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Le 19 septembre à 19h: Présentation de mon livre "La neutralité n'est pas neutre" à l'assemblée citoyenne du Mouvement de Gauche, Fontaine L'Evêque, taverne Le Richelieu
Le 23 septembre à 19h30: Prticipation à une conférence débat organisée à l'ULB par le Cercle du libre examen sur le thème "Laïcité et diversité font-elles bon ménage ?" avec Pierre Galand, Mehmet Saygin et Marc Jacquemain. Infos: https://www.facebook.com/events/560632677326604/
Le 15 octobre à 14h: Conférence "La neutralité n'est pas neutre"  UMONS boulevard Dolez 31 
Le 18 octobre à 20h: Maison de la Laïcité de Colfontaine - conférence sur « La Laicité au XXIème siècle ».

Texte Libre

15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 17:05

Le Soir s’en faisait écho le 13 mars dernier : La commission consultative des femmes de Verviers veut faire interdire le port de burka et des voiles couvrant le visage. Motif : éviter les inégalités entre hommes et femmes.

Et devinez quoi ? Le président du MRAX, Radouane Bouhlal, s’y oppose. Bon, d’accord, le MRAX, c’est le Mouvement de lutte contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie, pas le Mouvement de lutte contre le sexisme. Mais enfin le MRAX a élargi son objet social à la lutte contre toute une série de discriminations (et – vous ne me croirez pas –, notamment la discrimination religieuse, vous savez, celle que commettent à tour de bras ces immondes islamophobes ?), et d’autre part la « perplexité » de Radouane Bouhlal prend tout son sel si l’on veut bien se rappeler qu’il y a près d’un an, le même Radouane s’opposait à l’interdiction du voile dans les écoles en suggérant qu’il s’agissait de racisme. Il disait alors : « Voyez comment les militants zélés de la laïcité philosophique abordent unilatéralement le foulard – infériorité de la femme, soumission de celle-ci, prosélytisme, activisme politique, etc. – et vous comprendrez que l’enquête de Vassilis Saroglou est au cœur du sujet quand elle parle de « racisme subtil ». »
Ne revenons pas sur l’évocation de la laïcité philosophique là où il s’agit en fait de laïcité politique, Radouane Bouhlal nous ayant habitués à des approximations sidérantes en matière de confusion entre l’espace public et l’espace privé (voir http://nadiageerts.over-blog.com/article-14265897.html).
En revanche, voilà qu’après avoir récusé l’interdiction du voile au nom de la lutte contre le racisme et l’extrême droite (« J’attire cependant notre attention collective sur le fait que le Vlaams Belang, parti flamand d’extrême droite, a applaudi des deux mains l’interdiction du foulard à Anvers. On ne lutte pas contre l’extrême droite quand on applique son programme ! http://nadiageerts.over-blog.com/article-10893778-6.html), Radouane Bouhlal prétend à présent que "L'interdiction de la burka pour combattre l'inégalité entre hommes et femmes, ce n'est pas le bon argument. Que va-t-on faire des entreprises qui ne rémunèrent pas les hommes et les femmes à la même hauteur? On va les interdire? Si on veut vraiment se battre pour l'égalité entre hommes et femmes, il y a d'autres priorités, notamment dans la fonction publique communale".
Avant d’ajouter que "Il faut interdire la burka pour les bons motifs. Si la justification de l'interdiction du port du voile était faite au nom de l'ordre public et de la sécurité, nous l'accepterions sans aucun problème. Une disposition de police prévoit en effet que toute personne doit pouvoir être identifiée, or la burka empêche cela. L'ordre public est un motif objectif que nous soutenons".
 
Tout cela est fort bien, sauf qu’il faudrait savoir. En effet, on ne peut pas à la fois déclarer qu’on ne peut jamais appliquer le programme de l’extrême droite (car je vous fiche mon billet que l’extrême droite est farouchement opposée au port de la burka en rue !) et préconiser l’interdiction de la burka pour « de bons motifs », lesquels sont précisément, à mon humble avis, ceux qu’avance (entre autres, évidemment) l’extrême droite.
Enfin, il me paraît totalement naïf de prétendre que la justification de l’égalité entre hommes et femmes est une mauvaise raison d’interdire le voile. Ou alors, qu’on me montre ces hommes drapés de noir (hiver comme été), leur champ de vision rétréci à une mince fente… A moins qu’on me démontre que le port de la burka ne suscite aucun problème à la femme qui le porte, que non seulement elle adore ça, mais que de surcroît ça ne lui pose aucun problème d’intégration socio-professionnelle.
 
