Du rôle social de la religion

Publié le par Nadia Geerts

J’étais hier à un enterrement. Ce dernier était précédé d’une cérémonie religieuse que les proches avaient souhaitée courte et œcuménique, dès lors que la défunte était « modérément catholique » et que la majorité des personnes présentes à la cérémonie étaient quant à elles athées.

Or, en fait de cérémonie œcuménique, nous avons eu droit à un prêchi-prêcha catholique de la plus belle eau (bénite), un galimatias de références à Jésus, à la résurrection, à la rédemption des péchés et à la vie éternelle, elle-même présentée non pas comme une espérance, mais comme une certitude.

Pour faire nos adieux à la défunte, nous, les athées, en fûmes réduits à nous enfermer dans une bulle invisible de souvenirs, en faisant autant que possible abstraction des rites, prêches, prières et chants qui, exclusivement centrés sur la relation à Dieu, ne pouvaient nous être d’aucun secours.

Je n’attendais évidemment pas d’une cérémonie religieuse qu’elle soit exempte de toute référence à une quelconque transcendance. Mais j’aurais aimé, puisqu’après tout l’Eglise prétend remplir un rôle social, qu’elle ménage une petite place à ceux qui, tout en étant de misérables mécréants, n’en éprouvaient pas moins le besoin de dire adieu à une personne chère. Était-ce trop demander ? Fallait-il vraiment que nous, les athées, nous sentions si terriblement seuls dans cette église où était censé se dérouler un rituel qui nous aide à faire face à la mort, et autant que possible à l’accepter ? Car enfin, ce qui nous réunissait hier n’était pas, n’en déplaise au curé, la foi en un même dieu, mais le chagrin face à la perte d’un même être.

Si la religion se borne à diffuser sa chaleur à ses seuls adeptes, tout en étant profondément incapable d’épauler les autres le moins du monde, les renvoyant à une solitude qu’ils espéraient moins vive et qui n’en est que plus pénible, n’est-il pas temps alors de mettre en question son prétendu rôle social ?

 

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