Bonjour !

 

 

      portraits nadia 2011 220

Recherche

Texte Libre

14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 17:16

Depuis que ce blog existe, les débats y ont souvent été virulents. Il est aussi arrivé, trop souvent, que l'injure ou l'attaque personnelle se substitue au débat d'idées. Mon dernier article en date a cependant suscité des commentaires d'un niveau de méchanceté jamais atteint. J'ai donc décidé de désactiver la possibilité de poster des commentaires. Que ceux d'entre vous qui avaient à coeur d'enrichir le débat par leurs réflexions m'en excusent.

Partager cet article

Published by Nadia Geerts
commenter cet article
8 août 2008 5 08 /08 /août /2008 15:46

J’étais hier à un enterrement. Ce dernier était précédé d’une cérémonie religieuse que les proches avaient souhaitée courte et œcuménique, dès lors que la défunte était « modérément catholique » et que la majorité des personnes présentes à la cérémonie étaient quant à elles athées.

Or, en fait de cérémonie œcuménique, nous avons eu droit à un prêchi-prêcha catholique de la plus belle eau (bénite), un galimatias de références à Jésus, à la résurrection, à la rédemption des péchés et à la vie éternelle, elle-même présentée non pas comme une espérance, mais comme une certitude.

Pour faire nos adieux à la défunte, nous, les athées, en fûmes réduits à nous enfermer dans une bulle invisible de souvenirs, en faisant autant que possible abstraction des rites, prêches, prières et chants qui, exclusivement centrés sur la relation à Dieu, ne pouvaient nous être d’aucun secours.

Je n’attendais évidemment pas d’une cérémonie religieuse qu’elle soit exempte de toute référence à une quelconque transcendance. Mais j’aurais aimé, puisqu’après tout l’Eglise prétend remplir un rôle social, qu’elle ménage une petite place à ceux qui, tout en étant de misérables mécréants, n’en éprouvaient pas moins le besoin de dire adieu à une personne chère. Était-ce trop demander ? Fallait-il vraiment que nous, les athées, nous sentions si terriblement seuls dans cette église où était censé se dérouler un rituel qui nous aide à faire face à la mort, et autant que possible à l’accepter ? Car enfin, ce qui nous réunissait hier n’était pas, n’en déplaise au curé, la foi en un même dieu, mais le chagrin face à la perte d’un même être.

Si la religion se borne à diffuser sa chaleur à ses seuls adeptes, tout en étant profondément incapable d’épauler les autres le moins du monde, les renvoyant à une solitude qu’ils espéraient moins vive et qui n’en est que plus pénible, n’est-il pas temps alors de mettre en question son prétendu rôle social ?

 

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
commenter cet article
28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 18:21

J’ai déjà eu souvent l’occasion d’attirer l’attention sur la différence qu’il y avait entre laïcité et athéisme, la première étant une conception politique concernant la manière dont l’Etat s’organise – séparément du religieux –, et le second étant une conviction philosophique particulière.

De manière assez comique, les auteurs du récent Bon usage de la laïcité semblent reprocher à une certaine laïcité de vouloir promouvoir une sorte d’athéisme d’Etat, tandis qu’eux se borneraient à défendre la laïcité politique. Or, il aura suffi d’un débat radiophonique[1] pour le constater, le problème n’est pas là : eux et moi partageons la conviction que l’athéisme est une conviction particulière, qui n’a, au même titre que les convictions religieuse, aucun droit à s’imposer à tous dans la sphère publique. Alors, d’où vient notre désaccord ?

À mon sens, il vient de ce qu’eux prônent, bien plus que la laïcité, une simple neutralité de l’Etat, lequel considèrerait avec la même bienveillance les convictions philosophiques et religieuses des uns et des autres, ces dernières ne pouvant constituer ni un avantage, ni un handicap pour celui qui s’en revendique.

Cette neutralité, à mon sens, ressort plus du pluralisme que de la laïcité, laquelle implique l’existence d’une sphère étatique neutre, certes, mais non pas seulement en ce qu’elle ne privilégierait aucune conviction : il faudrait en plus qu’elle les mette toutes à distance, et qu’elle demande à chacun, dans cette sphère institutionnelle dont je parle, de se présenter en tant que citoyen, que membre du laos (peuple)  et non en tant que membre de telle confession, ethnie, culture, identité sexuelle, etc.

