Conflit israélo-palestinien: quelques réflexions

Publié le par Nadia Geerts

J’ai été interpelée à plusieurs reprises, ces jours-ci, au sujet du conflit israélo-palestinien. Comme je l’ai expliqué par ailleurs sur ce blog, je ne suis pas spécialiste de la question, loin de là. Il n’empêche que ces derniers jours a grandi en moi un sentiment de malaise et, concomitamment, l’envie d’en savoir un peu plus. J’ai en effet parmi mes amis et relations tant des partisans de la cause palestinienne que des défenseurs d’Israël, et des deux côtés, je suis souvent gênée par un discours qui m’apparaît comme propagandiste, partial et manichéen. En particulier, je dois bien avouer que les discours qui consistent à faire d’Israël un Etat « terroriste » pratiquant des méthodes et une politique d’épuration ethnique digne de celle des nazis m’insupportent. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ici : autant j’estime qu’on a parfaitement le droit de critiquer la politique d’Israël, autant j’estime scandaleux de comparer une guerre de territoire à un processus d’extermination méthodique de tout un peuple.


Je suis d’autant plus à l’aise pour en parler que j’avais déjà défendu les mêmes positions face à certains, qui voulaient faire de Léopold II un génocidaire. En effet, un génocide implique une volonté d’extermination de tout un peuple. Léopold II, lui, ne voulait pas exterminer les Congolais : il se foutait « simplement » comme d’une guigne de leur existence individuelle, dès lors qu’il voyait dans le Congo une réserve inépuisable de main-d’œuvre. Cela ne fait pas de Léopold II un brave homme, loin de là, mais ce n’était pas un génocidaire…

Voilà donc pour la première mise au point. Israël ne veut pas exterminer le peuple palestinien ni les Arabes ; la meilleure preuve en étant que des Arabes vivent et travaillent en Israël, que des civils palestiniens sont soignés dans les hôpitaux israéliens, etc.

 

Ça, c’est pour le volet « Etat terroriste, nazi et génocidaire ». Passons maintenant au camp adverse, celui qui oppose, dans l’esprit des manichéens de service, le grand méchant Israël au « gentil opprimé palestinien ».

Le peuple palestinien, et en particulier ceux qui (sur)vivent dans la bande de Gaza, a droit aujourd’hui à toute ma sympathie, ma compassion et mon soutien. Je ne pense pas, comme le prétend une certaine presse israélienne, qu’on ne vive finalement pas si mal à Gaza et alentours. Les conditions de vie y sont épouvantables ; comment imaginer d’ailleurs qu’il en aille autrement sur un territoire qui est quotidiennement la cible de bombardements (israéliens), d’attentats-suicide et de tirs de roquettes (du Hamas) ?

Mais derrière le peuple palestinien, il y a le Hamas, dont la charte (http://www.gremmo.mom.fr/legrain/voix15.htm) ne laisse aucun doute sur les intentions concernant non seulement Israël (l’éradication) mais aussi les Juifs (idem), le tout dans la perspective de l’instauration d’un régime islamiste. Beau programme ! Et on prétend que c’est Israël qui est fasciste ?

D’accord, les victimes civiles des bombardements israéliens sont déplorables, mais comment faire autrement, dès lors que le Hamas lui-même installe ses caches d’armes dans des bâtiments civils, et qu’il n’y a finalement guère moyen de reconnaître un civil – excepté si c’est un enfant – d’un … d’un quoi d’ailleurs ? D’un militaire gazaoui ??

 

On me dira (c’est ce que me rétorquent certains) que le Hamas a été porté au pouvoir par l’intransigeance d’Israël, son refus de respecter les divers accords et traités internationaux, etc.

C’est vrai, ce n’est pas bien. Mais de l’autre côté, que voit-on ? Des pays arabes qui ne cessent d’attaquer Israël, lui déniant souvent même tout droit à l’existence. Et ce depuis 1948… Et on s’étonne qu’Israël réagisse ?

J’aimerais que les défenseurs inconditionnels de la cause palestinienne – pas ceux qui défendent une paix juste, militent en faveur de « deux peuples, deux Etats » ou même, malgré les aspects utopiques de la chose, d’un seul Etat où cohabiteraient harmonieusement les deux « peuples » ; non, ceux qui n’hésitent pas à défiler sous les drapeaux du Hamas, et ceux qui imputent toute la responsabilité de ce conflit à Israël – répondent à cette question : que voudraient-ils qu’Israël fasse, menacé comme il l’est et l’a été de tout temps par les pays avoisinants ?

La fin de ce conflit passera inévitablement, c’est une tautologie, par la prise de conscience que la paix est la seule solution. Une paix qui implique une lutte contre tous ceux qui attisent la guerre, et au premier rang desquels, aujourd’hui, il y a le Hamas, porté au pouvoir par les Palestiniens. Aussi, je soutiens quant à moi tous ceux qui, Palestiniens ou Israéliens, militent pour la paix. Mais la paix nécessite le dialogue, et le dialogue implique la reconnaissance de l’interlocuteur, plutôt que son discrédit systématique et de principe.

 

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