Les carnets de Nadia Geerts
La reproduction des articles publiés sur ce blog est soumise à autorisation préalable de l'auteur. Utilisez la rubrique "contact" en bas de page web.
Le jeudi 12 novembre 2009 à 19h30: LES ENJEUX DE LA LAÏCITE EN 2010 - Conférence organisée par l’U.A.E., en collaboration avec le C.A.L., le R.A.P.P.E.L. et le LIBREX.
Séparation Eglise / Etat : comment et avec qui ? (Pierre Galand)
Financer les cultes ou les crèches : quels choix de société pour le 21ème siècle ?
(Chemsi Cheref Khan)
La question du port du voile : enjeu symbolique de la laïcité
aujourd’hui ? (Nadia Geerts)
Laïcité, droits et libertés individuels (Nadine Rosa-Rosso)
Laïcité et santé (Elie Cogan)
Modérateur : Eddy CAEKELBERGHS
Lieu : Salle Dupréel
Institut de Sociologie
Av. Jeanne, 44 – 1050 Bruxelles
PAF :
UAE, ULB, CEPULB, Extension ULB : 5 €
Extérieurs : 10 €
Etudiant : gratuit
Réservation : Secrétariat de l’UAE – uae@ulb.ac.be
Le 17 novembre, conférence à la maison de la laïcité de Frameries sur "La question du voile en Belgique".
Inscription préalable par e-mail à Penseelibrepourleurope@skynet.be ET en virant à l’avance 12€40 p.p. (assiette froide+1 boisson) sur le compte n°310.1386083.39 de Pensée libre pour l’Europe avec mention 123. (Si payement sur place : 15€).
En cas de désistement signalé à temps, la somme versée sera reportée sur une prochaine activité.
Pour plus d’informations, rendez-vous sur http://users.skynet.be/penseelibre.
Suite à la publication des résultats de l’enquête du R.A.P.P.E.L. concernant la sensibilité laïque des candidats aux prochaines élections (http://rappel.over-blog.net/article-31892559.html), Ricardo Guttierez (Le Soir) se fend d’un articulet dans lequel il laisse une fois de plus transparaître son parti-pris. Analyse.
Selon Guttierez, « sur les 3.255 candidats wallons et bruxellois, 131 ont répondu ». Ce qui est doublement inexact. D’abord parce que cela laisse entendre que tous ont été contactés, ce qui n’est pas vrai : nous avons en effet délibérément ignoré les candidats se présentant sur des listes non démocratiques, et il ne nous a pas été possible de contacter tous les candidats figurant sur de « petites listes ». Mais soit, cela, Guttierez n’était pas censé le savoir. En revanche, ce qu’il ne pouvait ignorer, c’est que deux partis (ECOLO et le cdH) ont pris l’initiative de répondre au nom de l’ensemble de leurs candidats. En toute bonne logique, il faudrait donc considérer que les candidats de ces deux listes qui n’ont pas pris la peine de répondre individuellement souscrivent à la position de leur parti. Et ajouter donc quelques centaines de candidats aux 131 réponses personnelles.
Mais il y a plus grave. Dans son petit article (qui ne mentionne évidemment pas le lien vers le blog du R.A.P.P.E.L., où figure l’ensemble des résultats de notre enquête), Guttierez ne cite aucun nom de candidat partageant les vues du R.A.P.P.E.L., préférant s’appesantir sur ceux qui s’opposent à l’interdiction des signes philosophiques, politiques ou religieux à l’école. Une cause dont on sait qu’elle tient à cœur à Ricardo Guttierez, qui avait déjà qualifié de partis qui « avancent » ceux qui défendent l’autorisation du port du voile, et de partis qui « reculent » ceux qui prôneraient son interdiction…
Or, la question du port de signes d’appartenance divers n’est pas celle qui fait le plus question au sein des candidats laïques. En réalité, ce sont la remise en question du financement des cultes et la contestation de la présence de lobbys religieux (considérés, soit dit en passant, comme des « partenaires », et donc non astreints aux règles de transparence imposées aux autres lobbys) qui suscitent le plus d’hésitation, voire d’opposition, parmi les candidats laïques.
Ricardo Guttierez aurait voulu inciter à voter pour des candidats « laïques mais pas trop », c’est-à-dire opposés à l’interdiction du port de signes religieux, philosophiques et politiques à l’école, qu’il n’aurait pas agi autrement. Ce qui n’est guère étonnant dès lors qu’il taxait encore récemment le R.A.P.P.E.L. de « laïques radicaux », sans bien entendu expliciter ce qu’il entendait par là, laissant ainsi la porte ouverte à toutes les interprétations, et à toutes les suspicions.
Ce blog se veut, entre autres choses, un espace de libre critique des tentatives d'immixtions
du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et
religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée,
au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle
soit.
