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Les carnets de Nadia Geerts
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Le 27 avril, conférence à la maison de la laïcité sur le thème de "Fichu voile !" à 20h.
Le 28 avril, participation à une table-ronde organisée par Entre-vues sur avenir des cours philosophiques, à la Maison de la Laïcité Hypathia, rue des Deux Ponts, 19 à 1340 Ottignies-Louvain-La-Neuve, de 10 à 15h.
Cette interview a été publiée dans La Libre de ce 1er février, en face-à-face avec celle d'Irène Wouters (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/639815/est-il-interdit-d-interdire-le-niqab-dans-la-rue.html)
Nadia Geerts: Si un règlement interdit de déambuler masqué hors le Carnaval, il n’y a pas de dispense sous prétexte de religion. Le niqab est un problème de sécurité publique et un emblème de soutien à des régimes islamistes fascisants.
Quelle lecture avez-vous du jugement selon lequel il serait interdit d’interdire le niqab en rue ?
Ce qui me frappe dans ce jugement, c’est que le tribunal de police semble considérer que la réactivation d’un règlement de police interdisant de déambuler masqué en dehors de périodes de carnaval est illégitime, dès lors que le motif pour lequel le visage est dissimulé est d’ordre religieux. Or, si un règlement de police interdit de déambuler masqué en dehors du Carnaval, une attitude laïque consisterait précisément à ne pas accorder de dispense à cette règle sous prétexte de conviction religieuse : la loi doit valoir pour tous, sans que la religion puisse constituer en aucune manière un passe-droit. Je crains que ce jugement conforte une propension actuelle à pratiquer l’exception religieuse, comme par exemple lorsque la religion autorise l’abattage d’animaux sans étourdissement préalable.
Pourquoi devrait-on interdire le port de la burqa ou du niqab dans l’espace public ?
Le voile intégral non seulement pose un problème de sécurité publique, mais constitue aussi et surtout un emblème politique de soutien à des régimes islamistes fascisants : comment ignorer que ce scandaleux sac de toile est, pour tant de femmes dans le monde, la condition sine qua non pour que leur présence soit tolérée dans les lieux publics ? Sous le voile intégral, la femme est transformée en un fantôme inidentifiable. Accepter un espace public dans lequel déambuleraient des fantômes inidentifiables, c’est saper le fondement même du vivre ensemble, qui fait du contact visuel, et du visage, un médium essentiel. Porter le voile intégral, c’est instaurer avec l’autre une relation à sens unique, lui refuser le droit élémentaire de nous voir, alors même que nous avons toute liberté de le dévisager. Par ailleurs, je dois bien dire mon étonnement et mon inquiétude lorsque je vois que des partis politiques réfractaires à l’interdiction du voile dans la sphère institutionnelle ou à l’école soutiennent une loi d’interdiction du voile intégral : il ne faudrait pas, en effet, que ce soit la préfiguration d’un marchandage politique dramatique. Car c’est exactement la stratégie déployée par les islamistes selon le juriste Jamil Sayah :” le fondamentalisme musulman déploie sa stratégie à la recherche de l’outil le plus viable susceptible de niveler par le bas les valeurs de la République. Aussi, ils instrumentalisent le voile intégral pour légitimer le “moins intégral”. La bonne ruse !” (“Burqa, les pièges du débat” dans Libération, 31/07/09).
Un règlement communal (comme à Etterbeek) ou une loi fédérale belge (comme votée à la Chambre en avril 2010 et relancée aujourd’hui) qui bannit le voile facial seront donc toujours contraires à la Convention européenne des droits de l’homme et donc invalidés par nos tribunaux ?
La jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme montre en tout cas que pour limiter la liberté d’expression, un simple règlement ne suffit pas. En revanche, d’autres jugements de cette même cour montrent qu’il est possible de limiter la liberté (en l’occurrence ici religieuse) au nom de principes constitutionnels, tels que la laïcité de l’Etat. C’est bien le sens de l’arrêt du 29 juin 2004 de la Cour européenne des droits de l’Homme, qui rappelait (dans l’affaire Leyla Sahin contre Turquie) l'article 24 de la Constitution turque , lequel stipule que “Nul ne peut de quelque manière que ce soit, exploiter la religion, les sentiments religieux ou les choses considérées comme sacrées par la religion, ni en abuser dans le but de faire reposer, même partiellement, l’ordre social, économique, politique ou juridique de l’État sur des préceptes religieux ou de s’assurer un intérêt ou une influence sur le plan politique ou personnel.”
