« # Je suis Samuel Paty »

Publié le par Nadia Geerts

16 octobre 2020 : décapitation de Samuel Paty.

Le lendemain, je manifeste sobrement mon indignation par un « #JesuisSamuelPaty » 

sur la page Facebook qui rassemble étudiants et enseignants de mon école. S’ensuivent accusations grossières et menaces très similaires à celles qui avaient été lancées publiquement contre Samuel Paty avant son assassinat, en provenance de trois anciens étudiants.

Dès le surlendemain, une de mes collègues entreprend de m’expliquer que tout cela est finalement un peu de ma faute, et que d’ailleurs rien ne m’est en réalité arrivé.

16 décembre 2020 : ma direction communique enfin pour condamner les attaques dont je suis victime.

16 janvier 2021 : on apprend que WBE autorisera dorénavant le port de signes convictionnels dans les Hautes Écoles qu’elle organise, et aussitôt, je reçois une nouvelle salve de messages et de commentaires vengeurs.

Ce dernier événement, ainsi que l’absence de condamnation rapide et ferme de ces calomnies par ma direction, sonne le glas de ma carrière dans l’enseignement.

Mais certains – syndicalistes, collègues, étudiants - n’arrêtent pas pour autant de s’agiter en coulisses dans ce qui commence à ressembler à une cabale visant à me nuire coûte que coûte, alors qu’aucune faute professionnelle ne m’a jamais été reprochée au cours les 10 années où j’ai enseigné dans cette Haute École, ni d’ailleurs au cours des 20 années où j’ai enseigné dans l’enseignement secondaire de la Ville de Bruxelles.

Mon crime : m’opposer au port de signes convictionnels à l’école. Il ne faut pas chercher plus loin la cause de cette haine absurde de certains.

 

Je me suis parfois sentie très seule. Mais je ne l'ai jamais été totalement en réalité. Merci à tous ceux qui m’ont soutenue au cours de ces deux années. Parmi eux, mes proches, bien sûr, mais aussi un bon paquet de collègues et d’étudiants, des personnalités publiques, des représentants syndicaux et des représentants politiques - de tous bords.

Trois procédures en justice ont été initiées suite à ces événements, au civil et au pénal. Affaire à suivre donc.

 

16 octobre 2022 : Je n’ai rien oublié, rien pardonné, mais encore et toujours : « # Je suis Samuel Paty ».

 

 

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