Ainsi, si le pluralisme est atteint dès lors qu’on a rassemblé, à l’école par exemple, un professeur de chacune des religions reconnues – mais il y aurait à dire sur les critères qui font que l’on reconnaît les orthodoxes et pas les sympathiques jaïns[2] –, la laïcité exigerait que plus aucune conviction philosophique ou religieuse ne soit enseignée à l’école. Cela ne signifierait pas, bien sûr, que l’école cesse d’accueillir les élèves ayant des convictions – car elle n’accueillerait alors plus personne – mais qu’elle les accueille non pas en tant que tels, mais en tant qu’élèves – ou membres du laos.

Un ami m’a fait découvrir dernièrement une amusante initiative[3]. Comment mieux démontrer par l'absurde qu’une école, une administration, un hôpital public, un bureau de vote ou chacun arborerait ses convictions ne pourrait que déclencher des tensions, voire des incidents ? Malgré la sympathie qu’il m’inspire, jamais je ne porterai ce t-shirt dans la sphère institutionnelle, pas plus d'ailleurs que mon t-shirt « Vive la République », convaincue que les arborer ne pourrait être perçu que comme une provocation par ceux qui ne pensent pas comme moi. Personnellement, je ne les porterais même pas en rue, tout en étant convaincue qu’il est bon que j’en conserve le droit, comme mes « coreligionnaires » croyants. Pourquoi ? Parce que, comme je l’écrivais ici-même [4], « l’espace public n’est pas la rue ».

En revanche, je vous recommande chaudement la lecture du livre de Dawkins, Pour en finir avec Dieu… Si la si mal nommée « laïcité philosophique » n’a pas à s’exhiber, elle peut sans nuire à personne se cultiver, comme on cultive son jardin.

 


Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
commenter cet article
17 juin 2008 2 17 /06 /juin /2008 09:53

Que les choses soient bien claires: c'est non.
Disons-le tout de go, j'en ai marre de recevoir des mails de gens, au demeurant peut-être fort sympathiques, qui me demandent d'être leur amie. Parce qu'au risque de paraître terriblement passéiste, ma conception de l'amitié s'accomode mal de ces procédés que je ressens comme tout à la fois intrusifs et infantiles.
Mes amis, je les ai connus au hasard des rencontres, j'ai appris à les apprécier, et peu à peu je me suis attachée à eux, au point qu'aujourd'hui, ma vie me paraîtrait plus terne si je ne savais pas qu'ils existent quelque part dans le monde, et si je n'avais moi aussi conscience d'être là pour eux.
Avec eux, je n'ai nulle besoin d'une interface virtuelle pour communiquer. je lui préfère mille fois une soirée en tête à tête, un déjeuner sympa, quelques heures ou quelques jours partagés, entre rires et confidences.
Je n'ai nulle envie, qui plus est, de répondre à de quasi inconnus qui, tout de go et par je ne sais quel miracle de la technologie, ont découvert en moi une amie potentielle, outre qu'il me semble que c'est là brader un sentiment profond, que le partage de photos, de cadeaux virtuels ou d'"amis" communs est loin d'épuiser.
Je ne fantasme pas non plus à l'idée de pouvoir afficher au monde entier une collection de 1387 amis, que j'irais illico mesurer à la liste de quelques uns d'entre eux. Désolée, mais je n'ai jamais compris le plaisir qu'on pouvait éprouver à jouer à qui avait la plus longue... Mes amis se comptent sur les doigts, et c'est très bien ainsi. L'amitié se cultive, et il y faut du temps. Un temps que je n'ai nulle envie de gaspiller pour allonger une liste qui perdrait de son sens à mesure qu'elle s'allongerait.

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Société
commenter cet article
1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 11:21

L’affaire fait grand bruit en France : un tribunal de Lille a annulé un mariage entre deux musulmans parce que l’épousée n’était pas vierge. Motif invoqué ? « Erreur sur les qualités essentielles du conjoint ». Pour l’avocat du mari, il s’agit d’un « vice dès le départ », l’époux ayant conclu ce mariage, comme l’a souligné le tribunal, « sous l’empire d’une erreur objective ».

