Bonjour !

    

 

 


 

 

 

  

Agenda

Le 10 novembre à 20h, débat organisé par la "Coordination des femmes solidaires" avec le soutien du Centre culturel, sur le thème "Laïcité, où sont les progressistes ? ", avec Nadia Geerts, Philosophe, initiatrice du R.A.P.P.E.L. (Réseau d'Action pour la Promotion d'un État Laïque) et Inés Wouters, Avocate au Barreau de Bruxelles, spécialisée en droit des minorités religieuses. Adresse: Bibliothèque Soreil, rue Jamar à Ans.

Le 11 novembre à 20h, conférence-débat sur la question du voile à la Chapelle, rue des Telliers à Mons

Le jeudi 12 novembre 2009 à 19h30: LES ENJEUX DE LA LAÏCITE EN 2010 - Conférence organisée par l’U.A.E., en collaboration avec le C.A.L., le R.A.P.P.E.L. et le LIBREX.

Séparation Eglise / Etat : comment et avec qui ? (Pierre Galand)
Financer les cultes ou les crèches : quels choix de société pour le 21ème siècle ? (
Chemsi Cheref Khan)
La question du port du voile : enjeu symbolique de la laïcité aujourd’hui ? (
Nadia Geerts)
Laïcité, droits et libertés individuels (Nadine Rosa-Rosso)

Laïcité et santé (Elie Cogan)

Modérateur : Eddy CAEKELBERGHS

Lieu : Salle Dupréel

Institut de Sociologie

Av. Jeanne, 44 – 1050 Bruxelles

 

PAF :

UAE, ULB, CEPULB, Extension ULB : 5 €

Extérieurs : 10 €

Etudiant : gratuit

 

Réservation : Secrétariat de l’UAE – uae@ulb.ac.be

 

Le 17 novembre, conférence à la maison de la laïcité de Frameries sur "La question du voile en Belgique".

Le 4 décembre à 13h, conférence à Pensée libre pour l'Europe, Salle Jean Monnet, rest. l’Atelier européen, rue Franklin 28, 1040 Bruxelles. Thème: "La laïcité, outil du vivre ensemble".

Inscription préalable par e-mail à Penseelibrepourleurope@skynet.be ET en virant à l’avance 12€40 p.p. (assiette froide+1 boisson) sur le compte n°310.1386083.39 de Pensée libre pour l’Europe avec mention 123. (Si payement sur place : 15€).

En cas de désistement signalé à temps, la somme versée sera reportée sur une prochaine activité.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur http://users.skynet.be/penseelibre.

Texte Libre

La Louvière 9 sept. 2008

Enseignement

Vendredi 27 octobre 2006

Le Soir de ce 26 octobre revient sur le taux de participation de 90% d'élèves désormais exigé par Marie Arena pour qu'un voyage scolaire soit organisé. Ce qui pose d'évidentes difficultés à bon nombre de directions d'écoles, souvent confrontées à des refus motivés par des raisons d'ordre culturel ou religieux plutôt que financier.

Marie Arena admet cela, et le déplore. Fort bien. Mais en même temps, elle déclare que c'est aux directions d'écoles de tout mettre en oeuvre pour convaincre les parents récalcitrants. Et voilà une fois de plus la patate chaude renvoyée aux directions, lesquelles ne peuvent décidément pas compter sur l'appui de la Ministre lorsqu'il s'agit de déterminer quelle place réserver aux convictions religieuses à l'école.

Et Marie Arena va plus loin: pour justifier ces 90%, elle s'exclame: "Pourrait-on accepter que l'on fixe un taux de participation minimum au cours de maths ? Non ? Alors pourquoi accepter ça pour des classes de dépaysement qui sont des activités pédagogiques ?"

Et là, à mon avis, elle dérape complètement, Madame Arena. Parce qu'enfin, si les voyages scolaires sont des activités pédagogiques au même titre que les cours de maths, et qu'il faut donc que, sauf obstacle majeur, tous les élèves y participent, pourquoi diable fait-elle endosser aux directions la responsabilité  de "faire un travail de conviction auprès des parents" ? Devra-t-on demain "faire un travail de conviction" pour que des parents acceptent que leur enfant suive un cours de biologie où leur serait enseignée la reproduction humaine, un cours de sciences où ils apprendraient la théorie de l'évolution darwinienne, un cours de littérature où ils liraient Baudelaire ou Rimbaud, un cours de gymnastique où garçons et filles participeraient ensemble à un cross dans le parc voisin ?

Mais évidemment, dire haut et clair que des arguments d'ordre culturel ou religieux ne sont pas recevables, autrement dit qu'aucun trait culturel ou religieux ne peut dispenser de participer aux activités pédagogiques de l'école, ce n'est pas très politiquement correct...

