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Agenda

Le 6 mars 2013: conférence à Virton à 20h sur le thème "Lutter contre l'islamisme, est-ce faire le lit de l'extrême droite ?" A la salle « Nos Loisirs », rue Léon Colleaux à Saint-Mard (Virton). Participation aux frais : adultes : 3 euros ? étudiants : 1 euro. Renseignements: 063/57 93 55

Le 7 mars 2013: séance de signatures de "La neutralité n'est pas neutre !" à la Foire du Livre de Bruxelles, de 17 à 18h, sur le stand La Muette/Interforum.

Le 8 mars 2013 à 20h: Journée internationale des droits des femmes à Neupré. "Femmes des années 2000: Anne-Joëlle Philippart, Nadia Geerts et Natacha Kowalski". "La soirée sera colorée musicalement par le récital "Portraits de Femmes", kaléidoscope lyrique autour des grandes figures amoureuses et romantiques de l'Opéra et de la mélodie..."

Le 20 mars 2013 à 19h : Conférence-débat "L'égalité hommes-femmes au regard de la laïcité de l'Etat", organisée par les Femmes MR de Schaerbeek. Intervenants: Nadia Geerts, (auteure, initiatrice du R.A.P.P.E.L, professeur de philosophie); Viviane Teitelbaum (auteure, députée MR, Présidente du Conseil des Femmes, licenciée en journalisme et relations internationales); Georges Verzin (chef de groupe MR au conseil communal de Schaerbeek, licencié en sciences politiques, diplomatiques et financières, également actif au sein du R.AP.P.E.L.).  Au Centre culturel de Schaerbeek, rue de Locht 91-93 à 1030 Schaerbeek.

Le 23 mars 2013 à 11h30, conférence et vin philo sur le thème "Liberté et transgression", dans le cadre du Festival Philo Escales à la Ferme du Biéreau, Louvain-la-Neuve. Plus d'infos sur http://www.escales.be/LIBERTE-ET-TRANSGRESSION-par-Nadia-Geerts-Conference-Vin-philo_a74.html

Texte Libre

République

Jeudi 16 mai 2013 4 16 /05 /Mai /2013 12:28

Cette lettre ouverte a été publiée dans le Soir Magazine du 15 mai 2013.

 

Monsieur,

 

Vous me pardonnerez, j’espère, de passer les formalités d’usage. Vous êtes de Belgique, moi aussi. Vous êtes prince, mais qu’importe ? C’est à l’homme que je veux m’adresser, à celui dont on parle de plus en plus comme de notre futur roi.

Je ne vous connais pas et n’ai donc pas la prétention d’évaluer vos compétences en matière de gouvernance de l’Etat. D’ailleurs, cette lettre, j’aurais pu l’écrire à votre père, il y a vingt ans, tout comme je pourrais l’adresser à votre fille, dans vingt ans, si rien n’a changé d’ici là dans le mode de désignation du chef de l’Etat Belgique – ou de ce qu’il en reste.

Car reconnaissez-le, tout de même : la monarchie est singulièrement anachronique. Désuète. Obsolète. Périmée, en quelque sorte. Vous naissez d’un roi – attention, hein : d’une union légitime, avec mariage et tout et tout -, il se trouve que vous êtes le premier-né, et hop ! votre avenir est tout tracé : vous serez roi. Pas tout de suite, non. Vous aurez d’abord à tuer le temps pendant quelques décennies, d’une manière suffisamment digne pour justifier votre coquette dotation. Et puis un jour, ce sera à vous de monter sur le trône, sous les yeux ébahis,  circonspects, franchement hostiles ou fichtrement indifférents de quelques millions de personnes.

Au fil des années, vous acquerrez peu à peu un pouvoir. Une influence, dirait le constitutionnaliste de la Cour. Forcément : les ministres, les parlementaires, les « élus » passeront, mais vous resterez. Vous resterez non pas parce que vous faites fort bien votre boulot – ce qui est fort possible au demeurant -, mais parce qu’il n’est nullement prévu  que vous quittiez vos fonctions. Certes, vous serez critiqué, parfois même devra-t-on peut-être vous rappeler à l’ordre, car vous avez abusé de vos prérogatives ou enfreint votre sacro-sainte neutralité de roi « au-dessus de la mêlée ». Certains se désoleront de vous avoir pour roi, espéreront que votre fille aura une conception plus moderne de la fonction, regretteront la bonhommie de votre père, vous compareront à votre oncle, qui vous a paraît-il appris le métier de roi.