Précisons d’emblée que si, pour l’époux en question, la virginité est réellement un élément déterminant, il était en effet préférable que le mariage soit rompu. On imagine en effet sans peine le calvaire de la jeune femme si elle avait dû poursuivre la vie commune avec un homme estimant qu’elle manquait d’une « qualité essentielle » pour être digne d’être son épouse.

On ne peut cependant qu’être interpelé par l’argument de l’avocat du mari, qui estime que, bien plus que la virginité, c’est la question du mensonge qui est au centre de cette affaire. Certes, mentir, ce n’est pas beau. Cependant, peut-on décemment comparer le mensonge sur sa vie sexuelle passée avec le fait d’avoir « caché quatre pages de casier judiciaire, le fait d'avoir déjà été plusieurs fois marié ou de s'être prostitué » ? La question centrale, autrement dit, me semble être celle de la réciprocité, domaine auquel la virginité échappe forcément. Le mariage, en tout cas dans un Etat de droit, se doit de reposer sur des engagements réciproques des époux. Il ne saurait donc être question que la femme, en l’occurrence, soit soumise à des obligations qui ne valent aucunement pour le mari. Or, ici, c’est bien de cela qu’il s’agit, ne serait-ce que parce que nulle femme ne pourra jamais démontrer que son mari n’était pas puceau au moment des épousailles. On peut d’ailleurs se demander si, dans l’hypothèse où son mari avouerait spontanément à une jeune épousée qu’elle n’est pas sa première partenaire sexuelle, l’épouse obtiendrait d’un tribunal l’annulation du mariage, au motif que son mari lui a menti sur ses « qualités essentielles ».

On touche là, on le voit, à la sacralisation culturelle de la virginité de la femme, à laquelle ne répond aucune exigence pour l’homme. Est-ce bien à un tribunal d’entériner une telle injustice ?

C’est bien en ce sens que je rejoins Elisabeth Badinter : «Je suis ulcérée par la décision du tribunal d'accepter de juger ça parce que la sexualité des femmes est une affaire privée et libre en France, absolument libre »(…). Elisabeth Badinter estime que «ça aboutit tout simplement à faire courir nombre de jeunes filles musulmanes dans les hôpitaux pour se faire refaire l'hymen. Et par conséquent au lieu pour un tribunal de défendre les femmes, de défendre ces jeunes femmes, au contraire il accentue la pression sur elles».
«Et je vous dis franchement, je pense à cette malheureuse jeune fille, humiliée, publiquement humiliée, revenant dans sa famille, ce qu'elle a dû vivre a dû être épouvantable. J'ai honte que la justice française n'ait pas pris à coeur de défendre toutes ces jeunes filles ».[1]

Se séparer d’un mari qui, manifestement, estime avoir uni son sort à un produit avarié, c’était de toute évidence la seule chose à faire. Au moins aurait-on peu attendre de la justice française qu’elle permette à cette jeune femme de rentrer chez elle la tête haute, comme la victime d’exigences d’un autre âge et non comme la coupable d’un manquement indigne.



[1] Libération, jeudi 29 mai 2008.

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Féminisme
commenter cet article
15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 15:35

 

L’information s’étale à longueur de suppléments, occupe la moitié d’un journal télévisé, alimente les conversations, fait la Une de la presse écrite. La situation des droits de l‘homme en Chine ? Une quelconque catastrophe naturelle ? Un nouveau scandale politico-financier ? Un énième épisode de la saga gouvernementale belge ?

Pas du tout. Justine Hénin a décidé qu’elle arrêtait de taper dans une baballe jaune avec une raquette. Chose qu’elle faisait certes fort bien, et qui lui a permis, en quelques années, d’engranger une coquette somme d’argent qu’elle a fort judicieusement planquée à Monaco, histoire d’éviter d’en gaspiller une partie en contributions et taxes diverses, non mais.