Aux écoles de mettre tout en oeuvre pour que les voyages scolaires soient accessibles à tous, financièrement parlant. Pour le reste, c'est aux parents de comprendre que le voyage scolaire, c'est comme le cours de math: comme le dit Madame Arena: "Tout le monde doit participer".

Par Nadia Geerts
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 13 novembre 2006

Le Morgen d’aujourd’hui consacre une série d’articles au port du voile dans les écoles d’Anvers, lequel est désormais interdit dans la quasi-totalité des écoles, tant catholiques que publiques. Seules deux écoles acceptent encore que les jeunes filles portent le voile à l’intérieur de l’enceinte de l’établissement, ce qui fait dire à Nadia Babazia, du Collectif « Allochtone Meisjes et Vrouwen » (filles et femmes allochtones) que « Les jeunes filles allochtones ne peuvent plus choisir librement dans quelle école elles iront et quelle orientation elles y suivront. Cela hypothèque leurs chances sur le marché du travail ».
On retrouve là une logique bien connue en Communauté française, qui fait de celle qui refuse de se soumettre à la règle qui vaut pour tous la victime, celui qui édicte cette règle étant considéré comme le coupable. Combien de fois n’ai-je pas entendu parler du « scandale » de l’exclusion scolaire à propos des jeunes filles porteuses de voile ? Comme si imposer le retrait des signes d’appartenance religieuse à l’intérieur de l’enceinte des établissements d’enseignement équivalait à exclure ! Comme le port inconditionnel du voile n’hypothéquait pas, lui aussi, les chances des jeunes femmes sur le marché du travail !
Mais soit : j’entends l’argument : confrontées à des écoles « avec » et à des écoles « sans » voile, certaines jeunes filles auront bien du mal à convaincre leurs parents qu’elles préfèrent ôter leur voile et suivre l’orientation qu’elles ont choisie plutôt que de le garder et se condamner de facto à une filière pour laquelle elles n’éprouvent aucun intérêt.
La solution est simple : interdisons le voile dans toutes les écoles. Ainsi, la question de savoir si le port du voile est autorisé ne sera plus un critère de choix pour les parents.

Hélas, Frank Vandenbroucke (sp.a) n’est guère plus audacieux, en la matière, que son homologue Marie Arena : pour lui comme pour elle, « Chaque école peut décider de manière autonome si le voile est ou non admis ».
C’est vraiment à se demander si ces ministres qui ont l’enseignement dans leurs compétences se préoccupent parfois d’enseignement, ou si leur principal souci est d’éviter de s’attirer les foudres d’une partie de leur électorat. Car enfin, l’heure est grave, pour les petites Bruxelloises porteuses de voile  comme pour leurs consoeurs anversoises: de plus en plus d’écoles décidant d’interdire le port du voile, elles sont de plus en plus reléguées dans des écoles qui n’ont pour seul attrait, y compris à leurs yeux, que d’en autoriser le port. Une véritable politique de l’enseignement imposerait qu’on se soucie de ce fléau qu’est la ghettoïsation de l’enseignement qui en découle.
À défaut, il ne faudra guère que quelques années pour que chaque école inscrive à son programme l’interdiction en question, sous des libellés différents. Tout simplement parce qu’aucune ne verra d’un bon œil les jeunes filles voilées se rabattre sur elle en nombre chaque année plus élevé, pour l’unique raison qu’on a cessé de les accepter ailleurs. Aucune école, en effet, ne rêve d’être un ghetto, si ce n’est un ghetto socio-culturellement privilégié…
Mais on aura perdu, en renvoyant la patate chaude aux préfets, l’occasion d’un débat essentiel : celui de la place des religions dans l’école, et a fortiori dans l’école officielle, laquelle promeut l’égalité et la mixité, l’humanisme et l’indépendance du religieux.

Par Nadia Geerts
- Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 15 février 2007

Le nouveau décret de Marie Aréna, qui vise à réglementer les inscriptions, suscite multes protestations. Et pourtant, bien qu'on ne puisse me soupçonner de sympathie outrancière pour la ministre-présidente, cette fois, je trouve que son projet a du bon.

Pour avoir vécu les affres de l'inscription dans le secondaire, je sais à quel point la situation est complètement anarchique, et favorise donc de toute évidence les parents qui disposent à la fois du temps et de l'information nécessaires pour faire le bon choix au bon moment: telle école inscrit à partir du 15 novembre - et le 16, toutes les places sont prises -, telle autre en décembre, telle autre en février ou en avril. Et je ne parle même pas ici de l'enseignement libre, lequel inscrit parfois les enfants en première secondaire alors qu'ils ne sont encore qu'en 5ième primaire... sur liste d'attente, bien entendu.

