La neutralité: pas en matière de journalisme non plus...

Publié le par Nadia Geerts

Suite à la publication des résultats de l’enquête du R.A.P.P.E.L. concernant la sensibilité laïque des candidats aux prochaines élections (http://rappel.over-blog.net/article-31892559.html), Ricardo Guttierez (Le Soir) se fend d’un articulet dans lequel il laisse une fois de plus transparaître son parti-pris. Analyse.

 

Selon Guttierez, « sur les 3.255 candidats wallons et bruxellois, 131 ont répondu ». Ce qui est doublement inexact. D’abord parce que cela laisse entendre que tous ont été contactés, ce qui n’est pas vrai : nous avons en effet délibérément ignoré les candidats se présentant sur des listes non démocratiques, et il ne nous a pas été possible de contacter tous les candidats figurant sur de « petites listes ». Mais soit, cela, Guttierez n’était pas censé le savoir. En revanche, ce qu’il ne pouvait ignorer, c’est que deux partis (ECOLO et le cdH) ont pris l’initiative de répondre au nom de l’ensemble de leurs candidats. En toute bonne logique, il faudrait donc considérer que les candidats de ces deux listes qui n’ont pas pris la peine de répondre individuellement souscrivent à la position de leur parti. Et ajouter donc quelques centaines de candidats aux 131 réponses personnelles.

 

Mais il y a plus grave. Dans son petit article (qui ne mentionne évidemment pas le lien vers le blog du R.A.P.P.E.L., où figure l’ensemble des résultats de notre enquête), Guttierez ne cite aucun nom de candidat partageant les vues du R.A.P.P.E.L., préférant s’appesantir sur ceux qui s’opposent à l’interdiction des signes philosophiques, politiques ou religieux à l’école. Une cause dont on sait qu’elle tient à cœur à Ricardo Guttierez, qui avait déjà qualifié de partis qui « avancent » ceux qui défendent l’autorisation du port du voile, et de partis qui « reculent » ceux qui prôneraient son interdiction…

Or, la question du port de signes d’appartenance divers n’est pas celle qui fait le plus question au sein des candidats laïques. En réalité, ce sont la remise en question du financement des cultes et la contestation de la présence de lobbys religieux (considérés, soit dit en passant, comme des « partenaires », et donc non astreints aux règles de transparence imposées aux autres lobbys) qui suscitent le plus d’hésitation, voire d’opposition, parmi les candidats laïques.

 

Ricardo Guttierez aurait voulu inciter à voter pour des candidats « laïques mais pas trop », c’est-à-dire opposés à l’interdiction du port de signes religieux, philosophiques et politiques à l’école, qu’il n’aurait pas agi autrement. Ce qui n’est guère étonnant dès lors qu’il taxait encore récemment le R.A.P.P.E.L. de « laïques radicaux », sans bien entendu expliciter ce qu’il entendait par là, laissant ainsi la porte ouverte à toutes les interprétations, et à toutes les suspicions.

 

 

 

 

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