Qu’importe : vous resterez sur le trône. Parce que, à moins que vous ne décidiez vous-même que ça suffit, personne n’osera jamais provoquer une crise de régime en demandant votre abdication. Pensez donc : quelle tempête ce serait ! Quelle aubaine aussi, pour ceux qui veulent la fin de la Belgique et voient dans la monarchie le dernier rempart à franchir ! C’est pourquoi vous pourrez toujours compter sur le soutien de vos ministres : même s’ils se déclarent « républicains de cœur » en aparté, nul ne prendra le risque de déclencher une tourmente dont on ne sait ce qui en sortira : en fait, ce n’est jamais le moment.

Il existe pourtant quantité de pays dans lesquels, lorsque le chef de l’Etat se satisfait pas, on en change. Sans révolution. Sans crise de régime. Ca s’appelle la république. Et les fils de roi y sont libres, comme tout citoyen, de vivre leur vie comme ils l’entendent, loin des projecteurs. Ca ne vous tente pas ?

 

Nadia Geerts

 

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Vendredi 29 avril 2011 5 29 /04 /Avr /2011 19:21

Je participais ce midi au « Forum de midi » sur la Première (1). Thème obligé en ce jour de mariage princier : la monarchie. Du moins Fabienne Vande Meersche avait-elle tenu à s’éloigner radicalement du glamour et du people pour aborder la question de la légitimité de l’institution monarchique. À l’heure où l’on ne parle que de robe, baiser, voiture et autres tralalas, c’est une initiative à saluer comme il se doit.

 

Mais force est de constater qu’hormis cette émission radio – et l’agence de presse indépendante Parlemento -, aucun média n’a jugé utile de relayer le point de vue républicain. En tout cas dans le monde francophone. Car en Flandre, tant VTM que le Nieuwsblad, le Laatste Nieuws ou la VRT ont saisi l’occasion du mariage princier britannique pour donner la parole au président du Cercle républicain belge (http://www.crk.be/). Probablement cela s’explique-t-il, du moins partiellement, par la crainte actuelle, dans le monde francophone, que toute contestation de la monarchie ne renforce les tenants du séparatisme. Pourtant, on peut légitimement se demander si le roi détient un pouvoir suffisant pour empêcher la scission du pays – ce qui serait à mon humble avis en soi inquiétant.

Au-delà de cela, puisque c’est de monarchie britannique que tout le monde parle aujourd’hui, j’ai eu la désagréable impression de revivre le mariage de Philippe et Mathilde : même déchaînement médiatique, et surtout même unanimisme de façade : comme le peuple belge il y a onze ans, le peuple britannique tout entier serait en liesse aujourd’hui…

Et pourtant… Le Soir nous apprend que, selon le Guardian, non seulement 46% des Britanniques ne sont pas intéressés par ce mariage, mais encore que 32% estiment que la monarchie a perdu sa pertinence, et que 26% estiment même que le pays se porterait mieux sans elle. Ce dernier chiffre grimpe même à 37% pour la tranche des 19-24 ans.

Le républicanisme, autrement dit, est loin d’être marginal au Royaume-Uni. Quel média, pourtant, consacrera ne serait-ce que quelques lignes à l’Alliance of European Republican Movements (https://www.facebook.com/home.php?ref=home#!/republicanalliance), qui organisait aujourd’hui une street parade à Londres, en marge du mariage ? Les mouvements républicains de Belgique, du Danemark, des Pays-Bas, de Norvège, d’Ecosse, de Suède, d’Espagne et bien sûr du Royaume-Uni y étaient représentés, tout comme ils étaient déjà à Stockholm l’an dernier.

Parce que quelles que soient les tentatives de l’institution de se moderniser ou d’apparaître comme proche du citoyen, elle reste indécrottablement, viscéralement et principiellement anti-démocratique ; en parfaite contradiction avec l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, aussi, qui proclame que :

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

Ces évidences auront une fois encore été occultées par les fastes d’un mariage en grande pompe – et partiellement aux frais du contribuable britannique. Espérons que la raison finira par triompher. Pour que William, Kate, Philippe, Mathilde et tous les autres puissent enfin jouir du bonheur d’être des citoyens libres et égaux en dignité et en droits… C’est tout le mal que je leur souhaite.

