Jeudi 17 février 2011
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Cet article a été proposé comme carte blanche au Soir.
Les bras m’en sont tombés lorsque j’ai lu le titre en Une du Soir : « Une circulaire pro-IVG envoyée aux écoles ». Quoi,
y aurait-il des gens qui font la promotion de l’avortement, qui incitent les filles et les femmes à y recourir, qui les découragent de garder l’enfant qu’elles portent ? A en croire
l’article, c’est bien de cela qu’il s’agit, puisque certains font le parallèle avec des circulaires émanant de milieux religieux qui, si elles diffusaient dans les écoles un discours
anti-avortement, susciteraient des cris d’orfraie. Confusion, confusion…
La loi belge autorise depuis une vingtaine d’années, et sous strictes conditions, la pratique de l’interruption
volontaire de grossesse. Celle-ci n’est jamais présentée comme une solution idéale, comme une sorte de contraception de secours, mais comme un choix difficile, potentiellement traumatisant, mais
pouvant néanmoins être considéré comme la moins mauvaise solution lorsqu’une grossesse non désirée se présente. Informer les jeunes filles fréquentant l’enseignement secondaire de l’existence de
la loi et de la possibilité pour elles d’y recourir en cas de nécessité, ce n’est en aucun cas faire la promotion de l’avortement. En réalité, ce n’est rien d’autre que promouvoir la connaissance
par les adolescents de leurs droits et de leurs devoirs, tels qu’ils sont établis par la législation belge.
Partant de là, mettre sur le même pied une brochure d’information et une brochure militante visant à combattre une
pratique absolument légale – que l’on reste évidemment libre de refuser pour soi-même, pour des raisons de conscience – relève d’une singulière confusion. Et le fait que cette brochure soit
distribuée dans tous les réseaux, libre confessionnel y compris, ne change rien à l’affaire : les élèves ont droit à l’information, et la présenter comme de la propagande dénote d’une
singulière ignorance de ceci : informer laisse chacun libre, tandis que les discours propagandistes ont pour but avoué de peser sur les décisions, en l’occurrence en fonction d’un prisme
éthique dont les fondements sont loin d’être partagés par tous.
Autrement dit, l’information précède la formation d’une opinion, et présumer qu’informer pourrait heurter
les consciences revient à ouvrir la porte à la censure. L’école ne peut se contenter d’accueillir les élèves tels qu’ils sont ; elle a aussi pour mission de les former à être demain des
citoyens responsables, conscients de leurs droits et devoirs et capables d’exercer leur jugement de manière libre et indépendante de tout prosélytisme.
Cela, évidemment, c’est l’idéal d’une école laïque. Non pas une école athée, donc, mais une école où la
formation du jugement se fait sans recourir à un quelconque dogmatisme ni à une quelconque transcendance. Ce qui pose nécessairement la question de la pertinence d’un enseignement confessionnel
financé par les fonds publics : l’Etat n’a ni à organiser, ni à financer un enseignement inspiré par des textes religieux, quels qu’ils soient. Il n’a pas à « évangéliser en
éduquant » mais à promouvoir l’émancipation par l’instruction.
Sera-t-on demain soupçonné d’infraction à la neutralité et au pacte scolaire parce qu’on aborde à l’école des
concepts comme celui de majorité sexuelle, de libre examen, de législation sur les mariages forcés, d’égalité entre hommes et femmes ou de théorie de l’évolution ?
Notons que le lendemain, Hugues Dorzée enfonçait le clou en qualifiant la circulaire
d'"inappropriée et tendancieuse" (http://archives.lesoir.be/inappropriee-et-tendancieuse_t-20110217-018UY3.html), avec l'argumentaire suivant:
"1. En Belgique, l’enseignement est neutre. Il ne tolère, en théorie, ni prosélytisme religieux ou philosophique, ni militantisme
affirmé.
2. Le CAL est l’organe officiel de la laïcité organisée et financé comme tel. En toute logique, les autres cultes reconnus seraient
donc en droit de diffuser leur vision de l’IVG à l’école. C’est intenable.
3. Si Pro Vita ou les adeptes d’un islam rigoriste étaient parvenus à faire de l’entrisme dans l’administration, pour sûr que les
laïques auraient hurlé, à raison, à la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Voilà pourquoi, oui, cette circulaire de la Direction générale était tendancieuse et inappropriée."
Par Nadia Geerts
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Publié dans : Enseignement
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Il existe une censure au Soir, à la Libre et au Vif. Parce que :
1)Ils sont subsidiés, donc aux ordres.
2)Ils sont belgicains traditionnalistes, unitaristes et royalistes et pour l'un d'eux chrétien.
