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Agenda

Le 6 mars 2013: conférence à Virton à 20h sur le thème "Lutter contre l'islamisme, est-ce faire le lit de l'extrême droite ?" A la salle « Nos Loisirs », rue Léon Colleaux à Saint-Mard (Virton). Participation aux frais : adultes : 3 euros ? étudiants : 1 euro. Renseignements: 063/57 93 55

Le 7 mars 2013: séance de signatures de "La neutralité n'est pas neutre !" à la Foire du Livre de Bruxelles, de 17 à 18h, sur le stand La Muette/Interforum.

Le 8 mars 2013 à 20h: Journée internationale des droits des femmes à Neupré. "Femmes des années 2000: Anne-Joëlle Philippart, Nadia Geerts et Natacha Kowalski". "La soirée sera colorée musicalement par le récital "Portraits de Femmes", kaléidoscope lyrique autour des grandes figures amoureuses et romantiques de l'Opéra et de la mélodie..."

Le 20 mars 2013 à 19h : Conférence-débat "L'égalité hommes-femmes au regard de la laïcité de l'Etat", organisée par les Femmes MR de Schaerbeek. Intervenants: Nadia Geerts, (auteure, initiatrice du R.A.P.P.E.L, professeur de philosophie); Viviane Teitelbaum (auteure, députée MR, Présidente du Conseil des Femmes, licenciée en journalisme et relations internationales); Georges Verzin (chef de groupe MR au conseil communal de Schaerbeek, licencié en sciences politiques, diplomatiques et financières, également actif au sein du R.AP.P.E.L.).  Au Centre culturel de Schaerbeek, rue de Locht 91-93 à 1030 Schaerbeek.

Le 23 mars 2013 à 11h30, conférence et vin philo sur le thème "Liberté et transgression", dans le cadre du Festival Philo Escales à la Ferme du Biéreau, Louvain-la-Neuve. Plus d'infos sur http://www.escales.be/LIBERTE-ET-TRANSGRESSION-par-Nadia-Geerts-Conference-Vin-philo_a74.html

Texte Libre

Féminisme

Jeudi 25 avril 2013 4 25 /04 /Avr /2013 11:52

Après le coup d’éclat de quatre activistes Femen à l’ULB, surgissant seins nus et aspergeant d’eau Monseigneur Léonard venu débattre avec Guy Haarscher de la liberté d’expression, le débat fait rage sur ce nouveau visage du féminisme. Peut-on, lorsqu’on est une femme, utiliser son corps pour dénoncer le sexisme ? N’est-ce pas sacrifier à ce qu’on dénonce ?

Et si la vraie question n’était pas là ?

 

Dans notre société, le culte de l’image, et par conséquence du corps et de la plastique parfaite, règne en maître. Et sans doute est-ce encore plus vrai pour les femmes, sommées d’être jeunes, belles, grandes et minces. Et si possible en petite tenue, que ce soit pour nous vendre des yaourts ou des bagnoles.

Nombre de féministes semblent donc embarrassés – non, je ne me résoudrai jamais à mettre le mot « féministe » au féminin ! – à la vue de ces femmes jeunes exhibant leur poitrine en même temps que des slogans : quoi, c’est ça, le nouveau féminisme ? C’est donner aux médias ce qu’ils attendent, à savoir des femmes aux tétons à l’air ?

Personnellement, je dis : pourquoi pas ? Et davantage qu’une vile concession, j’y vois un habile détournement : vous voulez des seins à l’air, soit. On va vous les donner. Mais auparavant, on  les aura barbouillés d’inscriptions provocatrices, et malgré nos seins nus, on ne se tiendra pas au rôle que vous, médias, nous assignez trop souvent. Nous serons des femmes aux seins nus, certes, mais ni alanguies, ni offertes, ni mêmes désirables. Nous irons sur votre terrain, mais en apparence seulement, pour mieux vous amener ensuite sur le nôtre.

Ce qui me gêne en revanche, c’est le principe qui consiste à s’en prendre physiquement, même de manière soft, à quelqu’un venu pour débattre. Même si la comparaison entre le mémorable Burqa blabla et l’action des Femen a ses limites, dès lors qu’ici, le débat a pu se poursuivre, il n’en reste pas moins qu’un intervenant a été physiquement pris à partie, et ce sans que le recours à cette forme de violence (très symbolique, bien sûr, mais néanmoins réelle) ne soit à mes yeux justifiable : en effet, en Belgique, et avec des gens comme Monsieur Léonard, le débat est possible, sans que nul régime autoritaire ne soit là pour l’empêcher.

Dans un contexte pareil, les mots continuent de me paraître la meilleure arme, et je dirais même la seule arme qui vaille. Sans compter l’effet pervers pointé par de nombreux observateurs : l’action de l’ULB, c’est l’arroseur arrosé : le capital de sympathie, c’est l’arrosé qui le recueille, et l’homophobie réelle de ce dernier en est éclipsée.

Comme l’écrit Caroline Fourest sur son mur Facebook : « autant je trouve les FEMEN très courageuses et efficaces lorsqu’elles foncent seins nus sur des personnages sexistes et intouchables comme Poutine, Berlusconi ou le patriarche Kirill, autant le jet d'eau (fût-elle faussement bénite) envers quelqu'un venu débattre relève de l'agression physique contre-performante. Tout comme la tarte à la crème, qui ne m’a jamais fait rire. Même envers un personnage symbolisant l'incitation à la haine homophobe comme monseigneur Léonard, et même s'il n'avait sans doute pas besoin que l'ULB lui donne une tribune supplémentaire. ».

