Réponse à Georges Delpech

Publié le par Nadia Geerts

Je m’étonne des contre-vérités que vous énoncez dans votre lettre intitulée « Gîte des Vosges : réponse à Nadia Geerts, la Caroline Fourest belge » (http://www.ripostelaique.com/Gite-des-Vosges-reponse-a-Nadia.html).

Premièrement, je n’ai jamais écrit que le voilement des femmes renforcerait la laïcité. J’ai écrit que le verdict rendu lors de l’affaire Truchelut, en établissant clairement ce qui devait être considéré comme des espaces publics (émanations de l’Etat) où le port du voile est interdit, et ce qui ne ressortissait pas de ces espaces, définissait clairement le cadre dans lequel la laïcité doit s’appliquer à mon sens, et donc la renforçait.

Deuxièmement, je n’ai pu m’empêcher de sourire à la lecture de votre accusation me concernant, selon laquelle je n’aurais pas le « moindre souci pour l’école ». C’est oublier que j’ai consacré tout un ouvrage – d’ailleurs mentionné dans l’article que vous citez – à la question du voile à l’école, me prononçant d’ailleurs pour son interdiction, pour des raisons qui tiennent à la fois de mon attachement à la laïcité et de ma volonté de défendre l’égalité et la mixité dans un lieu aussi formateur pour les jeunes consciences que l’école.

Troisièmement, mon parallèle avec le naturisme n’avait absolument pas pour but de défendre que « le « fait naturiste » étant admis sur la place publique, il n’y aurait plus de raison de ne pas l’accepter à l’école ; car évidemment, il y a peu de sens à ce que les règles y soient différentes. », mais au contraire de faire valoir que les règles qui s’appliquent à l’intérieur d’une école ne sont pas les mêmes, et ne doivent pas être les mêmes, que celles qui régissent la vie « en public », c’est-à-dire dans la rue, les squares, les gares, etc. Je répondais en cela à ceux qui confondent en permanence, intentionnellement ou non, les lieux publics avec la sphère publique, celle de l’Etat, à laquelle appartient l’école. J’applique donc exactement la même dialectique, ne vous déplaise, aux voilées et aux naturistes. J’ajoute que j’ai personnellement beaucoup de sympathie pour ces derniers, et qu’en alignant les arguments pour me convaincre du bien-fondé du naturisme, vous enfoncez donc des portes larges ouvertes. Je ne suis pas le moins du monde « pudibonde », ni « inquiète » de ce que le naturisme sorte progressivement du placard, au contraire.

Enfin, vous m’excusez de trop « penser », dès lors qu’à vous lire cela dénote un regrettable manque d’assurance (d’arrogance ?) dans mes propos. Personnellement, je n’ai pas l’outrecuidance de détenir la vérité. Alors oui, je pense.

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