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Les carnets de Nadia Geerts
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Le 6 mars 2013: conférence à Virton à 20h sur le thème "Lutter contre l'islamisme, est-ce faire le lit de l'extrême droite ?" A la salle « Nos Loisirs », rue Léon Colleaux à Saint-Mard (Virton). Participation aux frais : adultes : 3 euros ? étudiants : 1 euro. Renseignements: 063/57 93 55
Le 7 mars 2013: séance de signatures de "La neutralité n'est pas neutre !" à la Foire du Livre de Bruxelles, de 17 à 18h, sur le stand La Muette/Interforum.
Le 8 mars 2013 à 20h: Journée internationale des droits des femmes à Neupré. "Femmes des années 2000: Anne-Joëlle Philippart, Nadia Geerts et Natacha Kowalski". "La soirée sera colorée musicalement par le récital "Portraits de Femmes", kaléidoscope lyrique autour des grandes figures amoureuses et romantiques de l'Opéra et de la mélodie..."
Le 20 mars 2013 à 19h : Conférence-débat "L'égalité hommes-femmes au regard de la laïcité de l'Etat", organisée par les Femmes MR de Schaerbeek. Intervenants: Nadia Geerts, (auteure, initiatrice du R.A.P.P.E.L, professeur de philosophie); Viviane Teitelbaum (auteure, députée MR, Présidente du Conseil des Femmes, licenciée en journalisme et relations internationales); Georges Verzin (chef de groupe MR au conseil communal de Schaerbeek, licencié en sciences politiques, diplomatiques et financières, également actif au sein du R.AP.P.E.L.). Au Centre culturel de Schaerbeek, rue de Locht 91-93 à 1030 Schaerbeek.
Le 23 mars 2013 à 11h30, conférence et vin philo sur le thème "Liberté et transgression", dans le cadre du Festival Philo Escales à la Ferme du Biéreau, Louvain-la-Neuve. Plus d'infos sur http://www.escales.be/LIBERTE-ET-TRANSGRESSION-par-Nadia-Geerts-Conference-Vin-philo_a74.html
Si je vous invitais à venir admirer ma cuisine entièrement repeinte en rouge, et que, sur place, vous me disiez combien vous trouvez cette couleur agressive, de mauvais goût ou que sais-je, sans doute pourrions nous échanger sur le choix que j’ai fait, si pas nous mettre d’accord.
En revanche, si vous me disiez que ces murs ne sont pas rouges, mais verts, il semble que tout dialogue deviendrait impossible. Comment, en effet, vous convaincre que ce que vous prétendez vert est en réalité rouge ?
Lorsque je vois circuler dans la presse, sur les réseaux sociaux, dans la bouche de certains, des versions diamétralement opposées d’un même fait, j’ai peur pour les faits.
Ainsi, cette femme en niqab arrêtée par la police de Molenbeek la semaine dernière, ce qui a donné lieu à des émeutes et même à une attaque à l’arme blanche sur deux policiers. Pour les uns, elle a refusé de montrer ses papiers d’identité, a été emmenée au poste, s’est rebellée et a fracturé le nez d’une policière d’un coup de tête. Pour les autres, elle a gentiment obtempéré à la demande des policiers, qui ne l’en ont pas moins emmenée au poste avant de lui déchirer les vêtements et de lui faire subir un simulacre de viol.
Lors des meurtres de Toulouse et de Montauban, même affaire : selon les uns, les autorités françaises ont abattu le coupable – Mohamed Merah –, tandis que selon les autres, toute l’affaire était d’emblée entachée de suspicion, Mohamed Merah apparaissant comme un coupable trop beau pour être vrai.
Lors de ce qu’il est convenu d’appeler le « Burqa blabla », même constat : les uns accusèrent Souhail Chichah, chercheur à l’ULB, d’avoir orchestré ce coup de force visant à réduire une conférencière au silence, les autres protestant que c’était en réalité ledit chercheur qui avait été réduit au silence par une conférencière vindicative ayant ordonné de couper le micro lors de sa prise de parole.
Ce sont trois exemples parmi bien d’autres de ce qui me paraît être au mieux une disparition de ce que j’appellerais un monde commun, au pire la recrudescence de ce que d’aucuns appellent les théories du complot.
Je n’étais évidemment pas présente au commissariat de Molenbeek, ni à Toulouse lors des événements qui ont conduit à l’interpellation et à la mort de Mohamed Merah. Je ne peux donc affirmer avec certitude ce qui s’est passé. J’étais en revanche présente à l’ULB, et peux témoigner que nul micro n’a été coupé.
Mais au-delà de ces trois évènements singuliers, il me semble extrêmement inquiétant que les faits eux-mêmes ne soient plus des éléments sur lesquels on peut se mettre d’accord, avant-même de commencer à discuter de l’interprétation qu’il convient d’en faire, de l’importance à leur accorder ou de leur possible instrumentalisation par diverses forces politiques.
Oui, parfois, j’ai l’impression de me trouver face à des gens qui soutiennent mordicus que la terre est plate. Ou que l’homme a été créé par Dieu il y a quelques milliers d’années. Ou que le mur de ma cuisine est vert.
Ce blog se veut, entre autres choses, un espace de libre critique des tentatives d'immixtions
du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et
religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée,
au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle
soit.