Déterminer une date unique à partir de laquelle toutes les écoles débuteraient les inscriptions est dès lors de nature à simplifier la procédure. Et qui dit simplifier, dit favoriser la mixité sociale par laquelle passe nécessairement le combat pour l'égalité des chances.

L'école, aujourd'hui, renforce les inégalités sociales plutôt que de les atténuer. Ce n'est pas une fatalité. D'autres pays paraissent réussir mieux que nous ce défi de la mixité sociale. Et cela passe inévitablement par quelques coups de canif dans le sacro-saint respect de la liberté de choix des parents. Car cette liberté n'a jamais amené, de mémoire d'enseignante, aucun ministre - fut-il un indécrottable socialiste - à faire le choix pour son enfant d'une école en "discrimination positive". Et je dis ça sans aucune animosité à l'égard de ces ministres, dès lors que

- tout parent veut le meilleur pour son enfant

- un ghetto n'est jamais "le meilleur"

- tant qu'à choisir un ghetto, mieux vaut un ghetto doré qu'un ghetto sinistré.

Or, certains parents sont mieux armés que d'autres pour trouver ce "meilleur" pour leur progéniture. D'autres, mal informés, peu scolarisés eux-mêmes, croient naïvement qu'une école égale une école et que celle du bout de la rue fera donc l'affaire. Et ils auraient raison, si dans l'école du bout de la rue se côtoyaient des enfants de tous milieux socio-culturels, au lieu que s'y retrouvent des enfants qui cumulent les handicaps en tous genres.

Certains crient au nivellement par le bas. D'abord, la proportion de "cancres" est-elle telle en communauté française qu'il faille craindre une véritable invasion de bonnets d'ânes et autres voyous dans les écoles les plus huppées ? Ensuite, une légère (et hypothétique) baisse de niveau des écoles les plus favorisées, parallèle à une hausse de niveau des écoles jusqu'ici considérées comme des circuits de relégation, ne vaut-elle pas mieux que la véritable bombe à retardement sociale sur laquelle nous sommes assis en ce moment ? Des jeunes sortent de l'enseignement secondaire avec un diplôme qui, théoriquement, leur donne accès à une formation supérieure, mais qui, en pratique, ne vaut hélas strictement rien. Des enseignants en sont encore à alphabétiser à l'heure où d'autres enseignent Rimbaud ou Mallarmé. Le taux de chômage des jeunes est préoccupant, la violence dans certaines écoles endémique, et la mixité - qu'elle soit d'ailleurs sociale, culturelle ou sexuelle - y est réduite à l'état de mythe.

Alors oui, on peut pérorer entre enseignants privilégiés sur la baisse de niveau dans nos écoles - et c'est sans doute une réalité. Mais en attendant, des pans entiers de l'enseignement sont sinistrés, et fût-ce par égoïsme, par intérêt bien compris, nous aurions bien tort de ne pas nous en préoccuper. Lorsqu'une société fabrique des exclus, c'est toute la société qui se met en danger.

Alors oui, Madame Arena a raison de vouloir mettre un peu d'ordre dans tout ça. Mais...

La logique voudrait qu'elle aille plus loin, en réclamant la disparition de l'enseignement libre par exemple, puisque ce dernier ne sera de toute évidence pas concerné par les nouvelles mesures. Dès lors, les parents qui souhaiteront pour leur enfant une école d'"élite", ceux qui préféreront les envoyer dans un ghetto doré, n'auront que plus encore tendance à envoyer leurs enfants dans le "libre". Fusionnons donc enfin les réseaux, ainsi que le préconise l'APED (l'Appel pour une école démocratique: http://www.ecoledemocratique.org/), entre autres propositions intéressantes et bien plus audacieuses que celles de la ministre, qui risquent de ne pas changer grand chose sur le terrain, in fine.

Par Nadia Geerts
- Voir les 24 commentaires - Recommander
Mercredi 30 mai 2007

anti_bug_fckParce qu’une question comme celle du port de signes religieux à l’école, qui concerne la manière dont se conçoit l’enseignement bénéficiant de subsides publics, ne peut être laissée à la responsabilité exclusive des chefs d’établissements ;

 
parce que des questions telles que la place des convictions philosophiques au sein de l’école ou l’application des principes de mixité sociale et des sexes – notamment l’égalité en droits et en devoirs des hommes et des femmes – constituent des questions politiques essentielles qui doivent être tranchées par la puissance publique et le pouvoir politique, garants des valeurs fondatrices de notre société ;
 
parce que laisser les écoles décider souverainement en la matière, c’est contribuer au renforcement de la dualisation de l’enseignement au nom de la coexistence de projets éducatifs contrastés ;
 
