en bois sur la poitrine, ou tous avec un grand voile sombre. Je vous demande d’imaginer la scène. Vous êtes accueilli dans le bureau électoral par une dame enveloppée intégralement dans un voile noir ne laissant voir que son visage. Vous remettez ensuite votre convocation et votre carte d’identité à une autre dame pareillement vêtue, et c’est une troisième dame dans le même accoutrement qui vous rend vos documents après le vote. Pour peu que vous votiez pour la première fois, ou que vous ne sachiez pas lire, une de ces dames vous accompagne dans l’isoloir pour vous expliquer comment voter.

Faites l’exercice en remplaçant ces personnages par d’autres, affublés d’un grand crucifix en bois. Ou imaginez-vous croyant et accueilli par une bande de joyeux drilles, président et assesseurs, exhibant leur t-shirt « Si Dieu existe, j’espère qu’il a une bonne excuse ».

Ne seriez-vous pas choqué ? Mal à l’aise ? Indigné ?

 

Moi si.

Et ne me dites pas que cela n’arrivera pas. D’abord parce que tout est possible. Ensuite parce que ces raisons-là sont de mauvaises raisons. Si vous acceptez qu’une assesseuse soit voilée, vous devez être prêt à accepter que le cas échéant, elles le soient toutes.

 

N’en déplaise à certains, la dimension symbolique est importante. Et n’est-ce pas d’ailleurs ce que nous répètent à l’envi les religieux de tous poils ? Eh bien, Mesdames et Messieurs les porteurs de crucifix, de kippa, de voile, de kirpan, de turban et autres colifichets symboliques, admettez que pour nous aussi, laïques, soucieux de préserver la sphère du politique de l’immixtion toujours possible du religieux, vos symboles soient importants. Tellement importants que nous n’en voulons pas sur les murs ni sur les personnes qui incarnent, le temps d’une journée, le politique.

Par Nadia Geerts - Publié dans : Laïcité - religions
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Samedi 12 juin 2010 6 12 /06 /Juin /2010 11:56


Le Soir du 10 juin dernier annonçait la publication prochaine des « consignes de vote » du collectif Vigilance musulmane. Un collectif qui, selon l’article du Soir (1), était soucieux de « la gestion des conséquences de la crise économique », de « la création d’une communauté urbaine incluant Bruxelles et son hinterland économique », de l’instauration d’une circonscription fédérale, de la suppression des provinces, de la levée du blocus dans la bande de Gaza et de ne pas interdire le voile intégral en Belgique. Curieuse, je suis donc allée y jeter un œil.

 

Surprise : le site http://www.pourquivoter.info/, du collectif Vigilance musulmane, appelle à voter Groen ! en Flandre et à Bruxelles, et blanc en Wallonie. Et utilise manifestement pour cela un seul et unique critère : celui du respect des droits fondamentaux – traduisez : du droit de porter le voile partout – comme en témoigne cette proposition que VM souhaiterait voir intégrée par le PS :« Œuvrer pour un vivre ensemble dans une société sans discriminations et dans le respect des convictions philosophiques et religieuses et des droits fondamentaux de chacune et chacun, notamment à l’école et dans la fonction publique ».

Vigilance musulmane reproche également au CDH d’être « en première ligne dans la mise en place de politiques discriminatoires et attentatoires aux libertés fondamentales (acharnement à Charleroi contre une enseignante musulmane portant le foulard, projet d’interdiction du port du foulard à l’école en Communauté française, proposition de loi d’interdiction du port du voile intégral sur la voie publique, pour ne citer que quelques exemples). »

Quant à ECOLO, il « est revenu sur les engagements inscrits dans son programme, et ce en moins d’un an. Aujourd’hui, il soutient des positions qui violent ces droits fondamentaux. Par conséquent, il a perdu sa crédibilité ainsi que notre confiance. »

Ne parlons même pas du MR, à qui VM souhaite « une salutaire traversée du désert ; le temps pour lui de se soigner de ses dérives xénophobes, de se débarrasser de ses extrémistes et de redevenir un véritable parti démocratique. »

 

Mais Vigilance musulmane, ne vous y trompez pas, est un collectif de « laïques musulmans ». Qui ont voulu pointer ainsi  leurs « priorités pour la législature 2010-2014 ». C’est chose faite. Je les résumerai ainsi :

Autoriser la ségrégation sexuelle à l’école et le marquage des filles au nom de prescrits prétendument religieux.

Autoriser l’immixtion du religieux jusque dans la sphère institutionnelle (fonction publique) par le biais de signes religieux MAIS au nom de la laïcité.

Autoriser la déshumanisation de la femme pour des motifs prétendument religieux en autorisant le port du voile intégral sur la voie publique.

Pénaliser la critique des religions et l’attachement à la laïcité (la vraie) en la faisant passer pour de la xénophobie et du déni des droits fondamentaux.

Outre Abdelghani Ben Moussa et Mehmet Seygin, il semblerait que derrière cet obscur Think Tank se cache également l’ex-président de l’Exécutif musulman, Mohamed Boulif. C’est en tout cas ce qui ressort d’un article publié en 2009 dans Le Soir le 6 juin 2009 (Les lobbies font leur marché électoral, Ricardo Guttierez).

Un trio qui, derrière beaucoup de bla-bla, semble avoir pour unique préoccupation la défense du droit fondamental de porter le voile, fût-il intégral, absolument partout. Tout ça au nom de la laïcité, décidément bien malmenée.

(1) http://archives.lesoir.be/les-musulmans-entrent-en-campagne_t-20100608-00XXE7.html?queryand=%22vigilance+musulmane%22&firstHit=0&by=10&when=-1&begYear=1989&begMonth=01&begDay=01&endYear=2010&endMonth=06&endDay=11&sort=datedesc&rub=TOUT&pos=0&all=21&nav=1

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Laïcité - religions
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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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