« Clivante », vous avez dit « clivante » ?

Publié le par Nadia Geerts

Régulièrement, des âmes charitables (ou pas) me renvoient à ce qualificatif : je suis « clivante ». Dans le contexte actuel, mon premier mouvement serait de leur répondre fort grossièrement, mais je sens bien que ça ne ferait que confirmer ma réputation de personnalité « clivante ». Je vais donc tenter de leur répondre calmement.

Le Larousse en ligne définit le terme « clivant » ainsi : « Se dit de quelqu'un, de quelque chose qui divise profondément l'opinion ». Et il est en effet rare que mes prises de positions laissent indifférent. Mais en quoi est-ce un problème ? Je ne me souviens pas avoir à un quelconque moment pris l’engagement, dans ma vie de citoyenne, d’être rassembleuse ou consensuelle. Et je vois d’ailleurs difficilement comment on peut être engagé sans prendre le risque d’être d’une manière ou d’une autre clivant.

Mon but n’est évidemment pas de diviser profondément l’opinion, mais enfin si mes prises de positions poussent à réfléchir, à se positionner, à s’engager, je ne vois pas où est le mal. Comment peut-on d’ailleurs ressasser à l’envi cette antienne faussement attribuée à Voltaire, « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire » sans voir immédiatement que cela suppose d’accepter qu’il y ait des opinions « clivantes », et même de défendre la possibilité pour ces opinions d’exister – et donc pour certains de les exprimer ?

J’aimerais donc une fois pour toute que cesse à mon égard cette accusation grotesque – d’autant plus lorsqu’elle provient d’autres personnes engagées - d’être « clivante ». Qu’on me dise plutôt qu’on est en désaccord, ce sera plus clair et permettra au moins d’engager un échange d’idées. Mais qu'on ne compte pas sur moi pour chercher à cesser de diviser l’opinion. Je ne le cherche pas, mais ne vois pas non plus au nom de quoi je devrais l’éviter à tout prix. Et certainement pas au moment où je suis attaquée pour mes idées, et de la manière la plus détestable qui soit. Dans ce contexte précis, souligner mon caractère « clivant », c’est exactement comme relever le caractère provoquant de la tenue vestimentaire d’une fille qui vient de subir un viol : c’est me dire qu’au fond, je l’ai un peu cherché. Ce qu’a d’ailleurs commencé par me dire l’inspecteur de police après de qui je suis allée porter plainte : examinant mon dossier, il a commencé par réduire les faits à une « conversation » sur les réseaux sociaux que j’aurais moi-même provoquée en exprimant mon avis, et dont je ne devais donc pas m’étonner qu’elle suscite des réactions.

Je reproduis donc ici quelques exemples de ces « conversations » suscitées par la personne « clivante » que je suis. 

 

 

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