parce que les établissements bénéficiant de subsides publics n’ont pas à s’organiser en fonction de prescrits, dogmes et autres interdits présentés à tort ou à raison comme religieux, sous peine de voir leur mission première gravement compromise ;
 
parce que nous voulons qu’à l’école au moins, les jeunes, garçons et filles, aient la possibilité d’expérimenter l’égalité et la mixité dans toute leur richesse émancipatrice ;
 
parce que l’enfant et l’adolescent sont des consciences en cours d’élaboration qu’il importe de protéger contre toute forme d’endoctrinement ;
 
parce que l’interdiction des signes ostensibles d’appartenance philosophique ou religieuse à l’école ne dénie en rien aux jeunes le droit à des convictions philosophiques, mais les invite à leur intériorisation et à leur dépassement en vue de s’ouvrir à l’universel de la connaissance ;
 
parce que nous constatons que de plus en plus de revendications religieuses ou présentées comme telles s’introduisent dans l’espace pédagogique : créationnisme, refus de la mixité, prescrits alimentaires, contestation des contenus mêmes de certains cours (biologie, éducation sexuelle, éducation physique, littérature, etc.) :

nous demandons aux responsables politiques et aux ministres compétents en matière d’enseignement
 :

de légiférer dans le sens de l’interdiction de tout signe ostensible d’appartenance philosophique ou religieuse dans le cadre scolaire, pour les élèves et a fortiori pour les enseignants, et ce dans tous les établissements scolaires bénéficiant de subsides publics ;

de mettre tout en œuvre pour préserver l’école des tentatives d’immixtion du religieux d
ans les décisions concernant le contenu des enseignements et les critères d'organisation de la vie scolaire, partant du principe que la méthode scientifique et le libre examen doivent continuer à y prévaloir sur tout dogmatisme ou vérité révélée.
 


Pour cosigner cette pétition, envoyez-nous un mail à ecolereligion@hotmail.com

Par Nadia Geerts
- Voir les 132 commentaires - Recommander
Samedi 16 juin 2007

« L’essor d’établissements confessionnels évangéliques devrait inquiéter l’Etat. Ce sont des écoles-ghettos, créées dans un esprit de repli identitaire. Il est temps de s’interroger sur les limites du système belge qui permet la création et la subsidiation de telles écoles ».

Propos d’un « laïco-athée » tout pétri d’arrogance ? Non. Ce sont là les propos d’un inspecteur des cours de religion protestante, réagissant dans Le Soir de ce jour à l’annonce de la création, à Monceau, de la première école secondaire protestante. Une école qui se veut le prolongement d’une des trois écoles fondamentales protestantes, celle de l’Alliance.

L’école fondamentale de l’Alliance, née en 1996, comptait alors 80 élèves, ce qui suffisait à ce qu’elle obtienne des subsides de la Communauté française. À en croire le site http://www.protestanet.be, les parents sont très contents du cheminement spirituel de leurs enfants : ils constatent « Une plus grande soif et une plus grande joie de vivre avec Jésus »

Rien d’étonnant à cela, dès lors que l’école de l’Alliance considère « l’École comme un lieu où les enfants doivent affermir et leurs connaissances et leur foi. Nous croyons que « la crainte de l’Éternel est le commencement de la science », (Prov. 1:7) et qu’il n’y a donc pas de véritable étude de la création sans connaissance du Créateur. »

 

Passons – mais pas trop vite – sur les accents inquiétant de cette manière d’articuler science et religion. Car enfin en quoi la connaissance du Créateur pourrait-elle favoriser l’étude de la création (disons plutôt de la nature) ? Dès lors qu’on apprend à connaître le Créateur dans le texte sacré, ne peut-on même supposer qu’il y ait opposition entre ce que dit celui-ci et les découvertes scientifiques ? Et que faire de la « crainte de l’Eternel » lorsqu’il s’agit de partir en quête de connaissances ? Une quête curieuse n’a-elle pas plus de chances d’être couronnée de succès que la quête peureuse à laquelle nous convient ces évangéliques ?

 

De manière plus générale, le hic, à mon sens, est double :

D’abord, est-ce bien le rôle de l’école que de préparer à vivre « avec Jésus » ? N’est-ce point plutôt à vivre dans ce monde que l’école devrait préparer nos enfants, étant entendu qu’avant la glorieuse éternité d’un hypothétique au-delà, il y a quand même quelques décennies à passer sur Terre, non pas entre protestants évangéliques pieusement regroupés autour du Seigneur, mais avec quantité de gens bien moins fréquentables ? Bon, je dis ça, je dis rien…

Ensuite et surtout, est-ce bien le rôle des pouvoirs publics de subsidier de telles écoles ? Pour l’inspecteur de religion protestante interviewé par Le Soir, la réponse est claire :

« Ces projets scolaires sont en porte-à-faux avec le décret de 1997 qui confie aux écoles fondamentales la mission de « préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d’une société démocratique, pluraliste et ouverte aux autres cultures ».