Je voudrais pas être méchante, mais je parierais que si demain, des raisons d’ordre public et de sécurité étaient invoquées, Radouane Bouhlal brandirait un autre argument massue : celui de l’inacceptable stigmatisation d’une partie de la population. D’ailleurs, il l’annonce déjà lorsqu’il dit : "Cette interdiction de la burka donne l'impression qu'il y a un gros problème de burka à Verviers, alors que la burka est assez marginale dans la communauté musulmane belge".
 
Est-ce que finalement, ce ne serait pas plus simple si Radouane Bouhlal nous disait directement au nom de quoi on peut interdire à une femme de se balader transformée en sinistre et méconnaissable boîte-aux-lettres ? Hein ?
 

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12 mars 2008 3 12 /03 /mars /2008 10:40

Karima a 31 ans. Elle est Verviétoise et vient d’écrire un livre, « Insoumise et dévoilée ». Jusque là, rien d’anormal.

Si ce n’est que depuis quelques semaines, elle fait l’objet de menaces de mort, notamment de sa propre famille, et ce alors que le livre n’est pas encore sorti. Il faut dire qu’elle a choisi de raconter son histoire, l’histoire d’une jeune fille qu’on a voulu contraindre à porter le voile et à épouser un homme dont elle ne voulait pas, en n’hésitant pas pour cela à recourir aux sévices corporels.
Karima dit son profond respect pour l’islam, mais aussi la manière dont son père, endoctriné par la fréquentation d’une mosquée, est devenu subitement fondamentaliste, violent et intransigeant.
 
Faut-il rappeler que la démocratie se nourrit du débat, de la confrontation, parfois violente, des idées, mais qu’elle ne peut tolérer le recours à la menace physique et autres procédés qui trahissent la volonté de faire taire à toute force ceux qui émettent des idées dérangeantes ?
Il y a quelques mois, Sadia était assassinée, coupable d’avoir voulu vivre libre. Aujourd’hui, Karima est menacée, et c’est intolérable.
 
Dira-t-on qu’elle n’avait qu’à se soumettre ? Dira-t-on qu’elle a eu le tort de vouloir suivre son propre chemin ? Appellera-on à la barre le respect dû aux parents, à la culture familiale, à la religion ou je ne sais qu’elle autre fadaise pour justifier qu’une fillette soit violentée parce qu’elle veut pouvoir vivre chevelure à l’air et, plus tard, choisir elle-même l’homme avec qui elle vivra ? Détournera-t-on les yeux en disant qu’on a tort de parler de cela, parce qu’une fois de plus on va – volontairement ou non – stigmatiser l’islam ?
 
A ceux qui douteraient, je dirai simplement ceci : c’est la bêtise qu’il s’agit de stigmatiser. La bêtise, la cruauté (mentale et physique), le fanatisme et l’intolérance. Et ceux-là n’ont ni couleur, ni religion, ni sexe, ni âge.
 
Karima donnera une conférence de presse ce samedi 15 mars à 14h à la Maison de l’Egalité des Chances, rue Lucien Defays 10 à Verviers. Soyons nombreux à lui témoigner notre soutien.

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3 mars 2008 1 03 /03 /mars /2008 18:52