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Mercredi 8 décembre 2010 3 08 /12 /Déc /2010 13:46

Les rencontres de la laïcité, de l'égalité et de la mixité : Les nouveaux enjeux du féminisme!

fraternités 2010

 

Avec la participation de :


- Wassyla TAMZALI (Algérie), essayiste, ex-directrice des droits des femmes à l’UNESCO, membre fondateur du Collectif Maghreb Égalité « Critique féministe du postcolonialisme et du discours européen sur l’islam »
- Djemila BENHABIB (Québec), auteure de Ma vie à contre Coran « Le féminisme face à l’islam politique »
- Nina SANKARI (Pologne), militante féministe et laïque, présidente de l’Initiative Féministe Européenne en Pologne « Fondamentalismes religieux et droits reproductifs des femmes en Europe. Contexte polonais ».

 

 

Vendredi 10 décembre 2010 à 20h00

P.A.F. Adultes 5.00 €, Étudiants/Chômeurs 3.00 €

Où : CENTRE COMMUNAUTAIRE LAÏC JUIF (CCLJ), 52 RUE DE L'HÔTEL DES MONNAIES À 1060 SAINT-GILLES

Quand : 10/12/2010 à 20:00

Informations et réservations : INDISPENSABLE : 02/543.02.70 ou info@cclj.be

 

Une initiative du Centre Communautaire Laïc Juif (CCLJ), du Comité belge Ni Putes Ni Soumises et du Réseau d'Action pour la Promotion d'un Etat Laïque (RAPPEL), réalisée dans le cadre du Parcours de la Diversité de Saint-Gilles.

 
Sous le Haut Patronage de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Avec le soutien de la COCOF et du Service de l'Education Permanente de la Communauté française.
 
En partenariat avec le Centre d'Action Laïque (CAL) et le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB).
Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Mercredi 17 novembre 2010 3 17 /11 /Nov /2010 13:09

 

Le monde est bizarre. Pour beaucoup de femmes de ma génération, le pantalon est un symbole de l'émancipation féminine: finie l'obligation d'être coquettes, « féminines », en portant des jupes et des robes qui entravent le mouvement, empêchent de courir, ne protègent guère du froid en hiver, mais plaisent à ces messieurs... Désormais, les femmes peuvent, comme les hommes, porter des vêtements pratiques, et pas seulement esthétiques. Et pas seulement, comme le prévoyaient encore deux circulaires préfectorales françaises (en 1892 et 1909) si elles tiennent par la main un guidon de vélo ou les rênes d'un cheval...

Alors d'où vient qu'aujourd'hui, le Mouvement Ni Putes Ni Soumises lance une action « Le 25 novembre, toutes en Jupe ! »1 ? Pourquoi devrions-nous, nous les femmes, renouer le temps d'une journée avec cette jupe qui, pendant tant de siècles, nous a enfermées dans un rôle déterminé ?

 

Tout simplement parce que les choses ont changé. La situation décrite par le film bouleversant « La journée de la jupe » n'est hélas pas une fiction: dans certaines écoles, dans certains quartiers, les filles dissimulent aujourd'hui leur corps dans des vêtements de sport informes, renoncent à toute féminité, non pas par choix, mais pour acheter la paix: pour ne pas être considérées et traitées comme des filles faciles. Aux yeux de certains mâles humains, aujourd'hui, porter une jupe est ipso facto synonyme d'invite sexuelle. La jupe est devenue, par un curieux retournement, synonyme d'émancipation, et émancipation est devenue synonyme de légèreté des moeurs et de non-respectabilité.

Autrement dit, porter une jupe aujourd'hui est devenu un acte politique, exactement comme porter un pantalon a pu l'être pour des pionnières telles que Marlène Dietrich ou Katharine Hepburn dans les années 30.

 

C'est pour cette raison que toutes les femmes attachées aux valeurs d'égalité, de mixité et d'émancipation devraient porter une jupe ce 25 novembre. Non pour plaire aux hommes ni pour les provoquer. Mais simplement pour réaffirmer le droit des femmes de s'habiller comme elles le veulent. Leur droit, aussi, au respect inconditionnel, en tant qu'êtres humains, et non parce qu'elles portent sur elles le signe de leur respectabilité. Face à la recrudescence des obscurantismes de tout poil, il importe de ne pas céder à la pression machiste: ce sont les hommes qu'il faut éduquer à respecter les femmes, et non les femmes qu'il faut éduquer à être respectables.

 


1Voici le texte complet de l'appel:


 

Partout en France, en Belgique, en Russie, en Espagne, en Suisse, en Grèce, en Allemagne, en Italie, au Québec et aux Etats Unis !

 

Lorsque je suis en jupe, je remarque, oui, que les hommes me regardent. Lorsque je suis en jupe, je me sens femme, oui, aussi dans mon propre regard. Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, tentent d’en faire de même, elles se font traiter de putes. Elles bravent l'interdit en arborant trop de liberté et de féminité.