Ben oui, parce ­– là encore, je dis ça, je dis rien –, le meilleur moyen de préparer les jeunes à vivre dans une société pluraliste, n’est-ce pas de les éduquer dans un milieu pluraliste ? Et qu’a-t-on inventé de mieux, jusqu’ici, dans le genre école pluraliste, que l’école officielle ?

Notons que les protestants réformés se disent quant à eux très réservés par rapport à la création de ces écoles confessionnelles.

Par Nadia Geerts
Ecrire un commentaire - Voir les 16 commentaires - Recommander
Dimanche 30 septembre 2007

Dans la Libre Belgique de ce 29 septembre, François-Xavier Druet met en cause le bien-fondé du récent décret relatif aux inscriptions. À l’en croire, ce corset administratif attente à l’inscription « respectueuse des personnes ». Et de se lancer dans un éloge de l’inscription vécue comme un engagement et de la confiance en telle ou telle école, facteur de réussite.

Cette vision des choses me paraît bien naïve.

En effet, alors que certains parents socio-culturellement favorisés ont déjà fait le choix de l’école secondaire pour leurs enfants dès les dernières années de l’enseignement primaire – et ont même parfois inscrit leur progéniture sur une liste d’attente -, d’autres attendent candidement qu’il ait décroché son Certificat d’études de base pour se mettre en quête d’une école. Alors que certaines écoles commencent à inscrire en novembre, d’autres le font en février, tandis que dans d’autres encore, les inscriptions sont bouclées deux ans avant la rentrée…

Résultat : les écoles prestigieuses sont rapidement remplies, tandis que les parents négligents ou simplement ignorants des arcanes des inscriptions sont bien forcés de se rabattre sur des écoles moins cotées. Ce qui reproduit inévitablement les inégalités sociales que l’école a pour tâche de combattre.

Quelle hypocrisie, dès lors, que de prétendre qu’ « il n’existe pas de « bonnes écoles » et de « mauvaises écoles » ! Vous pouvez avoir la meilleure équipe pédagogique du monde, si vos classes sont composées d’une majorité d’enfants de milieu défavorisé, dont la langue maternelle n’est pas le français et qui ne peuvent guère compter sur un soutien scolaire à domicile, vous pourrez difficilement faire en sorte que ces élèves sortent de l’enseignement secondaire avec un diplôme qui vaille réellement celui décerné par une école dans laquelle ce profil d’élèves constitue une minorité. C’est une réalité : pendant que certains rhétoriciens analysent des poèmes de Mallarmé, d’autres déchiffrent encore avec peine un article de presse. Et ce, même s’ils fréquentent tous un enseignement général censé leur donner accès aux études supérieures…

Il ne s’agit pas de faire des enfants des « pions interchangeables ». Il s’agit de faire en sorte que le libre choix, dont François-Xavier Druet fait l’éloge, soit une réalité pour tous, et pas seulement pour les privilégiés. Il s’agit donc non pas de « créer une priorité pour les initiés » - expression qui décrit très exactement la situation d’avant le décret, contrairement à ce que l’auteur prétend ! -, mais bien de lutter contre une pratique qui s’avère discriminatoire, si pas dans l’intention, du moins dans le résultat.

Il s’agit de lutter contre les écoles-ghettos, de favoriser la mixité sociale, partant du principe que des enfants issus d’un milieu défavorisé ont parfaitement la possibilité de réussir aussi bien que les autre, pour peu qu’ils soient dans un environnement stimulant sur le plan intellectuel. Et à cet égard, les disparités entre écoles sont colossales.

Je ne prétends pas que le nouveau décret règlera tous les problèmes. Mais au moins a-t-il le mérite de mettre fin à l’anarchie, laquelle est toujours génératrice d’inégalités.

Et il y a urgence : le système scolaire belge est parmi les plus inégalitaires. L’école, bien plus qu’ailleurs, reproduit les inégalités bien plus qu’elle ne les combat, comme l’a encore bien montré la récente émission de Jean-Claude Defossé sur le sujet. Et personne n’a à gagner, pas même les privilégiés, à ce que certains sortent de l’école avec un diplôme qui leur ment sur leurs possibilités d’insertion dans la société. La situation actuelle est une véritable bombe à retardement.