Certains, dont je suis, n'ont pas compris immédiatement en quoi le mouvement Ni Putes Ni Soumises avait commis un acte d'incitation à la débauche en éditant son Guide du respect. Heureusement, des âmes charitables m'ont éclairée. Le problème, contrairement à ce qu'ont cru certains esprits chagrins, n'est pas à la page 15 de ce guide, dans d'obscures questions de licite et d'illicite (pardon: de légal et d'illégal) en matière de relations sexuelles entre jeunes: le problème est sur la page de couverture, dans le vocable "putes". 
Et là, je dois bien l'avouer, il y a quelque chose qui ne va pas. C'est vrai quoi: si des associations censées éduquer les jeunes au respect de l'autre se mettent à leur inculquer des mots aussi vils que celui-là, comment espérer que nos jeunes s'y retrouvent ? Et qu'on ne vienne pas me dire que le "ni" de "Ni Putes Ni Soumises" change quoi que ce soit à l'affaire, l'essentiel n'est pas là. L'essentiel est que le ver est dans le fruit, que les chastes oreilles de nos enfants encore tout auréolés d'une virginale pureté (rappelons-nous qu'ils n'ont tout de même qu'une quinzaine d'années) sont soudain brutalement souillées par ce terme d'une inconcevable crudité.
Aussi, je ne comprends pas qu'Ahmed Mouhssin se soit contenté, dans un geste de charité qui l'honore, de réclamer l'interruption de la diffusion du livre. Non, ce qu'il eût fallu faire, c'est exiger que le mouvement Ni Putes Ni Soumises se rebaptise illico Ni Péripatéticiennes Ni Soumises. Pour les initiales, pas de problème: ça ne changera rien. 
Mais il faut voir plus loin, et exiger qu'à la veillée, nos jeunes chantent désormais:

Péripatéticienne, péripatéticienne, c'est vachement bien
Nous sommes quand même tous des Européens !

ou

Péripatéticien de camion
Péripatéticien c'est trop con
Mais qu'est-ce qu'il foutait là ?
Péripatéticien de vie d'excrément
T'as roulé dans l'herbe
Et nous tu nous plantes là

C'est vrai quoi à la fin.

 

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 10:12

C’est pas parce que le 29 février ne tombe qu’une fois tous les quatre ans que ce jour-là, on peut écrire n’importe quelles âneries.  C’est pourtant ce qu’a fait Ahmed Mouhssin, conseiller communal Ecolo à Saint-Josse, en envoyant un communiqué de presse intitulé « Ni Putes Ni Soumises incitent à la débauche des mineurs, selon des parents d’élèves ».

Et comme de juste, une certaine blogosphère s’est empressée de relayer l’information sans la moindre distance critique, Khalil Zeguendi, de « Bruxellois non peut-être » allant jusqu’à traiter les ni putes ni soumises de « connasses », avant de parler d’ « incitation à la débauche des mineurs; une incitation encouragé et subventionnée par les pouvoirs publics. ».
Et ça, c’est vraiment con. Parce que l’incitation à la débauche de mineurs, c’est quand même pas n’importe quoi. Et que cette accusation grave repose sur le fait que le Guide du respect écrit (page 15) « qu'après16 ans, le mineur est libre d'entretenir des relations sexuelles, si celles-ci ont lieu avec son consentement et avec une personne de plus de 16 ans ».
Selon Ahmed Mouhssin, par ailleurs coordinateur de « Vigilance musulmane », le guide en question omet de préciser que, selon le Code pénal, « même si un mineur de plus de 16 ans a des relations sexuelles, consentantes, avec un(e) majeur, ce dernier peut être accusé(e) de débauche de mineur. De même, des parents qui hébergent la copine mineure de leur fils majeur, pourraient être poursuivi par les parents de la jeune mineure ». Et de réclamer que la diffusion du Guide du Respect soit immédiatement interrompue.
 
Outre que je suis fort étonnée que le Code pénal parle de « copine » (on s’étonne presque qu’il ne précise pas la différence essentielle entre un lit double et deux lits jumeaux pour ce qui est de la présomption de débauche de mineur…), je suggèrerais au brave Ahmed Mouhssin de potasser un peu mieux les textes de loi belges. Il saurait alors
-          que la majorité sexuelle est fixée à seize ans ;
-          que cela signifie donc qu’on peut être mineur légalement tout en étant majeur sexuellement ;
-          qu’en conséquence de quoi, des parents peuvent évidemment poursuivre devant les tribunaux un majeur qui aurait des relations sexuelles avec leur enfant mineur ;
-          mais que si le consentement de ce dernier est établi, le majeur ne sera pas inquiété autrement.
La phrase « après 16 ans, le mineur est libre d'entretenir des relations sexuelles, si celles-ci ont lieu avec son consentement et avec une personne de plus de 16 ans » est donc rigoureusement exacte, et j’ai beau la tourner et retourner en tous sens, je n’y vois pas la moindre incitation à quoi que ce soit. Tout au plus de l’information. Un distinguo trop subtil peut-être pour Ahmed Mouhssin.
Khalil Zeguendi, lui, c’est sûr, a élevé l’information au rang de valeur suprême, lui qui dépeint le Guide en question comme un « "torchon nauséabond" d'une association laïcarde soutenue par des gens cherchant à attiser la haine et la confrontation des cultures ». 
Tiens, j'en rajoute une couche dans l'incitation à la débauche, en vous invitant à consulter le site de Bruxelles-J (site d'information jeunesse) et plus particulièrement la page http://www.bruxelles-j.be/la-loi-et-la-sexualite. On y trouve ce que dit vraiment le Code pénal belge, ainsi que les explications qui en découlent et que Monsieur Mousshin a reprises dans son communiqué de presse... pour en faire tout autre chose !
 