C’est de là qu’est venue l’idée de se servir des jupes comme un symbole de notre mouvement. Le 25 novembre donc, j...ournée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, j’appelle toutes les françaises à porter une jupe, qu’elle soit crayon, porte feuille, mini, bouffante, plissée…comme un acte de soutien à toutes celles qui subissent le fait d’être née femme.

Aussi, ce même jour, Ni Putes Ni Soumises organisera « Toutes en Jupes », une vente aux enchères de jupes de femmes célèbres, qui ont décidé de soutenir notre combat pour les femmes. Les fonds récoltés à l’occasion de cette vente serviront à financer des « appartements-relais », projet de Ni Putes Ni Soumises et de l’association Aurore, un acteur social reconnu. Dans la continuité, des photos de filles des quartiers portant les dites jupes seront exposées et mises en vente.

J’attends que les valeurs de Ni Putes Ni Soumises de métissage et de mixité empreignent le Palais de Tokyo le soir du 25 novembre, et que cette soirée soit un bel hommage à toutes celles qui se battent, en France et ailleurs, contre les pressions de toutes sortes.

Sihem HABCHI
Présidente de Ni Putes Ni Soumises

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 15:47

J’ai écrit cet article par amour. Par amour pour mes sœurs iraniennes dont la toute grande majorité mène une lutte acharnée pour faire proscrire le port obligatoire du voile en Iran. Et par amour pour mes sœurs musulmanes dont une minorité, en occident, de son propre gré, cache sa magnifique chevelure sous un morceau de tissu. Je vous aime mais je ne vous comprends pas, exactement comme j'ai du mal à comprendre certaines de mes sœurs occidentales qui se font piéger par les dictats imaginaires de la mode et qui ont recours par exemple à la chirurgie esthétique, alors qu'elles sont fabuleusement femmes.

J’ai écrit cet article aussi par pur égoïsme, pour pouvoir comprendre le phénomène du voile qui a pris de l’ampleur en Belgique dans nos rues et nos villes depuis une dizaine d’années. Que s’est-il passé ? Pourquoi maintenant ? Comment en sommes nous arrivés là ? Qu’avons nous fait pour l’intégration, l’épanouissement et le sentiment d'appartenance et de bien-être l’ensemble de notre population ? Que pouvons nous faire désormais pour respecter l’identité de chacun tout en développant l’harmonie de l’ensemble de notre société?

 

Le dialogue est donc ouvert et je serais heureuse de recevoir vos commentaires à cette adresse email :  bonjour.freedom@gmail.com

 


Photos de deux "institutions" belges :

Melting Pot Café (Bruxelles), symbole d'une Belgique multiculturelle et bon enfant

Parc de Tervuren (Flandre), symbole des espaces verts et d'une sérénité négociée


Le voile : protection ou instrumentalisation des femmes ?

 

 

Hier soir, je suis allée au cinéma voir un documentaire sur l’Iran. J’ai pris la parole lors du débat qui a suivi, mais comme il n’y avait pas suffisamment de temps, je n’ai pas pu exprimer le fond de ma pensée. Je me suis dit que je pourrais écrire un article en espérant qu’il susciterait  une discussion enrichissante pour notre société multiculturelle et un dialogue permettant à l’unité dans la diversité d’y prendre véritablement corps.

 

D’abord, j’ai formulé une remarque critique concernant le début du film où on explique les raisons de la révolution iranienne et où, à mon grand étonnement, j’entends la même ritournelle d’inepties que je ne cesse d’entendre depuis 30 ans : que le peuple iranien s’est révolté parce qu’il ne pouvait pas supporter la modernisation ! Je me suis tant d’années sentie insultée parce qu’on traitait ainsi les Iraniens –donc moi y compris- d’attardés et d’arriérés, alors que si le peuple iranien s’est révolté, c’est exactement parce que cette modernisation ne s’était pas étendue à toute la population, à toutes les régions, et que la manne pétrolière n’avait pas été distribuée de façon équitable sur l’ensemble du pays, et bien sûr également parce qu’il n’y avait pas de démocratie et entre autres pas de liberté d’expression en Iran.

 

Ensuite, j’ai voulu m’attarder sur cette question d’actualité chez nous : le voile à l’école. Et à cet égard j’aimerais, à travers cet article, faire part de deux avertissements adressés à mes amis belges ainsi qu’à mes frères et sœurs musulmans.

 

En Iran, il y a près de 30 ans, c’est bien avec le voile que les choses ont commencé pour  aboutir après peu à la lapidation. En 1979, lors de la révolution, les gens de gauche comme de droite ont voulu utiliser la religion pour soulever les masses mais les intégristes ont été nettement plus subtils et les ont tous écartés du pouvoir avant de les éliminer.

 

Voulons-nous que la même chose nous arrive ici ? Moi je mène une vie sereine et heureuse en Belgique et je ne souhaite nullement qu’elle se transforme en dictature à l’iranienne : régime que je ne qualifierais ni de république ni d’islamique, non seulement parce que la juxtaposition de ces deux termes relève d’une impossibilité sémantique et qu’ils sont antinomiques, dès lors qu’une république est par définition laïque et un lieu où on ne mêle pas religion et politique, mais surtout : comment peut-on qualifier un régime d’islamique alors que dans ses prisons, les gardiens violent impunément des filles et des garçons pour seul motif de participation à des manifestations pacifiques dans la rue ?

