Carnets de lectures

Publié le par Nadia Geerts

Dimanche ensoleillé, estival, caniculaire pour un peu.

Dimanche de fin de vacances pour l'enseignante que je suis.

Dimanche de rangement dans ma bibliothèques des livres lus pendant ces deux semaines. Parmi lesquels beaucoup de bonnes surprises, quelques coups de coeur même.

Le Choc des préjugés, de Caroline Fourest. Un livre à lire, sans faute, et surtout par ceux qui critiquent l'auteur sans l'avoir lue. Je ne peux croire, en effet, qu'on puisse sortir d'une telle lecture en croyant encore Caroline Fourest raciste, islamophobe, intolérante, stigmatisante ou que sais-je. Les principales raisons pour lesquelles, si j'étais Française, je ne voterais pas Sarkozy, je les tire de la lecture de ce livre. Et à propos de Sarkozy toujours, la réflexion de Michel Onfray sur "le cervau d'un homme de droite" (http://michelonfray.blogs.nouvelobs.com:80/archive/2007/04/03/le-cerveau-d-un-homme-de-droite.html) consécutive à leur confrontation pour le magazine Philosophie, dont le texte est paru dans le n° d'avril.

Laïcité ou islamisme, les Arabes à l'heure du choix, de Fouad Zakariya. Un livre remarquable, plaidoyer pour la laïcité et contre l'islamisme, d'autant plus intéressant que l'auteur est un philosophe égyptien, professeur à l'université du Koweit, qui s'adresse aux musulmans du monde arabe, qu'il invite à considérer la laïcité non comme "une 'doctrine importée' synonyme d'athéisme, mais un idéal universel qui s'impose à toute société menacée par ce qu'il appelle la 'pensée autoritaire médiévale'" (extrait de la 4ième page de couverture). Outre cela, le livre de Zakariya offre aussi une réflexion intéressante sur le nécessaire dépassement du complexe du colonisé.

Mes Oedipe, de Jacqueline Harpmann. Un pur bonheur que cette relecture de la légende de Sophocle par la merveilleuse psychanalyste et romancière belge. C'est délicieusement irrévérencieux, sans que rien ne soit perdu de la dimension tragique du mythe. Le Théâtre du Parc proposant le texte en lecture-spectacle cette saison, peut-être aurons-nous droit un jour prochain à retrouver Oedipe, Tirésias, Jocaste, Antigone, Créon et les autres sur les planches ?

L'homme à l'envers, de Fred Vargas. Une découverte que ce policier intelligent, dont j'avais déjà lu le recueil de nouvelles Paris sur Seine avec le même délice.

L'empreinte de l'ange, de Nancy Huston. Un roman d'amour à sens unique, de froideur, de passion, d'adultère et de haine, sur fond d'années 50 meurtries par le nazisme. Chaud et glaçant à la fois.