D’aucuns me traiteront sans doute une fois de plus de pisse-vinaigre, mais cette grand-messe médiatique autour d’une joueuse de tennis m’agace supérieurement. Non pas que j’aie plus de sympathie pour l’engouement qui a suivi je ne sais quelle victoire tant attendue des « Rouches » –  en tapant dans une baballe, eux aussi. Qu’ils soient d’ailleurs adeptes de la petite ou de la grosse balle, du vélo ou du cheval, de la brasse ou de l’aviron, du saut en hauteur ou d’un quelconque autre sport, je m’en tape éperdument : la Terre est pleine de gens qui font bien ce qu’ils font, et alors ? Porte-t-on pareillement aux nues, couvre-t-on pareillement d’argent, d’une manière qui en devient indécente, tous ceux qui ont un indéniable talent dans un domaine particulier ? L’artisan qui confectionne la meilleure tarte al djote, le traducteur qui a le mieux su saisir l’essence même d’un texte de Cicéron ou de Goethe, l’interprète qui chante avec le plus d’émotion tel opéra de Verdi, le virtuose de l’aiguille, du violoncelle ou de l’entrechat ne mériteraient-ils pas autant de considération que « Juju » ? Ou, pour traduire plus exactement ma pensée, Justine Hénin mérite-t-elle, pour ses exploits tennistiques, plus d’admiration, d’heures d’antenne et de gros sous que tous ces gens qui, chacun dans leur discipline, travaillent également sans compter leurs heures pour atteindre un jour, peut-être, l’excellence (et certainement sans produits dopants, mais je m’arrête là, au risque de me voir poursuivre pour crime de lèse-majesté, d’avoir sous-entendu qu’il n’était pas totalement inimaginable, après tout, que comme tant d’autres dans le domaine sportif, Justine Hénin ait eu recours à des substances illicites) ?

Bref. Quelqu’un pourra-t-il un jour m’expliquer ce qui justifie la place ahurissante qu’occupent les sports, et en particulier certains d’entre eux, dans une presse dont la mission me semble être de m'informer de l’actualité « généraliste »? De la même manière que je dois avoir recours à la presse dite spécialisée pour tout savoir des dernières frasques de Britney Spears – excusez, mes références datent un peu –, pour connaître le résultat du dernier tournoi de golf ou de la dernière course hippique, pour savoir si le dernier film d’Almodovar vaut le détour ou encore pour contempler la tenue que portait la princesse Machinchose au dernier rallye de la haute, pourquoi ne réserve-t-on pas le foot et le tennis à la presse sportive ?

Exit Juju donc, et, vous m’aurez comprise, c’est à mes yeux plutôt une bonne nouvelle. Pourvu que demain une nouvelle future championne (ou un nouveau futur champion, je ne suis pas sexiste) belge ne pointe pas le bout de sa raquette…

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Société
commenter cet article
31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 17:31

C’est une curieuse enveloppe que j’ai trouvée ce matin dans ma boîte-aux-lettres. Adressée à « Madame le Professeur Nadia Geerts », la lettre commençait par me remercier pour ma « courageuse action en faveur des femmes », avant de me proposer de partager avec moi « quelques remarques à propos de la famille en crise ».

Et en effet, la première brochure jointe, en l’occurrence le numéro de juillet 2006 de « Réveillez-vous ! », intitulé « Comment construire un mariage heureux », m’apprend dès la page 3 que le premier coupable des « attaques que subit le mariage », c’est l’égoïsme, celui-là même auquel ont cédé Adam et Eve. Mais « d’autres phénomènes récents ont accéléré la mutation que connaît l’institution matrimoniale » : entrée des femmes sur le marché du travail, multiplication des familles monoparentales, concubinage, et enfin unions homosexuelles.

Soit. Ne nions pas que ces facteurs aient en effet transformé l’institution matrimoniale. « So what ? », dirions-nous. Mais pas du tout : ce serait oublier qu’ « à l’effondrement général de la société s’ajoute un phénomène important mais caché à la majorité des humains » : « Satan le Diable ».

Oui oui, vous avez bien lu : c’est lui qui « exerce une influence invisible et de plus en plus pernicieuse sur le monde. Pourquoi ? Parce qu’il a été expulsé du ciel et relégué au voisinage de la terre. ». Dès lors, il est – ça se comprend – très en colère, et « l’institution divine du mariage n’est qu’un des objets de sa colère malveillante ».

Arrivée à ce stade de ma lecture, moi, je me dis que la solution est toute simple, pour apaiser la colère de ce brave Satan le Diable : rendons-lui son ciel perdu et qu’on n’en parle plus. Mais ce n’est visiblement pas du tout comme ça que les Témoins de Jéhovah voient les choses, puisqu’en guise de remède, ils préconisent l’étude en couple de la Parole de Dieu, la fidélité sexuelle, la communication franche, libre et aimante, l’amabilité, l’humilité et enfin, l’effort pour cultiver les qualités spirituelles bibliques.

