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Texte Libre

5 octobre 2008 7 05 /10 /octobre /2008 18:33

Il m’aura donc fallu aller à Lille pour voir « C’est dur d’être aimé par des cons », qui, à peine sorti en salle en Belgique, n’était déjà plus à l’écran. Et, plus encore après l’avoir vu, je me demande pourquoi il n’est resté que si peu de temps – à peine une semaine ou deux – dans les salles de cinéma belges.

Le film, en effet, retrace toute la polémique qui a opposé Charlie Hebdo à l’UOIF, la Ligue islamique mondiale et la Grande Mosquée de Paris autour des caricatures de Mahomet publiées par l’hebdomadaire satyrique (voir mes articles http://nadiageerts.over-blog.com/article-5537549.html, et http://nadiageerts.over-blog.com/article-6116513.html), et ce depuis l’assassinat de Théo Van Gogh, point de départ de toute l’affaire, jusqu’à la relaxe de Charlie Hebdo.

On sort de là en se demandant si vraiment, les plaignants avaient aussi peu d’arguments dans leur sac : quoi, rien d’autre en guise de témoins qu’un père Lelong admirateur du Hezbollah et de Garaudy, en guise d’alliés objectifs qu’un Dieudonné clamant le droit pour Charlie de « cracher à la gueule » des musulmans, et pour ceux-ci de cracher de même à la gueule des Juifs, et en guise d’argument massue que le trop attendu « le temps des indigènes de la République, c’est fini ! » ?

C’est sans doute le seul défaut de ce film à la fois édifiant et follement drôle souvent : on aurait aimé entendre davantage les autres, ceux qui revendiquaient la condamnation de Charlie Hebdo pour injure raciale. Car personnellement, je n’ai toujours pas compris comment certains pouvaient considérer un dessin de Mahomet pleurant (« c’est dur d’être aimé par des cons ») dûment surtitré d’un « Mahomet débordé par les intégristes » comme une attaque visant l’ensemble de la « communauté musulmane ». Sauf bien sûr à considérer que l’ensemble de ladite communauté musulmane est intégriste !

Il faut voir ce film, enfin, ne serait-ce que pour se remémorer avec Philippe Val les très audacieuses caricatures du pape ou de Jésus publiées par Charlie hebdo, et à côté desquelles les trois caricatures litigieuses ne sont que du pipi de chat. Alors, comme le dit Val : « Vous la voulez vraiment, l’égalité de traitement ? ».

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 14:44

Le pape Benoît XVI, que nul ne soupçonnait pourtant de progressisme acharné, a cru bon d’en remettre une couche lors d’un message adressé aux participants à un colloque sur « Humanae Vitae », lors du quarantième anniversaire de cette encyclique déjà particulièrement conservatrice consacrée au mariage et à la régulation des naissances. Il a ainsi déclaré que refuser la possibilité de donner la vie « au moyen d'une action visant à empêcher la procréation signifie nier la vérité intime de l'amour conjugal ».

Outre que je me demande ce que le pape peut bien connaître de la « vérité intime de l’amour conjugal », lui qui y a précisément renoncé pour se consacrer à Dieu, il y a un truc qui me turlupine dans cette histoire.

En effet, l’argument religieux est qu’on ne peut s’opposer à la volonté de Dieu, qui est que nous croissions et nous multiplions – si du moins telle est sa volonté, parce que parfois, par un mystère que je ne m’explique pas, Il décrète que Monsieur et Madame Machinchose, malgré leur ardent désir, n’auront point d’enfant.

Soit. Mais si la volonté de Dieu est toute puissante, comme j’ai cru comprendre, en quoi est ce qu’un misérable comprimé, une enveloppe de latex ou un quelconque autre dispositif pourrait l’empêcher de la réaliser ? Dieu ne peut-il faire que le préservatif se déchire – comme ça, du même coup, certains choperont le sida, ce qui sera bien fait pour eux : z’avaient qu’à pas tenter de s’opposer à Sa volonté tout en s’envoyant en l’air, négligeant toutes Ses revendications d’abstinence et de continence – ou que les substances chimiques maléfiques s’évaporent comme par magie, laissant les couples concupiscents gros Jean comme devant avec un bébé dans le tiroir ?