Ce blog se veut, entre autres choses, un espace de libre critique des tentatives d'immixtions
du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et
religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée,
au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle
soit.
Eh! bien voilà - confirmation du commentaire que je viens d'envoyer, suite à l'article précédent !
Je CONTESTE formellement la révérence et le privilège accordés aux RELIGIONS dès lors qu'il est question de légiférer, ou de régler de quelque façon que ce soit les affaires d'un état, qui plus est quand il s'agit de la France - au MOINS! (car de nombreux pays en Europe, sinon tous, devraient être concernés ... !)
Pas seulement l'Europe, oserais-je dire ... (mais Paris ne s'est pas fait en un jour ...).
Quelle rage vous anime Nadia... N'y a-t-il pas plus grave et qui mérite un combat commun, solidaire et au-delà de ces petits clivages ?
Il y a toujours plus grave. Disons que certains combats me semblent déjà bénéficier de pas mal de soutiens, tandis que d'autres sont très controversés alors qu'ils sont à mon sens importants aussi. Oui, je pense que la laïcité est une condition de la démocratie, et que les intégrismes religieux sont à combattre. Et quand j'ai le sentiment que l'intégrisme musulman bénéficie de plus de tolérance que ses équivalents "européens", je le dis...
Peu de soutien pour l'interdiction du niqab, vous plaisantez, quasi tous les partis belges ont voté POUR son interdiction, vous délirez...
Je parlais surtout, plus largement, de la laïcité.
Très controversé le niqab?
Les députés de la commission de l'Intérieur de la Chambre ont voté la proposition de loi à l'unanimité, mercredi matin : le code pénal sanctionnera le port de la burqa et du niqab dans les lieux publics.
La Belgique est vraisemblablement le premier pays d'Europe occidentale à adopter une loi qui bannit le voile facial de l'espace public. Une interdiction générale et absolue que le Conseil d'État français vient d'estimer peu tenable, juridiquement.
http://www.mediarabe.info/spip.php?article1447
Une des conséquences de la politique islamique est la démographie galopante en Egypte comme le rappelle opportunément l’article de Mediarabe de 2008, dont lien ci-dessus. La situation de l’Egypte en est une illustration édifiante. 10 millions d’habitants en 1900, 80 millions aujourd’hui et probablement 160 millions en 2050 ! Cela pour une surface utile un peu plus grande que la Belgique, soit entre 40 et 50 mille km2. Quoi d’étonnant à ce que la population se révolte, surtout qu’à cause des intempéries diverses dans le monde, les denrées alimentaires importées voient leurs prix augmenter de manière catastrophique.
Un raison de plus d’interdire la burqa, symbole de la femme objet, instrument involontaire de cette catastrophe démographique qui ne touche pas que l’Egypte.
Vous terminez votre note précédente par le paragraphe : « Ne pas accepter que les convictions religieuses soient utilisées pour faire reposer, même partiellement, l’ordre social, économique, politique ou juridique de l’Etat sur des préceptes religieux, tel sera sans doute l’un des nombreux défis du prochain gouvernement… ».
En ce qui concerne la réactivation du décret de police interdisant de masquer le visage en dehors des périodes de carnaval, ceci est d’autant plus vrai en ce qui concerne le port de la burqa, que c’est parmi ceux qui au nom de leur religion tentent d’imposer cette tenue moyenâgeuse aux femmes que l’on recrute les hommes ou les femmes susceptibles d’utiliser ce déguisement pour commettre des attentats.
La décision du tribunal est d’autant plus incompréhensible que le danger que le décret voulait minimiser est bien plus réel aujourd’hui qu’à l’époque où il a été adopté.
Etrange, non?
Vous dites qu'il y a peu de soutien pour la laicité, mais à côté de ça, le vote pour l'interdiction du niqab se fait à l'UNANIMITE...à moins évidement que la laicité n'ait rien à voir là-dedans...et que ce soit juste le vernis de l'islamophobie...comme le démontrent les appels constant de certains élus à la laicité...tant qu'elle concerne uniquement les musulmans...comme le vote de l'interdiction du niqab, votée à l'UNANIMITE....
Le fondement de l'interdiction du voile intégral n'est généralement pas la laïcité, mais la sécurité ou la protection des femmes. Je parle ici de l'argumentation invoquée. Et je ne nie absolument pas qu'il y ait parfois une hostilité à l'islam qui influence certaines prises de positions. Aux laïques de faire la part des choses et de rappeler à la fois quand la laïcité et menacée et quand elle est abusivement interprétée par des gens qui s'en servent pour légitimer autre chose.