 

(1) Emission réécoutable ici:  http://podaudio.rtbf.be/pod/lp-forum_le_forum_de_midi_292f042f2011-quelle_e_9606969.mp3

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 20:13

Je suis toujours étonnée lorsque je rencontre un laïque convaincu qui s’accommode sans difficulté de la monarchie, ou au contraire un républicain qui considère la laïcité comme un détail. Pour moi, il m’a toujours semblé que les deux concepts étaient indissociables. Et cette consubstantialité, je la ressens particulièrement aujourd’hui que notre bon roi Albert s’apprête, avec la bénédiction et la couverture du Premier ministre sortant, à assister à la béatification de Jean-Paul II.

 

Qu’est-ce que la laïcité ? Etymologiquement, le mot provient du grec « laos », c’est-à-dire « peuple », par opposition au membre du clergé (le clerc) qui est au-dessus du peuple. Un Etat laïque, c’est donc un Etat où tous, quelle que soit leur proximité avec un hypothétique créateur, sont traités à égalité, sans considération pour leur statut de clercs.

Qu’est-ce que la république ? Etymologiquement à nouveau, le terme provient des mots latins « res » et « publica », et désignent la « chose publique », c’est-à-dire ce qui est à tous : l’Etat.

 

Comment alors concevoir sans perversion du sens des mots une république qui ne soit pas laïque, ou un Etat laïque qui ne soit pas une république ? Pour que l’Etat soit le bien de tous, il faut nécessairement qu’il ne soit pas confisqué par certains. La laïcité empêche qu’il soit confisqué par un clergé, institué, autoproclamé ou informel. La république empêche qu’il soit confisqué par une dynastie. Le tout au détriment de la volonté populaire, seul fondement légitime du pouvoir dans un Etat démocratique moderne.

 

« Et Albert II dans tout ça ? », me direz-vous. Chef de l’Etat non élu, en poste exclusivement par le privilège archaïque du sang, il met encore plus à mal une légitimité déjà bien faible en manifestant aussi ostensiblement et officiellement les liens privilégiés qu’il entretient avec le Vatican et l’Eglise catholique. Il a certes le droit d’être catholique, mais son rôle de chef de l’Etat lui impose de ne pas témoigner de ses préférences religieuses, au risque de cesser d’apparaître comme le représentant de ce qui est « de tous », et de n’être plus que « de certains ».

Quand à Yves Leterme, qui justifiait ce matin sur les ondes de la RTBF sa présence aux côtés du roi par la nécessité de couvrir chacun des actes de ce dernier, il atteste par cette fumeuse explication que la présence du roi au Vatican est bel et bien un acte politique, sans quoi il n’aurait pas à être couvert par un ministre.

Le bon sens exigerait que si le roi tient absolument à assister à une cérémonie de béatification, cela se fasse à titre rigoureusement privé et à ses frais ; de même bien entendu pour tout homme ou femme politique élu. Le même bon sens exigerait d’ailleurs qu’aucun pouvoir ne puisse être acquis sans procédure élective ni possibilité de sanction. Et que ce pouvoir s’exerce au nom du bien commun, c’est-à-dire du peuple, et non de Dieu - ou de ce que certains lui attribuent comme volonté.

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Jeudi 14 février 2008 4 14 /02 /Fév /2008 18:28

Y a des méchants qui font rien qu'à embêter le roi. Dernièrement, ils n'ont rien trouvé de mieux que de dévoiler certaines choses que Sa majesté leur avait dites dans le secret du colloque singulier. Et ça, c'est pas bien. Parce que si chacun se met à raconter ce que le grand Bébert II ou un de ses pairs (passés ou à venir, salut) a dit sous le sceau du secret, on risque bientôt d'apprendre que:
- le roi se pique d'avoir des opinions politiques. Et ça, c'est très grave. On peut rencontrer des ministres pendant quarante ans chaque semaine, mais de grâce, restons neutre et au-dessus de la mêlée ! C'est vrai quoi, chacun son rôle: aux politiques les idées, au roi les discours de Noël, et les vaches seront bien gardées.
- le roi dit des conneries grosses comme le palais de Laeken. Et ça, c'est très grave aussi. Le roi est intelligent, forcément. Et s'il lui arrive de dire une connerie, c'est sûrement de l'humour qu'on n'a pas compris, comme quand Leterme entonne la Marseillaise pour prouver qu'il connaît l'hymne national belge.
- le roi souffre d'aérophagie, d'hémorroïdes ou d'énurésie. Et ça, ça la fout mal, on est bien d'accord. Le roi est en pleine forme, sauf quand il se fracture le col de l'utérus, quand il a de gravissimes problèmes avec sa conscience parce qu'il y a des parlementaires qui veulent génocider des foetus ou qu'il meurt et qu'on crie avec un bel ensemble "Le roi est mort, vive le roi !". Sinon, tout va bien, forcément.

