J'dis ça, j'dis rien, mais...

Publié le par Nadia Geerts

Si tous les francophones qui, il y a de nombreuses années déjà, sont allés s'installer dans la périphérie bruxelloise, avaient eu à coeur d'apprendre le néerlandais, ils seraient bilingues à l'heure qu'il est, et cela ne leur poserait pas de problème de communiquer dans la langue de Vondel avec l'administration de leur commune. Ce qui leur aurait peut-être évité, soit dit au passage, de constituer d'improbables partis politiques axés exclusivement sur la défense de leurs intérêts linguistiques.

Si tous ceux qui manifestaient hier pour le maintien de la Belgique fédérale réalisaient que ce n'est pas à coup de "Vive le Roi !", drapeaux belges et autres fadaises qu'on construit et maintient un pays, mais qu'il y faut aussi un peu de bonne volonté, et surtout un minimum de bienveillance envers l'"autre", celui qui parle une autre langue, lit d'autres journaux, vote pour d'autres partis, et a peut-être une autre idée de ce que devrait être la "bonne gouvernance" que celle qu'on promeut - au hasard - à Charleroi, sans pour autant être un immonde "extrémiste".

Et si tous les Flamands qui s'indignent aujourd'hui de ce que d'aucuns parlent d'agrandir la région bruxelloise pouvaient considérer un instant qu'il s'agit pas là bien moins de céder à d'odieuses revendications "fransquillonnes" que de reconnaître que Bruxelles est aujourd'hui, dans sa réalité sociologique, bien plus grande que les 19 communes, peut-être pourrait-on sortir enfin de cette guéguérre communautaire.

Si c'est ce qu'on veut, évidemment.

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