Ce 13 juin, votez sexy !

Publié le par Nadia Geerts

 

Cet article s’adresse tout spécialement à ceux (et celles) qui traînent les pieds à l’idée d’aller voter : toujours les mêmes, on comprend rien, que des menteurs et des magouilleurs, les enjeux nous dépassent, etc.

Rien n’est plus faux. La preuve par deux sondages de la presse écrite qui font souffler un vent de fraîcheur bienvenue sur la morosité pré-électorale.

 

Le premier émane de La Libre Essentielle, et pose la question ô combien existentielle : « Nos femmes politiques sont-elles séduisantes ? » (http://essentielle.lalibre.be/fr/7445/nos-femmes-politiques-belges-sont-elles-seduisantes#comment-523583). À vous, amis lecteurs, d’élire la plus séduisante d’entre elles. Qui sait, peut-être gagnera-t-elle grâce à vous un poste de ministre ou de secrétaire d’Etat ? Et en tout cas, nul doute que ce sondage aura su réveiller, l’espace de quelques minutes, l’intérêt du citoyen lambda pour la chose politique.

 

Mais j’entends déjà des grincheux, des grincheuses aussi, s’offusquer de ce que nul ne s’amuse à tester le potentiel de séduction des candidats masculins. Détrompez-vous, bonnes gens, l’égalité des sexes est en marche, et ce grâce à Sudpresse, qui lance un grand concours « Elisez les candidats carolos les plus sexy » (http://www.sudpresse.be/regions/charleroi/2010-06-04/elisez-les-candidats-carolos-les-plus-sexy-787119.shtml). Ici, pas de discrimination sexiste, le quotidien nous propose six hommes et six femmes, « douze candidats de la région de Charleroi dont les arguments, derrière les postures idéologiques, sont les plus séduisants. Votez, jusqu'à mercredi pour désigner votre favori féminin et masculin.

Un rancard entre les deux lauréats suivra. Et, attention, la maîtresse de cérémonie de la rencontre sera Marie-Audrey. »

Je n’ai pas la moindre idée de qui peut être cette Marie-Audrey, mais qu’importe ? L’essentiel n’est-il pas de savoir que grâce à l’engagement citoyen du groupe Sudpresse, un beau petit couple de politiciens diablement sexy auront bientôt un super rancart, voire plus si affinités ? Et quoi de mieux pour remotiver le citoyen lassé des crises gouvernementales, des querelles en trois lettres et autres impasses budgétaires ?

 

Et au cas où même ça ne suffirait pas à raviver la flamme de l’électeur-citoyen, j’ai déjà d’autres super idées pour la grande presse toujours soucieuse de remobiliser sur les vraies questions : l’élection du plus profond décolleté politique, un super concours de quel-candidat-pisse-le-plus-loin, le prix des plus gros lolos politiques, la médaille du torse politique le plus viril, etc. On pourrait même imaginer une nuit d’hôtel pour miss-gros-lolos-politiques et mister-pisse-le-plus-loin, ou un séjour à Toremolinos pour miss-décolleté et mister-torse-viril.

 

 

N’empêche, blague à part, s’il semblerait que les femmes politiques proposées par La Libre Essentielle (qui porte en l’occurrence foutrement bien son nom) n’aient pas été consultées ­­- et que certaines n’apprécient guère -, les candidats carolos au titre de super sexy ont bien dû marquer leur accord pour participer à un « rancart » avec leur alter ego de l’autre sexe. Je pose donc la question :

Que vont faire Olivier Chastel, Olivier Henry, Paul Magnette, Jean-Marc Nollet, Damien Laloyaux, Antoine Tanzilli, Julie Crucke, Catherine Lutzeler, Ozlem Ozen, Véronique Salvi, Caroline Taquin et Françoise Daspremont dans cette galère ?

N’étant pas carolo, j’avais déjà une bonne raison de ne pas voter pour eux. Maintenant, j’en ai deux. Et la seconde est politique. Comme quoi, les sondages, ça forme le sens civique.

 

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