Et pour renforcer encore l’institution matrimoniale menacée par Satan le Diable, une deuxième brochure (datée du 15 janvier 2007 et intitulée « La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah ») est consacrée au thème de « L’homme et la femme : un rôle digne pour chacun ».

« Ah », me dis-je, « voilà quelque chose d’intéressant. C’est très bien, ça, la dignité de chacun, qu’il soit homme et femme. ».

J’ai dû déchanter, je l’avoue. Car toutes les abominations que l’on connaît aujourd’hui au sein du couple et de la famille naissent de ce que nous nous écartons de « ce que Dieu avait prévu pour l’homme et la femme ». Lesquels sont évidemment « faits l’un pour l’autre », à savoir, lui pour dominer, elle pour obéir. Ça, c’est Saint-Paul lui-même qui le dit, alors, total respect : « Je ne permets pas à la femme (…) de dominer sur l’homme, mais qu’elle soit dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ». Fichtre ! Que voilà un argument convainquant ! Secondes arrivées, les femmes ne doivent donc pas « entrer en contestation avec un homme ».

Pardon, Rachid Zegzaoui, Georges-Pierre Tonnelier, Thierry, Ahmad Nurani, Khalil Zeguendi et tous les autres, d’être sortie ici maintes fois du rôle qui m’avait été imparti par Dieu himself ! Je me jette à vos pieds et implore votre pardon miséricordieux, ainsi qu'aux Balace, Delpérée, Cannuyer, Laporte et autres Monette, à qui il m'est arrivé d'oser tenir tête, oubliant leur incontestable supériorité de mâles. Dorénavant, je ne me permettrai de contester que des idées émises par des femmes (merci de bien vouloir préciser votre sexe en publiant vos commentaires, ça me facilitera la tâche).

D’autant que « Dieu souhaite que l’homme exerce son autorité avec amour » et que « Dieu accorde aux femmes de merveilleux privilèges ». Un exemple : elles ont le droit d’ « entretenir des relations personnelles avec Jéhovah et [de] le prier individuellement ». De quoi se plaindraient-elles, dès lors ? Elles peuvent même, si elles le souhaitent, « enseigner dans le cadre des études bibliques à domicile ». Chic alors !

Allez, je vous laisse: il faut que j'aille poursuivre ma « courageuse action en faveur des femmes ». Qui, je le crains, devra prendre un tour sensiblement différent à l'avenir si je ne veux pas peiner l'expéditeur de ce passionnant courrier.

Pour le groupe de prière destiné à lutter efficacement contre Satan Le Diable tout en sauvegardant sa dignité de femme soumise, adresses-vous ici.

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
commenter cet article
28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 13:54

J’ai visionné le film du député néerlandais Geert Wilders. Une dénonciation de l’islamisme qui, hélas – mais pouvait-on espérer autre chose de la part de ce député populiste de droite ? – vire à la dénonciation pure et simple de l’islam, lorsqu’après nous avoir imposé la vision de ces fous d’Allah qui égorgent et pendent, commettent attentats et appels au meurtre, bref suintent la haine tout en se réclamant de l’islam, le film se clôture par une assimilation pure et simple de l’islam à ces abominations.

Comment comprendre autrement, en effet, le rappel de l’augmentation spectaculaire du nombre de musulmans aux Pays-Bas et en Europe, que comme un amalgame pratiqué entre islam d’une part et terrorisme, fanatisme et barbarie de l’autre ?

Aussi ne partagé-je pas totalement l’avis de Mohamed Sifaoui lorsqu’il écrit sur son blog qu’il soutient totalement le contenu de ce film bien que « le film de Geert Wilders occulte un aspect important. Il oublie sciemment de mentionner que les premières victimes de la barbarie islamistes sont musulmanes. Il oublie de souligner que nous ne sommes pas dans une guerre de civilisation mais dans une guerre qui oppose LA civilisation qui contient ceux qui se reconnaissent dans les valeurs universelles et les idées humanistes à la barbarie représentée par ces êtres infâmes, ces nazis des temps modernes, ces rebus des sociétés : je parle de tous les islamistes. Ce film entretient par ailleurs un mauvais amalgame lorsqu'il met à l'index l'ensemble des musulmans européens les présentant implicitement comme un danger potentiel. C'est certainement le côté populiste et le positionnement politique de son auteur qui le pousse à propager ces idées. ».