 

Nadia Geerts

Enseignante agrégée en philosophie

 

Voir aussi :

- L’article de la Libre "Bien s'inscrire, c'est commencer à réussir" de F-X Druet: http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=373529

- CARTE SCOLAIRE, COLLÈGE UNIQUE... Les chiffres qui condamnent la politique éducative sarkoziste : http://www.ecoledemocratique.org/article.php3?id_article=414 
- L'émission Question à la Une (Jean-Claude Defossé): "Echec scolaire: notre enseignement est-il discriminatoire ?": http://blogrtbf.typepad.com/qalu//les-emissions-en-video.html

- Enseignement : mettre fin à l’anarchie génératrice d’inégalités : http://nadiageerts.over-blog.com/article-5661034.html

Par Nadia Geerts
Ecrire un commentaire - Voir les 27 commentaires - Recommander
Jeudi 29 novembre 2007

Décret, file, inscriptions, Arena, thermos, 30 novembre.

Difficile, ces jours-ci, de trouver une conversation qui ne contienne aucun de ces mots. Le plus souvent d’ailleurs accompagnés de commentaires peu flatteurs sur la sagacité de la ministre.

 

Leterme, gouvernement, orange bleue, BHV, scission, Flamands, facilités ?

Pensez-vous ! Les Belges, du moins ceux qui engendrèrent il y a environ onze ans, ont d’autres soucis en tête.

Et je les comprends.

Car c’est vrai : l’enseignement, c’est important, comme n’ont d’ailleurs cessé de le clamer les enseignants, en 1990, en 1993 ou en 1996 par exemple.

 

Néanmoins, je ne parviens pas à comprendre ce que tant de parents et d’enseignants lui reprochent, à ce décret inscriptions. Ou plutôt, je crois que je ne le comprends que trop bien.

Pour ces parents, habitués à faire partie de l’élite de ceux qui savent – à quelle date commencent les inscriptions dans telle école, s’il faut écrire, ou téléphoner, ou aller à la journée portes ouvertes, …– être brusquement priés de faire la file comme tout le monde – éh oui Madame, comme à la boucherie ! -, c’est proprement intolérable. Car au fond, ça leur convenait très bien, qu’il y ait des écoles dorées, où l’on se retrouve entre soi, parce qu’on est informés, nous, n’est-ce pas ? L’injustice qu’ils craignent aujourd’hui, c’est celle qui frappait les autres, avant, sans que ça leur fasse ni chaud ni froid. Ben oui : z’avaient qu’à savoir. Le problème étant que l’assurance qu’ils avaient de pouvoir inscrire leur progéniture dans l’école de leur choix reposait précisément sur le fait que beaucoup ne savaient pas.

 

Aujourd’hui, chacun sait. Nul n’est censé ignorer la loi, et moins encore la date fatidique du trente novembre. Et les files, déjà, se sont formées devant certains établissements réputés, enclenchant un mouvement de panique qui, à son tour, a fait grossir lesdites files. Et d’aucuns de pointer ces parents aussi déterminés qu’emmitouflés, s’étendant à l’envi sur les pathétiques et révoltantes manœuvres de certains – on paie, dit-on, jusqu’à 500 euros pour qu’un étudiant fasse la file à votre place - comme la preuve de l’incommensurable bêtise du décret.

 

Alors certes, le décret à des défauts. Mais je voudrais dire à tous ceux – et je veux croire qu’ils sont nombreux – qui déclarent que les écoles ghettos sont un fléau, qu’on ne peut pas vouloir supprimer les ghettos en restant entre soi. Qu’on ne peut pas vouloir l’interculturalité à l’extérieur de l’école, plus tard et si possible pour les autres, merci. Et que s’ils sont donc non seulement des parents attentifs et aimants, mais encore des citoyens attachés à la démocratie, ce n’est pas l’annulation du décret qu’ils devraient réclamer à corps et à cris, mais son renforcement.

 

En effet, puisqu’il semble illusoire de vouloir tout à coup mettre les élèves sur un pied d’égalité, comme par un coup de baguette magique, alors qu’ils ont déjà six ou neuf ans d’école derrière eux, pourquoi ne pas instaurer un tel décret pour l’enseignement maternel et primaire ? Chacun sait que l’enseignement primaire recèle lui aussi ses ghettos défavorisés et ses écoles d’élite. Permettre aux élèves sortant des premiers d’entrer dans les écoles huppées de l’enseignement secondaire, c’est certes généreux, mais c’est très probablement mensonger. Car il y a fort à parier que ces élèves, ne pouvant se hisser ainsi brusquement au niveau que leurs camarades de classe, seront rapidement largués, dégoûtés et … réorientés. Aussi, c’est dès la maternelle qu’il faudrait se soucier de mixité sociale.

