« Un fasciste, ça a le droit de travailler »

Publié le par Nadia Geerts

C’est sous ce titre que Georges-Pierre Tonnelier, bien connu pour sa proximité avec le FN et ses démêlés afférants avec la justice, a choisi de diffuser sur le net un extrait d’une interview où, partant de la question du voile, j’explique la différence entre avoir des idées et les afficher dans un cadre précis, comme celui de la fonction publique, par exemple.

 

L’intention de Monsieur Tonnelier est limpide : me mettre face à mes soi-disant contradictions : « vous dites qu’un fasciste a le droit de travailler, mais en me refusant le droit à l’oubli, vous m’empêchez bel et bien de trouver un emploi ».

Or, de quel droit à l’oubli parle-t-on ? Monsieur Tonnelier n’est pas, contrairement à ce qu’il tente de faire croire, un jeune homme qui s’est brièvement égaré dans les méandres de l’extrême droite avant de prendre conscience de son erreur. Loin d’être un simple électeur du FN, il est actif au sein de l’extrême droite francophone depuis 1998, et, contrairement à ce qu’il prétend, ne lui a jamais tourné le dos : lors des élections de juin dernier, il a participé activement à la campagne du FN de Patrick Cocriamont (celui qui prêta serment en 1994 en faisant le salut nazi) et de Michel Delacroix (celui de « Ma petite juive est à Dachau »). Qui plus est, il a été condamné en 2006 à sept ans d’inéligibilité pour incitation à la haine, à la discrimination et à la ségrégation raciales.

 

Je maintiens donc que :

un électeur du FN, du VB ou d’un quelconque autre parti d’extrême droite a évidemment le droit de travailler. Et il y a certainement, dans tous les milieux professionnels, des racistes, des révisionnistes, des islamistes, bref des extrémistes de tout poil. Tant qu’ils n’enfreignent aucun règlement professionnel, l’Etat n’a pas à se faire juge des consciences. Nous sommes en démocratie, pas en dictature.

Il est cependant évident que, lors de toute recherche d’emploi, notre curriculum vitae peut jouer en notre faveur ou en notre défaveur. Il ne faut d’ailleurs pas nécessairement être d’extrême droite pour en avoir fait l’expérience: cela vaut pour toute activité publique.

Pour ce qui est de la fonction publique – je rappelle que ma position sur le voile, sur laquelle Mr Tonnelier fonde son parallèle, ne vise que les écoles et la fonction publique -, j’estime qu’il est souhaitable que les fonctionnaires publics s’abstiennent d’afficher ou d’exprimer leurs préférences politiques ou religieuses dans l’exercice de leurs fonctions. Et je ne soupçonne pas Mr Tonnelier de vouloir aller travailler en uniforme SS.

En revanche, certaines professions exigent par exemple un casier judicaire vierge, ce qui n’est pas le cas de Monsieur Tonnelier.

 

En tout état de cause, si Monsieur Tonnelier rencontre des difficultés pour trouver un emploi, la faute ne me paraît pas en incomber à RésistanceS, mais à son obstination à poursuivre des activités publiques au sein de l’extrême droite tout en prétendant avoir viré sa cuti. Tant que Monsieur Tonnelier fera partie de l’actualité politique et judicaire, il sera normal que son nom apparaisse dans les médias. Il serait temps que, plutôt que de jouer la victime innocente d’un obscur complot, Monsieur Tonnelier assume la responsabilité de ses engagements passés et actuels.

http://www.youtube.com/watch?v=aijIdkRXCuY

http://www.resistances.be/tonnelier05.html

http://www.diversite.be/index.php?action=artikel_detail&artikel=218&select_page=215

http://www.resistances.be/fnlafin10.html