Ni péripatéticiennes, ni soumises

Publié le par Nadia Geerts

Certains, dont je suis, n'ont pas compris immédiatement en quoi le mouvement Ni Putes Ni Soumises avait commis un acte d'incitation à la débauche en éditant son Guide du respect. Heureusement, des âmes charitables m'ont éclairée. Le problème, contrairement à ce qu'ont cru certains esprits chagrins, n'est pas à la page 15 de ce guide, dans d'obscures questions de licite et d'illicite (pardon: de légal et d'illégal) en matière de relations sexuelles entre jeunes: le problème est sur la page de couverture, dans le vocable "putes". 
Et là, je dois bien l'avouer, il y a quelque chose qui ne va pas. C'est vrai quoi: si des associations censées éduquer les jeunes au respect de l'autre se mettent à leur inculquer des mots aussi vils que celui-là, comment espérer que nos jeunes s'y retrouvent ? Et qu'on ne vienne pas me dire que le "ni" de "Ni Putes Ni Soumises" change quoi que ce soit à l'affaire, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est que le ver est dans le fruit, que les chastes oreilles de nos enfants encore tout auréolés d'une virginale pureté (rappelons-nous qu'ils n'ont tout de même qu'une quinzaine d'années) sont soudain brutalement souillées par ce terme d'une inconcevable crudité.
Aussi, je ne comprends pas qu'Ahmed Mouhssin se soit contenté, dans un geste de charité qui l'honore, de réclamer l'interruption de la diffusion du livre. Non, ce qu'il eût fallu faire, c'est exiger que le mouvement Ni Putes Ni Soumises se rebaptise illico Ni Péripatéticiennes Ni Soumises. Pour les initiales, pas de problème: ça ne changera rien. 
Mais il faut voir plus loin, et exiger qu'à la veillée, nos jeunes chantent désormais:

Péripatéticienne, péripatéticienne, c'est vachement bien
Nous sommes quand même tous des Européens !

ou

Péripatéticien de camion
Péripatéticien c'est trop con
Mais qu'est-ce qu'il foutait là ?
Péripatéticien de vie d'excrément
T'as roulé dans l'herbe
Et nous tu nous plantes là

C'est vrai quoi à la fin.

 

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