Pour éviter ça, il y a certes une solution: puisque chacun des actes du roi doit être couvert par un ministre qui par cela seul, s'en rend responsable, puisque les paroles du roi sont des actes (même si on a peine à le croire quand un écoute ses discours de Noël), il suffit de mettre un ministre derrière le roi chaque fois qu'il reçoit quelqu'un en colloque singulier. Evidemment, vous me direz qu'alors, ce ne serait plus un colloque singulier, mais bon, soyons fous. Non, le principal problème, c'est le fric que ça coûterait de payer un ministre pour approuver chaque parole du roi. Pas de ça Lisette ! Donnons plutôt au plus vite un cours accéléré de citoyenneté aux ministres et autres invités royaux, pour qu'ils comprennent en fin que pour le plus grand bien de notre portefeuille et de la loyauté fédérale (je sais, on voit pas bien le rapport, mais il paraît que c'est vachement important et quel seul le roi peut la garantir), il faut absolument qu'ils la bouclent. 

C'est vrai quoi à la fin.

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Lundi 23 juillet 2007 1 23 /07 /Juil /2007 15:46
Mes chers concitoyens,

La reine et moi vous remercions chaleureusement pour le soutien que vous avez apporté à notre famille à l'occasion de la douloureuse fracture du col de l'utérus qui m'a immobilisé plusieurs jours durant.

Je me réjouis d'être aujourd'hui sur pied. Pour rien au monde je n'aurais manqué la commémoration de la révolution du peuple Belge contre la tyrannie hollandaise, le 21 juillet 1831, ni la vibrante Marseillaise qui nous rappelle cette page de l'histoire.

Je voudrais saluer tout particulièrement le travail de nos journalistes et hommes politiques qui, ces dernières semaines en particulier, ont eu à coeur de démontrer leurs compétences, tant en matière historique que scientifique.



Toute ressemblance avec des personnages existant serait purement fortuite. Enfin presque.

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Dimanche 14 janvier 2007 7 14 /01 /Jan /2007 15:20

Chaque émission télé amène sa moisson de perles. Celle de ce midi sur RTL ne fait pas exception à la règle:

Noël Vaessen, à propos de Laurent: "Je suis fier de mon poulain. Il est venu en citoyen. Il a accepté de se faire traiter de Monsieur".

Waouw ! Quelle bonté, Monseigneur ! Oyé oyé, bonnes gens, acclamez le prince, qui a accepté, l'espace de 15 minutes dans sa vie, d'être traité comme vous !

Pierre-Yves Monette, à propos de Noël Vaessen: "Faut-il continuer à donner la parole à des gens qui disent des choses hallucinantes ?"

Très bonne question, en effet. Mais ça ferait vide sur les plateaux, s'il fallait appliquer ce sain principe à la lettre...

Didier Gosuin: "Le prince Laurent est un homme meurtri"

C'est vrai quoi zut: c'est pas parce qu'on bénéficie d'une éducation citoyenne de pointe en étant sénateur de droit (puisque selon Francis Delpérée, c'est à ça que ça sert), grassement rémunérée qui plus est (puisque toujours selon le sénateur-baron CDH, les princes perçoivent une dotation parce qu'ils sont sénateurs de droit) qu'on est obligé de savoir qu'il n'est pas normal que la Marine paie son micro-onde personnel et les photocopieuses de sa Fondation pour le bien-être animal...

Christian Laporte: "Le prince a témoigné avec beaucoup de courage, comme un simple citoyen".

André Risopoulos: "Comme tout le monde, non. Si c'était comme tout le monde, il aurait pu communiquer avant, pendant et après".

