Vous connaissez Bartholomée Premier ?

Publié le par Nadia Geerts

Moi on plus. Du moins jusqu’à ce communiqué de presse de Véronique De Keyser, députée européenne.

 

Bartholomée Ier, c’est le primat de l’Eglise orthodoxe de Constantinople. Un monsieur dont on n’entend pas beaucoup parler, je vous l’accorde, du moins si l’on compare son rayonnement médiatique avec celui de son collègue Benoît XVI.

Sauf que demain, Monsieur Bartholomée Ier va être reçu au Parlement européen, dans le cadre de l’année interculturelle qui, selon Véronique de Keyser, « prend de plus en plus des allures de l’année de l’offensive des religions ou d’une année intercultuelle ».
L’an dernier déjà, le primat avait été candidat au prix Sakharov. Le prix Sakharov, pour rappel, « 
récompense des personnalités exceptionnelles qui luttent contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression. À l’instar d’Andreï Sakharov, les lauréats du Prix Sakharov témoignent combien il faut de courage pour défendre les droits de l’homme et la liberté d’expression. »[1].

Je ne sais pas au juste ce qu’a fait Monsieur Bartholomée pour ces nobles causes. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il s’est trouvé d’étranges défenseurs des droits de l’homme pour soutenir sa candidature : Jean-Marie Le Pen et sa fille, Bruno Gollnich, Frank Vanhecke et Philip Claeys (VB)… Et au nom de quoi ? Je vous le donne en mille…

Au nom, il fallait s’y attendre, de l’héritage chrétien de l’Europe. Un christianisme dont il paraît que Bartholomée Ier personnifie à merveille « le martyre, la vertu, la philanthropie et la tolérance ». Juste comme le FN et le VB, en somme : tous des parangons de vertu !

 

Ne serait-ce qu’en raison de ces étranges parrains, la visite de Bartholomée Ier devrait susciter la méfiance parmi les esprits démocrates. Mais une fois encore, c’est également de laïcité qu’il s’agit. Et Véronique De Keyser d’appeler tous ses collègues « attachés au principe de la laïcité de l’Etat européen » à boycotter cette séance. En effet, conclut-elle, « L’Union européenne ne peut devenir le terrain de jeux et d’influences des religions. L’Europe doit être laïque au sens strict du terme. Sans cela, elle sera l’Europe des divisions ».

 

 



[1] http://www.europarl.europa.eu/news/archive/staticDisplay.do?language=fr&id=1003

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