De la même manière, tolérer, par exception, que lorsque le couple traverse « des circonstances graves », il recoure à la contraception naturelle, c’est-à-dire à « l'observation des rythmes naturels de la fertilité de la femme », n’est-ce pas accepter ipso facto, primo, que la biologie est plus forte que Lui, et secondo, que Dieu peut être suffisamment chien pour envoyer des enfants à des couples qui traversent pourtant des « circonstances graves » ?

J’avais déjà entendu parler à l’école du paradoxe selon Dieu ne peut pas être à la fois tout puissant et infiniment bon, puisque l’existence du mal – on parle ici des catastrophes naturelles et autres abominations dont l’homme, ou du moins l’individu qui en pâtit, n’est pas responsable – entraîne que de deux choses l’une : soit Il est tout puissant, mais il se fout que certains d’entre nous crèvent dans d’atroces souffrances totalement imméritées (et alors il n’est pas infiniment bon), soit il est bel et bien infiniment bon, mais il ne peut pas tout, le bougre, et il n’est donc pas tout-puissant.

Ici, avec la condamnation de la contraception, c’est à la fois son infinie bonté et sa toute puissance qui en prennent un coup. Décidément, Dieu me déçoit.

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 10:51

Depuis quelques jours, Georges-Pierre Tonnelier me presse avec une insistance qui devient pénible de retirer les articles le concernant de ce blog. Aujourd’hui, voilà que je reçois même une « notification d’abus » d’Overblog, m’avertissant que G-P Tonnelier souhaite que j’efface « les articles le concernant, cela dans un délai raisonnable ».

Je souhaite donc mettre ici les choses au point :

La première information concernant le fait que Georges-Pierre Tonnelier aurait quitté le Front National m’a été transmise par celui-ci en date du 20 septembre dernier, avec à l’appui une lettre de Patrick Sessler, secrétaire général du Front National, mentionnant que cette rupture de collaboration avait eu lieu en février 2008. Je note donc que pendant 5 mois, Georges-Pierre Tonnelier n’a pas jugé utile de communiquer sur ce sujet, mais que pour ma part, je suis censée obtempérer à sa demande dans les deux semaines, sous peine de plainte pour abus !

Depuis ce premier mail du 20 septembre, j’ai à plusieurs reprises proposé à Georges-Pierre Tonnelier de rédiger un article expliquant les raisons de son départ, article que j’aurais publié ici-même bien volontiers. Cela me paraissait en outre tout à fait en accord avec la campagne « Ils se trompent de colère », que Georges-Pierre Tonnelier avait reprise à son compte sur Facebook récemment, et qui s’adresse précisément aux électeurs et autres partisans de l’extrême droite.

Jamais Georges-Pierre Tonnelier n’a réagi à cette proposition, invoquant sans cesse son « droit à l’oubli » dans les dix ( !) messages qu’il m’a faits parvenir depuis le 20 septembre.

J’estime personnellement que Georges-Pierre Tonnelier étant actif depuis plusieurs années au sein de l’extrême droite belge, et cet engagement étant public (d’abord au Front national de Daniel Féret, puis au Front nouveau de Belgique, puis à nouveau au FN, et enfin parmi les dirigeants du... nouveau FN), la moindre des choses serait qu’il mette autant d’énergie à communiquer sur son revirement politique qu’à revendiquer l’effacement de toute référence à son nom. D’autant que Georges-Pierre Tonnelier est un habitué des ruptures avec un parti d’extrême droite… immédiatement suivies d’un ralliement à un autre parti d’extrême droite ! Je n’ai aucune envie, comme m’en accuse Georges-Pierre Tonnelier, de le « stigmatiser en raison de ses opinions politiques », ni de « créer une banque de données publiques de personnes "ayant fauté" à lyncher moralement », mais j’estime simplement de mon devoir de m’assurer que cette personne a bel et bien rompu avec les idées d’extrême droite avant de contribuer à l’aider à se refaire une virginité politique. A cet égard, une déclaration du principal intéressé suffirait amplement, mais Monsieur Tonnelier préfère manifestement sortir la grosse artillerie…