Curieux, j'ai jamais eu l'impression que Laurent était tellement gêné aux entournures lorsqu'il s'agissait de causer aux médias. Ca lui serait pas venu avec cette histoire de fonds détournés, des fois, cette subite et exquise discrétion ?

Rudy Bogaerts (attention, sortez vos mouchoirs): "Quand je vois Laurent, je vois un homme qui n'est plus un enfant, un homme très seul qui attend sur le pas de sa porte l'arrivée de l'huissier. (...) On n'a pas été fichu de lui donner un avocat."

Moi, je propose qu'on crée d'urgence une vraie fondation Prince Laurent, destinée à aider le prince au quotidien. Le but serait, petit à petit, sans le brusquer, de l'amener à une relative autonomie.

Didier Gosuin: "J'ai participé à la création de l'IRGT, à la demande du Palais. Il fallait occuper le petit dernier. En 15 ans, c'est un homme qui a évolué, c'est un citoyen comme les autres. Il a créé une nouvelle fondation, il est enfin déchargé de tout le poids qui a pesé sur lui. C'est quelqu'un qui va bientôt pouvoir voler de ses propres ailes."

Pas trop tôt ! C'est qu'il va sur ses 44 ans, le gaminou...

Jean-Michel Javaux: "Le prince Laurent a choisi plusieurs combats qu'il porte".

Qu'il porte, qu'il porte, c'est vite dit. Moi aussi, je veux bien porter tous les combats qu'on veut (non allez, pas tous) s'il suffit que je dise que je suis vachement sensibilisée à l'environnement (au hasard) bien que fan de grosses bagnoles énergivores qui font vroum vroum (au hasard toujours) pour que les trois régions se mettent en quatre pour allonger les budgets ... A propos, dites, je suis vachement sensibilisée à la république, pourriez pas faire quelque chose ? Moi, je promets: je porterai !

Christian Laporte à Bart de Wever (NVA): "La famille royale est une cible facile pour vous, extrémistes flamands"

Allez, on recommence l'éternel petit jeu: c'est le premier qui accuse l'autre d'extrémisme qui a gagné. Et si en plus, on peut ajouter "flamand", on gagne le gros lot. Mais ça ne marche que sur les chaînes francophones...

Didier Gosuin, à propos de l'IRGT: Tout travail mérite salaire."

Là, on s'est un peu engueulés, Gosuin et moi. Moi, il me semblait qu'un million par mois, c'était un peu beaucoup pour quelqu'un qui est expert de rien du tout (si j'étais un homme et un tantinet vulgaire, je dirais: un expert de mes deux). Gosuin a clamé, outré, que c'était de la désinformation, parce qu'en net, ça ne fait que la modique somme de 6.000 euros par mois et que d'ailleurs, plein d'asbl reçoivent des subsides - remarquez qu'il n'a pas contesté que Laurent soit expert de rien du tout ! Là, je me suis inclinée, vaincue par la force de l'argument: c'est vrai que 6.000 euros par mois, c'est rien du tout pour être pseudo-expert dans une fondation qui n'est d'aucune utilité.

Francis Delpérée: "Il y a des tâches de représentation qui doivent ou peuvent être remplies. Il est tout à fait normal qu'une dotation soit allouée pour l'exercice de cette fonction".

J'aurais bien aimé que l'éminent constitutionnaliste développe un peu la nuance: "doivent ou peuvent". Parce que bon, si je comprends bien, chaque fois qu'un rejeton "De Belgique"  aura une subite envie de représenter quelque chose quelque part, faudra allonger ? C'est cool, ça !

Francis Balace: "Ce que je n'aime pas, ce sont les dégâts colatéraux: la princesse Astrid n'a rien fait. On ne s'en prend pas à des gens qui ne sont pas mêlés à une affaire et leur faire payer".

Là, Monsieur Balace, je crains que vous n'ayez pas tout suivi: il ne s'agit pas de leur faire payer, mais d'arrêter de nous faire payer. Et pas parce qu'on n'aime pas Astrid-qui-n'a-rien-fait (et qui continue à ne pas faire grand chose, d'ailleurs), mais parce que le principe n'est pas juste.

Rudy Bogaerts: "Il faut reprendre ce garçon, cet homme et lui donner un entourage différent". "Quand je lis les chiffres de ce que coûte un Mitterand ou un Chirac, c'est cent fois ce que nous coûte la monarchie".

