Discours prononcé à Fraternités 2010

Publié le par Nadia Geerts

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Les trois principes fondamentaux dans une société démocratique que sont l’égalité entre citoyens, la lutte contre le racisme et la xénophobie, et l’égalité de l’homme et de la femme, « ne sont effectivement pas absolus, ils coexistent avec d’autres principes, ce qui parfois entraîne la nécessité d’une mise en balance. ».


Ca vous choque ?

Moi aussi.

C’est pourtant ce que stipule d’emblée le rapport du comité des sages des Assises de l'interculturalité…


Cela seul devrait suffire à nous rappeler que le combat pour l’égalité des sexes n’est pas un combat dépassé, hélas. J’aimerais en quelques mots montrer ici en quoi la laïcité et féminisme sont intimement liés.


Le sexisme n’est évidemment pas l’apanage des religions. Mais en sédimentant des pratiques traditionnelles, le pouvoir politique exercé par les religions contribue encore trop souvent à enfermer les femmes  - et les hommes ! – dans un rôle qu’ils n’ont pas choisi. Un rôle qui leur a prétendument été dévolu par la « nature » et qui, sous couvert de respecter leurs différences, interdit en réalité aux femmes et aux hommes de se choisir et de se construire librement.


Séparer le droit de la foi, c’est en ce sens ouvrir la possibilité pour les hommes et les femmes d’accéder à l’égalité en refusant d’assigner les femmes – et les hommes – à une quelconque nature, en faisant primer l’existence sur une quelconque et fantasmatique essence.


Mais la laïcité, c’est aussi le refus de distinguer entre le « laos », le peuple, et le clergé. C’est la volonté de voir en tout homme d’abord et avant tout un citoyen, dont les particularismes importent peu. La laïcité, en ce sens, contient historiquement en germe le refus de toute discrimination, qu’elle soit fondée sur la classe sociale, l’ethnie, la religion ou … le sexe.


C’est pour ces deux raisons que la laïcité de l’Etat, ce principe profondément humaniste que promeut le R.A.P.P.E.L. depuis sa création en 2007, constitue une garantie pour que, enfin, les femmes et les hommes accèdent à l’égalité pleine et entière. Et pour que jamais plus on ne puisse dire que l’égalité de l’homme et de la femme n’est pas un principe absolu.

 


 

La pétition contre les conclusions du rapport du comité de pilotage des Assises de l'interculturalité:

http://8727.lapetition.be/

Publié dans Laïcité - religions