Je rappelle donc à Georges-Pierre Tonnelier que l’association antifasciste RésistanceS (contact : info@resistances.be) recueille volontiers les témoignages de ceux qui, à un moment de leur vie, « se sont trompés de colère » et souhaitent éviter à leurs concitoyens la même erreur.

Pour le reste, il est évidemment hors de question que, tout en refusant de communiquer sur son récent retrait du FN, Georges-Pierre Tonnelier exige de moi que je retire toute référence à sa personne de ce blog – vise-t-il d’ailleurs également les innombrables commentaires qu’il y a lui-même postés ?

 

 

Published by Nadia Geerts - dans Antifascisme - antiracisme
25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 08:01

Le Soir de ce jour publie ma réaction au courrier des lecteurs de Didier De Laveleye (MRAX). En voici le texte :

« Dans le courrier des lecteurs de l'édition du Soir du 19 septembre, Didier De Laveleye, du MRAX, précise que ce dernier a pour mission de lutter contre les discriminations, notamment religieuses. Et enchaîne sur l'injustice que subissent les femmes porteuses du "foulard" en étant "exclues" de l'enseignement ou d'un emploi.

Il me semble que Monsieur De Laveleye a une conception bien extensive du concept de discrimination. Discriminer sur base de l'appartenance philosophique ou religieuse, c'est en effet refuser d'accepter dans une école ou d'engager dans une entreprise une personne, pour le seul motif qu'elle est de confession (par exemple) musulmane.

Demander à des élèves de respecter le règlement d'ordre intérieur ou à des employés d'observer une certaine discrétion dans l'expression de leurs convictions philosophiques ou religieuses ne me paraît pas tomber sous le coup de la discrimination, dès lors que ces règles valent pour tous et non pour les seuls musulmans.

On peut certes contester qu'une entreprise demande à ses employés de ne pas se présenter en tenue excentrique ou de ne pas afficher leurs convictions politiques, mais alors il faudrait défendre pareillement les droits de tous ceux qui ne s'habillent pas exactement de la même manière pour se rendre au boulot ou à l'école que pour aller manifester, se promener avec un groupe d'amis, passer une journée à la mer ou danser en discothèque.

A défaut, la lutte contre la discrimination religieuse devrait se borner à défendre les droits de personnes qui, tout en respectant le règlement de leur lieu de travail, ont été licenciées - ou n'ont pas été embauchées - parce qu'elles ont  manifesté leur appartenance religieuse dans la sphère privée, par exemple parce qu'elles allaient à la mosquée ou portaient un voile en-dehors de leurs heures de travail, ou encore parce qu'elles pratiquaient le ramadan. »

 

Le monde politique semble tout doucement se rendre compte que les cours dits philosophiques ne répondent pas aux besoins actuels de formation à la diversité culturelle et, partant, à la citoyenneté. Aussi le Conseil consultatif des cours philosophiques vient-il de rendre son avis sur une idée de Richard Miller, laquelle consisterait, à raison de quelques heures par an, à donner à tous les élèves chacun des cours philosophiques. Le même Conseil salue l’idée d’un référentiel de compétences communes pour l’ensemble de ces cours, autrement dit de valeurs qui devraient être partagées par tous : respect des droits de l’homme, démocratie, respect mutuel, libération de la pensée, recherche de la paix, de la justice, de l’amour, etc.