Cet oubli et cet amalgame constituent en effet pour moi plus qu’un péché véniel, dès lors qu’elles mettent en lumière les intentions réelles de l’auteur.

Ceci étant dit, j’ose espérer que ce film sera visionné par le plus grand nombre possible, y compris de musulmans, et qu’au lieu de nouveaux appels au meurtre, il déclenchera un sursaut de protestation salutaire des nombreux musulmans qui refusent d’être associés à cet islam-là. Au lieu de faire taire Wilders, je forme le vœu que ceux-là auront à cœur de faire entendre la voix des musulmans démocrates, et de refuser publiquement que pareils bourreaux sanguinaires osent encore jamais s’exprimer en leur nom.

Pour voir la vidéo de Fitna et lire le commentaire qu'en fait Mohamed Sifaoui: http://www.mohamed-sifaoui.com/article-18190326.html

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
commenter cet article
26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 11:46

Lettre ouverte à ces hommes qui minaudent : « Madame ou Mademoiselle ? »

 

Sans doute croyez-vous faire preuve d’une exquise politesse en nous questionnant, lorsque vous nous adressez la parole : « Madame ou Mademoiselle ? ». Et peut-être pensez-vous plus courtois encore de nous décerner d’autorité un « Mademoiselle » tout empreint de galanterie, un brin désuète mais tellement charmante, où fleure bon le compliment sous-entendu : vous paraissez si jeune encore…

Et probablement beaucoup d’entre nous vous répondent-elles alors, dissimulant tout aussi courtoisement une pointe d’agacement, en déclinant leur état civil : Madame ou Mademoiselle.

Ne vous est-il jamais venu à l’esprit, cependant, que la question, pour innocente qu’elle paraisse, a quelque chose de désagréablement intrusif ? En quoi, en effet, serions-nous contraintes de révéler notre statut matrimonial au premier inconnu qui passe ? En quoi l’information est-elle pertinente ? S’agit-il de savoir si nous sommes « libres » ou pas ? Outre que ce serait ignorer qu’il est certainement des dames très disponibles et des demoiselles qui le sont fort peu – sans même évoquer ce que cette disponibilité a priori a de curieux, dès lors qu’elle fait l’impasse sur votre (absence de) séduction potentielle à nos yeux –, il y a là une manière fort désobligeante, si l’on veut bien y réfléchir un peu, de nous réduire à notre « qualité » d’objet de convoitise.

Aucun d’entre vous, je pense, n’aurait le culot de demander d’emblée à une femme qu’il rencontre si elle est mariée ou non : cela paraîtrait à juste titre une indiscrétion frisant la goujaterie. Pourtant, vous ne faites rien d’autre en vous enquérant très civilement : « Madame ou Mademoiselle ? ».

Que penseriez-vous si les femmes se mettaient demain à vous questionner : « Monsieur ou Damoiseau ? » alors que vous avez 25, 35 ou 45 ans ? Sans doute trouveriez-vous la question incongrue : vous êtes un homme, qu’on vous appelle donc Monsieur !

Qu’attendez-vous alors pour abandonner ce « Mademoiselle » aussi obsolète que machiste, qui réduit une femme à son état civil ? Appelez-nous donc « Madame » dès lors que nous sommes manifestement sorties de l’adolescence, exactement comme nous renonçons au « jeune homme » !

Et vous, Mesdames – mariées ou non – qui trouvez flatteur d’être appelées « Mademoiselle » alors que vous avez atteint, voire dépassé depuis longtemps la trentaine, réfléchissez à ce que cette tradition a de foncièrement machiste, sous ses dehors galants. Et la prochaine fois qu’on vous interrogera : « Madame ou Mademoiselle ? », rétorquez en souriant : « Monsieur ou Damoiseau ? ».

 

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Féminisme
commenter cet article
15 mars 2008 6 15 /03 /mars /2008 17:05

Le Soir s’en faisait écho le 13 mars dernier : La commission consultative des femmes de Verviers veut faire interdire le port de burka et des voiles couvrant le visage. Motif : éviter les inégalités entre hommes et femmes.

