Au sujet des ghettos dorés, de la foi, de la radicalité laïque et autres malentendus

Publié le par Nadia Geerts

Le Vif de cette semaine publie une interview croisée entre Bernard Coulie et moi-même (http://www.levif.be/actualite/belgique/72-56-32000/a-quoi-sert-l-ecole-catholique-.html). Malheureusement, certains de mes propos ont été déformés. Mise au point.

 

Au sujet des « ghettos dorés » d’abord. Il est vrai que j’ai parlé des ghettos scolaires lors de l’interview. Mais c’était pour répondre à la question de la recrudescence des thèses créationnistes, y compris dans l’enseignement. J’ai alors remarqué que certains enseignants ne parviennent plus à enseigner la théorie de l’évolution, parce qu’ils travaillent dans des écoles ghettos où les élèves de confession musulmane et/ou d’origine étrangère sont majoritaires, et où certains contenus scolaires ont dès lors plus de mal à « passer ».

Je suis bien consciente que les écoles confessionnelles sont loin d’être toutes des « ghettos dorés », et il y a par ailleurs des écoles « privilégiées » dans l’enseignement officiel aussi. 

Cela n’enlève évidemment rien à ma position, selon laquelle les deniers publics devraient servir à financer l’enseignement public, l’enseignement confessionnel devant se financer sur fonds privés. Cela me paraît de bon sens, ni plus ni moins.

 

Au sujet du rapport entre la science et la foi, je n’ai bien évidemment jamais dit ni pensé que la foi devait être étayée par les faits scientifiques, mais au contraire qu’elle ne pouvait – par définition – l’être, ce qui l’excluait du champ de la science.

 

Au sujet des laïques qui seraient devenus plus radicaux qu’hier, mon propos a été de dire qu’au contraire, il me semblait que certains l’étaient devenus beaucoup moins : il suffit de relire les propos tenus par des hommes politiques lors des différentes guerres scolaires pour voir que l’anticléricalisme était parfois terriblement virulent, et on aurait bien du mal à trouver une telle radicalité aujourd’hui dans le monde laïque, et encore moins parmi les politiques ! Cela tient à mon sens à ce que la laïcité actuelle ne combat plus seulement une Eglise catholique riche, bourgeoise et « blanche », mais des revendications religieuses émanant de populations issues de l’immigration, face auxquelles une certaine gauche a bien plus de scrupules à affirmer sa « radicalité » laïque que vis-à-vis des curés ou du pape.

 

Enfin, la conclusion de l’article renforce l’impression qu’ont été confrontés un partisan de la recherche de solutions (Bernard Coulie) et une militante dont le seul but est de mener un combat (moi). Ce qui est absurde, dans la mesure où le combat laïque ne vaut pas pour lui-même, mais uniquement en ce qu’il m’apparaît comme une solution aux problèmes du vivre ensemble aujourd’hui.

 

Un rectificatif (en 500 caractères !) devrait être publié dans l’édition de la semaine prochaine.

 

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