Tout cela est fort bien. Mon petit doigt me dit cependant que si ce projet de décret est tellement minimaliste – quelques heures par an, ce n’est vraiment pas grand-chose ! – c’est parce qu’il faut à tout prix éviter une nouvelle guerre scolaire. Je ne vois en effet pas d’autre raison de reporter aux calendes grecques, année après année, la suppression des cours philosophiques et leur remplacement par un cours commun à tous les élèves, seul à même de réellement permettre la rencontre interculturelle et interconvictionnelle que tous prétendent promouvoir.

Plus concrètement, j’attends de voir comment ce projet sera réalisé sur le terrain : le plus logique, d’un point de vue organisationnel, voudrait en effet qu’on adopte un système de tournante, le professeur de religion catholique se chargeant des élèves de religion islamique pendant que leur professeur prendrait en charge les élèves du cours de morale, et ainsi de suite. Mais ce système aurait le défaut majeur à mes yeux de ne toujours pas permettre la rencontre, si ce n’est en « frontal » avec le professeur d’une autre conviction. Les élèves, eux, seront toujours rassemblés selon leur option philosophique.

 

On rit ou l’on s’offusque souvent lorsque, tentant d’expliquer qu’à mon sens, il est nécessaire que l’école élabore un minimum de règles vestimentaires communes, je compare le voile au nudisme : les uns sont choqués parce que je compare une pratique religieuse à une autre qui ne le serait pas – faux ! ai-je déjà démontré, dès lors que le jaïnisme encourage ses adeptes à la nudité absolue –, les autres estiment que je fais fi de lois qui, d’ores et déjà, interdisent la nudité dans l’espace public en raison de l’outrage aux mœurs qu’elle constituerait.

J’ai donc été particulièrement heureuse d’apprendre dans un article du Vif (15 août 2008) l’existence des « randonueurs », autrement dit des adeptes de la randonue. Voilà donc des nudistes qui, las de se confiner dans des espaces réservés, ont décidé de sortir leur nudité du placard, en quelque sorte. Aucune volonté de choquer, juste celle d’être à poil dans la nature. Oui mais la loi, me direz-vous. Eh bien la loi, et c’est là que ça devient intéressant, ne semble pas si claire que ça. Selon l’article, « la loi belge est floue face à la nudité en public. Celle-ci n’est punissable que s’il y a outrage aux bonnes mœurs » … qui ne sont pas définies par la loi. Mieux encore : en Espagne, la nudité est dépénalisée depuis vingt ans, et la Catalogne a même adopté une résolution reconnaissant le droit à la nudité. En Allemagne par ailleurs, il est courant de rencontrer des gens pratiquant le nudisme dans des parcs ou sur des plages, sans avoir pour cela besoin d’une zone réservée. S’inspirant de ces exemples étrangers, les naturistes de France et de Belgique se sont rassemblées au sein d’une association (l’Apnel) qui promeut le naturisme en liberté.

Je vous le dis, moi : un jour, on devra bel et bien faire face à des revendications de nudistes en liberté qui ne verront pas pourquoi ils doivent devenir des « textiles » pour suivre les cours à l’école, et qui brandiront peut-être même l’élémentaire respect que l’on doit à leurs convictions philosophiques. Et on sera bien embêtés...

 

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 08:18

Moi on plus. Du moins jusqu’à ce communiqué de presse de Véronique De Keyser, députée européenne.

 

Bartholomée Ier, c’est le primat de l’Eglise orthodoxe de Constantinople. Un monsieur dont on n’entend pas beaucoup parler, je vous l’accorde, du moins si l’on compare son rayonnement médiatique avec celui de son collègue Benoît XVI.

