Les carnets de Nadia Geerts
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Alicja Tysiac est polonaise, gravement myope et déjà mère de deux enfants. Chacune de ses grossesses a aggravé sa myopie. Aussi, lorsque s’annonce une troisième grossesse, elle sollicite l’autorisation de pratiquer un avortement. La loi polonaise, qui s’est considérablement durcie en 1993, n’autorise l’interruption de grossesse que dans trois cas : lorsque la vie ou la santé de la femme est menacée, en cas de malformation grave ou de maladie inguérissable du fœtus et lorsque la grossesse est le résultat d’un délit (viol ou inceste). Alicja Tysiac est de toute évidence dans le premier cas. Pourtant, tant le gynécologue consulté que les hôpitaux publics refusent d’accéder à sa demande. N’ayant pas les moyens de faire appel aux services d’une clinique privée, Alicja Tysiac doit se résoudre à mener sa grossesse à terme. Conséquence : une hémorragie rétinienne et une invalidité reconnue, puisque Alicja Tysiac a désormais besoin de soins et d’une assistance quotidienne. Et, last but nos least, le risque d’être atteinte un jour de cécité totale.
Ce blog se veut, entre autres choses, un espace de libre critique des tentatives d'immixtions
du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et
religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée,
au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle
soit.
