Perles monarcholâtres

Publié le par Nadia Geerts

Qui trop embrasse mal étreint, et qui trop défend la monarchie en arrive à dire de grosses bêtises. Quelques exemples, tirés de l'émission Mise au point du dimanche 7 janvier (une émission par ailleurs historique en ce que, pour la première fois de mémoire de républicaine, le camp des défenseurs de Laurent était moins fourni que l'autre !).

Armand De Decker: "Ce qui pourrait lui être reproché, c'est uniquement de savoir que des queues de budget ont été utilisées pour aménager une maison qui ne lui appartient pas puisqu'elle appartient à la donation royale. (...) On ne peut quoi qu'il arrive rien lui reprocher".

Il faudra  que je demande un jour à Armand de m'expliquer comment faire pour, moi aussi, bénéficier d'une grosse villa dont je ne serais pas propriétaire, pour laquelle je ne payerais pas de loyer, et où je pourrais faire ce que je veux sans être jamais inquiétée...

Francis Balace: "Le prince a emménagé en 94. Les travaux ont été effectués en 98. Pendant 4 ans, personne ne s'est préoccupé de savoir s'il campait dans une tente igloo".

Celle-là, c'est ma préférée. Et j'imagine que dans les chaumières, les larmes ont abondamment coulé à l'évocation du pauvre prince, étendu seul sur un matelas de fortune, au milieu d'un immense salon non chauffé, avec à portée de main un bec bunzen et une lampe tempête...

Pierre-Yves Monette: "Il est incontestable qu'il n'est pas au courant de tout. Il n'est pas impossible intellectuellement et honnêtement que le prince ne se soit pas soucié de la provenance des fonds, puisque c'est la donation royale qui est propriétaire des lieux, et c'est elle qui non seulement construit mais meuble. L'autre question, c'est: est-ce intelligent de ne pas s'être posé la question ? C'est un manque de vigilance".

Il allait presque dire que Laurent était une triple buse, mais il s'est repris à temps. Ouf ! On a eu chaud: son titre de noblesse a bien failli lui passer sous le nez, à Pierre-Yves.

Francis Balace encore: "Si vous voulez que le prince travaille, nommez-le PDG de Volkswagen !"

(Il devrait penser à les publier, je suis sûre qu'il y a un créneau pour ça...)
Quant à Laurent PDG de VW, je me demande s'il ne vaut pas mieux déclarer VW en faillite tout de suite. Parce que bon, pour être PDG, il suffit pas d'aller promener sa fraise au salon de l'auto et d'admirer les 4X4 (nouvelle preuve du sentiment écologique pointu de Laurent...)...
Et puis, comme le disait Marc Uyttendaele: "Qu'ils travaillent ou pas, c'est un problème privé, mais l'Etat n'a à financer que des fonctions étatiques".

Armand De Decker: "On ne peut pas nier l'intérêt du prince Laurent pour le développement durable".

Oui, c'est comme je disais: Un intérêt qui s'est encore manifesté au salon de l'auto dernièrement. Je suis sûre que c'est une simple erreur d'agenda assortie d'une erreur d'aiguillage qui l'a fait se retrouver dedans à reluquer les 4X4 plutôt que dehors, le lendemain, à manifester contre les nuisances écologiques du tout-à-la-bagnole.

Francis Delpérée: "Depuis 2001, le système de la dotation a un grand avantage, qui est de clarifier les données du problème".

Oui, on peut voir ça comme ça. C'est vrai qu'avec un million de francs belges par mois, non plus imposables (comme ses revenus de l'IRGT) mais non imposables, le prince Laurent voit sûrement plus clair...

Pierre-Yves Monette: "Moi, je suis plutôt un républicain de coeur".

Partout ailleurs qu'en Belgique, on connaît la chanson. C'est d'ailleurs ce que je lui ai dit sur le plateau, texto. Devraient penser à créer un club, tous ces républicains de coeur : le CRCLP: Club des Républicains de Coeur Larbins du Palais. J'ai des noms ...

Armand De Decker: "Je me demande pourquoi une partie de la presse écrite francophone fait le jeu du nationalisme flamand".

Bon, faut vraiment qu'il arrête de se croire dans un western, Armand, avec d'un côté les méchants Flamands séparatistes, nationalistes, extrémistes et républicains, et de l'autre les gentils francophones qui font rempart de leur corps en criant Vive le Roi, la main sur le coeur et le pied sur leurs beaux principes démocratiques...


Allez, puisqu'on parle de gentils et de méchants, on termine par deux citations de gentils:

Jean-Frédérick Deliège: "C'est une fondation financée par l'armée, dans laquelle Laurent lui-même n'investit pas un franc, et on le présente comme un mécène. C'est de l'escroquerie morale !"

Et la conclusion, je la laisse à Marc Uyttendaele:

Marc Uyttendaele: "On voudrait faire un plaidoyer pour la république qu'on ne pourrait pas faire mieux !"

 

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