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Texte Libre

25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 18:18

J’ai été interpelée par une (presque) pleine page du Soir d’hier consacrée à « Ce burkini qui fait des vagues ». Dans cet article, outre un petit topo de la situation – l’histoire récente de cette musulmane convertie de 35 ans qui s’est vu refuser l’accès à la piscine d’Emerainville parce qu’elle y portait un burkini -, des interviews orientées dans un seul sens : celui du « compromis intéressant » (Chris Paulis) auxquels seul un « climat islamophobe » (Isabelle Praille, de l’Exécutif Musulman de Belgique) peut s’opposer. Une manière de poser le débat d’une manière qui me paraît problématique.

 

Que ce soit dans les débats sur le voile (à l’école, au parlement), sur la burqa ou sur le burkini, toujours les débats se polarisent autour de la question de la liberté et de l’émancipation individuelles. Et certes, on peut considérer comme un progrès que des femmes qui auparavant étaient cloîtrées chez elles sortent désormais en rue, fut-ce en burqa ; que des femmes qui ne connaissaient pas les plaisirs de la baignade aillent désormais à la piscine, fut-ce en burkini ; que des femmes accèdent à des fonctions représentatives, fut-ce dûment voilées.

En vertu de ce prisme, s’opposer à cela revient à être d’emblée suspect de préférer des femmes cloîtrées et soumises à des femmes qui auraient trouvé des moyens qui leurs sont propres d’accéder progressivement à l’émancipation. Bref, nous serions, consciemment ou non, les empêcheurs de s’émanciper en rond, prisonniers du carcan de nos préjugés et autres valeurs dites occidentales.

 

À cette manière de considérer les choses d’un point de vue strictement individuel (l’intérêt immédiat de telle ou telle femme), j’aimerais non en substituer, mais en ajouter une autre, plus sociétale. Non sans remarquer au passage ce qu’il y a de piquant à ce qu’aujourd’hui, ce soient certains tenants de la gauche qui se revendiquent de cette posture individualiste, très éloignée des options traditionnelles d’une (extrême) gauche qui a longtemps fait prévaloir le collectif sur le particulier.

D’un point de vue social, il me semble en effet que le risque majeur que nous font courir le voile, la burqa ou le burkini est celui d’un retour au rigorisme moral dont les combats féministes nous avaient peu à peu libérés. Qu’on le veuille ou non, les femmes qui les portent véhiculent une certaine conception de la pudeur féminine et des rapports entre les sexes, qui fait porter sur la femme la responsabilité pleine et entière de sa respectabilité.

 

Je n’ai pas peur de le dire : je considère comme un progrès réjouissant le fait qu’hommes et femmes puissent se retrouver dans un bassin de natation, en maillot de bain de plus en plus minimaliste, sans que les hommes n’y considèrent ces femmes en petite tenue comme des proies. Je ne sache pas que les plages naturistes soient des lieux de débauche, même si hommes et femmes y déambulent en tenue d’Adam ou d’Eve.

Et si demain des revendications devaient poindre, allant dans le sens d’une encore plus grande liberté des corps, je m’en réjouirais pareillement, exactement de la même manière que j’ai considéré comme une avancée le fait que les femmes puissent enlever le haut sur les plages.

Tout cela, en effet, participe d’un rapport au corps de plus en plus décomplexé et déculpabilisé, ou notre enveloppe charnelle cesse enfin d’être hypersexualisée – je m’empresse d’ajouter que ceci ne vaut pas, évidemment et malheureusement, pour les débilitantes publicités pour yaourts ou voitures, ou le corps féminin reste désespérément instrumentalisé.

 

Ce rapport au corps désinhibé, l’école joue un grand rôle dans sa transmission. Mais que ferons-nous, demain, lorsque des fillettes prétendront porter le burkini pour les séances de piscine scolaire ? Nous réjouirons-nous de ce qu’au moins, elles fréquentent la piscine (sans nous étonner que, dans la même foulée, leurs parents refusent les cours d’éducation affective et sexuelle) ? Ou prendrons-nous conscience de ce que nous venons de perdre là un combat essentiel : celui qui veut qu’à l’école au moins, garçons et filles soient égaux et que nul ne les assigne à des rôles sexuels qui ne sont pas de leur âge ?

 

Curieux paradoxe : alors que les tenants d’un islam radical fustigent souvent la dissolution des mœurs occidentales, n’est-ce pas eux qui sexualisent le corps, y compris celui des enfants, à outrance ? En couvrant une gamine d’un voile ou d’une burqa, que font-ils d’autre que lui enseigner qu’elle est une femme, une tentatrice qui doit se protéger de la concupiscence masculine… même s’il elle n’a que cinq ans ? Y a-t-il attitude plus perverse, plus dépravée, que celle qui consiste à considérer des corps de gamines impubères comme des corps sexués et sexuellement attractifs ?

 

On me dira que je m’égare, que mon « islamophobie » galopante me fait passer, sans même en être consciente, d’une problématique qui concerne des femmes adultes à une autre, qui touche les enfants.

Je ne m’égare pas, je m’inquiète. Car à force d’accepter le retour de ce rigorisme moral chez des femmes adultes, au nom de la sacro-sainte liberté individuelle, n’allons-nous pas nous trouver bien démunis lorsqu’il s’agira d’éduquer nos enfants à l’égalité hommes-femmes et à la mixité ? Quels arguments trouverons-nous demain face à une gamine prétendant se baigner en burkini, pour lui imposer le port du maillot ? Une fois de plus, nous serons taxés de colonialisme, d’occidentalocentrisme et d’intolérance parce que nous nous accrochons à ce fichu maillot de bain, au mépris de la relativité des codes relatifs à la pudeur.

