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Les carnets de Nadia Geerts
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Le 27 avril, conférence à la maison de la laïcité sur le thème de "Fichu voile !" à 20h.
Le 28 avril, participation à une table-ronde organisée par Entre-vues sur avenir des cours philosophiques, à la Maison de la Laïcité Hypathia, rue des Deux Ponts, 19 à 1340 Ottignies-Louvain-La-Neuve, de 10 à 15h.
Je participais ce midi au « Forum de midi » sur la Première (1). Thème obligé en ce jour de mariage princier : la monarchie. Du moins Fabienne Vande Meersche avait-elle tenu à s’éloigner radicalement du glamour et du people pour aborder la question de la légitimité de l’institution monarchique. À l’heure où l’on ne parle que de robe, baiser, voiture et autres tralalas, c’est une initiative à saluer comme il se doit.
Mais force est de constater qu’hormis cette émission radio – et l’agence de presse indépendante Parlemento -, aucun média n’a jugé utile de relayer le point de vue républicain. En tout cas dans le monde francophone. Car en Flandre, tant VTM que le Nieuwsblad, le Laatste Nieuws ou la VRT ont saisi l’occasion du mariage princier britannique pour donner la parole au président du Cercle républicain belge (http://www.crk.be/). Probablement cela s’explique-t-il, du moins partiellement, par la crainte actuelle, dans le monde francophone, que toute contestation de la monarchie ne renforce les tenants du séparatisme. Pourtant, on peut légitimement se demander si le roi détient un pouvoir suffisant pour empêcher la scission du pays – ce qui serait à mon humble avis en soi inquiétant.
Au-delà de cela, puisque c’est de monarchie britannique que tout le monde parle aujourd’hui, j’ai eu la désagréable impression de revivre le mariage de Philippe et Mathilde : même déchaînement médiatique, et surtout même unanimisme de façade : comme le peuple belge il y a onze ans, le peuple britannique tout entier serait en liesse aujourd’hui…
Et pourtant… Le Soir nous apprend que, selon le Guardian, non seulement 46% des Britanniques ne sont pas intéressés par ce mariage, mais encore que 32% estiment que la monarchie a perdu sa pertinence, et que 26% estiment même que le pays se porterait mieux sans elle. Ce dernier chiffre grimpe même à 37% pour la tranche des 19-24 ans.
Parce que quelles que soient les tentatives de l’institution de se moderniser ou d’apparaître comme proche du citoyen, elle reste indécrottablement, viscéralement et principiellement anti-démocratique ; en parfaite contradiction avec l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, aussi, qui proclame que :
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit
par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des
élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.
Ces évidences auront une fois encore été occultées par les fastes d’un mariage en grande pompe – et partiellement aux frais du contribuable britannique. Espérons que la raison finira par triompher. Pour que William, Kate, Philippe, Mathilde et tous les autres puissent enfin jouir du bonheur d’être des citoyens libres et égaux en dignité et en droits… C’est tout le mal que je leur souhaite.
(1) Emission réécoutable ici: http://podaudio.rtbf.be/po
Ce blog se veut, entre autres choses, un espace de libre critique des tentatives d'immixtions
du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et
religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée,
au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle
soit.
Le dicton est encore une fois d'application : "Panem et Circenses"; Ce mariage réjouit le peuple, qui a peut-être besoin d'une personnalité supérieure, un ROI.
Tout cela n'est évidemment en rien démocratique, ni laïc, ni bien sûr républicain. Mais, s'ils aiment cela...
J'aimerais un referendum en Belgique, où l'on poserait la question : "Voulez-vous d'une monarchie non élue ou d'une république avec Président élu"? Je suis certain du résultat. Hélas !!!
Globalement, chuis souvent d'accord avec vous mais est-il vraiment nécessaire de partir en guerre contre la monarchie maintenant? pour ma part, je n'ai ai jamais été un afficionado des altesses, mais j'éprouve quand même un respect certain envers Albert 2 vu son action dans le bordel communautaire... faut imaginer Bauduin à sa place...Bon, on doit noyer sa progéniture, d'accord, mais c'est vrai aussi pour pas mal de mes voisins.
:-)
Je ne pars pas maintenant en guerre contre la monarchie: j'ai présidé pendant dix ans (de 2000 à 2010) le Cercle républicain, et de temps en temps, ça me reprend !
Mais madame, consultez un juriste, je vous en prie. Il vous expliquera dans le détails que tous ces points sont respectés.
En Belgique, le Roi règne mais ne gouverne pas. Tout ce que vous avez donc dit est irreçevable. Nous ne sommes pas un système d'Ancien Régime comme le fut la France. Le Roi ne peut rien faire sans l'accord d'un ministre (souvenez-vous la visite au Vatican). Il est, comme on dit, politiquement irresponsable. De même le Roi ne peut aller contre la volonté du peuple, l'exemple avec Baudouin et l'avortement l'illustre bien. (cfr Sanction royale et promulgation)
Quant à prétendre que le Roi a le pouvoir de ... Ne jouons sur les mots, c'est le pouvoir du symbole d'abord mais surtout car ça arrange bien tout le monde d'avoir une personne neutre. Mais preuve est faite avec cette crise qui n'en finit pas, que son pouvoir ne se traduit pas par des faits.
Bref, démonstration est faites que vous vous trompez. Si vous désirez consulter des sources, c'est la matière général de droit pour les étudiants de première bac ! (C'est rigolo en plus car la dernière question 1bac de mon exam avec madame Rigaux était justement de démontrer que la Belgique était une démocratie).
Ce que vous dites est d'autant plus éloigné de toute réalité que nous sommes dans un système fédéral càd un système ou de très nombreux pouvoirs (et non des moindres) sont du ressort des présidents de régions et communautés. Alors, parlant démocratie, à choisir entre un Van Cau et un Albert II ... Tiens BDW président de la Belgique serait probablement arrivé.
Par contre, ce sont bien les républicains qui ont bafoué la volonté du peuple en refusant le résultat de la consultation populaire réclamant le retour de Léopold III (Spaak et cie, cfr Question royale).
Quand à citer la monarchie britannique, n'oubliez pas d'importantes nuances : il y a un nationalisme non négligeable, issu d'une histoire sanglante qui mena à la Grande-Bretagne (Ecosse, Pays de Galles, Angleterre). Pour ces nationalistes, ce n'est pas tant la monarchie qui dérange que l'Union Jack. Le tout agrémenté de scandales énormes (Wallis Simpsons et son nazillon de mari, Diana etc) comme jamais la famille royale belge n'en a donné.
Pour conclure, si vous désirez faire de la Belgique, une république, c'est très simple : il vous suffira de remporter deux fois la majorité absolue. La première fois pour proposer une révision de la Constitution et la deuxième fois, pour la réviser.