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 21:02

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager la nouvelle perle de notre maître en droit constitutionnel, accessoirement sénateur CDH, j'ai nommé Francis Delpérée. 
Participant hier à un débat sur le thème "Vivre avec les cultes et la laïcités en Wallonie-Bruxelles en 2008", celui-ci n'a pas manqué de réitérer son adhésion de principe au manifeste du RAPPEL (
http://rappel.over-blog.net/pages/Manifeste_pour_la_promotion_dun_Etat_laique-130259.html). Il crut cependant utile de nous interpeler, Chemsi Cheref-Khan et moi-même, sur le passage relatif à l'enseignement, s'inquiétant de savoir s'il ne manquait pas un mot après "enseignement": sans doute voulions-nous parler de l'enseignement officiel ?

La question est savoureuse, dès lors que le passage incriminé dit textuellement ceci: "à tous les niveaux de l’enseignement, la méthode scientifique et libre exaministe doit prévaloir sur l’affirmation des spécificités culturelles, religieuses ou philosophiques de chacun".
Mais visiblement, pour Monsieur Delpérée, la méthode scientifique et libre exaministe ne saurait s'appliquer à l'enseignement confessionnel. Lequel doit cependant bénéficier, dès lors qu'il n'y a pas de liberté sans financement, des subsides de l'Etat.

Bon sang mais c'est bien sûr: finançons le dogmatisme, l'obscurantisme, le cléricalisme et j'en passe, et tout ça avec les deniers publics, pour la plus grande gloire de la liberté d'enseignement ! A vot' bon coeur, Messieurs Dames, pour que persiste le droit inaliénable à l'endoctrinement.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 15:55
Disons-le d’emblée : vous avez cent fois raison. Ça devient insupportable, ce diktat de la libre pensée, cette arrogance avec laquelle certains, au nom du libre examen, se posent en censeurs. Il était temps que certains réagissent, et portent haut les couleurs de la résistance à l’oppression libre exaministe. Vous l’avez fait, et je vous en félicite. Grâce à vous, la communauté universitaire a pu entendre Tariq Ramadan, que les autorités académiques avaient refusé d’accueillir l’an dernier sous la fallacieux prétexte qu’il n’y aurait pas de débat contradictoire et qu’il n’entrait pas dans les missions de l’ULB de fournir une tribune à ces gens-là.
Votre courage, votre persévérance, votre pugnacité vous honorent. Mais il ne faudrait pas que vous vous arrêtiez en si bon chemin. Aussi permettez-moi de soumettre à votre sagacité quelques idées pour de prochaines conférences.
À tout seigneur tout honneur, j’imagine fort bien une conférence de Benoît XVI sur « inquisition et modernité » ; une autre de Nicolas Sarkozy sur « la laïcité : entre carsher et espérance chrétienne » ; une troisième d’Alain Escada (du mouvement Belgique & Chrétienté, injustement brocardé pour son conservatisme religieux) sur « l’avortement : un foeticide à peine masqué ». Dans un second temps, on pourrait imaginer une conférence de Jean-Marie Le Pen sur « la shoah : un détail de l’histoire », une autre de Georges Bush sur « démocratie et frappes chirurgicales » et pourquoi pas un exposé du chanoine de Canterburry sur « le Royaume-Uni à l’épreuve de la charia » ?
Le domaine scientifique ne doit pas être oublié. Pourquoi ne pas, toujours dans la saine optique de favoriser la démarche critique des étudiants, inviter un soir Adnan Oktar à venir présenter son Atlas créationniste, Roland Pirard, responsable du Vlaams Belang, à nous parler de son livre Adolphe Hitler – Sa véritable histoire (http://www.resistances.be/hitler01.html), ou encore Robert Faurisson à nous présenter le résultat de son inlassable travail d’élucidation de la vérité historique ?
On pourrait aussi inviter un scientologue à nous parler des ravages de la psychiatrie, ou le cardinal Joos à nous parler de la perversion homosexuelle.
Voilà qui flanquerait certainement un coup fatal à tous ces laïcistes qui, sous couvert de liberté, musèlent la pensée critique.
 