Sauf que demain, Monsieur Bartholomée Ier va être reçu au Parlement européen, dans le cadre de l’année interculturelle qui, selon Véronique de Keyser, « prend de plus en plus des allures de l’année de l’offensive des religions ou d’une année intercultuelle ».
L’an dernier déjà, le primat avait été candidat au prix Sakharov. Le prix Sakharov, pour rappel, « 
récompense des personnalités exceptionnelles qui luttent contre l’intolérance, le fanatisme et l’oppression. À l’instar d’Andreï Sakharov, les lauréats du Prix Sakharov témoignent combien il faut de courage pour défendre les droits de l’homme et la liberté d’expression. »[1].

Je ne sais pas au juste ce qu’a fait Monsieur Bartholomée pour ces nobles causes. Ce que je sais, en revanche, c’est qu’il s’est trouvé d’étranges défenseurs des droits de l’homme pour soutenir sa candidature : Jean-Marie Le Pen et sa fille, Bruno Gollnich, Frank Vanhecke et Philip Claeys (VB)… Et au nom de quoi ? Je vous le donne en mille…

Au nom, il fallait s’y attendre, de l’héritage chrétien de l’Europe. Un christianisme dont il paraît que Bartholomée Ier personnifie à merveille « le martyre, la vertu, la philanthropie et la tolérance ». Juste comme le FN et le VB, en somme : tous des parangons de vertu !

 

Ne serait-ce qu’en raison de ces étranges parrains, la visite de Bartholomée Ier devrait susciter la méfiance parmi les esprits démocrates. Mais une fois encore, c’est également de laïcité qu’il s’agit. Et Véronique De Keyser d’appeler tous ses collègues « attachés au principe de la laïcité de l’Etat européen » à boycotter cette séance. En effet, conclut-elle, « L’Union européenne ne peut devenir le terrain de jeux et d’influences des religions. L’Europe doit être laïque au sens strict du terme. Sans cela, elle sera l’Europe des divisions ».

 

 



[1] http://www.europarl.europa.eu/news/archive/staticDisplay.do?language=fr&id=1003

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 20:22

Le dimanche sans voiture, j'adore. C'est l'occasion de faire du vélo dans Bruxelles en éprouvant un merveilleux sentiment de liberté: les rues sont à nous, enfin, nous les cyclistes, les piétons, les trottinettistes (?), les patineurs,... Nous qui toute l'année sommes confinés sur des espaces restreints - quand ils existent -, pouvons enfin nous déployer librement, et penser qu'aujourd'hui, ce sont les automobilistes qui doivent tenir compte de nous, ce sont eux les usagers de seconde zone, eux qui sont tolérés.
Bien sûr, il serait illusoire de rêver d'une ville qui, toute l'année, serait ainsi dévolue aux cyclistes, piétons et autres adeptes de la mobilité douce. Tant qu'il y aura du pétrole, il y aura des voitures. Et pourtant, ce serait merveilleux si ne serait-ce qu'une personne sur dix décidait de prendre demain le chemin du travail d'une autre manière qu'en montant dans sa voiture. Changer les habitudes de déplacements, n'est-ce pas le véritable but de ce dimanche sans voiture ? Mais hélas, cet événement pèche justement par son agrément: comment convaincre les cyclistes d'aujourd'hui que demain, ce pourrait être agréable d'aller travailler à vélo, alors que la fête sera finie ? La voiture aura retrouvé tous ces droits, et comment convaincre les cyclistes d'un jour que, moyennant un peu d'audace les premiers jours, il peut rester agréable toute l'année de se déplacer autrement ? Au politique de développer des incitants, d'aménager l'espace afin que tous y trouvent leur place, afin que, devant une grande artère bruxelloise, le candidat cycliste ne recule pas, effaré, en constatant que rien n'est pensé pour lui, et que s'il veut sa place dans le trafic, il devra la prendre, seul, peut-être même sous les regards courroucés des automobilistes qui ne lui accordent qu'à regret le droit d'emprunter leurs chaussées...
Pourtant, un espoir existe peut-être aussi ailleurs : peut-être demain les automobilistes se souviendront-ils qu'ils ont été cyclistes ou piétons aujourd'hui; peut-être intègreront-ils cette évidence, que tous, nous automobilistes, nous sommes aussi autre chose, et qu'il est plus citoyen de partager la route que de la prendre ?
Rassurez-vous: je n'ai rien contre les automobilistes. C'est l'arrogance que je n'aime pas. Une arrogance qui, si elle est équitablement partagée entre tous les usagers de la route, n'en est pas moins particulièrement dangereuse quand elle émane d'un "carrossé".
Cela dit, depuis plusieurs années, je me déplace couramment dans Bruxelles à vélo, et ce sans le moindre accident. Alors demain, lancez-vous ! La météo est optimiste...