Europe : le multiculturalisme, mal imaginaire des islamophobes
En ce début de XXIe siècle, la bête immonde est de retour en Europe. Elle ne revêt plus les traits de la judéophobie, mais véhicule une islamophobie – en réalité une arabophobie – aussi banalisée que décomplexée.
Dans l'Allemagne réunifiée, dans la République sarkozyste et, aujourd'hui, dans le Royaume-Uni de la libre entreprise, le même discours de défiance, les mêmes propos hostiles résonnent à l'encontre des musulmans.
Les gouvernements britanniques qui n'ont pas eu à faire le deuil de l'Algérie font figure de néophytes dans le combat contre le « péril islamique ».
Tony Blair avait posé les bases de cette nouvelle croisade dans des discours post-9/11 et post-7/7. Sous couvert de lutte contre le « terrorisme islamique », il avait fait voter une série de lois sécuritaires jetant la suspicion sur l'ensemble des musulmans.
Gordon Brown avait fait l'apologie du colonialisme britannique et exhorté un retour aux « valeurs britanniques ».
David Cameron, chef d'un gouvernement de droite ultralibérale, poursuit le travail de sape. Le 5 février, dans une conférence internationale consacrée aux questions de sécurité à Munich, il a établi une corrélation insidieuse entre musulmans, islamistes et terrorisme. (Voir la vidéo, en anglais)
« L'ennemi de l'intérieur » selon Cameron
Cameron a dans un premier temps précisé qu'islam et islamisme ne pouvaient être confondus et réfuté la thèse d'un choc de civilisations entre le Nord et le Sud. Se contredisant ensuite, il a pourfendu « l'ennemi de l'intérieur », c'est-à-dire, le musulman britannique, plutôt jeune, « radicalisé » ou « en voie de radicalisation ».
Selon le premier ministre britannique, le problème serait d'ordre identitaire et le multiculturalisme britannique serait la cause de ce mal. En défendant les cultures minoritaires, le multiculturalisme d'Etat inciterait certains individus à vivre en marge de la société britannique et de ses valeurs. Le « communautarisme » qui en découle, fournirait le terreau dans lequel « l'extrémisme islamiste » prend racine.
Ce grossier amalgame ne vise ni plus ni moins qu'à jeter l'opprobre sur l'ensemble des musulmans, et à réduire l'islam à la caricature terroriste d'Al-Qaeda.
Universalisme des droits vs pluralisme « pragmatique »
Davantage, le multiculturalisme britannique ne saurait se réduire à la caricature du « politiquement correct devenu fou » que l'extrême-droite britannique et les néo-républicains français dénoncent. Avant d'être des politiques de « discrimination positive » à l'endroit des minorités, le « communautarisme » est essentiellement un état d'esprit, une philosophie de la tolérance et du respect de la différence.
La France et le Royaume-Uni mettent en avant deux récits nationaux radicalement différents :
Le résultat est pourtant à peu près identique dans les deux sociétés. Les populations issues de l'immigration y sont :
Faisons tomber les faux-semblants idéologiques et les pseudo-modèles nationaux d'intégration. Dans les deux cas, ce sont les décennies de politiques néolibérales qui ont failli à l'encontre des citoyens d'origine étrangère :
Dans les deux pays, on assiste à la mise à l'écart économique et citoyenne de ces populations. « L'ennemi de l'intérieur » – un musulman, donc terroriste virtuel – est avant tout un exclu de la redistribution des richesses et du savoir au sein de la nation.
Les errements politiques, vivier du terrorisme virtuel et réel
Il existe pourtant une différence entre les deux pays. En Grande-Bretagne, l'islamophobie reste socia
Je regrette monsieur Martin, mais au risque d’être traité d’islamophobe, je ne puis aimer une religion qui affirme qu’en tant qu’ « incroyant » je ne suis que de la souillure et qui me condamne à être humilié sur terre durant ma vie et à bruler en enfer après ma mort. C'est ce qui est répété des dizaines de fois dans le coran.
Le 25 novembre 2010, à l'occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, le Premier ministre François Fillon a désigné cette dernière "Grande Cause nationale 2010". L’a-t-elle vraiment été ?
Non, mis à part un clip de sensibilisation subventionné par le gouvernement, il n’y a pas eu une véritable mobilisation autour de cette question. En réalité, ce n’est pas un sujet qui préoccupe les politiciens français contrairement à d’autres pays en Europe. En Espagne par exemple, il existe des tribunaux spéciaux et une loi organique pour traiter ce type de problème, une loi appelée contre la « violence de genre » et que la France a refusé de passer. Et lorsqu’une femme subit une violence ou est tuée, les gens se mobilisent immédiatement et l’événement apparait en première page dans les journaux. Or, en France ça ne fait jamais la une des journaux. C’est à peine si les médias y consacrent une ligne, même en cas de meurtre.