Reste un obstacle majeur : les autorités académiques, à coup sûr, refuseraient ces conférences pourtant dignes d’intérêt. Qu’à cela ne tienne : vous n’auriez qu’à refaire le coup Ramadan : crier au scandale, dénoncer le caractère hautement liberticide de l’université autoproclamée « du libre examen » et revenir un an plus tard avec un nouveau projet tout neuf, reprenant les mêmes… face à un ou deux contradicteurs. Et le tour est joué !
 
Allez, bonne chance, chers amis des sans (pardon : des cent) valeurs, et haut les cœurs dans votre combat admirable pour la liberté de penser.

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 10:42

Le cirque Ramadan recommence. Disons-le tout de suite: je n'irai pas à la conférence de ce soir à l'ULB, non que j'aie décidé de boycotter le prédicateur, mais simplement parce que j'ai déjà pris d'autres engagements. 
Quid maintenant du principe même de sa venue à l'ULB, alors qu'il y a un an, il y avait été déclaré persona non grata ?
Clairement, les organisateurs ont tiré la leçon de l'interdiction de 2007: le recteur voulait un débat contradictoire, pas une tribune offerte à Ramadan, qu'à cela ne tienne: voilà un débat contradictoire entre Malek Chebel, Tariq Ramadan et Youssef Seddik. Soit. Pourquoi s'en offusquer ? "Venez et voyez", comme disait l'autre.
Cela dit, ça ne veut pas encore dire que je me réjouisse de la présence de Ramadan à l'ULB. Personnellement, je trouve que le beau Tariq n'est certainement pas la personne la plus à même de nous parler de l'Islam des lumières (notez au passage que la majuscule et la minuscule figurent telles quelles sur l'affiche...). Et sa venue ce soir m'apparaît surtout comme une réponse du berger à la bergère, une manière de contraindre le recteur à accepter la présence de Ramadan en respectant scrupuleusement, cette fois, les conditions mises par le recteur. On peut craindre, à cet égard, que Chebel et Seddik servent malgré eux de faire valoir à Ramadan, bien plus qu'ils ne permettent un débat serein.
Pour le reste, mon opinion sur Ramadan n'a pas changé depuis l'an dernier, lorsque je faisais part ici même de mes interrogations après une conférence qu'il avait donnée (
http://nadiageerts.over-blog.com/article-5877431.html). Il faut dire que Ramadan n'a jamais daigné répondre à cet article, que je lui avait dûment envoyé. 
islamlumi-res.jpg

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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 18:28

Y a des méchants qui font rien qu'à embêter le roi. Dernièrement, ils n'ont rien trouvé de mieux que de dévoiler certaines choses que Sa majesté leur avait dites dans le secret du colloque singulier. Et ça, c'est pas bien. Parce que si chacun se met à raconter ce que le grand Bébert II ou un de ses pairs (passés ou à venir, salut) a dit sous le sceau du secret, on risque bientôt d'apprendre que:
- le roi se pique d'avoir des opinions politiques. Et ça, c'est très grave. On peut rencontrer des ministres pendant quarante ans chaque semaine, mais de grâce, restons neutre et au-dessus de la mêlée ! C'est vrai quoi, chacun son rôle: aux politiques les idées, au roi les discours de Noël, et les vaches seront bien gardées.
- le roi dit des conneries grosses comme le palais de Laeken. Et ça, c'est très grave aussi. Le roi est intelligent, forcément. Et s'il lui arrive de dire une connerie, c'est sûrement de l'humour qu'on n'a pas compris, comme quand Leterme entonne la Marseillaise pour prouver qu'il connaît l'hymne national belge.
- le roi souffre d'aérophagie, d'hémorroïdes ou d'énurésie. Et ça, ça la fout mal, on est bien d'accord. Le roi est en pleine forme, sauf quand il se fracture le col de l'utérus, quand il a de gravissimes problèmes avec sa conscience parce qu'il y a des parlementaires qui veulent génocider des foetus ou qu'il meurt et qu'on crie avec un bel ensemble "Le roi est mort, vive le roi !". Sinon, tout va bien, forcément.