Published by Nadia Geerts - dans Société
20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 16:24

Moi qui, il y a quelques semaines à peine, tirais à boulets rouges sur « Face de bouc » (comme l’appelle une ex-collègue et pas future ex-copine retrouvée grâce à lui), je ne vais pas ici vous faire un éloge dythirambique de ce machin à ma mode, mais juste vous livrer quelques impressions contrastées.

 

Constat numéro un : il est impératif, si l’on veut s’en sortir, de revoir sa définition de l’ami. Pas question ici de relations privilégiées avec quelques individus triés sur le volet au fil de nos rencontres, ni même de copains ou de connaissances : sur Facebook, tout le monde peut être ami avec tout le monde, et certains (je m’en doutais un peu) semblent avoir fait un sport national d’emmagasiner le plus grand nombre d’ « amis » possibles en le moins de temps possible. Mon ami Pierre me dira que c’est normal : c’est ce qui s’appelle un « réseau », qui n’a de sens que s’il est le plus large possible, et tant pis pour la nuance.

 

Constat numéro deux : il faut apprendre à « gérer »  tout ça. J’ai d’ailleurs, soit dit en passant, déjà rompu avec un « ami » qui m’agressait violemment parce qu’il estimait que parler de « gérer ses amis », ça tenait du Politburo. Pourtant, c’est bien ce que j’ai le sentiment de devoir faire : régulièrement, des gens qui ont l’air bien braves mais que je connais ni d’Eve ni d’Adam expriment le désir que je devienne leur amie. Cas de conscience : dois-je les ignorer en espérant qu’ils m’oublient, les refuser brutalement, ou les accepter négligemment ? Pour l‘instant, je n’ai pas tranché : je leur envoie un petit message leur demandant de se situer un petit peu, et puis j’avise.

Il y a par ailleurs des gens avec qui je reprendrais bien contact en découvrant à quel point c’est facile – ce qui pose bien évidemment la question de savoir ce qu’ils signifient à nos yeux si jamais on n’a tenté de retrouver leur trace autrement jusqu’ici, mais soit –, et puis qui m’ignorent. Dommage…

 

Constat numéro trois : bonjour l’usurpation d’identité. Rien de plus simple en effet que de créer un profil au nom de quelqu’un d’autre. J’ai déjà pensé à me faire passer pour Baudouin Ier ou Benoît XVI, mais je crois que j’aurais, sur la longueur, quelques problèmes de crédibilité.

Pas plus tard qu’hier, j’ai ainsi, grâce à un « ami » qui s’en était fait membre, découvert un groupe soi-disant de lutte contre l’extrême droite, administré par Georges-Pierre Tonnelier himself. Ben voyons ! Pas gêné le mec, alors qu’il est, pour rappel, collaborateur parlementaire au Front National (1). Revers de la médaille (pour lui, pas pour moi) : rien de plus simple que d’avertir illico les membres de ce groupe pour qu’ils rétractent leur adhésion.

 

Constat numéro quatre : il y a moyen de passer énormément de temps sur Facebook en le perdant : envoyer des petits cadeaux virtuels à des « amis », regarder leurs photos de famille, les tenir au courant heure par heure de nos activités (« euh… là, je m’apprête à partir pour trois semaines en vacances, voici mon adresse, les clés sont sous le paillasson), etc.

