Signes religieux à l’école : il est grand temps que les autorités compétentes assument leurs responsabilités !

Publié le par Nadia Geerts

La carte blanche ci-dessous a été refusée par La Libre Belgique, par « manque de place ». Nous ne demandions pourtant pas à ce qu’elle soit publiée dans les 48 heures…

Si vous souscrivez à ce texte, agissez en cosignant la pétition relative à l’immixtion du religieux à l’école dont vous trouverez le texte ici : http://ecoleetreligion.canalblog.com/. Et diffusez ce mail ! Nous souhaitons recueillir un maximum de signatures d’ici le 23 avril prochain.

 

Signes religieux à l’école : il est grand temps que les autorités compétentes assument leurs responsabilités !

 

La récente décision du Conseil d’Etat de déclarer irrecevable la demande du MRAX d’annuler les points des règlements d’ordre intérieur des athénées de Gilly et de Vauban interdisant depuis la rentrée 2005 « le port de tout couvre-chef, de signe ostensible d’appartenance politique ou religieuse dans l’enceinte de l’établissement » relance la polémique sur les signes religieux à l’école.   

 

En novembre 2007, trente intellectuels, enseignants, hommes et femmes engagés en politiques ou simples citoyens lançaient une pétition[1] qui, devant la recrudescence recrudescence des exigences religieuses ou dites telles à l’école, demandait aux responsables politiques et aux ministres compétents en matière d’enseignement d’interdire tout signe ostensible d’appartenance philosophique ou religieuse dans le cadre scolaire et de mettre tout en  œuvre pour préserver l’école des tentatives d’immixtion du religieux dans le contenu des enseignements et les critères d'organisation de la vie scolaire.

Cette pétition fut très rapidement cosignée par plusieurs milliers de personnes, et donna naissance à la création du Réseau d’Actions pour la Promotion d’un Etat laïque[2]. Mais il en fallait plus pour décider nos ministres compétents à prendre une décision qui, pour être de bon sens, n’en risquait pas moins de leur attirer les foudres d’une partie de leur électorat.

 

Aujourd’hui, le Conseil d’Etat vient à son tour de se prononcer, rappelant fort opportunément que non seulement interdire le port de signes d’appartenance religieuse à l’école n’est pas discriminatoire, mais que cela contribue au contraire à lutter contre les discriminations, rejoignant donc parfaitement l’objet social du MRAX. Nous réitérons notre appel aux responsables politiques pour qu’ils sortent enfin de leur silence et prennent leurs responsabilités.

 

La question de la mainmise des pouvoirs religieux – institués ou non -  dans la sphère scolaire », en effet, n’est pas, contrairement à ce qu’avait prétendu la ministre Marie Aréna en son temps, une question de « projets pédagogiques contrastés, consacrés par des règlements d’ordre intérieur différents, ce qui permet aux parents et aux élèves de faire le choix de l’établissement qu’ils estiment le plus adapté à leurs aspirations ».

La question des signes religieux à l’école concerne au contraire la manière dont se conçoit l’enseignement bénéficiant de subsides publics, et ne peut donc être laissée à la responsabilité exclusive des chefs d’établissements que l’Etat abandonne par là à toutes les pressions. De la même manière, des questions telles que la place des convictions philosophiques au sein de l’école ou l’application des principes de mixité sociale et des sexes – notamment l’égalité en droits et en devoirs des hommes et des femmes – constituent des questions politiques essentielles qui doivent être tranchées par la puissance publique et le pouvoir politique, garants des valeurs fondatrices de notre société.

Enfin, laisser les écoles décider souverainement en la matière, c’est contribuer au renforcement de la dualisation de l’enseignement au nom de la coexistence de « projets éducatifs contrastés ». C’est accepter qu’au lieu de protéger les consciences des élèves, l’école puisse souscrire à des pratiques qui, sous couvert de religion, visent la contestation de l’égalité et de la mixité.

 

Pour toutes ces raisons, et parce que l’immixtion du religieux ne se manifeste pas que dans la sphère scolaire, mais touche l’ensemble de la sphère institutionnelle, nous lancerons prochainement un appel aux hommes et femmes politiques de ce pays, concernant leur attachement à la défense des valeurs laïques. La Belgique a en effet un urgent besoin de laïcité, sous peine de voir de plus en plus le vivre ensemble et la cohésion sociale menacés par ceux qui refusent la séparation du droit et de la foi, mettant les prescrits religieux au-dessus de tout.

 

 

Nadia Geerts

Claude Javeau

André Nayer

Jacques Lemaire

Lara Herbinia

Philipp Bekaert

Guy Haarscher

Abdellatif Mghari

Philippe Schwarzenberger

Jamila Si M'Hammed

Georges Verzin

Farouk Boustami

Philippe De Menten

Sam Touzani

Chemsi Cheref-Khan

Pierre Van den Dungen

Mohammad Zahedi

Yvan Biefnot

Bahareh Dibadj

Dominique Celis

Gisèle De Meur

Elie Cogan

Publié dans Laïcité - religions