 

Voilà entre autres pourquoi nous, les Iraniens expatriés, essayons de déloger l’intégrisme de l’Iran et voilà pourquoi nous constatons avec consternation qu’en Europe, on le laisse s’installer sans la moindre entrave ! J’en appelle instamment aux instances belges et aux autorités musulmanes pour qu’elles nous aident, par des voies diplomatiques et pacifiques, non seulement à déraciner cette plaie qu’est l’intégrisme en Iran -une souffrance incommensurable pour le peuple iranien et une telle honte pour l’Islam-  mais qu’elles entreprennent des démarches résolues, main dans la main, afin de l’empêcher de se glisser sous nos portes et de subvertir nos vies en occident.

 

Je pense qu’il est temps que les partis politiques et les autorités belges et européennes cessent leurs mièvreries et tergiversations stériles, qu’ils montrent leur courage et leur détermination et stoppent net toute velléité d’extrémisme de façon unanime et d’une seule voix.

 

S’il est vrai que le Front National n’est plus présent au Parlement bruxellois, il n’en reste pas moins que le Vlaams Belang y a encore des sièges et qu’il ne cesse de gagner du terrain en Flandre. Si les autorités belges ne prennent pas leurs responsabilités MAINTENANT, tout un pan de la société belge qui avait quelque hésitation devant son bulletin de vote basculera vers l’extrême droite lors des prochaines élections : est-ce cela que nous voulons ?

 

L’éducation religieuse que j’ai reçue m’a enseigné que toutes les religions avaient pour but de rappeler à l’être humain les valeurs essentielles que sont l’amour, la compassion, la solidarité, le partage, la charité, la bonté… J’ai ainsi appris à respecter tous les éducateurs spirituels car ils ont tous eu pour objectif d’aider l’être humain dans sa quête du bonheur. J’aimerais dès lors que nous revenions tous à ces valeurs universelles et humanistes et que nous tentions de les ancrer davantage dans notre société, pour le bien de tous.

 

Mes chers frères et sœurs musulmans, comment pouvez-vous croire que c’est pour notre bien et par amour pour nous les femmes que les intégristes veulent s’installer en occident, alors que c’est en fait par pure ambition et pour avoir plus de pouvoir qu’ils essayent d’abuser de notre confiance? Ce n’est pas nous les femmes orientales qu’ils veulent protéger et aider pour que nous ayons une vie spirituelle et intérieure plus riche et que nous soyons aimées davantage, comme ils le prétendent, mais c’est pour exporter en occident le genre d’idéologie ancrée dans le pouvoir actuellement en Iran. Ils nous utilisent, ils nous instrumentalisent vous et moi uniquement pour leurs propres intérêts et nous ne sommes que des pions dans leur jeu sordide d’exacerbation des crispations identitaires. Pourquoi n’ouvrons-nous pas les yeux pour voir les dégâts que ces dérapages ont provoqué au sein de la société iranienne ? Croyez-vous que tant de jeunes seraient sortis dans la rue, au péril de leur vie, s’ils n’avaient pas été au bord de l’asphyxie? Tout ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir mener une vie libre, sans entrave et sans contrôle policier à toute heure et minute du jour  et de la nuit. Si nous continuons à nous voiler la face et à nous laisser manipuler par ces intégristes qui nous font croire que c’est pour notre propre bien qu’ils comptent nous asservir   -exactement ce qui est dit dans tout discours fascisant- le risque est de provoquer des réactions de rejet massif au sein de la population belge à notre égard, d’alimenter fortement l’extrême droite et de l’aider, malgré nous, à prendre le pouvoir en Belgique. Et dans une telle configuration, vous comme moi, mes chères sœurs belges et/ou musulmanes, nous allons toutes nous retrouver reléguées à la cuisine et aux tâches ménagères ! Et notre avenir à tous  -hommes comme femmes, Belges de souche ou de troisième génération, musulmans, chrétiens ou athées, de gauche comme de droite, écolos ou libéraux- sera plus qu’incertain et voué aux ténèbres.

 

Nous les femmes ne devons pas nous laisser sacrifier sur l’autel des ambitions des autres. NON. Nous devons penser à nous et défendre ce qui nous permet de nous épanouir pleinement, à savoir : la liberté et la démocratie. Nous devons renvoyer dos à dos l’intégrisme religieux et l’extrémisme de droite, l’obscurantisme et l’obscurité. Aurions-nous si vite oublié l’inquisition au Moyen Âge ou les dérives du national socialisme au 20ème siècle ? Est-ce cela que nous voulons pour nos familles et nos enfants ? Est-ce ainsi que nous voulons protéger nos filles et nos petites-filles ?

 

Je proposerais dès lors à tous de bien réfléchir et surtout de revenir aux valeurs premières qui sont partagées par tous, notamment la compréhension de l’autre et donc de la société belge dans laquelle nous vivons en bonne entente et des valeurs laïques qui la gouvernent.

 

Oui, revenons donc à l’essentiel et essayons de nous enraciner dans plus d’amour, de compréhension et de bonté. Il en va de notre bonheur à tous, du vôtre comme du mien, ainsi que de celui de toutes les personnes de notre entourage, nos amis et nos familles.