En faire un usage intelligent est possible, mais ça s’apprend. Et en la matière, je débute.


(1) Selon Georges-Pierre Tonnelier, il aurait depuis quelques mois rompu toute collaboration avec le FN, en raison de divergences idéologiques. Ce qui ne l'autorise évidemment pas à récupérer une campagne de RésistanceS comme s'il faisait partie de cette dernière...

Published by Nadia Geerts - dans Société
18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 15:11

Pour ceux à qui ça ne dirait rien, ce titre est extrait d'une chanson de Renaud (Me jette pas), mais la comparaison d'arrête là. Car si j'ai craqué, ce n'est pas pour une "pisseuse aguicheuse" ni pour un de ses homologues masculins, mais pour Facebook.
Enfin craquer, c'est beaucoup dire. Disons que, face à tous ces gens qui me disent qu'aujourd'hui, on n'existe en quelque sorte que si on "y" est, j'ai fini par me résoudre à tester le bidule, rassurée tout de même par la possibilité qui semble offerte aux utilisateurs d'en restreindre l'usage aux aspects publics de leurs activités. Car je n'ai aucune intention de sacrifier à cette mode qui semble vouloir qu'on affiche son état civil, sa date d'anniversaire, mais aussi ses films et bouquins préférés, ce qu'on fait en ce moment et une foultitude d'autres inepties, à mes yeux en tout cas.
Bref, j'ai choisi d'utiliser Facebook de la seule manière qui me semblait utile: pour y diffuser les idées qui me tiennent à coeur: la république, la laïcité politique, l'antifascisme. Pour le reste, rien de changé: ma vie privée reste ma vie privée, et ce que j'ai écrit précédemment sur Facebook (
http://nadiageerts.over-blog.com/article-20518812.html) reste valable. Na.
Ah oui, je profite de l'occasion pour préciser que la vidéo-qui-ne-fonctionne pas (voir mon article précédent) devrait être lisible dans les prochaines heures, et qu'elle vaut le détour. Simplement, il faut le temps (beaucoup de temps apparemment) qu'elle soit "traitée".

Published by Nadia Geerts - dans Société
18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 08:25

J’étais hier au Parlement de la Communauté française pour la remise des prix Condorcet-Aron pour la démocratie. La laïcité y fut étonnamment présente, à ma grande joie. C’est en effet Caroline Fourest qui reçut le prix Raymond Aron, ce qui me valut un double plaisir : d’abord bien sûr celui de l’entendre, elle, exposer en quelques minutes un condensé des idées qu’elle défend de manière limpide dans ses ouvrages ; mais aussi celui d’entendre, au sein d’un bâtiment officiel belge, par un orateur belge et en présence de ministres et autres huiles belges, un vibrant éloge d’une laïcité qui, sous nos cieux, est trop souvent taxée de laïcarde, voire d’extrémiste ou même – je n’oublie pas la perle involontaire de Jean Bricmont dans le Bon usage de la laïcité – de talibanesque.

 

Autour de Caroline Fourest, comme par un fait exprès, deux personnalités qui semblaient comme l’annoncer, pour la première, et la prolonger, pour la seconde.

C’est en effet Karima, auteur d’Insoumise et dévoilée et fondatrice de l’asbl du même nom, qui reçut le prix Condorcet-Aron des mains de la ministre Fadila Laanan.
Et c’est Elie Barnavi qui clôtura la soirée, en lauréat du prix international Condorcet-Aron, par une allocution au cours de laquelle il insista sur la nécessité pour nous, Européens désormais bien conscients de nos différences, de nous accorder sur un minimum de quelques valeurs communes. Sans qu’elles doivent être très nombreuses, nous dit-il : cinq suffisent – il faudra je suppose lire son prochain livre pour les découvrir. Mais il nous dévoila tout de même l’une d’elles.

Je vous le donne en mille, il s’agissait de la laïcité.