Quand je pense que Bogaerts a traîné Laurent dans la boue à une époque pas si lointaine, témoignant notamment des faiblesses intellectuelles du prince, je me demande quand même à quoi il joue. Faudrait reprendre ce garçon aussi, et lui trouver un précepteur qui fasse d'urgence son éducation citoyenne.

André Flahaut: "Il y a aussi les problèmes des gens. Occupons-nous d'abord des problèmes des gens".

 


Mais soyons juste: il ne s'est pas dit que des conneries sur ce plateau. Exemples:

Jean-Michel Javaux, à propos de l'audition du prince: "Il fallait que les droits de la défense soient assurés.

Bart De Wever: "Pourquoi a-t-on attendu 6 ans avant de l'interroger ? Ca donne l'impression d'une justice de classe. Un citoyen quelconque aurait été interrogé immédiatement et pas de façon si gentille".

Marc Metdepenningen: "Son audition tardive et nocture était assez grotesque comme situation. Mais ça a permis une révélation importante. On n'a pas voulu savoir (pendant l'instruction, ndlr) si le prince était impliqué à quelque niveau que ce soit".

Bart de Waver: "Le prince est traité de héros parce qu'il a donné un témoignage de 15 minutes. Il est quand même sans doute le bénéficiaire de fraudes".

Et Jean-Michel Javaux a aussi mentionné l'autocensure de la justice, le fait que la non-audition du prince pendant les 6 années de l'instruction a donné l'impression qu'on a voulu protéger le prince, la nécessité de limiter les dotations à l'occasion de l'accession au trône de Philippe, l'intérêt du système espagnol, dans lequel le roi reçoit une enveloppe qu'il distribue comme il l'entend sans qu'il y ait de dotation, etc.

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Samedi 13 janvier 2007 6 13 /01 /Jan /2007 16:20

Qui trop embrasse mal étreint, et qui trop défend la monarchie en arrive à dire de grosses bêtises. Quelques exemples, tirés de l'émission Mise au point du dimanche 7 janvier (une émission par ailleurs historique en ce que, pour la première fois de mémoire de républicaine, le camp des défenseurs de Laurent était moins fourni que l'autre !).

Armand De Decker: "Ce qui pourrait lui être reproché, c'est uniquement de savoir que des queues de budget ont été utilisées pour aménager une maison qui ne lui appartient pas puisqu'elle appartient à la donation royale. (...) On ne peut quoi qu'il arrive rien lui reprocher".

Il faudra  que je demande un jour à Armand de m'expliquer comment faire pour, moi aussi, bénéficier d'une grosse villa dont je ne serais pas propriétaire, pour laquelle je ne payerais pas de loyer, et où je pourrais faire ce que je veux sans être jamais inquiétée...

Francis Balace: "Le prince a emménagé en 94. Les travaux ont été effectués en 98. Pendant 4 ans, personne ne s'est préoccupé de savoir s'il campait dans une tente igloo".

Celle-là, c'est ma préférée. Et j'imagine que dans les chaumières, les larmes ont abondamment coulé à l'évocation du pauvre prince, étendu seul sur un matelas de fortune, au milieu d'un immense salon non chauffé, avec à portée de main un bec bunzen et une lampe tempête...

Pierre-Yves Monette: "Il est incontestable qu'il n'est pas au courant de tout. Il n'est pas impossible intellectuellement et honnêtement que le prince ne se soit pas soucié de la provenance des fonds, puisque c'est la donation royale qui est propriétaire des lieux, et c'est elle qui non seulement construit mais meuble. L'autre question, c'est: est-ce intelligent de ne pas s'être posé la question ? C'est un manque de vigilance".

Il allait presque dire que Laurent était une triple buse, mais il s'est repris à temps. Ouf ! On a eu chaud: son titre de noblesse a bien failli lui passer sous le nez, à Pierre-Yves.

Francis Balace encore: "Si vous voulez que le prince travaille, nommez-le PDG de Volkswagen !"

(Il devrait penser à les publier, je suis sûre qu'il y a un créneau pour ça...)
Quant à Laurent PDG de VW, je me demande s'il ne vaut pas mieux déclarer VW en faillite tout de suite. Parce que bon, pour être PDG, il suffit pas d'aller promener sa fraise au salon de l'auto et d'admirer les 4X4 (nouvelle preuve du sentiment écologique pointu de Laurent...)...
Et puis, comme le disait Marc Uyttendaele: "Qu'ils travaillent ou pas, c'est un problème privé, mais l'Etat n'a à financer que des fonctions étatiques".