Il ne faut donc pas s'attendre à une approbation publique de l'IVG, mais plutôt à des tentatives de démolition
Incroyable en effet ce titre en 1ère page puis aujd'h Dorzée qui augmente la confusion! L'école est dans ce cas tout-à-fait dans son rôle, à savoir assurer à toutes et à tous une instruction capable d'élargir les cadres de références et de fonder l'autonomie de jugement!
L'erreur a été d'accepter, que dis-je, de demander que la "laïcité" soit reconnue et subventionnée de la même manière qu'un culte. Une telle conception est tout simplement absurde.
Entièrement d'accord, évidemment ! C'est sur cette confusion entre laïcité politique et athéisme que surfent les adversaires de cette brochure, qu'ils prétendent animée d'un prosélytisme athée alors qu'elle n'est que politiquement laïque, ce qui devrait aller de soi pour toute information diffusée à l'école.
C'est surtout que l'article est très mal écrit. Ce que reproche le libre, c'est la propagande pour le CAL. L'élément important de l'article est celui-ci : " « Sur le fond, il s’agit d’une publicité masquée et directe en faveur du CAL », grince un observateur avisé."
Si demain, l'église catholique de belgique et tout ce qu'il y a de confessionnel en Belgique demande à l'administration de la communauté française de diffuser dans toutes les écoles, y compris l'officiel, des affiches pour, disons par exemple, la fidélité, la sécurité routière ou la paix dans le monde, frappé du logo de diverses associations catholiques, avec dossier pédagogique, je vous laisse imaginer le ramadam provoqué !
Il y a plus de 20 ans (quand l'avortement n'était pas légalisé sous la forme actuelle), l'école catholique dans laquelle j'étais nous informait in extenso de toutes les méthodes de cointraception existantes.
C'était pas vraiment les recommandations du Vatican non plus. Faut arrêter de voir l'enseignement libre comme en 1920.
J'ai répondu un peu plus haut à cette question, qui porte sur la confusion entre laïcité politique et athéisme, confusion hélas entretenue par les statuts du CAL.
Bon argumentaire, hélas déforcé par le fait que le "mot de la fin" de l'article soit laissé aux contradicteurs.
C'est vrai... C'est que le mot de la fin est en réalité un post striptum ajouté à la fin de mon article initial.
Avez-vous vu le feuillet d'information ? Moi pas, mais une collègue infirmière travaillant en planing me l'a confirmé. Ce n'était pas une information neutre, on semble dire que c'est "un moyen comme un autre'. Et c'est à cela que sont malheureusement confrontés mes collègues de certains planning familiaux. Des filles qui ne prennent aucune contraception en se disant "si jamais, il y a l'IVG".
Le communiqué de presse du CAL publié aujourd'hui (http://www.ulb.ac.be/cal/presse/prisesdeposition/2011/16022011.html) s'inscrit en faux contre cette critique. Il me semble que lorsqu'on réalise une bruchure SUR l'avortement, on ne commence pas par dire que c'est un pis aller: le but est d'informer les jeunes filles qui seraient confrontées à une grossesse non désirée qu'elles ont la possibilité de l'interrompre, et sous quelles conditions. Par ailleurs, il est évident qu'il faut également diffuser de l'information sur la contraception, dans le but d'éviter autant que possible les IVG. Et dans une telle brochure, il me semblerait logique de ne pas mentionner l'IVG, qui n'est pas un moyen de contraception. Ou alors dans une rubrique en toute fin, genre "Et s'il est trop tard ?".
Bonjour Nadia,
Je constate que vous ne privigiez pas la crtiique de l'avortement par les "cathos tradis". En cette occurence, vous vous distinguez nettement de Fourest qui fait tout pour mettre ces quelques fanatiques, faméliques en nombre et en influence sur le même pied que les islamistes nombreux, puisamment aidés financièrement et en pleine effervescence politiques.
Cela m'amène à la conclusion que Fourest vous gêne par ses opinions cotradictoires et funambulesques.
Mettez de l'ordre, on est effondré.
Bien à vous.
ET, Paris15
Caroline Fourest ne me gène absolument pas, et je ne vois pas ce qui, dans mon article, pourrait vous faire penser ça. Je suis pour ma part convaincue que l'intégrisme religieux est un fléau qui nécessité toute notre vigilance, et que si l'islamisme en est un, le cléricalisme catholique en est un autre, treès actif et très puissant au niveau européen par exemple, mais aussi aux USA.
"C'est sur cette confusion entre laïcité politique et athéisme que surfent les adversaires de cette brochure, qu'ils prétendent animée d'un prosélytisme athée alors qu'elle n'est que politiquement laïque, ce qui devrait aller de soi pour toute information diffusée à l'école."
Et les "Centres de Planning Familial des Femmes Prévoyantes Socialistes", c'est aussi du surf ?
Le problème que vous ne semblez pas saisir est que cette action, quel qu'en soit le but, est marquée politiquement. Les femmes prévoyantes socialistes, ça me semble bien loin de la neutralité politique de l'enseignement...