 

Parallèlement et de manière plus périphérique, je proposerais deux mesures susceptibles de limiter certains effets pervers du système actuel :

  1. pour éviter les inscriptions multiples, fixer non pas une date d’inscriptions, mais trois ou quatre, chaque fois à une semaine d’intervalle. Chaque école se verrait attribuer par les pouvoirs publics une date de début d’inscriptions, ce qui permettrait aux parents n’ayant pas pu obtenir une place lors de la première journée d’inscriptions de tenter à nouveau leur chance une semaine plus tard auprès d’une autre école. Sans trop de stress.
  2. pour lutter contre la constitution d’une autre classe de privilégiés – non plus ceux qui sont informés des arcanes de l’enseignement secondaire, mais ceux qui sont sans emploi, peuvent facilement prendre congé deux ou trois jours s’il le faut, ou même payer un étudiant ou un chômeur pour faire la file à leur place -, fixer le premier jour des inscriptions à un samedi, ou mieux, un dimanche !
Par Nadia Geerts
Ecrire un commentaire - Voir les 37 commentaires - Recommander
Mardi 2 décembre 2008

L’histoire se passe au cours d’histoire, première année secondaire, Schaerbeek. Le professeur demande à ses élèves quelles sont, selon eux, les origines de l’homme. Beaucoup d’élèves de la classe sont croyants, musulmans pour la plupart. Ils répondent « Dieu ».

 

Et le professeur écoute, sans commentaire. Lorsque les élèves lui demandent ce qu’elle en pense, elle, elle répond qu’elle n’a pas à donner son avis, que chacun a le droit d’avoir son opinion.

-         Soit. Mais, m’inquiété-je, elle a quand même fini par expliquer ce que les recherches historiques nous enseignaient ? Le carbone 14, l’homme de Neanderthal et tout ça ?

Non, rien de tout ça.

-         Mais elle va sans doute le faire, lors d’une prochaine leçon ?

-         Ben non, c’est comme elle dit : chacun a le droit de penser ce qu’il veut.

J’espère que l’élève se trompe. J’espère qu’à la prochaine leçon, l’enseignante fera remarquer aux élèves que certes, ils croient ce qu’ils veulent, mais que l’histoire n’en est pas moins une science qui a permis de découvrir certaines choses au sujet des origines de l’homme, et que ces choses, elle est là pour les leur enseigner. Quelles que soient leurs croyances par ailleurs. Dans le cas contraire, je n'hésiterai pas à faire part de ma désapprobation à l'enseignante en question, ainsi qu'à l'échevin de l'enseignement. Quel sens, en effet, peut bien avoir l’enseignement dès lors que l’on ne pourrait plus rien enseigner de ce qui heurte, ou pourrait heurter, les convictions des uns ou des autres ? A ce compte-là, vivent l’ignorance, les préjugés et le dogmatisme !

Il ne s'agit pas, évidemment, de nier l'existence de Dieu, mais de remettre les convictions religieuses à la place qui est la leur, c'est-à-dire celle de la sphère privée, qui ne saurait faire obstacle à la transmission des connaissances scientifiques.

Et dire qu’en 1883, Jules Ferry pouvait écrire :

« Au moment de proposer à vos élèves un précepte, une maxime quelconque, demandez-vous s’il se trouve, à votre connaissance, un seul honnête homme qui puisse être froissé par ce que vous allez dire. Demandez-vous si un père de famille, je dis bien un seul, présent à votre classe pourrait, de bonne foi, refuser son assentiment à ce qu’il entendrait dire. Si oui, abstenez-vous de le dire (…) ».

Bien sûr, ces lignes concernent l’enseignement primaire, et l’on n’enseignait que très peu d’histoire ou de biologie à l’école primaire à cette époque. Et de plus l’écart entre la morale religieuse la plus conservatrice et l’esprit général de la société civile était certainement bien moins grand qu’aujourd’hui.

Il n’empêche qu’il y a quelque chose de déprimant à constater que ce qui a longtemps fait figure de recommandation de bon sens, s’agissant de respect des sensibilités religieuses des élèves et de leurs parents, est devenu aujourd’hui totalement inapplicable sous peine de compromettre la mission d’enseigner elle-même, et ce au nom du relativisme culturel.

Et l’argument fait mouche : au retour de l’école, l’élève donnait entièrement raison à ce professeur tellement respectueux des opinions de chacun...

