Les confusions de Mouedden Mohsin

Publié le par Nadia Geerts

Pour Mouedden Mohsin, acteur associatif (mais aussi chroniqueur au Journal du Mardi), qui publie aujourd'hui un courrier dans Le Soir intitulé "Université "libre": ou "censure" ?", Charlie Hebdo a publié une caricature raciste et le refus de l'ULB d'accueillir Tariq Ramadan dénote une "liberté au faciès".

En quoi, pourtant, critiquer l'islam(isme) serait-il raciste ou lié au faciès ? N'est-ce par Monsieur Mohsin qui fait du racisme en prétendant que les musulmans formeraient une "race" ? Et laquelle ? Monsieur Mohsin ignore-t-il qu'il y des musulmans originaires d'Asie, d'Afrique subsaharienne, d'Europe ? Ou alors estime-t-il que les Belges convertis à l'islam ne sont pas de vrais musulmans ?

De deux choses l'une: ou bien Charlie Hebdo et l'ULB (et tant d'autres vilains méchants "laïcistes", "nouveaux faucons de la laïcité" atteints de "sectarisme idéologique") s'attaquent à un certain islam, celui qui fait poser des bombes au nom du prophète ou qui prétend réguler la société civile, et on pourrait, à l'extrême limite et avec un brin de mauvaise foi, les qualifier d'islamophobes. Quoi qu'il faille plutôt parler de "fondamentalismophobie".

Ou bien Charlie Hebdo et l'ULB n'aiment pas les Arabes, les Maghrébins ou que sais-je. Et alors, il faudrait le prouver, parce le racisme, Monsieur Mohsin, est un délit . On ne badine donc pas avec ce terme. Et traiter de racistes des gens dont le seul crime est de critiquer une certaine approche de la religion, c'est aussi grave que de dépeindre le Vlaams Belang, parti raciste, comme un "parti islamophobe" (comme je l'ai lu récemment dans un organe de la presse quotidienne).

De tels amalgames sont dangereux pour la démocratie. Bien plus que la critique, fût-elle virulente, d'un corpus d'idées.

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