Donc, cette action, c'était soit directement à la communauté française de l'organiser, soit au ministère de la santé (celui qui est compétent en la matière) via la même communauté française. Ici, le problème c'est le messager qui n'est autre qu'un groupement satellite d'un parti politique. Dans une école, c'est innacceptable. Vous pouvez considérer ça comme du surf.
Voici comment ils se présentent : "La Fédération des Centres de Planning Familial (fcpf) des FPS a été fondée en 1984 afin de créer un contrepouvoir et une représentation spécifique et laïque dans le domaine de la contraception, de la parenté responsable, de l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et des relations affectives et sexuelles égalitaires."
Si c'est pas un but politique, je m'appelle Paul. Leur site est par ailleurs bourré de revendications politiques : http://www.femmesprevoyantes.be/nous-connaitre/revendications/Pages/default.aspx
Alors, je ne dis pas qu'elles ne sont pas légitimes et cet organisme a le droit de revendiquer ce qui lui semble juste mais je ne vois pas en quoi la communauté française peut faire de la pub pour cette institution dans toutes les écoles !
Du surf ???
La circulaire en question a été réalisée par le CAL, avec l’appui des centres de planning et du Groupement des centres extra-hospitaliers pratiquant des avortements (Gacepha). Je suppose qu'en effet, parmi les centres de planning, figure celui des FPS, mais il me semble qu'en mettant le focus sur ce dernier, vous négligez le fait que la brochure est réalisée par le CAL, et que c'est donc bien la question de savoir si elle est l'expression d'une sensibilité philosophique athée ou d'une volonté laïque de respect du libre choix qui pose problème.
"Je suppose qu'en effet, parmi les centres de planning, figure celui des FPS, mais il me semble qu'en mettant le focus sur ce dernier, vous négligez le fait que la brochure est réalisée par le CAL"
1. Vous supposez ??? Mais le logo du FCPF-FPS est sur tous les visuels de l'action ! Vous les avez vus ? :
2. Et vous vous trompez sur le fait que c'est le CAL seul qui a réalisé cette action. Il s'agit du CAL mais aussi du GACEPHA, du FLCPF et du FCPF-FPS. Ils le revendiquent d'ailleurs eux-mêmes dans leur communiqué de presse : http://www.calbw.be/Ne-pas-confondre-contribuer-au-libre-choix-et-plebisciter-l-avortement-_a676.html
Donc, excusez-moi, mais fournir à l'école, avec l'appui de l'administration de l'enseignement une publicité au FCPF-FPS dont j'ai montré le caractère revendicatif précédemment, c'est inacceptable. Cet organisme peut mener les combats qu'il veut mais l'école ne peut pas lui offrir une telle vitrine car il s'agit d'un organisme politisé.
Madame Geerts,
Sans vouloir le minimiser, je ne cependant pense pas que l’on puisse aujourd’hui, mettre sur le même pied le pouvoir de nuisance des intégristes chrétiens et celui des islamistes. Ni aux Etats-Unis, ni en Europe où ailleurs en pays à majorité chrétienne n’existe, à ma connaissance, une loi comparable aux lois anti-blasphème qui sévissent dans plusieurs pays musulmans. Le plus terrible est qu’au Pakistan, une loi qui prévoit la peine de mort pour les blasphémateurs semble avoir le soutien d’une majorité de la population. A titre d’exemple, l’assassinat récent de deux hommes politiques pakistanais qui avaient osé critiquer cette loi.
Voir ci-dessous deux liens vers des articles de presse qui rendent compte de ces deux meurtres :
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/04/01003-20110104ARTFIG00617-pakistan-le-gouverneur-du-pendjab-assassine.php
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/03/02/97001-20110302FILWWW00347-pakistanminorites-le-ministre-assassine.php
Je ne pense pas non plus, qu’il existe aujourd’hui un état chrétien dont l’intégrisme puisse être comparé au régime que Khomeiny à imposé à l’Iran il y a 32 ans déjà et qui n’a rien perdu de sa virulence et de son pouvoir de nuisance, bien au contraire, en un tiers de siècle.
L'indignation actuelle de certainsde nos personnages éminents m'étonne alors que présenter une planche sereine, objective et solidement étayée par les textes "divins" sur les dangers de l'islamise et du renouveau de l'intolérence religieuse qui s'insinue partout, vaut à son auteur dans pas mal d'ateliers des accusations virulentes de racisme et d'islamophobie. Que ceux qui se disent chercher la lumière soient un peu plus logiques avec eux-mêmes et osent aujourd'hui ce que les valeureuse prédécesseurs ont osée il y à deux siècles contre une église omnipotente. Ne permettes donc pas que l'héritage pour lequel Ferrer donna sa vie, se perde et que nos enfants un jour doivent constater que la vraie liberté ne fut nôtre que l'espace d'un matin.