 

 

Par Nadia Geerts
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander
Lundi 16 février 2009

Cet article fait suite à un article publié par Brussel deze week (http://www.brusselnieuws.be/artikels/stadsleven/islam-zet-evolutietheorie-in-het-verdomhoekje). Il a été publié dans sa version française, que vous trouverez ci-dessous, dans La Libre Belgique du 14 février 2009 (http://www.lalibre.be/index.php?view=article&art_id=481969)

Cent cinquante ans après la parution de L’origine des espèces, la théorie de l’évolution a toujours du mal à passer la rampe, du fait de convictions religieuses qui font de Dieu le créateur de toutes choses, et essentiellement de l’homme. Des élèves, majoritairement de confession musulmane, mais aussi des enseignants, refusent de souscrire à cette théorie scientifique. Un refus qui ne peut laisser indifférent.

 

Au-delà des résistances vis-à-vis de la théorie de l’évolution, ce qui pose question, c’est en effet le recul de la raison, en tant qu’instrument de compréhension du monde. Une raison qui, au mieux, devrait se soumettre face aux « vérités » révélées par le texte sacré, et au pire, serait fondamentalement discréditée en tant que produit d’une civilisation occidentale, blanche et laïque.

Or, l’école est le lieu par excellence, non seulement de transmission de savoirs, mais aussi d’acquisition d’une méthode en matière de pensée. À l’heure où il devient de plus en plus illusoire de prétendre tout connaître, tant le champ de la connaissance humaine est vaste, reste une mission fondamentale de l’école : apprendre à penser. Penser, c’est-à-dire refuser tout préjugé, tout a priori, tout dogme, pour s’ouvrir à tous les domaines du savoir, acquérir les méthodes qui, tout au long de notre vie, nous permettront d’apprendre, encore et encore, non pour le simple plaisir d’accumuler des savoirs stériles, mais pour comprendre un monde de plus en plus complexe. Une complexité dont il semble bien que certains élèves la refusent, leur préférant le manichéisme de la pensée binaire, clivant le monde entre « eux » et « nous ».

Face à ce constat, que faire ?

  1. Favoriser la mixité scolaire. C’est une évidence : lorsque 95% de la population scolaire est musulmane, il devient illusoire de prétendre enseigner des savoirs qui s’opposent au dogme religieux. Et il est trop facile de jeter la pierre à l’enseignant qui, seul devant une classe hostile, renonce à enseigner certaines matières sensibles. Il faut donc lutter contre les écoles ghettos, afin que chaque établissement scolaire soit réellement le reflet des tendances qui composent la société.
  2. Enseigner la méthode scientifique. L’argument d’autorité a vécu. L’enseignant d’aujourd’hui ne peut plus prétendre que sa parole soit écoutée, et encore moins acceptée comme parole d’évangile, et c’est tant mieux. Il s’agit donc d’expliquer, avant toute chose, quelles sont les caractéristiques de la méthode scientifique, comment elle procède, ce qu’est le statut de la « vérité » en sciences : toujours provisoire, toujours falsifiable, mais en utilisant les mêmes outils, ceux que nous donne la raison. Car non, il ne s’agit pas de « croire » en Darwin comme on croirait en Dieu. Il s’agit de reconnaître une théorie comme pertinente, d’un point de vue scientifique, parce que conforme à une certaine méthode. Et cela, sans doute, ne peut être qu’un aboutissement, non un point de départ.
  3. Refuser la logique binaire : soit croyant, soit évolutionniste. Saisir chaque occasion de parler de scientifiques qui, bien que croyants, ont revu leur conception des choses à l’aune des découvertes qu’eux ou d’autres avaient faites. Sans pour autant perdre la foi ou devenir des « traîtres ». Accepter que l’enseignant sème des graines qui ne muriront pas en un jour, et que le chemin vers la raison est long et semé d’embûches, pour nous tous. Je me souviens à cet égard d’une élève musulmane de première secondaire qui, avec une étonnante maturité, m’avait un jour dit sa difficulté à choisir, entre ce qu’on lui racontait à la maison et en quoi elle croyait, et ce qu’on lui apprenait au cours de science et qui lui paraissait sensé. Cette fille-là était sur le bon chemin : celui de la complexité.
  4. Promouvoir la laïcité, en particulier dans le domaine scolaire. Et par « laïcité », je n’entends pas « athéisme », mais bien séparation des sphères de compétence. N’accepter, autrement dit, la présence de la religion à l’école qu’en tant qu’élément de la culture humaine, qui peut, en tant quel tel, être étudié au même titre que toute autre production culturelle, mais ne peut prétendre, dans la sphère scolaire, au statut de vérité indiscutable. Dans cet esprit, il me paraît urgent de remplacer enfin les cours de religion et de morale par un cours commun à tous les élèves, où l’exercice de la raison critique serait une compétence centrale et la citoyenneté, les religions et les philosophies des champs d’exercice de cette raison.
Par Nadia Geerts
Ecrire un commentaire - Voir les 29 commentaires - Recommander

Accueil

Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

Mes bouquins

 

Recherche

Recommander

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés