Pour toi, sœur musulmane

Publié le par Nadia Geerts

La femme musulmane est honorée, en tant qu’elle est à la fois « l’épouse, la mère, la grand-mère, la fille et la sœur. De plus, c’est la maîtresse de sa maison et de sa famille ». Toutefois, pour préserver son honneur et ne pas sombrer dans la « situation de décadence et de perdition » de la femme occidentale, l’Islam a pensé à tout, et notamment à trois bienfaits : l’instauration du voile, l’interdiction de la mixité et l’autorisation de la polygamie. Voilà ce qu’affirme le prologue d’un livre distribué sur le campus de l’ULB…

 

Hélas, l’islam a des ennemis. Ce sont eux qui ont entrepris de pervertir la femme, et à travers elle, la société tout entière : « Le voile a disparu, ce qui a entraîné également la disparition de toute pudeur. Ainsi, les femmes osent sortir dans la rue en montrant toute leur parure (…). D’autant plus, elle ne voit aucun tabou à discuter avec les hommes, à s’isoler avec eux et à échanger des sourires (…). La recherche du travail a poussé nombre d’entre elles à pratiquer des professions dégradantes, qui les empêchent de bien élever leurs enfants et d’entretenir leurs foyers ».

Voyons donc comment revenir à la vraie nature de la femme.

 

D’abord, marions-là jeune : le père « ne doit pas retarder son mariage, dès que la fille atteint l’âge de la puberté ». Aux esprits émancipés qui s’offusqueraient de tels mariages forcés, l’auteur rappelle que la femme est totalement libre de choisir son mari. Cependant, « comme la fille vierge est de caractère timide lorsqu’on lui demande son accord, l’Islam considère son silence comme signe d’acceptation ». Et comme en plus, la soumission et l’obéissance aux parents sont des vertus majeures…

 

Ensuite, empêchons-la de travailler : »l’Islam a attiré l’attention de l’homme sur la nature du comportement de la femme, sa structure physiologique et son rôle dans la vie qui consiste à entretenir son foyer, éduquer ses enfants et subir la grossesse, l’accouchement et l’allaitement,… ». D’ailleurs, « la nature physique et l’émotivité de la femme ne lui permettent pas de travailler en dehors de son foyer, car elle n’est pas faite pour cela ».

Qui plus est, qui dit travail dit mixité, qui « étrangle la vertu la plus précieuse chez la femme qui est la pudeur ». Et puis, comment une femme fatiguée par une journée de travail pourrait-elle accueillir convenablement son mari, d’une manière « qui lui donne plus de force pour faire face aux difficultés de la vie » ?

Enfin, « lorsque la femme occidentale est sortie travailler, elle a perdu son caractère féminin et acquis le caractère dur des hommes. Ainsi, son calme s’est transformé en révolte, son chuchotement en cri, ses calculs pour les choses et sa crainte des graves conséquences déviant jusqu’au crime et au terrorisme. Son sens de l’affection s’est également transformé en caractère dur ». Ainsi s’expliquent les mères « qui torturent leurs enfants ou même les tuent ». CQFD.

Et d’ailleurs, « la séparation des deux sexes est le meilleur moyen pour assurer l’équilibre de la société et imposer le respect mutuel entre les gens ».

 

Acceptons la polygamie, mesure on ne peut plus sensée si la femme est « stérile, malade ou atteinte par la ménorragie », ou si « une seule épouse ne suffit pas pour satisfaire » le besoin sexuel du mari. En outre, quand le nombre de femmes est largement supérieur à celui des hommes, comme après la seconde guerre mondiale, « afin de préserver l’honneur de la femme et sa chasteté, il n’y a pas d’autre alternative que la polygamie ». D’ailleurs, Hitler en personne n’a-t-il pas envisagé d’autoriser la polygamie (p.60) ?

 

Quant au divorce, il est certes accessible à la femme, pour peu que son mari soit d’accord. Là encore, rien de plus logique, car « l’homme est généralement plus rationnel », tandis que « la femme est plus émotive et susceptible que l’homme. Ainsi, elle pourrait plus facilement prononcer le divorce, lorsqu’elle est en colère. » Quoi de plus normal dès lors que « seul l’homme ait le droit de prononcer le divorce » ?

De la même manière, il est logique que le témoignage de deux femmes équivale à celui d’un homme : comme la femme sort peu de chez elle et « ne s’occupe pas de ce qui concerne les hommes », elle « peut être sujette à l’erreur ou à l’oubli, à tel point que cela porte atteinte aux droits d’autrui. Mais ceci peut être évité s’il se trouve à côté d’elle une autre femme pour lui rappeler ou la corriger lorsqu’elle fait une erreur ».

 

Qu’elle porte le voile apparaît finalement comme la moindre des choses. Imaginons en effet qu’il en soit autrement : « Lorsque la femme commence à perdre sa beauté, suite à la vieillesse, la grossesse et l’allaitement, et que l’homme voit une belle jeune fille avec sa parure dans la rue, quelle sera sa réaction ? ». Car l’homme est plus raisonnable que la femme, comme on le sait déjà, mais tout de même, à l’impossible nul n’est tenu…

De la même manière que les femmes doivent « se voiler complètement », il leur est évidemment interdit de « se trouver en intimité avec des hommes étrangers [c’est-à-dire des hommes avec qui le mariage n’est pas interdit] ». D’ailleurs, pour ceux qui l’ignoreraient, le déclin des civilisations grecque et romaine est du à « l’exhibition de la femme, sa mixité avec les hommes et l’exagération dans le port des parures ».

Afin d’éviter que de telles choses arrivent à l’avenir, la femme doit « tenir compte du danger de son exhibition et limiter ses sorties pour les cas de grande nécessité ». Car « les rênes de cette affaire se trouvent entre les mains des femmes ».

 

Je terminerai par cette interrogation rhétorique qui figure en page 91 de cet édifiant ouvrage : « Est-ce que l’Islam accepte que la femme marche d’une allure impudique devant les hommes étrangers ou passe sa vie en étudiant des sciences qui n’ont rien à voir avec sa nature ? ».

Faut-il voir là le fin mot de la distribution d’un tel livre sur un campus universitaire ? S’agit-il en définitive de renvoyer les étudiantes musulmanes dans leurs foyers et à leur véritable nature de femmes ? Ou leur concède-t-on malgré tout le droit d’étudier, pour peu qu’elles acceptent ensuite de rester à la maison, en épouses soumises sortant le moins possible de chez elles ? Ce qui serait déjà d’une largesse insigne, dès lors que ces demoiselles, à en croire l’auteur Abdillah al-Muqbil, devraient déjà être mariées depuis longtemps…

Publié dans Laïcité - religions