 

Azita Rahimpoor

Bruxelles, le 20 septembre 2009

bonjour.freedom@gmail.com

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 19:18

J’ai été interpelée par une (presque) pleine page du Soir d’hier consacrée à « Ce burkini qui fait des vagues ». Dans cet article, outre un petit topo de la situation – l’histoire récente de cette musulmane convertie de 35 ans qui s’est vu refuser l’accès à la piscine d’Emerainville parce qu’elle y portait un burkini -, des interviews orientées dans un seul sens : celui du « compromis intéressant » (Chris Paulis) auxquels seul un « climat islamophobe » (Isabelle Praille, de l’Exécutif Musulman de Belgique) peut s’opposer. Une manière de poser le débat d’une manière qui me paraît problématique.

 

Que ce soit dans les débats sur le voile (à l’école, au parlement), sur la burqa ou sur le burkini, toujours les débats se polarisent autour de la question de la liberté et de l’émancipation individuelles. Et certes, on peut considérer comme un progrès que des femmes qui auparavant étaient cloîtrées chez elles sortent désormais en rue, fut-ce en burqa ; que des femmes qui ne connaissaient pas les plaisirs de la baignade aillent désormais à la piscine, fut-ce en burkini ; que des femmes accèdent à des fonctions représentatives, fut-ce dûment voilées.

En vertu de ce prisme, s’opposer à cela revient à être d’emblée suspect de préférer des femmes cloîtrées et soumises à des femmes qui auraient trouvé des moyens qui leurs sont propres d’accéder progressivement à l’émancipation. Bref, nous serions, consciemment ou non, les empêcheurs de s’émanciper en rond, prisonniers du carcan de nos préjugés et autres valeurs dites occidentales.

 

À cette manière de considérer les choses d’un point de vue strictement individuel (l’intérêt immédiat de telle ou telle femme), j’aimerais non en substituer, mais en ajouter une autre, plus sociétale. Non sans remarquer au passage ce qu’il y a de piquant à ce qu’aujourd’hui, ce soient certains tenants de la gauche qui se revendiquent de cette posture individualiste, très éloignée des options traditionnelles d’une (extrême) gauche qui a longtemps fait prévaloir le collectif sur le particulier.

D’un point de vue social, il me semble en effet que le risque majeur que nous font courir le voile, la burqa ou le burkini est celui d’un retour au rigorisme moral dont les combats féministes nous avaient peu à peu libérés. Qu’on le veuille ou non, les femmes qui les portent véhiculent une certaine conception de la pudeur féminine et des rapports entre les sexes, qui fait porter sur la femme la responsabilité pleine et entière de sa respectabilité.

 

Je n’ai pas peur de le dire : je considère comme un progrès réjouissant le fait qu’hommes et femmes puissent se retrouver dans un bassin de natation, en maillot de bain de plus en plus minimaliste, sans que les hommes n’y considèrent ces femmes en petite tenue comme des proies. Je ne sache pas que les plages naturistes soient des lieux de débauche, même si hommes et femmes y déambulent en tenue d’Adam ou d’Eve.

Et si demain des revendications devaient poindre, allant dans le sens d’une encore plus grande liberté des corps, je m’en réjouirais pareillement, exactement de la même manière que j’ai considéré comme une avancée le fait que les femmes puissent enlever le haut sur les plages.

Tout cela, en effet, participe d’un rapport au corps de plus en plus décomplexé et déculpabilisé, ou notre enveloppe charnelle cesse enfin d’être hypersexualisée – je m’empresse d’ajouter que ceci ne vaut pas, évidemment et malheureusement, pour les débilitantes publicités pour yaourts ou voitures, ou le corps féminin reste désespérément instrumentalisé.

 

Ce rapport au corps désinhibé, l’école joue un grand rôle dans sa transmission. Mais que ferons-nous, demain, lorsque des fillettes prétendront porter le burkini pour les séances de piscine scolaire ? Nous réjouirons-nous de ce qu’au moins, elles fréquentent la piscine (sans nous étonner que, dans la même foulée, leurs parents refusent les cours d’éducation affective et sexuelle) ? Ou prendrons-nous conscience de ce que nous venons de perdre là un combat essentiel : celui qui veut qu’à l’école au moins, garçons et filles soient égaux et que nul ne les assigne à des rôles sexuels qui ne sont pas de leur âge ?

 

Curieux paradoxe : alors que les tenants d’un islam radical fustigent souvent la dissolution des mœurs occidentales, n’est-ce pas eux qui sexualisent le corps, y compris celui des enfants, à outrance ? En couvrant une gamine d’un voile ou d’une burqa, que font-ils d’autre que lui enseigner qu’elle est une femme, une tentatrice qui doit se protéger de la concupiscence masculine… même s’il elle n’a que cinq ans ? Y a-t-il attitude plus perverse, plus dépravée, que celle qui consiste à considérer des corps de gamines impubères comme des corps sexués et sexuellement attractifs ?

 

On me dira que je m’égare, que mon « islamophobie » galopante me fait passer, sans même en être consciente, d’une problématique qui concerne des femmes adultes à une autre, qui touche les enfants.