Armand De Decker: "On ne peut pas nier l'intérêt du prince Laurent pour le développement durable".

Oui, c'est comme je disais: Un intérêt qui s'est encore manifesté au salon de l'auto dernièrement. Je suis sûre que c'est une simple erreur d'agenda assortie d'une erreur d'aiguillage qui l'a fait se retrouver dedans à reluquer les 4X4 plutôt que dehors, le lendemain, à manifester contre les nuisances écologiques du tout-à-la-bagnole.

Francis Delpérée: "Depuis 2001, le système de la dotation a un grand avantage, qui est de clarifier les données du problème".

Oui, on peut voir ça comme ça. C'est vrai qu'avec un million de francs belges par mois, non plus imposables (comme ses revenus de l'IRGT) mais non imposables, le prince Laurent voit sûrement plus clair...

Pierre-Yves Monette: "Moi, je suis plutôt un républicain de coeur".

Partout ailleurs qu'en Belgique, on connaît la chanson. C'est d'ailleurs ce que je lui ai dit sur le plateau, texto. Devraient penser à créer un club, tous ces républicains de coeur : le CRCLP: Club des Républicains de Coeur Larbins du Palais. J'ai des noms ...

Armand De Decker: "Je me demande pourquoi une partie de la presse écrite francophone fait le jeu du nationalisme flamand".

Bon, faut vraiment qu'il arrête de se croire dans un western, Armand, avec d'un côté les méchants Flamands séparatistes, nationalistes, extrémistes et républicains, et de l'autre les gentils francophones qui font rempart de leur corps en criant Vive le Roi, la main sur le coeur et le pied sur leurs beaux principes démocratiques...


Allez, puisqu'on parle de gentils et de méchants, on termine par deux citations de gentils:

Jean-Frédérick Deliège: "C'est une fondation financée par l'armée, dans laquelle Laurent lui-même n'investit pas un franc, et on le présente comme un mécène. C'est de l'escroquerie morale !"

Et la conclusion, je la laisse à Marc Uyttendaele:

Marc Uyttendaele: "On voudrait faire un plaidoyer pour la république qu'on ne pourrait pas faire mieux !"

 

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Jeudi 11 janvier 2007 4 11 /01 /Jan /2007 12:00

"Une femme engagée", c'est le titre d'un article paru dans le Télé-Moustique de cette semaine et consacré à un portrait de la princesse Mathilde réalisé par C'est du belge...

En effet, Mathilde, apprend-on, bat tous les records d'activités de la famille royale - à l'exception d'Albert II - avec le nombre astronomique de 61 activités officielles en 2006. Pfiou ! Ca décoiffe, ça, 61 activités sur un an: total respect ! Ca fait tout de même une activité tous les 6 jours... Et l'article nous apprend pourquoi Mathilde se donne tant de mal, au risque de s'épuiser : c'est qu' "elle est une mère, mais aussi une femme". Ce qui explique que malgré sa famille nombreuse, elle se donne sans compter, par le biais du fonds Princesse Mathilde. Un fonds, qui, nous apprend l'article, a pu être créé en 2001 grâce à la générosité de la population belge, laquelle a fait multe dons aux oeuvres sociales de Mathilde à l'occasion de son mariage.

C'est cool, ça : on épouse un prince, on reçoit plein de sous d'un bon peuple enthousiaste et ému aux larmes, avec les sous on crée une fondation, tous les six jours on va dire bonjour à une bonne oeuvre, et le reste du temps on élève ses enfants tout en expliquant à quel point on se sent vachement concernée par les problèmes de société et tout ça.

Mais bon, tout n'est pas rose tous les jours, faudrait pas croire. C'est que toute cette belle famille engagée doit vivre avec la misérable dotation de Monsieur: 924.000 euros par an (chiffres de 2007).  Avouez, quelle femme engagée et mère de famille nombreuse peut se targuer de 61 activités sur une année pour une si maigre rétribution ? Hein ?

Non vraiment, je vous dis: total respect.