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions
14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 12:54

Face au ministre Tarabella ce dimanche matin sur RTL-TVI dans l’émission « Citoyen, citoyenne », nous étions quatre : un professeur de gymnastique, un professeur de religion catholique, une étudiante en dernière année de l’enseignement secondaire, et moi-même. Quoi de plus normal, me direz-vous, dès lors que le sujet de l’émission était la proposition du ministre de remplacer les cours dits « philosophiques » par davantage de sport à l’école.

Sauf que…

Sauf qu’au moins deux – si pas trois – des « citoyens » présents appartenaient au réseau libre. Bizarre, dès lors que la proposition du ministre ne concerne évidemment que l’enseignement officiel. À moins que Mr Tarabella ne veuille sur sa lancée fusionner les réseaux et donc contraindre l’enseignement « libre » à fonctionner selon les mêmes programmes de cours que l’enseignement officiel, voire à renoncer à sa particularité confessionnelle pour intégrer le réseau officiel, ce dont il n’a pas été question.

Qui plus est, on a eu droit, de la part du professeur de religion catholique, à un vibrant éloge du réseau libre, dans lequel – évidemment – tous les élèves sont réunis dans la même classe pour aborder les questions philosophiques. C’est oublier un peu vite que le cours en question se nomme « religion catholique » et que dès lors, prétendre comme il l’a fait que le réseau libre accueille tous les enfants, quelles que soient leurs convictions, est à tout le moins une édulcoration de la réalité, puisque quelles que soient vos convictions, vous serez dûment catéchisés à raison – au moins – de deux heures par semaine. L’enseignant a eu beau jeu de prétendre qu’en sixième et dernière année, il aborde « même » les philosophes athées, cela ne dément pas le fait que durant cinq longues années – auxquelles il faut ajouter les six années de l’enseignement primaire – c’est bel et bien d’enseignement religieux qu’il faut parler.

Quant à l’étudiante, elle a bien gentiment défendu le cours de religion – son professeur était d’ailleurs en personne à côté d’elle –, arguant que la philosophie était bien utile lorsqu’on voulait se lancer dans des études supérieures.

Certes, ce n’est pas moi qui contesterai l’importance d’un enseignement philosophique… Mais une fois encore, je m’étonne : car enfin, soit les écoles catholiques dispensent à leurs élèves, pendant les deux heures de cours concernées, un cours conforme à son intitulé, et alors il ne s’agit pas de philosophie mais de religion ; soit elles ont renoncé à la « mission évangélisatrice » – qui figurait dans la déclaration de principe de l’enseignement catholique de 1995 – de l’enseignement catholique, et rien ne justifie encore l’existence d’un réseau distinct. Si tant est qu’on puisse justifier l’existence d’un réseau confessionnel largement subventionné par l’Etat, mais je m’égare…

Personnellement, j’aurais aimé que le débat ait lieu entre des acteurs réellement concernés par la proposition du ministre, sans que la question des réseaux – non abordée, je le répète, mais de toute évidence présente en filigrane – ne vienne parasiter un débat qui pose la question essentielle de la place des religions et convictions philosophiques dans l’école, et plus largement dans la société.

 

Published by Nadia Geerts - dans Laïcité - religions

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Ce blog se veut, entre autres choses,  un espace de libre critique des tentatives d'immixtions du religieux dans le champ du politique - de la res publica -, partant du principe que seule la laïcité de l'Etat permet la coexistence de diverses sensibilités philosophiques et religieuses, sans qu'aucune d'elles ne prétende écraser les autres. Ni religion d'Etat, ni athéisme d'Etat, mais la conviction que nos options religieuses et philosophiques sont affaire privée, au même titre que notre sexualité.
Comme fil conducteur, l'humanisme, qui récuse l'enfermement de qui que ce soit dans des catégories qu'il n'a pas choisies, au nom de sa sacro-sainte appartenance à la communauté, quelle qu'elle soit.

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