Pourtant, une campagne a été menée contre le port de la burqa qui est, selon la secrétaire d’Etat Fadila Amara, une question qui porte atteinte à la dignité et à l'égalité entre les hommes et les femmes ?
Une étude a estimé à 20 le nombre de burqas portées en Belgique et à 360 d’après les Renseignements généraux en France. D’autre part, les statistiques d’Eurostat démontrent que 40% de femmes (de cultures diverses) vivent sous le seuil de pauvreté en Belgique. Donc, le débat sur le port de la burqa est posé à l’envers. En réalité, cette polémique est une façon de minimiser ou de nier les agressions quotidiennes qui s’exercent contre les femmes. Une manière de détourner l’opinion publique des violences conjugales qui ont mondialement été reconnues comme étant la première cause de décès des femmes entre 25 et 44 ans. Ou encore, de nier que dans plus des deux tiers des cas, celles qui sont violées connaissent leur agresseur (mari, petit ami, meilleur ami, patron..). En revanche, le nombre concernant celles qui ne meurent pas mais qui subissent la violence jour après jour n’est pas calculé. Il le faudrait pourtant, car la mort n’est que le stade ultime d’un continuum de violences.
D’autre part, même si le gouvernement dévoile de temps à autre des statistiques sur ces réalités, c’est pour son propre intérêt. Il s’agit d’une stratégie pour donner l’impression qu’il est sensible à cette problématique. Mais en réalité, le problème est négligé et étouffé à travers la polémique sur le voile ou la burqa. Et si cette polémique parvient à rendre les gens plus méfiants et plus agressifs les uns envers les autres, c’est en raison des campagnes islamophobes. En effet, celles-ci véhiculent l’idée que le sexisme est plus conséquent au sein des familles de culture africaine et de confession musulmane. Pire encore, elles prétendent que ces faits existent chez des gens qui ne sont pas « comme nous » mais qui vivent chez nous. Or, tout cela est faux et aucune statistique ne justifient ces arguments.
Comment une femme peut-elle échapper à la violence ?
Je crois qu’il faut commencer par reconnaitre son état de souffrance pour ensuite entreprendre les démarches nécessaires comme porter plainte. J’ai pu constater que même les femmes qui osent réclamer de l’aide ont beaucoup de mal à appeler « violence » ce qu’elles subissent. Pourquoi ? Parce que dans leur culture - une culture occidentale ou maghrébine peu importe- il est normal qu’un homme se montre violent envers son épouse. Cela fait partie en quelque sorte de sa virilité. Par conséquent, il devient difficile pour une femme de distinguer une dispute qui serait accompagnée de « coups accidentels » d’une dispute accompagnée systématiquement voire fréquemment par de la brutalité. Certaines se persuadent même que leur conjoint peut les maltraiter pour ce qu’elles auraient dit de contrariant ou d’énervant.
D’ailleurs, dans « La domination masculine », ce très bon documentaire réalisé par le belge Patrice Jean, une femme d’âge moyen explique de quelle façon elle est parvenue à quitter son conjoint au bout de 20 ans de vie commune. Elle était battue constamment, sans motif apparent, sans même émettre de mots. Puis elle s’est aperçue qu’elle n’y échapperait jamais et qu’il fallait qu’elle parte.
Une chose qui vous donne la force de poursuivre la lutte ?
Sans doute le fait de constater qu’il existe des choses inacceptables et qu’il n’y a qu’une chose à faire : résister. Mais résister tout en me rappelant que je ne peux pas réformer les mentalités et les méfaits de certaines cultures ni en une semaine, ni même en 30 ans. Cela exige du temps.
En fait, vous partagez la même idée du sociologue Said Bouamama : « qu’on émancipe jamais quelqu’un malgré lui, et qu’on ne libère pas quelqu’un malgré lui. Quand quelqu’un s’émancipe c’est parce qu’il l’a décidé et qu’il est entré en lutte ».
Votre question sur le niqab me fai rire...
Celui qui veut croire ou s'habiller comme il veut il le fait... Il ne faut pas se casser trop la tête parce que vous allez vous fatiguez pour rien.
Vous en pensez quoi?
http://www.rue89.com/2010/09/30/minishort-et-niqab-balade-provoc-dans-paris-avant-la-loi-168779
Vous en pensez quoi?
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