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Mardi 9 janvier 2007 2 09 /01 /Jan /2007 10:56

Pour ceux qui ne seraient pas encore las de m'entendre débiter les mêmes évidences devant un quarteron de monarchistes, sachez qe le nouvel épisode médiatique du feuilleton "Laurent" aura lieu dimanche 14 janvier prochain sur le plateau de Controverse, sur RTL-TVI donc, de 12h à 13h. Parmi les acteurs principaux, gageons que nous retrouverons Messieurs Delpérée, Balace, Laporte, Flahaut, etc.

Cela dit, je suis frappée par la vigueur avec laquelle certains s'insurgent (le Premier en tête) contre le fait qu'on "profite" de l'affaire des détournements de fonds de la Marine (ah... les fonds marins...) pour remettre en cause les dotations, alors que ça n'aurait strictement rien à voir.

Moi je veux bien, mais je me souviens tout de même que la presse a, des jours si pas des semaines durant, relayé le fait que le pôvre Laurent avait certes bénéficié des largesses de la Marine, mais que c'était à une époque où il devait vivre avec les malheureux 75.000 FB par mois octroyés par son papa.

Ensuite, on a appris que dès 1994, le gaminou était rémunéré 1 million de FB par mois à titre d'"expert" (décidément, je n'en reviens pas !) de l'IRGT, un institut créé tout spécialement pour l'occuper et le responsabiliser. Et Isabelle Durant a tout faux, évidemment, lorsqu'elle avance, tout auréolée d'écologisme monarchisant, que "c'est tout de même une noble cause", puisque là n'est évidemment pas la question.

Bref, le prince Laurent vit donc depuis 12 ans avec 1 million de FB par mois, d'abord comme "expert", ensuite comme bénéficiaire d'une dotation (exempte d'impôt, celle-là, ce qui fait tout de même une fameuse promotion !). On peut d'ailleurs se demander dans quelle mesure l'octroi à Laurent d'une dotation n'est pas né d'une volonté de faire les choses de manière un peu plus régulière que ce bidouillage lamentable qu'était l'IRGT (et la Fondation Prince Laurent dans la foulée).

Le fil rouge de tout ça ? C'est que le prince Laurent a manifestement l'habitude de vivre grassement de l'argent qu'"on" lui donne, sans même se soucier  de savoir d'où il vient. Et qu'il est peut-ête temps que ça change, étant donné que RIEN ne justifie tant de générosité.

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Dimanche 7 janvier 2007 7 07 /01 /Jan /2007 20:40

En Belgique, la République avance, c'est un fait. Faut dire que Laurent nous y aide bien, le bougre: il a même sûrement plus fait pour la République en quelques semaines que pour l'environnement en douze ans en tant qu'expert - expert ! voilà un qualificatif dont je ne reviens pas... - de l'IRGT... Et de mémoire de républicaine, je n'ai jamais eu autant d'alliés sur un plateau télé que ce dimanche sur le plateau de Mise au Point: il y avait certes Josy Dubié, Marc Uyttendaele, José Masschelin et Jean-Frederick Deliège, mais aussi les alliés bien malgré eux que furent Armand De Decker, Francis Delpérée, Francis Balace - ah ! Francis Balace ! - et Pierre-Yves Monette: comme l'a très justement dit, en d'autres mots, Marc Uyttendaele: avec des monarchistes pareils, on n'a plus besoin de républicains !

En France, par contre, la République est menacée. Sans doute parce que d'aucuns oublient qu'elle est toujours une conquête, jamais un acquis. Face à tous les déçus de la république, là-bas comme partout, l'extrême droite se positionne: la campagne présidentielle de Jean-Marie Le Pen, imaginée par sa fille Marine, fait très fort dans le discours populiste qui ratisse large. Quitte à tordre un peu, ou beaucoup, la réalité frontiste. Pour en savoir plus, je vous invite à aller lire mon dernier article sur RésistanceS. Son titre: "Ils ont tout cassé !" est le leitmotiv de la campagne. http://www.resistances.be/elfr2007a1.html. L'article en question sera également publié dans le prochain Journal du Mardi. Un journal qui vaut la peine d'ête soutenu (donc acheté) ne serait-ce que parce qu'il survit sans publicité...

(finalement, il semblerait que ce soit dans le JDM du 16 janvier prochain que l'article sera publié)

Par Nadia Geerts - Publié dans : République
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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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