Zina, le roman volé

Publié le par Nadia Geerts

« (…) le visage radieux, les yeux étincelants d’une lumière fascinante, qui captivaient le cœur, sa présence extraordinaire, même sur la photo. Son regard assuré et perçant crevait le papier, chargé d’une soif inaltérable de voir, de comprendre et de savoir, joignant l’innocence et l’expérience dans un même sourire ».

Ces quelques lignes, au chapitre 18, parlent de Zina. Et moi, je repense à Nawal.

« Nawal Zaynab El Sayed (El Saadawi) », précise la couverture. Cette grande dame, je l’ai rencontrée lors de la présentation de son dernier roman, « Zina, le roman volé », à Bruxelles, au Centre culturel arabe.
Une grande dame, vraiment, dont l’œil vif, rempli à la fois de vigilance et d’espièglerie, m’avait fascinée. Une dame qui voulait comprendre, assurément. Tout. Une dame qui écoutait avec une attention soutenue la lecture que faisait Sam Touzani de la version française de son roman, tentant d’en saisir des bribes.

Dans son roman, je retrouve cette impression diffuse que j’avais eue ce soir-là. Car c’est un superbe roman, résolument féministe, mais plus encore humaniste, et plus encore profondément humain. Un roman plein de poésie, aux accents oniriques souvent, qui raconte le long chemin vers l’émancipation d’une femme à la vie rangée mais à l’âme meurtrie. La société égyptienne n’en sort pas indemne, entre enfants des rues livrés à eux-mêmes et méprisés parce que sans père et perversités masculines dissimulées sous le voile de l'intégrisme religieux.

Plusieurs fois condamnée par les fondamentalistes religieux, figure de proue du féminisme dans les pays arabes, docteur honoris causa de l’Université libre de Bruxelles, Nawal El Saadawi nous présente ici un véritable hymne à la liberté et à la vie.

Publié dans Féminisme