Et devinez quoi ? Le président du MRAX, Radouane Bouhlal, s’y oppose. Bon, d’accord, le MRAX, c’est le Mouvement de lutte contre le Racisme, l’Antisémitisme et la Xénophobie, pas le Mouvement de lutte contre le sexisme. Mais enfin le MRAX a élargi son objet social à la lutte contre toute une série de discriminations (et – vous ne me croirez pas –, notamment la discrimination religieuse, vous savez, celle que commettent à tour de bras ces immondes islamophobes ?), et d’autre part la « perplexité » de Radouane Bouhlal prend tout son sel si l’on veut bien se rappeler qu’il y a près d’un an, le même Radouane s’opposait à l’interdiction du voile dans les écoles en suggérant qu’il s’agissait de racisme. Il disait alors : « Voyez comment les militants zélés de la laïcité philosophique abordent unilatéralement le foulard – infériorité de la femme, soumission de celle-ci, prosélytisme, activisme politique, etc. – et vous comprendrez que l’enquête de Vassilis Saroglou est au cœur du sujet quand elle parle de « racisme subtil ». »
Ne revenons pas sur l’évocation de la laïcité philosophique là où il s’agit en fait de laïcité politique, Radouane Bouhlal nous ayant habitués à des approximations sidérantes en matière de confusion entre l’espace public et l’espace privé (voir http://nadiageerts.over-blog.com/article-14265897.html).
En revanche, voilà qu’après avoir récusé l’interdiction du voile au nom de la lutte contre le racisme et l’extrême droite (« J’attire cependant notre attention collective sur le fait que le Vlaams Belang, parti flamand d’extrême droite, a applaudi des deux mains l’interdiction du foulard à Anvers. On ne lutte pas contre l’extrême droite quand on applique son programme ! http://nadiageerts.over-blog.com/article-10893778-6.html), Radouane Bouhlal prétend à présent que "L'interdiction de la burka pour combattre l'inégalité entre hommes et femmes, ce n'est pas le bon argument. Que va-t-on faire des entreprises qui ne rémunèrent pas les hommes et les femmes à la même hauteur? On va les interdire? Si on veut vraiment se battre pour l'égalité entre hommes et femmes, il y a d'autres priorités, notamment dans la fonction publique communale".
Avant d’ajouter que "Il faut interdire la burka pour les bons motifs. Si la justification de l'interdiction du port du voile était faite au nom de l'ordre public et de la sécurité, nous l'accepterions sans aucun problème. Une disposition de police prévoit en effet que toute personne doit pouvoir être identifiée, or la burka empêche cela. L'ordre public est un motif objectif que nous soutenons".
 
Tout cela est fort bien, sauf qu’il faudrait savoir. En effet, on ne peut pas à la fois déclarer qu’on ne peut jamais appliquer le programme de l’extrême droite (car je vous fiche mon billet que l’extrême droite est farouchement opposée au port de la burka en rue !) et préconiser l’interdiction de la burka pour « de bons motifs », lesquels sont précisément, à mon humble avis, ceux qu’avance (entre autres, évidemment) l’extrême droite.
Enfin, il me paraît totalement naïf de prétendre que la justification de l’égalité entre hommes et femmes est une mauvaise raison d’interdire le voile. Ou alors, qu’on me montre ces hommes drapés de noir (hiver comme été), leur champ de vision rétréci à une mince fente… A moins qu’on me démontre que le port de la burka ne suscite aucun problème à la femme qui le porte, que non seulement elle adore ça, mais que de surcroît ça ne lui pose aucun problème d’intégration socio-professionnelle.
 
Je voudrais pas être méchante, mais je parierais que si demain, des raisons d’ordre public et de sécurité étaient invoquées, Radouane Bouhlal brandirait un autre argument massue : celui de l’inacceptable stigmatisation d’une partie de la population. D’ailleurs, il l’annonce déjà lorsqu’il dit : "Cette interdiction de la burka donne l'impression qu'il y a un gros problème de burka à Verviers, alors que la burka est assez marginale dans la communauté musulmane belge".
 
Est-ce que finalement, ce ne serait pas plus simple si Radouane Bouhlal nous disait directement au nom de quoi on peut interdire à une femme de se balader transformée en sinistre et méconnaissable boîte-aux-lettres ? Hein ?
 

Partager cet article

Published by Nadia Geerts - dans Société
commenter cet article

Articles Récents

Accueil

Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

Mes bouquins

fichuvoile-f6f88

 

 

 

Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog