On avance. Mais vers quoi ?

Publié le par Nadia Geerts

Un pharmacien catholique de Ruisbroek refuse de délivrer des moyens contraceptifs, des produits euthanasiants ou la pilule du lendemain, que ses convictions religieuses lui font considérer comme des « médicaments immoraux ». Il en informe ses clients via une note affichée sur son comptoir et dit rejoindre en cela une prise de position de Benoît XVI lors d’un congrès international de pharmaciens catholiques. L’Ordre des Pharmaciens estime quant à lui que le droit aux convictions personnelles ne peut être invoqué pour se soustraire aux obligations de sa profession. (source: http://www.lalibre.be/index.php?view=article&id=10&subid=90&art_id=390758)

C’est un tout autre son de cloche qu’a rendu récemment la fédération des médecins néerlandais (KNMG), laquelle vient d’estimer que la demande des musulmanes ou de leur mari d’être soignées par un médecin de sexe féminin était légitime. Mieux encore, un patient a aussi le droit de refuser d’être soigné par un médecin noir ou homosexuel, selon le président de la KNMG, Peter Holland. Seule restriction à ce droit du patient : la situation d’urgence. Cette prise de position tombe à pic, alors qu’un projet d’hôpital islamique est dans l’air. (source: le Soir du 21 décembre 2007)

Face à cette montée en force des revendications communautaristes, que dire de la position adoptée par le groupe socialiste au parlement bruxellois, lequel a considéré que la reconstruction d’hymen était assimilable à « épilation,  tatouage, piercing, circoncision, chirurgie esthétique pour se faire refaire les seins, … » ?

La carte blanche de Marion Lemesre, députée MR et vice-présidente du Parlement bruxellois, dans le Soir de ce 21 décembre, sonne à cet égard comme une heureuse mise au point : après avoir affirmé qu’il « n’est pas normal, qu’il n’est pas moral, qu’un médecin soit laissé tout seul pour y répondre », Marion Lemesre rappelle que le Collège national des gynécologues obstétriciens français a récemment estimé que les réfections d’hymen constituaient des actes « humiliants », contribuant à « la soumission de la femme » et participant à « une coutume machiste »… celle-là même que le Docteur Godoy surnommait avec humour, lors des rencontres Fraternité, le « drapeau japonais ».

Et d’affirmer que « comme vis-à-vis du milieu enseignant, les responsables politiques ne peuvent pas se décharger sur les praticiens ».

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy recevait le titre de « Premier chanoine d’Honneur du Chapitre du Latran », et montrait une nouvelle fois, à cette occasion, sa vision communautariste de la république française : « Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.». Et encore : « Bien sûr, ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme d'intolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent.». (source : http://www.lapaixmaintenant.org/communique1737)

 

Allez, là-dessus, joyeux Noël, en attendant les jours heureux des hôpitaux pour homosexuels (seront-ils mixtes ou faudra-t-il prévoir des bâtiments séparés pour les gays, les lesbiennes, les bis et les transgenres ?) et des pharmacies pour noirs. Tout ça dans la plus pure tradition de la tolérance bêlante qui promeut le vivre ensemble… chacun chez soi, total respect oblige. Le tout dans l'espérance, bien sûr.

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