Appel

Publié le par Nadia Geerts

J’ai fait ma première rentrée scolaire en septembre 1991. En septembre 2021, ce sera la première fois que je ne reprends pas le chemin de l’école.

Pourtant, j’étais loin d’être fatiguée de l’enseignement, il y a un an.

Mais il y a eu l’ignoble assassinat de Samuel Paty, et les attaques, les menaces et le harcèlement qui se sont abattus sur moi depuis octobre 2020, et qui ont connu une nouvelle flambée en janvier 2021, avec encore quelques soubresauts depuis.

Plusieurs plaintes ont été déposées en justice, tant au civil qu’au pénal, et les premières auditions ont déjà eu lieu.

Parallèlement, j’ai eu l’opportunité de prendre un tournant professionnel. Parenthèse ou véritable réorientation ? Il est trop tôt pour le dire. Mais je vois l’avenir avec optimisme, entre mes nouvelles fonctions de conseillère au Centre Jean Gol, celle de débatteuse, deux fois par semaine, dans l’émission Les Visiteurs du Soir (LN24), et ma chronique « L’œil de Marianneke » chaque semaine sur le site de l’hebdomadaire français Marianne.

En d’autres termes, si j’ai manqué cruellement du soutien professionnel que j’aurais attendu, j’ai néanmoins eu la chance de pouvoir compter sur l’aide, le soutien et la confiance de ceux qui m’ont offert ces nouvelles pistes – ils et elles se reconnaîtront -, ainsi que de nombre d’entre vous, qui me suivez et me lisez, ici ou ailleurs.

Reste que tout cela ne m’a permis que de conserver à peu près le même salaire que celui que j’avais auparavant et qu’aujourd’hui, je dois me résoudre à faire appel à vous. Car comme chacun sait, l’argent est le nerf de la guerre. Et c’est à une entreprise de discrédit de ma personne, mais aussi de la laïcité, que je dois faire face : oui, c’est à une véritable offensive anti-laïque que nous avons affaire. L’assimilation de la laïcité à du racisme, de l’intolérance, voire du fascisme, est de plus en plus agressive, et surtout, rencontre de moins en moins d’opposition ferme. Beaucoup se taisent pour ne pas encourir ces accusations qui ne sont pas seulement blessantes, mais qui peuvent avoir des conséquences terribles : pensons à Samuel Paty, à Mila ou à l’équipe décimée de Charlie Hebdo.

Quant à moi, je ne me tairai pas. Nul mérite à cela : ce serait tout simplement au-dessus de mes forces de cesser d’exprimer ce que je pense et de défendre les valeurs auxquelles je tiens farouchement.

Mais au-delà de ma personne, il est essentiel que le droit d’affirmer des idées laïques, comme je le fais depuis vingt ans, soit réaffirmé. Il est essentiel que la justice dise clairement que rien n’autorise à m’attaquer comme je l’ai été, car cela reviendrait à criminaliser la laïcité et à porter un coup de boutoir fatal à la liberté d’expression. Et pour cela, j’ai besoin de votre aide financière. C’est cru, c’est trivial, mais c’est comme ça.

Mes factures en souffrance s’élèvent pour le moment à environ 2000 euros. Cet appel a pour but de réunir cette somme, mais aussi de constituer une réserve, car je n’en suis malheureusement qu’au début. Vous trouverez ci-dessous deux manières de contribuer.

Merci à vous.

Oui, je souhaite contribuer à vos frais de justice !
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