Fêtez-vous Noël ?

Publié le par Nadia Geerts

En ce jour de réveillon de Noël, et suite à certains débats sur ce blog relatifs au caractère religieux ou non de la fête de Noël, il m’est venu l’envie de réaliser un mini sondage sur la manière dont des laïques perçoivent la fête de Noël. J’ai donc adressé un questionnaire aux près de deux mille signataires du Manifeste pour la promotion d’un Etat laïque.

 

Ce sondage comportait deux questions simples :

1/ Fêtez-vous Noël ? (oui - non)
2/ Cette fête a-t-elle pour vous une signification religieuse ? (oui - non)

 

A l’heure où j’écris ces lignes, j’ai reçu 556 réponses à ces deux questions. 431 personnes déclarent fêter Noël sans y accorder aucune signification religieuse ; 26 le fêtent tout en lui attribuant une signification religieuse ; 67 personnes ne fêtent pas Noël, mais n’y attribuent pas non plus de signification religieuse ; et 32 ne le fêtent pas et lui attribuent une signification religieuse.

Conformément à mon intuition, une grande majorité de laïques fêtent donc Noël pour des raisons autres que religieuses – dont certains ont tenu à préciser qu’ils étaient de culture juive ou musulmane.

Je voudrais remercier ici tous ceux qui ont eu à cœur de joindre à leurs réponses quelques mots d’explication, qui me permettent d’expliciter un peu ces diverses attitudes.

Pourquoi des laïques fêtent-ils Noël ? Si certains attribuent à Noël une origine religieuse, tout en estimant que cette fête est aujourd’hui largement déconfessionnalisée, d’autres soulignent plutôt les origines solsticiales de cette fête, qu’ils considèrent plus comme la fête du retour de la lumière que comme celle de la naissance de l’enfant Jésus, et estiment que le christianisme a en fait récupéré une fête ancienne. Nombre sont ceux qui insistent sur le caractère familial de cette fête, qu’ils considèrent avant tout comme une occasion de se retrouver en famille, autour d’un bon repas et d’éventuels cadeaux. Pour certains, surtout s’ils ont des enfants, c’est également la fête du Père Noël, dont d’aucuns soulignent également le caractère non religieux – à la différence de Saint-Nicolas. Certains, enfin, estiment que si la fête a certes un caractère religieux, c’est au sens étymologique du mot (« qui relie ») et non au sens restreint de la croyance en un principe transcendant.

Parmi ceux qui ne fêtent pas Noël, certains ne le font pas précisément parce qu’ils estiment qu’il s’agit d’une fête religieuse ; d’autres, en revanche, refusent le caractère consumériste et « sur commande » de cette fête. A noter qu’une personne ne fête pas Noël précisément parce que son côté consumériste lui paraît en totale contradiction avec ce que devrait être les valeurs chrétiennes. Et que quelques personnes considèrent Noël comme une obligation sociale et familiale à laquelle ils souhaiteraient échapper.

L’aspect traditionnel de la fête est également souligné par certains, qui, tout en se déclarant athées, souhaitent ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, et donc garder la fête, tout en l’expurgeant de ses éléments religieux. Aussi reprennent-ils une part de la symbolique, mais en évacuent ce qui leur paraît trop religieusement connoté : ainsi, la crèche et la messe de minuit sont-elles fréquemment évoquées parmi les attributs de Noël dont on décide de se passer. Le sapin, les guirlandes, les boules, le repas et les cadeaux sont en revanche fréquemment cités comme faisant partie du décorum de la fête, sans qu’aucune signification religieuse ne doive y être associée.

Plusieurs personnes m’ont envoyé des textes rappelant les origines anciennes de la fête. Mais l’essentiel n’est-il pas qu’aujourd’hui, de toute évidence, chacun met dans cette fête ce qu’il choisit d’y mettre ? Aussi, que vous fêtiez ce soir (ou demain) le Père Noël, la famille, le solstice d’hiver ou la naissance hypothétique d’un certain Jésus, joyeuse fête à tous ! Et à ceux qui ne font rien de particulier ce soir, bonne soirée !

Publié dans Laïcité - religions