Je ne m’égare pas, je m’inquiète. Car à force d’accepter le retour de ce rigorisme moral chez des femmes adultes, au nom de la sacro-sainte liberté individuelle, n’allons-nous pas nous trouver bien démunis lorsqu’il s’agira d’éduquer nos enfants à l’égalité hommes-femmes et à la mixité ? Quels arguments trouverons-nous demain face à une gamine prétendant se baigner en burkini, pour lui imposer le port du maillot ? Une fois de plus, nous serons taxés de colonialisme, d’occidentalocentrisme et d’intolérance parce que nous nous accrochons à ce fichu maillot de bain, au mépris de la relativité des codes relatifs à la pudeur.

Alors oui, les relativistes ont raison : tout est relatif. Dans tel pays, on considère comme indécent de montrer ses pieds, dans tel autre sa chevelure, dans tel autre ses seins. Faut-il alors renoncer à toute norme ? Et si nous le faisons, ne risquons-nous pas, outre de voir revenir au galop le rigorisme moral dont les femmes ont toujours été les premières victimes, de laisser bien seules et désemparées les femmes, et surtout les fillettes, qui espéraient trouver ici une liberté, notamment de disposer librement de leur corps, et qui se verront contraintes de batailler pour faire ce que nous faisions tout naturellement : sortir en rue les cheveux au vent et se baigner en bikini (voire moins si affinités) ?

Je pose la question.

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 14:55

La dernière livraison de la newsletter française Riposte laïque nous apprend qu’une députée UMP demande le remboursement de la circoncision rituelle par la sécurité sociale (http://www.ripostelaique.com/Circoncision-une-deputee-UMP-veut.html).

Et certes, je ne vois personnellement pas au nom de quoi la sécurité sociale, financée par tous les citoyens, rembourserait une intervention qui n’a comme seule justification qu’un motif religieux ou culturel. A fortiori lorsque cette intervention consiste à amputer le corps d’un très jeune enfant sans son consentement. Il me semble que de toute évidence, la circoncision contrevient au droit à l’intégrité physique dont tout enfant devrait jouir, avant qu’il soit en âge de décider, par lui-même, de se faire trouer le sourcil, percer le nombril, tatouer le biceps ou couper l’extrémité du prépuce.

 

Pour autant, je n’en suis pas moins choquée par la manie de certains de mettre sur le même pied circoncision et excision. Ainsi, le même article de Riposte laïque dénonce le fait que « Dans les rangs des bien-pensants de gauche comme de droite, il n’est pas politiquement correct de dire que la circoncision est une mutilation. Il ne faut surtout pas mettre en parallèle la circoncision et l’excision. »

De la même manière, l’ineffable Rachid Zegzaoui pose une question du même type, lorsqu’il conclut un article (http://rachid-zz.skynetblogs.be/post/6686467/excision-et-autres-mutilations-en-question) par : Alors, dites-moi donc, mesdames et messieurs les sensibilisés et sensibilisateurs : pourquoi la mutilation (génitale) masculine n’est-elle pas dénoncée, condamnée, combattue au même titre que celle infligée, par une société outrageusement patriarcale dit-on, aux femmes ??? Expliquez moi ça ??? J’aimerais comprendre pourquoi le sexe masculin ne bénéficie-t-il pas de la même attention que le sexe féminin ??? Ca m'intéresse !!!”

 

Or, il me semble que cette question témoigne d’une ignorance fondamentale de la différence entre le prépuce et le clitoris. A la différence du prépuce, le clitoris est un organe largement inervé qui joue un rôle majeur dans le plaisir féminin. Autrement dit, en coupant au garçon le bout de son prépuce, on ne le prive aucunement d’un quelconque accès futur au plaisir, tandis qu’on prive irrémédiablement la future femme de ce même plaisir. Ce qui est d’ailleurs probablement le but ultime de l’excision : s’attacher la femme en maîtrisant son corps.

Rien de tel dans la circoncision, qui ne témoigne aucunement d’un désir de contrôle par les femmes du corps, de la sexualité et du plaisir de leur (futur) époux.

 

Entendons-nous bien : je ne suis pas favorable à la circoncision, excepté bien sûr lorsqu’elle se justifie pour raisons médicales. Et je suis encore moins favorable à ce que la sécurité sociale rembourse une quelconque intervention motivée exclusivement par les convictions religieuses ou les pratiques culturelles. Mais il ne faudrait pas, sous prétexte d’égalitarisme, en venir à considérer circoncision et excision comme des phénomènes comparables sur le plan de leurs conséquences. Ce qui pourrait avoir pour effet désastreux la banalisation de l’excision, réduite au statut de « circoncision féminine » sans plus.  

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 15:33

Le 1er avril 2008, le tribunal de Lille annulait un mariage entre deux musulmans, au motif que la mariée avait menti sur sa virginité (voir http://nadiageerts.over-blog.com/article-20068388.html). Cette décision, qui n’avait rien d’un poisson d’avril, avait suscité une vague de protestations bien compréhensible. Le tribunal de Douai vient de casser ce jugement.

L’avocat de l’époux, Xavier Labbée, estime cet arrêt « très inquiétant », et juge que « nos libertés individuelles (étaient) gravement menacées ». Il dénonce « une intrusion de la notion de laïcité dans la vie de famille en ce qu’elle a de plus intime ».

 

Il me parait pour le moins curieux que l’on puisse estimer ses libertés individuelles menacées dès lors qu’on ne peut répudier – le terme est fort, mais s’agit-il au fond d’autre chose ? – une femme au motif qu’elle n’est pas vierge au soir de ses noces. Que nous dit le mari, au fond, si ce n’est : « Ma liberté individuelle consiste à exiger et à obtenir que ma femme soit vierge le jour du mariage ».

