Démocrates : mais qu’alliez-vous faire dans cette galère ?

Publié le par Nadia Geerts

 

La presse d’aujourd’hui se fait l’écho des quelques casseurs qui, à l’issue de la manifestation de soutien à la population palestinienne d’hier à Bruxelles, s’en sont pris à des voitures, commerces et abribus. Mais curieusement, pas un mot pour dénoncer les slogans et calicots qui, tout au long de la manifestation, ont assimilé Juifs et nazis, dénoncé l’ « holocauste », la « solution finale » ou la « nouvelle shoah », comparé Gaza à Auchswitz, etc.

 

Je veux encore croire qu’il y avait beaucoup de manifestants sincères dans cette manifestation. Des démocrates soucieux de liberté, de paix et de justice, que la possible présence de quelques extrémistes n’avait pu décourager de manifester leur soutien à une population qui subit en ce moment des conditions de vie épouvantables, quand ce n’est pas la mort.

Les risques, cependant, que cette manifestation soit détournée, non pas de manière périphérique, par quelques « casseurs », mais de manière principielle, étaient réels. Ainsi, par un mot, dans les mots d’ordre, des crimes commis par le Hamas à l’encontre de la population palestinienne. Pas une dénonciation de cet islamo-fascisme, bien réel pourtant, qui contribue aussi – dans une mesure qu’il appartient à chacun d’apprécier, mais qui ne peut être totalement niée – à la dégradation des conditions de (sur)vie dans la bande de Gaza. Une mention qui aurait cependant très probablement évité une communautarisation du conflit, entre « gentils Arabes musulmans » défendant les « leurs », et « méchants Juifs ».

Mais soit. Ce risque de détournement principiel, ils l’avaient minimisé, ou accepté comme tel, leur souci de manifester leur soutien à une population douloureusement atteinte l’emportant sur la prise en compte de possibles dérapages.

Mais que n’ont-ils quitté cette manifestation dès les premiers calicots antisémites ? Comment des élus des quatre grandes formations politiques démocratiques, des représentants syndicaux et d'ONG démocratiques ont-ils pu accepter d’être compromis dans un cortège truffé de manifestations d’antisémitisme, où nombre de calicots banalisaient et minimisaient clairement le génocide des Juifs pendant la seconde guerre mondiale, ce qui constitue, rappelons-le, une infraction pénale ?

Peut-on croire qu'ils n'aient rien vu, tout comme ils n'ont rien entendu de ces slogans "Hezbollah, Hamas, Djihad" scandés par un groupe (nombreux) de manifestants (http://www.youtube.com/watch?v=SM1UO9K2XmE&feature=related) ? 
Je persiste à dire que de tels débordements étaient prévisibles, et que la seule manière de les éviter aurait été d’organiser une manifestation pour la paix, revendiquant un cessez-le-feu bilatéral et l’ouverture de négociations, avec l’aide de la communauté internationale et dans la perspective de la coexistence pacifique de deux Etats.














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