Pour éviter ça, il y a certes une solution: puisque chacun des actes du roi doit être couvert par un ministre qui par cela seul, s'en rend responsable, puisque les paroles du roi sont des actes (même si on a peine à le croire quand un écoute ses discours de Noël), il suffit de mettre un ministre derrière le roi chaque fois qu'il reçoit quelqu'un en colloque singulier. Evidemment, vous me direz qu'alors, ce ne serait plus un colloque singulier, mais bon, soyons fous. Non, le principal problème, c'est le fric que ça coûterait de payer un ministre pour approuver chaque parole du roi. Pas de ça Lisette ! Donnons plutôt au plus vite un cours accéléré de citoyenneté aux ministres et autres invités royaux, pour qu'ils comprennent en fin que pour le plus grand bien de notre portefeuille et de la loyauté fédérale (je sais, on voit pas bien le rapport, mais il paraît que c'est vachement important et quel seul le roi peut la garantir), il faut absolument qu'ils la bouclent. 

C'est vrai quoi à la fin.

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10 février 2008 7 10 /02 /février /2008 11:16

Le Centre régional du Libre Examen de Bruxelle 

vous convie à sa prochaine

 

Conférence

 

Mardi 19 février 2008 à 20h00

 

 " VIVRE AVEC LES CULTES ET LES LAÏCITES EN WALLONIE-BRUXELLES EN 2008"

De l'urgente nécessité d'un débat citoyen sur la place des cultes et des philosophies non confessionnelles, pour mieux vivre ensemble dans un Etat laïque

 

Talon réponse (Cultes et laïcités en Wallonie-Bruxelles)

 à  renvoyer au Centre du Libre Examen

rue Coenraets 66 à 1060 Bruxelles - Fax 02/535.06.93 - Tél 02/535.06.78/79 - http://centrelibrex.be.blogspot.com

vlacroix@centrelibrex.be - fsidibe@centrelibrex.be

Nom: .......................................................................................    Prénom : .................................................................................

Organisation : ........................................................................     Fonction : ...............................................................................

Adresse : ...............................................................................

Tél : ................................................... Fax : ...........................

Courriel : .................................................................................

Nbre de personne(s) : ...................

 


 

Avec  le soutien de la Communauté française, de la Région de Bruxelles-Capitale,

de la Commission communautaire française, de la Région wallonne et du Parlement de la Communauté française
 
 
 
Cette proposition de titre et de sous-titre s'attache directement à l'initiative lancée par Madame Arena sur le dialogue entre "francophones", sans que cet aspect ait été explicitement évoqué jusqu'ici.
 
Le but est de passer en revue les dimensions qu'il convient de préciser quand on parle d'un Etat laïque en Belgique (ou en Communauté française).
 
Pour ce faire, il semble indispensable de commencer par un survol historique du système institutionnel belge de "reconnaissance et financement public" des cultes et de la laïcité philosophique; système  que la "laïcité politique" met en question, ne fut-ce que pour l'actualiser".
 
Quelles sont les différentes dimensions à prendre en compte quand on parle de la place des cultes ? Quelles seraient les répercussions d'un Etat laïque dans les domaines des cultes, de l'enseignement, des hôpitaux, des administrations publiques ? Au niveau du droit constitutionnel quelles sont les limites et les ouvertures à la création d'un Etat laïque ?
 

Orateurs :

§          Francis DELPÉRÉE, sénateur, professeur de l'Université catholique de Louvain

§          Nadia GEERTS, agrégée de philosophie de l'ULB et professeur de morale; co-initiatrice du Réseau d'Actions Pour la Promotion d’un Etat Laïque (R.A.P.P.E.L.)