J’aurais aimé entendre l’avocat du mari disserter sur les menaces graves que l’attitude de son client fait peser sur les libertés individuelles de la femme. Qu’en est-il du respect de la vie privée et de celui de l’intimité, dès lors qu’une femme peut être grossièrement éconduite parce qu’elle n’a pas dûment souillé le drap nuptial ? Et que dire de l’iniquité fondamentale de ses exigences, dès lors qu’aucun homme ne sera jamais sommé – et pour cause – d’exhiber sa virginité au soir de ses noces ?

 

Quant à l’ « intrusion de la notion de laïcité dans la vie de famille en ce qu’elle a de plus intime », là encore, voilà une bien curieuse accusation, dès lors que c’est le mari lui-même qui a jeté en pâture aux tribunaux la non virginité de son épouse en invoquant le mensonge de celle-ci sur ses « qualités essentielles ». Libre à lui de considérer la femme comme un vulgaire kleenex qu’il ne nous viendrait pas à l’esprit d’utiliser en seconde main, mais les tribunaux sont-ils obligés de suivre cette argumentation machiste et qui plus est terriblement insultante pour la jeune femme qu’il avait choisi d’épouser ?

Qui plus est, si on le suit jusqu’au bout, cela signifierait que la sphère familiale est sacro-sainte et que nulle loi ne peut prétendre la régenter. Or, si le respect de la sphère privée est bien évidemment un fondement de tout Etat de droit, il est tout aussi évident que, dès lors que le mariage est une institution étatique, il constitue un contrat qui nécessite le respect d’un minimum de règles, tout comme son annulation.

Non, on ne peut pas épouser un(e) mineur(e). Pas plus qu’on ne peut prendre plusieurs épouses à la fois. S’agit-il là encore d’une intrusion inacceptable dans la vie de famille ?

Au fond, ce que ce monsieur nous dit, c’est qu’il est scandaleux que la justice ne l’autorise pas à jeter sa femme comme un vulgaire kleenex parce qu’elle n’est plus vierge.

 

Eh ben non. Le respect de la dignité humaine s’oppose à ce qu’on traite une femme de cette manière.  

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 19:39

« (…) le visage radieux, les yeux étincelants d’une lumière fascinante, qui captivaient le cœur, sa présence extraordinaire, même sur la photo. Son regard assuré et perçant crevait le papier, chargé d’une soif inaltérable de voir, de comprendre et de savoir, joignant l’innocence et l’expérience dans un même sourire ».

Ces quelques lignes, au chapitre 18, parlent de Zina. Et moi, je repense à Nawal.

« Nawal Zaynab El Sayed (El Saadawi) », précise la couverture. Cette grande dame, je l’ai rencontrée lors de la présentation de son dernier roman, « Zina, le roman volé », à Bruxelles, au Centre culturel arabe.
Une grande dame, vraiment, dont l’œil vif, rempli à la fois de vigilance et d’espièglerie, m’avait fascinée. Une dame qui voulait comprendre, assurément. Tout. Une dame qui écoutait avec une attention soutenue la lecture que faisait Sam Touzani de la version française de son roman, tentant d’en saisir des bribes.

Dans son roman, je retrouve cette impression diffuse que j’avais eue ce soir-là. Car c’est un superbe roman, résolument féministe, mais plus encore humaniste, et plus encore profondément humain. Un roman plein de poésie, aux accents oniriques souvent, qui raconte le long chemin vers l’émancipation d’une femme à la vie rangée mais à l’âme meurtrie. La société égyptienne n’en sort pas indemne, entre enfants des rues livrés à eux-mêmes et méprisés parce que sans père et perversités masculines dissimulées sous le voile de l'intégrisme religieux.

Plusieurs fois condamnée par les fondamentalistes religieux, figure de proue du féminisme dans les pays arabes, docteur honoris causa de l’Université libre de Bruxelles, Nawal El Saadawi nous présente ici un véritable hymne à la liberté et à la vie.

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 12:21

L’affaire fait grand bruit en France : un tribunal de Lille a annulé un mariage entre deux musulmans parce que l’épousée n’était pas vierge. Motif invoqué ? « Erreur sur les qualités essentielles du conjoint ». Pour l’avocat du mari, il s’agit d’un « vice dès le départ », l’époux ayant conclu ce mariage, comme l’a souligné le tribunal, « sous l’empire d’une erreur objective ».

Précisons d’emblée que si, pour l’époux en question, la virginité est réellement un élément déterminant, il était en effet préférable que le mariage soit rompu. On imagine en effet sans peine le calvaire de la jeune femme si elle avait dû poursuivre la vie commune avec un homme estimant qu’elle manquait d’une « qualité essentielle » pour être digne d’être son épouse.

On ne peut cependant qu’être interpelé par l’argument de l’avocat du mari, qui estime que, bien plus que la virginité, c’est la question du mensonge qui est au centre de cette affaire. Certes, mentir, ce n’est pas beau. Cependant, peut-on décemment comparer le mensonge sur sa vie sexuelle passée avec le fait d’avoir « caché quatre pages de casier judiciaire, le fait d'avoir déjà été plusieurs fois marié ou de s'être prostitué » ? La question centrale, autrement dit, me semble être celle de la réciprocité, domaine auquel la virginité échappe forcément. Le mariage, en tout cas dans un Etat de droit, se doit de reposer sur des engagements réciproques des époux. Il ne saurait donc être question que la femme, en l’occurrence, soit soumise à des obligations qui ne valent aucunement pour le mari. Or, ici, c’est bien de cela qu’il s’agit, ne serait-ce que parce que nulle femme ne pourra jamais démontrer que son mari n’était pas puceau au moment des épousailles. On peut d’ailleurs se demander si, dans l’hypothèse où son mari avouerait spontanément à une jeune épousée qu’elle n’est pas sa première partenaire sexuelle, l’épouse obtiendrait d’un tribunal l’annulation du mariage, au motif que son mari lui a menti sur ses « qualités essentielles ».

On touche là, on le voit, à la sacralisation culturelle de la virginité de la femme, à laquelle ne répond aucune exigence pour l’homme. Est-ce bien à un tribunal d’entériner une telle injustice ?

C’est bien en ce sens que je rejoins Elisabeth Badinter : «Je suis ulcérée par la décision du tribunal d'accepter de juger ça parce que la sexualité des femmes est une affaire privée et libre en France, absolument libre »(…). Elisabeth Badinter estime que «ça aboutit tout simplement à faire courir nombre de jeunes filles musulmanes dans les hôpitaux pour se faire refaire l'hymen. Et par conséquent au lieu pour un tribunal de défendre les femmes, de défendre ces jeunes femmes, au contraire il accentue la pression sur elles».
«Et je vous dis franchement, je pense à cette malheureuse jeune fille, humiliée, publiquement humiliée, revenant dans sa famille, ce qu'elle a dû vivre a dû être épouvantable. J'ai honte que la justice française n'ait pas pris à coeur de défendre toutes ces jeunes filles ».[1]

Se séparer d’un mari qui, manifestement, estime avoir uni son sort à un produit avarié, c’était de toute évidence la seule chose à faire. Au moins aurait-on peu attendre de la justice française qu’elle permette à cette jeune femme de rentrer chez elle la tête haute, comme la victime d’exigences d’un autre âge et non comme la coupable d’un manquement indigne.



[1] Libération, jeudi 29 mai 2008.

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Mercredi 26 mars 2008 3 26 /03 /Mars /2008 11:46

Lettre ouverte à ces hommes qui minaudent : « Madame ou Mademoiselle ? »

 

Sans doute croyez-vous faire preuve d’une exquise politesse en nous questionnant, lorsque vous nous adressez la parole : « Madame ou Mademoiselle ? ». Et peut-être pensez-vous plus courtois encore de nous décerner d’autorité un « Mademoiselle » tout empreint de galanterie, un brin désuète mais tellement charmante, où fleure bon le compliment sous-entendu : vous paraissez si jeune encore…

Et probablement beaucoup d’entre nous vous répondent-elles alors, dissimulant tout aussi courtoisement une pointe d’agacement, en déclinant leur état civil : Madame ou Mademoiselle.

Ne vous est-il jamais venu à l’esprit, cependant, que la question, pour innocente qu’elle paraisse, a quelque chose de désagréablement intrusif ? En quoi, en effet, serions-nous contraintes de révéler notre statut matrimonial au premier inconnu qui passe ? En quoi l’information est-elle pertinente ? S’agit-il de savoir si nous sommes « libres » ou pas ? Outre que ce serait ignorer qu’il est certainement des dames très disponibles et des demoiselles qui le sont fort peu – sans même évoquer ce que cette disponibilité a priori a de curieux, dès lors qu’elle fait l’impasse sur votre (absence de) séduction potentielle à nos yeux –, il y a là une manière fort désobligeante, si l’on veut bien y réfléchir un peu, de nous réduire à notre « qualité » d’objet de convoitise.

Aucun d’entre vous, je pense, n’aurait le culot de demander d’emblée à une femme qu’il rencontre si elle est mariée ou non : cela paraîtrait à juste titre une indiscrétion frisant la goujaterie. Pourtant, vous ne faites rien d’autre en vous enquérant très civilement : « Madame ou Mademoiselle ? ».

Que penseriez-vous si les femmes se mettaient demain à vous questionner : « Monsieur ou Damoiseau ? » alors que vous avez 25, 35 ou 45 ans ? Sans doute trouveriez-vous la question incongrue : vous êtes un homme, qu’on vous appelle donc Monsieur !

Qu’attendez-vous alors pour abandonner ce « Mademoiselle » aussi obsolète que machiste, qui réduit une femme à son état civil ? Appelez-nous donc « Madame » dès lors que nous sommes manifestement sorties de l’adolescence, exactement comme nous renonçons au « jeune homme » !

Et vous, Mesdames – mariées ou non – qui trouvez flatteur d’être appelées « Mademoiselle » alors que vous avez atteint, voire dépassé depuis longtemps la trentaine, réfléchissez à ce que cette tradition a de foncièrement machiste, sous ses dehors galants. Et la prochaine fois qu’on vous interrogera : « Madame ou Mademoiselle ? », rétorquez en souriant : « Monsieur ou Damoiseau ? ».

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : Féminisme
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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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