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Agenda

Je participerai ce dimanche midi aux émissions Controverse et Mise au Point. 

Le thème de Mise au Point sera 
"Voile: autoriser ou interdire?", avec

- Mahinur Özdémir, CDH, députée bruxelloise
- Denis Ducarme, MR, député fédéral
- Isabelle Durant, ECOLO, co-présidente d'Ecolo
- Emir Kir, PS, secrétaire d'Etat - Région de Bruxelles Capitale
- Edouard Delruelle, Directeur du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme
- Isabelle Praile, vice-présidente francophone de l'Exécutif des Musulmans de Belgique
- Eliane Deproost, secrétaire générale du Centre d'action laïque
- Nadia Geerts, initiatrice réseau RAPPEL

Le thème de Controverse sera "Le voile au Parlement : le retour du religieux en politique ?", avec
  • Mahinur Özdemir : Députée cdH
  • Antoinette Spaak : Députée bruxelloise - FDF
  • Zoé Genot : Députée fédérale Ecolo 
  • Denis Ducarme : Député MR
  • Emir Kir : Secrétaire d'Etat bruxellois - PS
  • Nadia Geerts : initiatrice du R.A.P.P.E.L.
  • Radouane Bouhlal : Président du MRAX
  • Guy Haarscher : Philosophe à l'ULB 
  • Philippe Van Geel : Directeur de l'Institut des filles de Marie à Saint-Gilles
 
 

 

Texte Libre

La Louvière 9 sept. 2008

Lundi 29 octobre 2007

Ce mercredi 24 octobre, une jeune femme est morte, assassinée par son frère. Elle était étudiante en droit, elle avait un amoureux et, sans doute, des rêves et des projets plein la tête. Son frère lui a logé trois balles, l’une dans le foie, l’autre dans le rein, la troisième dans les intestins.

Pourquoi ?
Saadia était promise à un mariage dont elle ne voulait pas. Depuis longtemps, ses parents et sa famille projetaient de lui faire épouser un cousin de plus de trente ans, un homme qu’elle avait vu une fois et qui l’attendait, là-bas dans son pays d’origine, au Pakistan.
Pour éviter ce mariage, elle avait fui la maison familiale et s’était réfugiée à Bruxelles chez des amis. Puis, comme elle voulait terminer ses études, il avait bien fallu qu’elle reprenne le chemin des cours. Cédant aux supplications de sa famille, elle accepta même de la revoir. Le mercredi 24 octobre, elle alla dîner chez ses parents. Elle ne revint jamais au cours l’après-midi.
 
Tragique et révoltant, cet événement fait écho à un autre « fait divers Â» récent. Il se passe dans le milieu hospitalier, autour d’une naissance.
À l’approche de la délivrance de sa femme, le mari refuse le gynécologue de garde (1) : c’est un homme, comprenez-vous, et il n’est pas question que son épouse soit assistée par un homme. C’est contraire à la pudeur islamique. La femme accouchera aidée seulement de deux sages-femmes, tandis que le médecin est présent… derrière la porte.
Tout s’est bien passé, faut-il écrire « Dieu merci Â» ? Mais avant cette naissance, la femme avait déjà mis au monde deux enfants morts-nés. Inch Allah ?
 
Dans les deux cas, ce qui me frappe, c’est qu’on n’hésite pas à mettre en danger la vie d’une femme, voire à la tuer, parce qu’elle s’écarte de la tradition, de la coutume, de la religion. Comment comprendre que la vie d’un être humain que l’on chérit – un bébé qui va naître, une jeune fille qui s’apprête à voler de ses propres ailes, une épouse qui va mettre au monde un enfant – pèse de moins de poids que les traditions ou les principes islamiques ?
Est-il naïf de penser qu’un père normalement constitué devrait se foutre éperdument du sexe de la personne qui assiste sa femme lors de ce moment fort de la vie qu’est une naissance ? Ne devrait-il pas ne vouloir qu’une chose : que sa femme et son enfant s’en sortent bien, sans souffrance, sans séquelle, sans ajouter au stress de l’accouchement celui de principes brandis comme un étendard ?
Est-il scandaleux de dire qu’un frère capable de planter trois balles dans le corps de sa sÅ“ur, que des parents capables de menacer leur fille de mort, puis de cautionner cet acte immonde, n’ont rien compris à l’amour ?
 
N’est-il pas urgent, enfin, de dénoncer tous ces intégristes criminels qui placent dans la tête et dans le cÅ“ur de certains de nos concitoyens des idées mortifères, brouillant les repères du cÅ“ur et se transformant parfois en véritables pousse-au-crime ?
 
Quelle différence entre abattre deux personnes – dont une fillette de deux ans - à bout portant et en blesser une autre au nom d’une idéologie raciste, et abattre sa propre sÅ“ur parce qu’elle s’occidentalise ?
On chercherait en vain Dieu dans les crimes d’Hans Van Temsche. J’espère pour Dieu qu’il n’est pour rien dans la mort de Saadia.
 
 
 
(1) Cette mésaventure arrivée au Dr Verguts, chef du service de gynécologie de l’AZ Sint-Dympa de Geel, est racontée dans un article paru dans le Journal du médecin d’octobre 2007.
Par Nadia Geerts - Publié dans : Laïcité - religions
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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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