§          Anne FIVÉ, juriste du Centre d’Action Laïque

§          Jean DE BRUEKER, secrétaire général adjoint du Centre d’Action Laïque

§          Chemsi CHEREF-KHAN,  président de l'Institut européen d’humanisme musulman, docteur en droit et licencié en sciences sociales de l' ULB, co-initiateur de R.A.P.P.E.L. 

 

Modérateur : Denis STOKKINK, président du Centre régional du Libre Examen de Bruxelles.


Date :     Mardi 19 février à 20h00

Lieu :     Bruxelles Laïque, Avenue de Stalingrad 18-20 à 1000 Bruxelles            

P.A.F. :  5 euros (étudiants & allocataires sociaux : 3 euros)

Verre de l'amitié offert en fin de soirée- paiement sur place

 

 

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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 18:46

Cette interview est parue en page Opinion du quotidien gratuit Metro, ce 18 janvier 2008.

Les étudiants et certains professeurs de l'université La Sapienza de Rome ont obligé le pape à annuler sa visite dans l'université. Le chef de l'Eglise serait-il mal venu dans le temple de la science ? Nadia Geerts, enseignante, philosophe et initiatrice du Réseau d'Action pour la Promotion d'un Etat Laïque, commente cet événement.

Le pape peut-il se dire victime de censure de la part du monde laïc italien ?

Il me semble que « censure » est un grand mot, et qu’il faut plutôt voir dans les protestations du monde académique suite à l’annonce de la visite du pape à l’université de Rome une mise en question salutaire. En quoi, en effet, un pape est-il fondé à prendre la parole à l’occasion de l’ouverture de l’année académique ? Le choix d’un tel orateur ne peut-il pas être interprété à juste titre comme une manière de vouloir placer la démarche scientifique sous le « haut-patronage » de l’Eglise catholique ? Et ce d’autant plus qu’en 2004, lors de son Discours devant l’ordre salésien, Benoît XVI exprimait son hostilité à la sécularisation, disant qu’elle « pourrait détruire l’humanisme ». Depuis qu’il est pape, il a réitéré en condamnant la « dictature du relativisme » comme étant le poison des sociétés modernes. Or, si le relativisme éthique peut être dangereux, c’est un outil indispensable dans le domaine scientifique, puisqu’il s’agit de reconnaître que ce que nous croyons vrai aujourd’hui peut s’avérer faux demain. Le relativisme s’oppose donc à tout dogmatisme, à toute vérité révélée.


Cette marche-arrière papale est-elle encourageante pour vous ? 

Ce qui est encourageant, c’est que des voix s’élèvent pour revendiquer une séparation entre la science et la religion. Les étudiants et les professeurs d’université ont évidemment le droit de croire en Dieu et d’aller à l’Eglise, mais il me paraît important que l’université reste consacrée à la recherche scientifique et à l’édification intellectuelle. De grands scientifiques étaient croyants, mais avaient compris l’importance, lorsqu’ils passaient la porte de leur laboratoire, de laisser leurs croyances au vestiaire. S’il doit y avoir quelque chose de sacré à l’université, c’est la connaissance. Et cette dernière ne peut s’acquérir qu’en refusant le dogme, dogme dont le pape est quasi l’incarnation. C’est d’ailleurs le sens de la banderole qui avait été accrochée sur un bâtiment du département de géologie : "La science est laïque". Laïque, non pas au sens où elle refuse la religion ou la foi, mais au sens où elle organise la séparation entre le temporel et le spirituel.

 

Les étudiants et professeurs voyaient d’un mauvais œil l’honneur attribué au successeur des papes qui ont fait abjurer Galilée et brûlé Giordano Bruno. Partagez-vous cet avis ? 

C’est un fait que Benoît XVI est loin d’être un modèle de progressisme. Il condamne l’homosexualité comme une « moralité intrinsèquement diabolique », s’oppose à la prêtrise des femmes et au clonage,… Et quand on sait par exemple que tout récemment encore, il a pris position lors d’un congrès international de pharmaciens catholiques quant à certains médicaments « immoraux » (moyens contraceptifs, produits euthanasiants, pilule du lendemain), il y a de quoi s’inquiéter et s’interroger sur la pertinence du choix d’un tel personnage pour ouvrir une année académique ! 

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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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