Alors oui, les relativistes ont raison : tout est relatif. Dans tel pays, on considère comme indécent de montrer ses pieds, dans tel autre sa chevelure, dans tel autre ses seins. Faut-il alors renoncer à toute norme ? Et si nous le faisons, ne risquons-nous pas, outre de voir revenir au galop le rigorisme moral dont les femmes ont toujours été les premières victimes, de laisser bien seules et désemparées les femmes, et surtout les fillettes, qui espéraient trouver ici une liberté, notamment de disposer librement de leur corps, et qui se verront contraintes de batailler pour faire ce que nous faisions tout naturellement : sortir en rue les cheveux au vent et se baigner en bikini (voire moins si affinités) ?

Je pose la question.

 

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Published by Nadia Geerts - dans Féminisme
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commentaires

Georges-Pierre Tonnelier 01/09/2009

C'est bien ce que je dis, vous reconnaissez que j'ai raison en disant que la seule chose que l'on peut me reprocher, ce ne sont pas mes actes personnels en tant que tels mais ma seule participation aux activités du FN, même si celle-ci, en elle-même, n'était pas raciste.C'est mon adhésion au FN qui rend mes actes "racistes" : si j'avais été membre du MR, les MÊMES écrits, les MÊMES paroles auraient été considérées comme non-racistes...C'est exactement comme quand un Arabe est soupçonné de vol : il est condamné non parce qu'il existe des preuves qu'il a volé mais bien parce qu'il est Arabe et que les Arabes sont réputés être des délinquants...

Ahmad Nurani 02/09/2009

Comme je vous l'ai déjà dit, je ne reconnais pas, d'un point de vue moral, la différence entre guerre et terrorisme. C'est une distinction introduite par les grandes puissances pour légitimer leurs propres pratiques violentes et délégitimer celles de leurs adversaires (la guerre serait "acceptable" alors que le terrorisme serait le "mal absolu"). Tuer des civils avec un F16 ou avec une ceinture d'explosifs revient au même (si ce n'est qu'un F16 tue en général beaucoup plus de civils qu'une ceinture d'explosifs).

Philippe Bagnon 02/09/2009

Il paraît que vous avez essayer de piéger Monsieur Tonnelier grâce à des méthodes dignes de la gestapo ou du NKVD, et dire que votre officine est subsidiée par nos impôts. 

Louis 02/09/2009

Dans son pâté, Nurani compare l’alouette juive au cheval musulman. Mahomet est mort en 632, un siècle plus tard les arabo-musulmans avaient conquis la Mésopotamie, l’empire perse, l’Afrique du Nord, l’Espagne et il a fallu que Charles Martel les arrête à Poitiers pour que la France ne tombe pas en leur mains. Les musulmans ont conquis également la plus grande partie de l’Inde, l’Indonésie, l’Afghanistan, la Turquie actuelle, les Balkans, la Hongrie, etc… Bref plus de 35 millions de km2. Des dizaines de millions d’êtres humains ont été massacrés lors de ces conquêtes. Durant 1300 ans, ils ont réduit en esclavage des millions de Noirs africains, la plupart des esclaves masculins étant châtrés, 80% d’entre eux mourant suite à cette abominable opération. Les paroles attribuées à Moïse datent de 2500 à 3000 ans. Durant ces millénaires les Juifs n’ont jamais contrôlé et épisodiquement encore que quelques 25000 km2 ; l’ensemble de leurs guerres ont fait mille fois moins de morts que la seule et honteuse oppression que les Moghols ont fait subir à l’Inde pendant 7 à 8 siècles. Franchement monsieur Surani, le Kach et l’ensemble des guerres menées par l’armée israélienne ne sont que de la roupie de sansonnet à côté du bilan de 1400 ans de jihad.

Madame Geerts, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait qu’il ne faut pas essentialiser l’ensemble des musulmans. Ce sont évidemment des hommes ni meilleurs ni pires que les autres. Etant assez vieux pour me souvenir et de Munich et de la période où les intellectuels de gauche français disaient qu’il ne fallait pas désespérer Billancourt, je pense néanmoins qu’il est nécessaire de dire à nos compatriotes musulmans que le coran et la charia sont incompatibles avec notre conception des droits humains. D’ailleurs il suffit de lire diverses déclarations de l’OCI pour s’apercevoir que les chefs d’état des 57 pays qui se réclament de l’islam ne m’ont pas attendu pour affirmer la même chose, malheureusement c'était pour vanter les beautés de la charia et de la lapidation des femmes adultères.

Analphabète 04/09/2009

A Monsieur Nurani. Votre discours "anti colonialiste" à la Besancenot, Buffet et autres Krivine gauchistes de la plus gauche gauche, possède l'actualité d'un film de Mélies. J'aimerais rappeler que si les vilains colonisateurs qui, parmi tant d'autres crimes, ont eu le malheur de ruiner en Afrique le commerce d'esclaves florissant des ….Finois, ont depuis belle lurette quitté l'Afrique et l'Asie, les terres conquises, et civilisées e.a. par l'imposition de la sharia, le sont toujours près de mille ans après. Alors, qui sont les colonisateurs.

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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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